Ferdinand de Laroussilhe est un écrivain quercynois de la fin du , républicain engagé. Son œuvre retrace le souvenir d'une campagne du Haut-Quercy empreinte de culture traditionnelle, avant la rupture de l'exode rural autour de 1900. Elle témoigne aussi, notamment par ses écrits dans la presse régionale, des luttes politiques qui ont animé la région sous la Troisième République.
Biographie Ferdinand Lascombes de Laroussilhe connu sous le nom d'usage Ferdinand de Laroussilhe, né en 1852 à Pratoucy, en France, et mort en 1919, à Gorses, dans le Ségala lotois, est issu d'une famille ancienne du Haut Quercy. Il est un écrivain français républicain engagéBiographie par Marcel Escassut, à partir des archives de la Société des Études du Lot, en introduction à la réédition de La commanderie de Latronquière., L'Association édite son , dans Sousceyrac d'hier et d'aujourd'hui, semestre 2009.. Il a laissé des écrits sur l'histoire locale ainsi que des articles politiques et des romans historiques parus dans Le Réformateur du Lot (journal républicain). ou Le Réveil du Lot (organe de la démocratie radicale). et des contributions au Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot, société savanteDevenue Société des Études du Lot. dont il a été un membre actif à partir de 1879 puis président en alternance à partir de 1891.
L'œuvre L'écrivain régionaliste
Ses livres, souvent publiés sous le pseudonyme de « Marius Pracy »Voir la notice bibliographique de la BnF : ., décrivent la région, ses habitants. .
Son premier récit, La légende de la Lozette, écrit à (en 1872) alors qu'il est encore au lycée de Cahors, rend compte d'une vieille légende du attachée à l'actuelle forêt communale de la Luzette que le seigneur de Sousceyrac aurait achetée aux moines d'Escamels et à laquelle il aurait donné le nom de sa fille bien-aimée, Lozette. .
Ses recherchesF.L. figure sur la liste des souscripteurs d'un ouvrage de référence de Guillaume Lacoste sur le Quercy publié post-mortem : . sur l'histoire régionale ont produit plusieurs ouvrages notamment une étude historique : La Commanderie-baronnie de La Tronquière ou un roman historique : La Marquise de Durfort. Elles concernent des personnalités quercynoises, comme la Note sur l'origine de Pierre de Montmaur le parasite, parue dans le Bulletin de la Société des études du Lot de 1881, qui défend la réputation de cet homme de lettres très polémique, ou des questions archéologiques, par exemple le site d'Uxellodunum, .. Ses romans historiques - parus en feuilletons dans la presse locale comme c'était la coutume à l'époque, et parfois repris au théâtre de Cahors - s'appuient sur des thèmes de l'histoire locale comme le siège de Cahors sous les guerres de religion ou les événements de la Révolution en Quercy.
Sa poésie rappelle les romantiques « fin de siècle » - ceux du Parnasse - par la recherche d'une beauté formelle, comportant une certaine distance dans le lyrisme, comme dans les œuvres de Coppée – qui préface une de ses œuvres. et qu'il apprécie. Il a par ailleurs participé au mouvement de renouveau de la culture occitane à la suite de Mistral et des FélibresPhilippe Martel, Le félibrige, dans , ainsi qu'en témoigne le banquet poétique en quercynois relaté dans Les Félibres à Cahors..
Les Cendres du foyer, son dernier ouvrage réunit des nouvelles et chroniques autobiographiques sur la vie rurale dans le Ségala à la fin du .
Le témoignage personnel
Ferdinand de Laroussilhe laisse par ailleurs un Journal (1915-1916). Celui-ci constitue un témoignage sur l'état d'esprit et la vie des français restés à l'arrière pendant la première guerre mondiale. Il fait la chronique angoissée des événements quotidiens et d'une guerre qu'il espère courte.
Il vibre pour la bataille de Verdun dont il entend le canon jusqu'en Bourgogne, à plus de , et où se bat son fils, aux côtés de nombreux jeunes Français, contre des Allemands du même âge.
Il se montre très patriote, et barrésien par les thèmes : l'énergie, l'enracinement, l'héritage. Il a évolué en parallèle avec son époque : autour de 1900 le nationalisme français est passé d'un nationalisme de gauche jacobin, unitaire, mystique, notamment sous le Second Empire et après 1870, avec Gambetta et Ferry, à un nationalisme de droite barrésien, militariste, tourné vers la revanche, anti-allemand, régionaliste.
On y perçoit la profondeur du sentiment anti-allemand en France à cette époque. Comme toute cette génération il a été marqué par la défaite de 1870 et perçoit la guerre de 1914-1918 comme la poursuite de la précédente. Il parle sévèrement de la « barbarie allemande » et pose la question de la responsabilité morale des monarques autrichien et allemand qui ont plongé l'Europe dans la guerre.
F. de Laroussilhe poursuit jusqu'à la fin de sa vie ses recherches sur l'histoire régionale, continue à publier chez Girma, l'ami libraire-éditeur républicain de l'avenue Gambetta à Cahors, et dans la presse locale (notamment Le Réveil du Lot), jusqu'à sa mort à Gorses en 1919.
L'action politique
Ferdinand de Laroussilhe est aussi un homme de son temps, investi dans une carrière de fonctionnaire de la République et dans les débats politiques. Très jeune, il a pris parti pour la République, dans un paysage politique local polarisé (évoqué dans le feuilleton Rouges et blancs.), à l'un des moments les plus difficiles de l'histoire de France : défaite militaire, occupation allemande, effondrement de l'Empire, guerre civile (la Commune).
Après 1871, les républicains cherchent à stabiliser la République, près d'un siècle ans après 1789. Ferdinand de Laroussilhe partage les idées de Léon Gambetta, son aîné de au lycée de Cahors. Celui-ci, alors « commis voyageur de la République », multiplie les discours à travers la France pour défendre l'idée d'une République « radicale » c'est-à-dire modérée, raisonnable et libérale.
Ferdinand de Laroussilhe s'engage dans la vie politique locale, et à Cahors, ainsi que dans la presse républicaine du département. Il organise le le premier banquet républicain de Sousceyrac (raconté dans Les Cendres du foyer : écharpes tricolores, chant du départ et « menu démocratique »).
Dans Le Roi d'Yvetot, feuilleton paru en 1881 dans Le Réformateur du Lot, il raconte comment un conseil municipal conservateur corrompu a battu les républicains aux élections par le mensonge et la diffamation, allusion semble-t-il transparente pour les lecteurs de l'époque. Ce récit n'est pas écrit par hasard : la campagne des élections de tourne autour de la question de la laïcisation de l'enseignement et ses résultats introduiront le ministère Gambetta.
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Publications
Sous le pseudonyme de Marius Pracy :
Cité par , note ..
Sous son nom propre : Réédité en 1998 par l'Office de tourisme de Latronquière (voir en ligne).
(un extrait : Un dîner chez Cazalous publié dans Sousceyrac d'hier et d'aujourd'hui , ). Réédité en 2018 : . Réédité en 2008 par l'Association "Sousceyrac d'Hier à Aujourd'hui" : Mentionné par .
Études : . Cité par Bulletin of the New York Public Library, vol. 26, 1922, .. Mentionné sur le site de la Société des Études du Lot. .
Poésie : Notice biographique d'introduction et de présentation dans : . Poèmes publiés dans le Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du LotLes Bulletins, qui rendent compte des activités de la Société, sont accessibles en ligne dans Gallica : À Sylvie ; Inconsolée ; À un myosotis ; Au cimetière (tome VI, , 1880) ; Au château de Castelnau-Bretenoux ; Le Départ ; Vengeance (tome VII, , 214-216, 1881) ; Quatre sonnets (Tome VIII, , 1883) ; Les Cadourques ; 1870 ; Le bœuf de Carnaval ; La Fontaine des Chartreux ; Les Quatre Cordes ; Le Deuil ; La Bacchante ; Le Sybarite (tome X, , 1885) ; À Victor Hugo ; À André Chénier (tome XI, , 1886) ; Ode à Clément Marot (tome XVII, , 1892).
Théâtre : Blanche de Vézins, pièce en 3 actes en prose, première au théâtre de Cahors, le . Les Châtelaines de Roussillon, pièce en 5 actes en prose, première au théâtre de Cahors, le .
Romans publiés en feuilletons dans les journaux de Cahors : , fantaisie, "Le Réformateur du Lot", 1881. La légende de la Lozette, Le Réformateur du Lot, 1881Publiée à partir de 1881. .. , Le Réformateur du Lot, 1883. Le Dernier Commandeur, "Journal du Lot", 2 volumes, 1885. Cornéo-Solvard, "Le Réformateur du Lot". Marcelle, nouvelle cadurcienne, "Le Réformateur du Lot".
Pour approfondir Bibliographie F.de L., images du Ségala, Quercy recherche , Cahors, 1984. F.de L. et La légende de la Lozette, Sousceyrac hier et aujourd'hui, Sousceyrac, 2010
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Naissance dans le Lot Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Écrivain régionaliste français Catégorie:Personnalité liée à Cahors Catégorie:Naissance en février 1852 Catégorie:Décès en décembre 1919 Catégorie:Décès dans le Lot Catégorie:Décès à 67 ans