La Bourgogne franque appelée aussi Bourgogne royale est l'une des quatre divisions territoriales du premier royaume de Bourgogne, créées vers 814, caractéristiques de l'administration carolingienne. Elle survit à la mort du royaume comme entité administrative dans la Francie occidentale. La Bourgogne franque est maintenue jusqu'en 898 avec la création du marquisat de Bourgogne pour Richard de Bourgogne. Cette entité donnera ensuite naissance à la fin du au duché de Bourgogne. Sa capitale était Chalon-sur-Saône.

Limites géographiques La Bourgogne franque incluait:

Approximativement l'ancienne région de Bourgogne Le nord-ouest de l'actuelle Haute-Saône, rive nord de la Saône avec Champlitte et Fouvent La moitié sud-ouest du département de la Haute-Marne (avec Langres et Chaumont). Le nord-est de l'actuel département de l'Allier avec Moulins La majorité de l'actuel département de l'Aube avec Troyes Le sud-est du Loiret sur la rive nord de la Loire jusqu'a Gien Le sud-est du Cher, quelques communes le long de la Loire

Aux origines: le royaume des Burgondes

Le royaume des Burgondes (Regnum Burgundionum), doit son nom au peuple burgonde, venu s’installer en 443 sur les bords du lac Léman en Sapaudie. Gondebaud (mort en 516) et son fils Sigismond (roi en 516-523) sont les souverains les plus marquants de ce royaume. À son apogée, ce royaume occupa un espace considérable : il trouvait ses limites, au nord à Langres, au midi Marseille voire même Perpignan en 508. À l’ouest il s'étendait jusqu’à Gien, et au nord-est jusque sur les bords du lac de Constance. Son existence fut éphémère : de 444 à 534. Les visées franques de , en 500 ou 501, furent poursuivies par ses fils, Clodomir, roi d'Orléans, lors de plusieurs campagnes militaires qui se sont déroulées entre 532 et 534, Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, qui finissent par mettre un terme au Royaume burgonde.

La future Bourgogne franque est conquise par les Burgondes vers 476. Mais sous les Burgondes, il n'y a pas encore la partie champenoise ni le Sénonais qui seront adjointes plus tard sous le premier royaume de Bourgogne. En 501 l'Auxerrois est conquis par les Francs et détaché du reste de la future Bourgogne. Elle n'y retournera qu'en 534.

Le royaume de Bourgogne Les Mérovingiens intègrent le Royaume burgonde aux différents royaumes mérovingiens mais lui conservent son individualité. Ses frontières sont néanmoins élargies. Lui sont adjointes les futures provinces de l'Orléanais, du Berry, le Senonais, la moitié ouest du Bourbonnais, l'actuel département de l'Aube avec Troyes, le sud et l'est de l'actuelle Ile de France. La Provence est également ajoutée mais sans le secteur d'Aix en Provence, dévolu à Sigebert.

La Burgondie apparaît toujours comme une entité géopolitique, au même titre que la Neustrie et l'Austrasie, les Mérovingiens y installent un roi dont les plus connus furent Gontran, et Dagobert. Si la capitale du royaume demeure à Orléans jusqu'au début du VIIIe siècle, c’est à Chalon-sur-Saône, mieux situé, que Gontran et les souverains suivants résideront le plus souvent gauche|vignette|Les 4 commandements de Bourgogne Le royaume de Bourgogne cesse d'apparaître en tant qu’entité géopolitique avec les Carolingiens et va se rétrécir. Elle perd quasiment toutes les adjonctions des mérovingiens, plus la Bourgogne alémanique, la moitié nord de l'actuelle Suisse alémanique. Des ajouts du VIe siècle, seuls les secteurs de Troyes et de Sens restent encore bourguignons.

Le vaste territoire de l’ancien regnum Burgundiæ est réparti par Charles Martel en quatre commandements, ayant chacun son gouverneur :

une Bourgogne provençale ou arlésienne, (Comté de Provence, Vivarais, comté de Forcalquier et marquisat de Provence) une Bourgogne cisjurane ou viennoise, (Du Forez au Briançonnais) une Bourgogne transjurane (De la vallée d'Aoste au comté de Bourgogne) une Bourgogne franque.. (De Moulins à Troyes, futur duché de Bourgogne)

Les partages successifs du royaume entre les héritiers détruisent l'unité de la monarchie que Charlemagne et ses aïeux avaient construite. Le traité de Verdun met fin à l'unité de l'empire de Charlemagne et achève l'existence ce premier royaume de Bourgogne. La mutilation que le traité fait subir à la Bourgogne donne naissance, à l’ouest de la Saône, à la Bourgogne franque qui va aboutir au duché de Bourgogne, et à l’est et au sud de cette rivière, à une Bourgogne impériale, lot de l’empereur Lothaire, dont le territoire formera le royaume d'Arles.

Le système carolingien En l’an 800, Charlemagne instaure un ordre nouveau où dignitaires laïcs et évêques doivent être soumis au pouvoir central. Le fonctionnaire impérial ou comte palatin est doté d’amples pouvoirs administratifs sur un pagus, terme qui désigne une subdivision d'anciens territoires héritée de l'occupation romaine.

Si l'Église maintient l'unicité de ses diocèses, les anciennes civitas se retrouvent alors partagées entre plusieurs comtes régnant parfois sur plusieurs pagi qui peuvent eux-mêmes être redivisés en plus petites entités : centaine, vicairie et ban. Le pays de Bourgogne se retrouve aussi divisé en pagi gouvernés par des comtes ou évêques.

Les pagi de la Bourgogne franque l'Atuyer jadis appelé Attouar ou recouvrait le territoire des Lètes[ hattuaires installés par Constance Chlore à la fin du sur cette partie du territoire des Lingons dépeuplée par les ravages des Alamans et la pesteFerdinand Lot, La Gaule, fondements ethniques, sociaux et politiques de la nation française, Fayard, Paris, 1947.. Délimité par le Langrois au nord, le Dijonnais à l'est, l'Oscheret au sud et la Saône à l'est il correspondait approximativement au canton de Mirebeau-sur-Bèze. Fouvent-Saint-Andoche est citée vers 990 comme l'une des capitales du pagus. l’Autunois ou , est rattaché à la cité gallo-romaine d’Augustodunum, nom antique d’Autun fondée par Auguste vers 15 av. J.-C. pour remplacer l'oppidum de Bibracte comme capitale des Éduens. C'était alors le nœud d’un imposant réseau routiers de quatorze voies dont deux importantes, la voie dite d'Agrippa, de Lugdunum à Gesoriacum par Chalon-sur-Saône et la transversale permettant la communication entre l'est et le centre par Beaune, Autun et DecizeE. Thévenot, Les voies romaines de la cité des Éduens, 1969, Bruxelles, coll. Latomus, . Le premier comte palatin est Thierry cité parmi les fidèles du roi Charlemagne en 775. Il comprenait une partie du département de l'Allier avec la ville de Moulins l'Auxerrois ou se détache de l'autorité de Sens pour être érigée en civitas sous Dioclétien à la fin du . Compris entre le Sénonais, le Tonnerrois et I'Avallonnais; ses points extrêmes étaient: Gien à l'ouest Toucy au centre nord, Venoy au nord-est, et la charité sur Loire au sud. Outre Auxerre, son territoire comprenait Seignelay, Coulangé et Vermanton. Hermenold d'Auxerre cité en 771 comme compagnon de Charlemagne en est le premier comteGeste des évêques d'Auxerre. Cité dans La Puisaye et le Gâtinais, Ambroise Challe, Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne, 1872.. l’Auxois ou. Territoire des Mandubiens la région d'Alésia semble dépendre sous le Haut-Empire de la civitas voisine des Lingons puis des Éduens. Le premier comte palatin en est Guerin de Provence, comte de Mâcon, de Mémontois, de Chalon, d'Autun et d'Auxois, marquis de Bourgogne et fils de Warin d'Auvergne. Le pagus était divisé en bailliage principal de Semur-en-Auxois et bailliages particuliers d'Avallon, d'Arnay-le-Duc et de Saulieu. Devenu comté d'Auxois il est réuni au duché de Bourgogne en 1082 le Barrois ou qui couvre la région de Bar-sur-Aube est un des pagi du territoire des Lingons. Enclavé dans le royaume d'Austrasie jusqu'au il passe alors au duché de Mosellane. Puis l'affaiblissement des carolingiens permet aux comtes de Bar de rester indépendants de 958 à 1302. À cette date le comte de Bar, allié aux Anglais, est battu et fait prisonnier Philippe IV le Bel. le Bassigny ou est sous la Gaule romaine une voie vers la Germanie contrôlée par les Lingons alliés à César. D'où la présence de castrums le long de l'importante voie Lyon-Trèves passant par Langres. Les vestiges des thermes d'Andilly-en-Bassigny témoignent de cette importance stratégique. Le premier comte palatin est Gosselin (834 à 861), fils de Donat , comte de Melun et Missus dominicus du Senonais. C'est un descendant direct de Charlemagne. le Beaunois ou Carte du Pagus Belnensis dans est déjà cité comme comté dans un capitulaire de Charles II le Chauve. Compris entre le bailliage de Nuits-Saint-Georges au nord, de Chalon-sur-Saône et de Montcenis au sud et ceux d'Arnay-le-Duc et d'Autun à l'ouest il fut ensuite acquis par Hugues IV de Bourgogne. le Bolenois ou occupe le territoire d’Andarta, ancien vicus lingon ravagé lors des invasions. Outre Bologne, dont le nom serait associé à une vierge martyrisée sous Julien, il comptait Condes, Helnane (disparu), Marault, Meures, Ormoy-lès-Sexfontaines, Saint-Flavien (disparu)... Devenu comté, il passe aux comtes de Bassigny. le Brenois ou dont il est fait mention dès 837 - prend rapidement titre de Comté avec Brienne-le-Château comme place centrale. Le premier comte serait Engelbert , qui vivait au , vassal des comtes de Champagne. Engelbert qui aurait été allié avec Hugues Capet, comte de Paris contre Louis IV roi des FrancsDana Celest Asmoui Ismail, History of the Counts of Brienne (950 – 1210), 2013. prend le titre de comte de Brienne en 968. le Chaunois ou borné par le Beaunois au nord, l'Autunois à l'ouest, le Mâconnais au sud et la Franche-Comté à l'est comprenait deux parties : sur la rive gauche de la Saône, la Bresse chalonnaise ou Bresse savoyarde et sur la rive droite le Chalonnais ou la Montagne autour de Chalon-sur-Saône . Capitale du royaume des Burgondes, cette dernière garde son importance en revenant dans celui des Francs. Détruite par les Sarrasins en 732, elle rebâtie par Charlemagne un demi-siècle plus tard avant d’être à nouveau incendiée en 834 par Lothaire. Adalard en est le premier comte dès 763/765Didier F. ISEL, Prosopographie des personnages mentionnés dans les textes pour l'époque de Pépin le Bref et de son frère Carloman (741 – 768), 2009, Lire en ligne suivi de Guerin de Provence. Un concile s'y tient en 886 pour tenter de réconcilier les princes Carolingiens. le Dijonnais ou Carte du Pagus Divionensis dans .. Situé au croisement d’une voie romaine venant de Bibracte et d'Autun vers Gray et l'Alsace et d’une allant de l'Italie au bassin parisien, Dijon est fortifié dès le Bas-Empire par une enceinte protégeant une petite place forte de Gérard Coulon, Les Gallo-Romains : vivre, travailler, croire, se distraire - 54 av. J.-C.-486 ap. J.-C., Paris, Errance, 2006. Collection Hespérides, , .. La cité se développe lorsque les évêques de Langres y établissent temporairement leur résidence après le sac de Langres par les Vandales entre 407 et 411 et y bâtissent des édifices religieux. Dijon est ensuite occupé par les Burgondes en 500 ou 501 puis les Arabes en 725 alors que les Normands y échouent en 887. C'est à cette époque qu'y apparaissent les premiers comtes robertiens : Aimar, Eliran, Raoul. le Duesmois ou Carte du Pagus Duismensis dans . était borné, au nord par la Seine et le Brevon qui le séparaient du Lassois, à l'ouest par le pays de Tonnerre; à l'est par les sources de la Seine, de l'Ignon et des Tilles au-delà desquelles commençaient le Dijonnais et le pays de Mémont ; enfin, au midi, par le pagus Alesiensis. Dès l'époque carolingienne, Duesme est le centre d'un comté allant d'Ampilly-le-Sec à Poiseul-la-Ville. Une forteresse y est implantée au au nord d'un éperon barré ainsi que le village et son église paroissiale qui semblent établis dans une seconde enceinte au sud du même éperon jusqu'au .