Le défilé militaire du 14 JuilletTypographie des fêtes civiles et religieuses selon le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, 2007 , est une parade militaire organisée chaque année depuis 1880 à Paris à l'occasion de la fête nationale française. Le gouverneur militaire de Paris est responsable de l'organisation générale du défilé. Cette manifestation militaire invite parfois des unités de troupes armées étrangères à défiler aux côtés des armées françaises.
Traditionnellement, le cortège militaire — composé d'unités à pied, montées, motorisées et aériennes — descend l’avenue des Champs-Élysées, de la place de l’Étoile (renommée place Charles-de-Gaulle en 1970) jusqu'à la place de la Concorde, où les militaires saluent le président de la République, son gouvernement, les principales autorités de l'État, le corps diplomatique ainsi que des personnalités politiques étrangères, le cas échéant.
Le même jour, d'autres défilés de moindre envergure sont également organisés dans d'autres villes de France (Marseille, Lille, Lyon, Toulouse ainsi que de nombreuses villes de garnison) avec les régiments locaux.
Histoire thumb|Défilé du 14 juillet 1909 à l'hippodrome de Longchamp.
Fête populaire à l'origine en 1790, les réjouissances du 14 Juillet deviennent militaires pendant le Directoire. Sous , la fête perd considérablement de son importance, et il faut attendre la fin du et la Troisième République pour que le 14 Juillet revienne à l'honneur. En 1880, la prise de la Bastille et la fête de la Fédération deviennent fête nationale par une loi promulguée le . Politiquement, il s'agit de montrer le redressement militaire de la France après la défaite de 1870 et d'entretenir dans l'opinion publique l'esprit de mobilisation pour recouvrer, grâce à l'armée, les provinces perdues (Alsace et une partie de la Lorraine). En 1880, un défilé militaire, réunissant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs et en présence du président de la République Jules Grévy se déroule sur l'hippodrome de Longchamp, c'est la « revue de Longchamp »Franck Ferrand, « Que fête-t-on le 14 juillet ? », émission L'ombre d'un doute sur France 3, 11 juillet 2012. Jusqu'en 1914, la fête du 14 Juillet reste à Longchamp. Vers 1885, le populaire chanteur Paulus lance une chanson emblématique, En revenant de la revue, dont le thème est « voir et complimenter l'armée française ».
vignette|Le président François Mitterrand et le gouverneur militaire de Paris Hervé Navereau lors du 14 juillet 1989.
Après la Première Guerre mondiale, le défilé a lieu sur les Champs-Élysées. ; en 1919, les maréchaux vainqueurs — Joffre, Foch et Pétain — défilent ainsi à cheval sur les Champs pour le « Défilé de la Victoire ». Des unités ayant combattu au sein des troupes alliées défilent également. Le défilé passe sous l'Arc de Triomphe, la tombe du Soldat inconnu n'étant installée sous l'Arc qu'en 1921. Le défilé du se déroule à l'Hippodrome de Vincennes à l'issue de la revue des troupes présidée par le maréchal Pétain, en présence, souligne la Presse, d'une foule immense et enthousiasteVoir, par exemple l'article et les photos à la « Une » du Petit Parisien du . (Lire en ligne)..
Entre 1925 et 1928, aucun défilé ne se déroule, une simple cérémonie avec revue des troupes est organisée place de l'Étoile., la revue disparaissant même en 1929. 1930 marque le retour du défilé qui a lieu de l'esplanade des Invalides à la place de la Concorde, traversant la Seine sur le pont Alexandre III, et ce, jusqu'en 1934. Le président Albert Lebrun rétablit le défilé sur les Champs-Élysées en 1935 avant qu'il ne revienne entre les Invalides et la Concorde dès l'année suivante. Il est de retour sur les Champs-Élysées en 1938 et 1939, avec cette année-là et les menaces de guerre avec l'Allemagne, la participation de troupes britanniques.
De 1940 à 1944, aucun défilé militaire n'est organisé le à Paris alors sous occupation allemande. Le , les premiers Français libres défilent dans les rues de Londres. et en 1942, c'est une compagnie du futur commando Kieffer des Forces navales françaises libres qui assure le défilé. En 1945, a lieu le premier défilé du 14 Juillet après la Libération. Il se déroule place de la Bastille, où se trouve la tribune officielle, mais les troupes motorisées descendent les Champs-Élysées et traversent la capitale. Un autre grand défilé avait eu lieu un mois plus tôt, le , sur les Champs-Élysées pour fêter l'anniversaire de l'Appel du 18 Juin. En 1946, Hô Chi Minh, alors en visite en France pour participer à la conférence de Fontainebleau, est invité dans la tribune d'honneur.
Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, le lieu du défilé varie : de Bastille à République (1974), au cours de Vincennes (1975), sur les Champs-Élysées (1976, 1978 et 1980), à l'École militaire (1977) ou encore de République à Bastille (1979).. Les présidents de la République suivants — François Mitterrand (1981 à 1994), Jacques Chirac (1995 à 2006), Nicolas Sarkozy (2007 à 2011), François Hollande (2012 à 2016) puis Emmanuel Macron (depuis 2017) — ont maintenu depuis le défilé militaire sur l'avenue des Champs-Élysées.
En 2024, en raison des Jeux olympiques de Paris, le défilé militaire a lieu sur l'avenue Foch..
Déroulement du défilé parisien vignette|Le président Nicolas Sarkozy et le chef d'état-major des armées Jean-Louis Georgelin, passent en revue les troupes lors du défilé du .
Le défilé a lieu en présence du président de la République française, du Premier ministre et d'une grande partie du gouvernement, des présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale ainsi que des ambassadeurs étrangers en France, réunis dans la tribune d'honneur, qui est adossée à l'obélisque de la Concorde ; cette tribune a été conçue par Marie-Christine Dorner en 1990, elle est réutilisée chaque année depuis cette date, sa surface de toile est de , sa masse de plus de Jade Le Deley. « C'est là que ça se passe : 48° 51' 55 N 2° 19' 16 E ». Le Magazine du Monde, n°617, 14 juillet 2023, p. 16.. Différents corps militaires et de police au sol, à pied, montés ou motorisés, défilent à tour de rôle sur l'avenue des Champs-Élysées avant de se séparer en deux devant la tribune d'honneur, hormis la Légion étrangère qui tourne sur le côté gauche, et la fanfare de cavalerie de la Garde républicaine, qui tourne du côté droit. La vitesse moyenne de défilé des troupes motorisées est de . Un défilé aérien a également lieu au-dessus de cette même avenue, ouvert par une escadrille aérienne fumigène — généralement la Patrouille de France.
La répétition générale du défilé a lieu le ; le défilé officiel se tient dans la matinée du . Ce dernier débute par l'inspection des troupes par les officiers généraux commandant les défilés. Puis le président de la République passe à son tour en revue les troupes sur un VLRA encadré par la grande escorte à cheval de la garde républicaine. Le président rejoint le lieu où est installée la tribune d'honneur. Les honneurs sont rendus au président. S'ensuit une animation musicale. Un défilé aérien ouvre le défilé à proprement parler, suivi par les unités au sol.
thumb|left|Alphajets de la Patrouille de France, lors du défilé du .
Le défilé au sol est traditionnellement clôturé par la Légion étrangère car c'est l'unité qui défile au pas le plus lent : contre 120 pour les autres unités et 140 pour les chasseurs alpins. Une escadrille aérienne fumigène, généralement la patrouille de France, ouvre le défilé aérien. Le général gouverneur militaire de Paris vient saluer le président face à la tribune officielle, et celui-ci vient répondre à son salut. Le président quitte alors le défilé.
Régulièrement, le président invite également un ou plusieurs représentants étrangers ainsi qu'une délégation militaire — et plus rarement civile — étrangère à participer au défilé, comme en 1994, avec une unité allemande de l'EurocorpsCette parade de soldats allemands sur les Champs-Élysées, voulue par le président de l'époque, François Mitterrand, comme un signe de réconciliation franco-allemande avait fait l'objet d'une polémique., ou en 1999 avec un détachement de la Garde royale marocaine. En 2007, Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président de la République, invita un détachement de chacun des 26 autres pays de l'Union européenne ; ceux-ci défilèrent par ordre alphabétique, précédés des 28 drapeaux (ceux des 27 pays et le drapeau européen). En 2008, un détachement des casques bleus de l'ONU défila sur les Champs-Élysées en plus des détachements européens. Cette même année et pour la première fois, des parachutistes ont atterri sur la place de la Concorde, devant la tribune d'honneur.
Depuis 2003, est pour la cérémonie. Sous ses ordres, 11 défileurs adjoints se chargent de la coordination millimétrée des défilants au sol et défilants blindés.
En 2015, pour la première fois, les unités du RAID et de la BRI, appartenant à la Force d'Intervention de la Police Nationale, ainsi que le GIGN, ont défilé en tête, en hommage à leurs engagements lors de la traque et des assauts survenus à l'occasion des attentats terroristes de janvier 2015 en banlieue parisienne. Cette année marquant également le de la libération de la France, la Patrouille de France, composée exceptionnellement de 12 appareils, étant en formation dite "Croix de Lorraine" pour rendre hommage aux Compagnons de la Libération.
Pour l'édition 2016, des troupes australiennes et néo-zélandaises sont invitées pour commémorer la bataille de la Somme, des guerriers maoris participant de la délégation de Nouvelle-Zélande. La composante est également renforcée par la présence dans le défilé à pied d'agents de l'administration pénitentiaire, commandés par Sophie Bleuet, alors directrice de l'École nationale d'administration pénitentiaire, et des douanes. Enfin, à l'issue du défilé, une chorale de 400 élèves vainqueurs d'un concours de l'Éducation nationale participe au chant de La Marseillaise, entonnant notamment le couplet .
Unités défilant sur les Champs-Élysées Ci-dessous est présentée une liste non exhaustive des principales unités défilant ou ayant défilé sur l'Avenue des Champs-Élysées lors du 14 Juillet.
Unités à pied thumb|Élèves de l'École militaire interarmes. thumb|Élèves sous-officiers de l'École nationale des sous-officiers d'active. thumb|Acmat VLRA sur les Champs-Élysées avec un général de division. Environ et policiers défilent à pied, nombre en augmentation car il atteint en 2025.
L'École polytechnique ; L'École des officiers de la Gendarmerie nationale ; L'École spéciale militaire de Saint-Cyr ; L'École militaire interarmes et l'École d'administration militaire ; L'École navale et l'École militaire de la flotte ; L'École de l'air et l'École militaire de l'air ; L'École des commissaires des armées ; L'École nationale supérieure de techniques avancées Bretagne et l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (SUPAERO). ; L'École de santé des armées; L'École des sous-officiers de la Gendarmerie nationale ; L'École nationale des sous-officiers d'active ; L'École de maistrance ; L'École des mousses ; L'École de formation des sous-officiers de l'armée de l'air ; L'École d'enseignement technique de l'Armée de l'air Les deux régiments d'infanterie de la garde républicaine ; Le 132e régiment d'infanterie cynotechnique ; Le d'hélicoptères de combat ; La brigade de sapeurs-pompiers de Paris ; Le bataillon de marins-pompiers de Marseille ; Marins du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc ; L'École nationale supérieure de la police ; L'École nationale supérieure des officiers de police ; L'École nationale de police ; Les pionniers de la Légion étrangère ; La musique de la Légion étrangère ; La musique des équipages de la flotte (Brest et Toulon) ; Le étranger de cavalerie ; L'École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers ; Le bataillon des sapeurs-pompiers de France (depuis 2008)