Saint Ké, sant Ke, sant Quay, Saint Kea, saint Kénan (né probablement en Hibernie, mort à Cléder en + 550), est un saint ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d'Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d'églises et de chapelles, de villages et de places. D'après de nombreux hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même saint du fait de l'alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de ColledocJ. LOTH, Le nom des saints bretons, in: Revue celtique, Vo. 29, 1908, tome XXIX.. Ce saint, lequel aurait participé à la vie du Roi Arthur, reste assez mystérieux, et même qualifié de « fabuleux »Memento des sources hagiographiques de l'histoire de Bretagne: Ptie. Les fondateurs et les primitifs (du ) thumb|upright=1 |L'ancienne Bretagne, comprenait la Grande-Bretagne, l'Irlande et la Bretagne Armorique.. En effet, mis à part le chef de saint Ké, et son auge de pierre, reliques qui par la suite disparurent, aucun texte de sa main, aucune trace historique ne nous sont parvenus, que la « légende dorée » des saints de Bretagne. On ne sait non plus avec certitude s'il était fils d'un roi, et d'ascendance galloise, écossaise, irlandaise, ou même norvégienne.
Il serait venu en Armorique, dans le Léonnais, pour échapper aux Scots qui avaient envahi son pays, avec un vieux serviteur et quelques compagnons. « Ses dernières années furent consacrées à évangéliser les habitants de ces lieux [où] se forma, dans la suite, la paroisse de Cléder. À sa mort, arrivée à la fin du , son corps fut inhumé dans son oratoire, qui fut transformé par la suite en église paroissiale »Abbé Le Guen, Antiquités du Léon, chapitre Origine de quelques paroisses du Léonnais, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1888, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2081934/f214.image.r=Cl%C3%A9der?rk=64378;0.
Étymologie thumb|baptistère de l'église du Vieux Kéa d'où est parti saint Ké Ce prénom de « Collédoc » signifiait en vieux breton « chéri de », « choyé », équivalent en gallois de Coleddog ou ColeddawgUne épithète appliquée à St Ké Kequoledoc, ap. Dom Morice Preuvs, 1,1046 (aanée 12?8; de même, en Cornouailles, Ky-Claduce.). Dans les Mabinogion le prénom est mentionné : « Koleddawg, fils de Gwynn Gt'reint ». Le prénom existe aussi sous la forme « Coletoc », « Colezoc » (1218)Revue celtique, Volume 29 puis Colezeuc. Par exemple, on retrouve mentionné « Rivallon, fils de Colezoc » dans le cartulaire de Quimper et dans celui de Quimperlé. Aujourd'hui le prénom existe sous la forme « Kolezec »Roger KERVILER, Loth. Chrest. brjzt. cité dans « Répertoire général de bio-bibliographie bretonne » Volume 10 Collo : D'un mot breton qui signifie « porté sur les genoux », col, cou, sein mais en portugais.. « Ke, Kad » signifie combat en langue celtique. « Kenan » signifie en breton et gallois, « petit chien » (de Bret./Gall. ki/ci "chien" [ken-/cyn- en noms composés] + le suffixe diminutif -an) et en irlandais et gaélique « endurant »The Enduring One de racine « cían ») ou encore l'Homme aux cheveux blancs (Vieil irlandais cennand)Dictionary of Patron Saints' Names de Thomas W. SHEEAN.. On fait aussi dériver Ké de Caïus, qui est le nom du premier curé de la paroisse de Saint-Quay-Portrieux.
Autres formes De Ké : St Kenan ou Keenan liturg. Kenanus, ce qui signifie « petit Ké » St Kenan Kollodok St Kecoledocus, Kequoledoc St Quay St Qué ou Queo St Kae et Keao St Key St Kyle en celtique Che en cornouailles. St Kea en gallois Kay Key Keu Cai Ked Cornelia, Cyanan, Cynan Cianan Kinanus Quinocus Kenana Kelid Kelly Kyle« Tous les prénoms » de Jean-Maurice Barbé : La Vie de Saint Kénan surnommé Collédoc. Quénan qui donnera « Guénan »Patronyme « GUENAN, et Botguénan, Pontguénan; voir le nom de saint KENAN, attesté dans Saint-Quenan (Plouguernau, F.), dans Languenan (IetV.), Pleuguenan (ancien év. de Dol). La tradition l'assimile avec saint Ké ou Kenan, surnommé Colledoc, patron de Cleder, qui est une ancienne enclave du diocèse de Dol. Sources : J. Loth, Les noms de saints bretons, . » Généalogistes du Finistère : cgf-forum. Tygwy : St Ké serait aussi st « Tegwy » ou « Tygwy » de Llandygwy(dd) , le fils de Ste TenoiThe lives of the British saints the saints of Wales and Cornwall and such Irish saints as have dedications in Britain, S. Baring-Gould, M.A., a John Fisher, B.D. 1907, Society of cymmrodorion, C. J. Clark, Londres. Revue Celtique La « Revue Celtique »le seul ouvrage à donner cette assimilation entre les deux saints Ké et Tygwy, confesseur et fils de Tenoi, ce qui la rend vraiment très incertaine..
De Colledoc : Coletoc 900Cartulaire de Redon, 900/ Colledog Colédoc 1175Cartulaire de Quimper, 1175/ Kolodoc'h Kycladoc Kekaladoc Collodan breton Koledog Colledeug Colezoc ? 1218 Collezeuc (s.XVI) Kokolodok St Kecoledocus Il a été confondu également avec St Clether ou Cleder. Enfin Grégoire de Rostrenen, cite son nom dans la notice de saint Caradec, ou Caradoc, avec st CollodanGrégoire de Rostrenen Dictionnaire françois-celtique ou françois-breton, page 135.. (carus, fem.cara, « chéri » en latin) D'après dom Alexis Lobineau, Ké et Collodoc sont deux saints différents, il établit donc dans sa Les Vies des Saints de Bretagne deux vies de saints et non une seule; Saint Ké serait saint Kerrien, vénéré également à saint Qué près de Tréguier, et à Querrien près de Quimperlé. Lobineau reproche au vicaire Maurice auteur de la vie de saint Ké de tirer son inspiration du roman de Lancelot du Lac. (Le nom de Ké est homonyme de celui du sénéchal Keu (Cai, Queuz, Kex ou Kés) de la Table ronde, dont l’emblème sur les armoiries, est une clef, key en anglais). Sa critique envers le personnage fantastique de la légende dorée est acerbe : [...] persuadez que ce Maurice Vicaire de la paroisse de Cleder , qui au rapport du P. Albert le Grand , a composé en Latin la vie de saint Colledoc , qu'il confond avec saint Ké , ait eu d'autres memoires que le Roman de Lancelot du Lac , avec une imagination hardie & feconde ; pour oser nous en fier à lui , & rapporter sur sa parole toutes les fables grossieres dont il lui a plu de faire un tissu , qui n'a pas la moindre ombre de vraissemblance. Selon Lobineau Ke , Kerianus, était simplement un « solitaire », compagnon de Collodoc à Cléder, où se trouvait le monastère ou l'ermitage, qui l'y aurait enterré à sa mort. Il y aurait donc plusieurs personnages distincts, Collodoc, Scophilus, Ké et sans doute d'autres encore... Cependant l'association des deux noms, Kekolecodus comme l'association de ker, « maison », accolé à un autre nom, (comme dans ker-hoad, kerstank) a donné à penser qu'il s'agissait d'un seul personnage. Ke(r)coledocus pourrait signifier, « la maison du semeur » ou bien la « maison de paille » (d'une racine col- « paille » en celtique) mais on ne le trouve jamais écrit que sous la forme « Kecoledocus » : c'est cependant l'interprétation de l'étymologie du nom de la ville de Cleder : « la ville du semeur ». Selon une interprétation, il se pourrait que le nom de « Quay » signifie « le battu » : du cri que les lavandières Kertugalaises auraient poussé en le voyant arriver : « Quay! quay ! », avant de le fustiger avec des genêts, ce signifierait « tapons! tapons ! » (du verbe latin « caiare » qui signifie « frapper avec un bâton » ; Caïus étant le nom du premier curé de la paroisse)source :http://portrieux.com/le-nom-de-la-commune/ ..
Ses compagnons
Saint Kerrien Fils de Cenydd et petit-fils de Gweltaz. Dans cette vie de saint Kerrien, Ké est assimilé à St Kénan de Düleck et Kerrien s'appelle également Kiéran. Ké ne serait pas arrivé seul dans une auge mais en compagnie de Kerrien. « Des parents aisés et vertueux lui donnèrent le jour en Irlande , vers 471 et l'appliquèrent à l'étude sous des guides savants et sages que saint Kiéran choisit. Il se lia avec un de ses condisciples, saint Kénan. Ils rivalisaient d'ardeur dans la pratique des bonnes œuvres. Kerrien seconda Kénan, devenu évêque de Dulech. Il se retira avec lui à Rosené, où l'évêque démissionnaire bâtit des cellules pour de saints personnages qui le suivaient. Lorsque saint Kénan chercha une solitude dans l'Armorique, Kerrien fut un de ses compagnons. Ils débarquèrent à la côte de Léon et fixèrent leur séjour à Cléder. Ils y construisirent un couvent. Àprès bien des années, remplies de bonnes œuvres et passées dans la communauté, Kerrien obtint de se retirer dans un ermitage voisin. Il y coula ses jours dans une oraison continuelle, se livrant à de grandes austérités. Son aini lui donna des soins dans sa maladie , lui administra les derniers sacrements, lui rendit les honneurs de la sépulture, vers 543 ». Tous deux sont alors fêtés le .
Pour l'étymologie de Kerrien, on peut penser à un rhotacisme, Ker étant typiquement breton, entre le entre /l/ et /r/ : le double « l » de kellia (pour signifier les « cellules » en grec, et en Égypte « (kelliotes) » , donc le monastère, se retrouvant dans , Kil- et Cill en Irlande, pour Kildare, Killarney et ce double « l » serait devenu un double « r » : ainsi Kerrien pourrait venir de Kellian, . À la fin du Moyen Âge, il a souvent été francisé en Querrian ou Querrien.
Saint Scophilus En Angleterre (St Kéa) comme en France (Saint-Quay-Portrieux) le nom de des paroisses de saint Kéa/Quay était associé au Moyen Âge à celui de St Scophilo (St Scophili, Saint-Scophily-sur-Mer, St Kea's-by-the-sea), ceci en de nombreux endroits, ce qui induisit en erreur et on se demandait si Scophili était une autre altération de Collodoci. En réalité on possédait avec celles de Leuthernus, et Levianus, les reliques de st Scophilo (ou Scofilo, Escuiphle, Escobille, Fili ou Phili, donnant les toponymes de Filleigh ou Philleigh , en France Kerfily, Tréfily, Saint-Malo-de-Phily (Fily)), comme étant un abbé, ou un moine compagnon de saint Ké de l'Abbaye de Glastonbury, vénéré en Angleterre comme en France : ce nom se retrouvait également aux environs d'ÉtampesActa sanctorum: Acta sanctorum octobris, volume 56, : de SS. Leutherni, Leviani et Scophili reliquiarum translatione. . Selon une source, ce Fili serait aussi venu de l'abbaye de Glastonbury et avec Rumon, compagnon de saint Kea pendant ses années passées en AngleterreComme la date de la fondation de l'abbaye de Glastonbury, est le , il s 'agirait donc d'une fondation antérieure.. Son nom laisse supposer que, comme St Kéa, il pourrait être écossais (« » + phil).
Saint Péran
Saint Péran n'est jamais venu en Bretagne, mais son culte est introduit au par des habitants de Cléder émigrés en Cornouailles. En rentrant au pays, ceux-ci ramènent quelques-unes des reliques du saint. Saint Péran aurait rendu la vue au roi Corbanus.
Les récits qui nous sont parvenus Biographie