vignette|Logo israélien. Le secteur de l’agriculture en Israël représente 2,5 % du PIB et 3,6 % des exportations, avec une population agricole ne représentant que 3,7 % de la population active.
Israël est un important exportateur de produits frais et un des technologies agricoles, et ce malgré l'aridité d'un climat peu propice à l'agriculture. Plus de la moitié du pays est désertique, le climat et le manque d'eau étant préoccupants dans toute la région. À ces difficultés, s'ajoutent les conflits avec ses voisins. Dans ce contexte, l'autosuffisance alimentaire est un impératif.
Ces difficultés empêchent le pays d'atteindre l’autosuffisance agricole, malgré des niveaux d’autosuffisance élevés concernant la volaille, certains fruits et légumes et les produits laitiers. Le pays importe notamment des céréales, des oléagineux, des viandes, du café, du cacao et du sucre. Les succès de la recherche et de l'innovation israéliennes en agroalimentaire sont par ailleurs exportés dans le monde.
L'agriculture israélienne est caractérisée par la présence de deux types de communautés agricoles : le kibboutz et le moshav.
Histoire vignette|Vendanges à RIshon LeZion (vers 1920-1925) Alors que les sociétés chrétiennes et musulmanes interdisaient généralement aux Juifs de la diaspora de posséder la terre et de pratiquer l’agriculture, contribuant ainsi à les mettre à l'index et à les appauvrir, le sionisme (d'idéologie socialiste ou marxiste) les a aidés « à revenir à la « normale » en idéalisant l’exploitation agricole et l’agriculture, pour nourrir et renforcer le corps juif nouvellement indépendant ». D'une terre décrite comme désolée, dévastée, inculte ou inhospitalière par la relation qu'en font de célèbres voyageurs du tels que Chateaubriand, Péguy ou Mark Twain, le défi des idéologues est mû par la survie d’Israël et la reconquête de la dignité des travailleurs juifs.
L'agriculture israélienne s'est développée au , à partir de la colonisation agricole juive, par achat de terrains, souvent semi-arides et par leur exploitation par des émigrants sionistes qui généralement, n'en avaient aucune connaissance. Ainsi depuis 1948, grâce à la mise en valeur de ces terres difficiles (au Nord les marais infestés de malaria, au Sud, le désert de caillasses) par assainissement, drainage, reboisement, terrassement…, la superficie totale cultivée a augmenté, passant de , tandis que le nombre de communautés agricoles (les kibboutz et moshav) est passé de 400 à 725. La production agricole a été multipliée par 16, trois fois plus que la croissance démographique.
Les champs d'Israël ne sont pas cultivés durant la shmita correspondant à une année sabbatique définie par la Torah pour l’agriculture et se produisant tous les sept ans, durant laquelle les agriculteurs juifs doivent observer une année de jachère.thumb|Champ de coton dans le kibboutz de Gan-Shmuel (années 1990)|alt=L'importance de l'agriculture dans l'économie d'Israël a diminué au fil du temps. En 1979, elle représentait un peu moins de 6 % du PIB, en 1985 5,1 %, et aujourd'hui 2,5 %. En 1995, il y avait agricoles qui exploitaient cultivés avec donc une superficie moyenne de . 19,8 % des exploitations étaient inférieures à , 75,7 % avaient entre , 3,3 % entre , 0,4 % entre , et 0,8 % plus de . Les cultures sont principalement situées dans les plaines côtières du Nord, les collines à l'intérieur du pays, et la partie supérieure de la vallée du Jourdain.
En 2016, « 40% des terres arables appartiennent aux kibboutz, 50% aux moshavs et 10% aux propriétaires individuels », et « 1,2% de la population nourrit le reste de la population, ce qui est comparable au pourcentage du Canada (3% en France) ».
Israël est non seulement autosuffisant depuis les années 1960 mais il exporte son surplus de production agricole et horticole.
Structure agraire vignette|Entrée du moshav Klakhim La majeure partie de l'agriculture israélienne est basée depuis le début du sur deux grands types d'organisations : le kibboutz qui est une communauté collective dans laquelle les moyens de production et les bénéfices de ceux-ci sont collectivisés. La communauté fournit gratuitement et de façon strictement égalitaire les biens collectifs et les biens de consommation individuels, sans salaire, en dehors de sommes modérées pour des achats à l'extérieur. le moshav qui est un village coopératif agricole, avec une vie familiale classique et une exploitation individuelle des terres agricoles, mais où le matériel agricole, la commercialisation et certains services sociaux sont mis en commun. Ces deux types d'organisations agricoles totalisent ainsi, à titre d'exemple, 76 % de la production de produits frais.
Main-d'œuvre Les exploitations agricoles israéliennes dépendent principalement des travailleurs palestiniens pour leur main-d'œuvre d'appoint jusqu'aux années 1990, lorsqu'à la suite des affrontements de la première Intifada et des restrictions qui s'ensuivent sur la circulation des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, Israël commence à chercher des travailleurs dans d'autres régions. Selon une étude de la Knesset publiée en 2021 et fondée sur des données de 2020, environ 75 200 personnes sont employées dans le secteur agricole, dont environ 49 % d’Israéliens, 32 % de travailleurs étrangers et 19 % de Palestiniens.
En 2023, entre 30 000 et 40 000 travailleurs thaïlandais sont employés dans l'agriculture en Israël, soumis à des règles strictes, telles que l'impossibilité d'élever une famille dans le pays et des contrats de courte durée. Après l'attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas, de nombreux ressortissants thaïlandais retournent dans leur pays d'origine, beaucoup de thaïlandais ayant été tués ou pris en otage lors des attaques. Cela crée un vide qui cause de lourdes pertes pour les agriculteurs. En , le gouvernement du Malawi conclut un accord avec des entreprises israéliennes pour transporter des travailleurs agricoles malawites vers des fermes en Israël.
Conditions de travail des travailleurs migrants La forte dépendance du secteur agricole israélien à l'égard de la main-d'œuvre étrangère et migrante bon marché a conduit à des abus et à de l'exploitation. Pour lutter contre ces violations, la Haute Cour israélienne statue en 1991 que l'ensemble du droit du travail israélien doit s'appliquer à la main-d'œuvre étrangère ; bien que l'application de la loi reste limitée De nombreux problèmes persistent et les travailleurs étrangers sont continuellement affectés par ceux-ci tels que le travail dissimulé, les salaires inférieurs au salaire minimum, la servitude pour dettes, des conditions de travail dures, dangereuses, et régulièrement décrites comme inhumaines, la traite des êtres humains, la séquestration, les passages à tabac, les suicides et les morts non élucidées. Les agressions sexuelles contre les travailleuses agricoles étrangères sont courantes ; un rapport de 2021 révèle que 100 % des travailleuses agricoles thaïlandaises interrogées (654 sur 654) avaient été agressées sexuellement.
Eau L'eau est en demande croissante dans le pays, de par la courte saison des pluies qui ne dure qu'entre novembre et avril et à cause une répartition très inégale, de dans le Nord, les précipitations passent à moins de dans le Sud. Les ressources annuelles en eau sont d'environ de mètres cubes dont 75 % sont utilisés pour l'agriculture. En 2016, bien que la consommation d'eau est rationalisée, « 57% de l’eau est dirigée vers l’agriculture (comme dans tous les pays développés) et 6% vers l’industrie ».
Pour faire face à l'aridité du climat, aux sècheresses et aux besoins croissants de la population elle-même en croissance et de l'industrie, Israël investit dans des usines et systèmes de désalinisation, de micro-irrigation et son savoir-faire est également exporté dans le monde.
Elle construit des stations d’épuration dédiées à l’usage agricole et a recours à la fertigation : mélange d’eau et d’engrais pour augmenter les rendements.
D’autres technologies permettent de réduire le déficit en eau : la réduction des pertes dans le transport de l’eau (à moins de 10%) ou la culture hydroponique (agriculture hors-sol).
Irrigation vignette|Pivot d'irrigation au Mont Tabor Israël a inventé un système de goutte-à-goutte (micro-irrigation), repris dans le monde entier, qui permet l'irrigation pensée et économe des terres, et qui a fait le succès de l’entreprise israélienne Nétafim, devenue multinationale et leader dans son domaine avec près d'un tiers du marché mondial. Sa concurrente Naan est croquée par le conglomérat industriel indien Jain (NaanDanJain) pour en faire un champion mondial de l’irrigation aux de dollars de ventes. L'entreprise charge également « ses agronomes de former et d’accompagner les agriculteurs de tous types de climats et cultures, notamment en Afrique ».
Les Israéliens possèdent ainsi « 50 % du marché total de l’irrigation dans le monde... grâce à leurs méthodes de coopération dans le secteur de l’agriculture ».
Grâce à une stratégie d’économie d’eau déployée bien avant sa création, « Israël est parvenu à irriguer son agriculture à 86% par des eaux usées », ce qui constitue un record mondial - quand le pays arrivant en seconde position n'atteint que 36 %.
La zone de terres agricoles irriguées dans le pays a augmenté de en 1948 à quelque .
Hier
Aujourd'hui
Cultures thumb|Production de pois chiche en Galilée, près du Mont Thabor. Les grandes cultures céréalières du pays sont le blé (qui n’est pourtant pas du tout adapté au climat local et qu’il serait bien plus économique d’importer), le sorgho et le maïs.
Israël est un important producteur et exportateur d'agrumes, avec une forte production d'oranges, de pamplemousses, de mandarines et de pomélos. Les agrumes ainsi que d'autres fruits et légumes tels que l'avocat, le kiwi, la goyave, la mangue sont cultivés essentiellement sur la plaine côtière. Les bananes et les dattes sont cultivées dans les régions les plus chaudes et ensoleillées. Les pommes, les poires, les cerises, les fraises sont cultivées surtout dans le nord du pays. gauche|vignette|Culture des fleurs en serre, Guivat 'Hen. D'autres cultures sont présentes sur une plus large partie du pays telles que les tomates, les concombres, les poivrons, les courgettes, les prunes, les nectarines… Israël cultive aussi de manière importante des productions exotiques telles que les figues de Barbarie, les kakis, les nèfles du Japon et les grenades. Le pays est ainsi le premier producteur de nèfles du Japon après le Japon. Israël cultive aussi du raisin de table et possède une production viticole
Israël produit et exporte de grandes quantités de fleurs. Les exportations de fleurs en 2000 dépassaient les de dollars, les fleurs les plus couramment cultivées sont des chamelauciums, puis des roses.
Le coton est cultivé sur . Les rendements sont très élevés avec de coton brut par hectare. En 1997, la valeur de la production était de de dollars.
Agriculture biologique vignette|Logo de l'agriculture biologique en Israël.L’agriculture biologique (organic) est née modestement au départ, dès les années 1960 dans les kibboutz pour « subvenir aux besoins alimentaires de base des nouveaux arrivants en produisant au plus près, sans dépendre d’apports extérieurs », et « ont fait naître chez les Israéliens une conscience plutôt élevée de la fragilité de l’environnement » à laquelle s’ajoutent des valeurs issues du judaïsme prônant le respect des hommes, des animaux et de la nature, et en cela la « volonté du Créateur », comme le souligne également Richard Schwartz, président de l’association Jewish Veg.