Le Musée maritime du Québec – Capitaine J.E. Bernier se trouve à L’Islet, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans la province de Québec. Situé dans la région administrative Chaudière-Appalaches, ce musée invite à explorer l'héritage maritime du Québec et à mieux saisir le rôle essentiel du fleuve dans le développement économique et culturel de la province.
Mission Le Musée maritime du Québec (MMQ) a pour mission de préserver, de mettre en valeur et de diffuser le riche patrimoine maritime québécois. À travers ses collections, ses expositions et ses activités éducatives, il retrace l'histoire de la navigation et de ses pionniers. Sur place, on peut découvrir trois bateaux-musées, des objets maritimes provenant d’une collection de plus de (cartes, livres et documents anciens) ainsi que des récits captivants dont celui du capitaine Joseph-Elzéar Bernier (1852-1934), navigateur originaire de L’Islet, à qui le Musée rend un hommage particulier..
En 1975, le Musée a été reconnu par le ministère des Affaires culturelles du Québec..
Depuis 2019, il est agréé par le ministère de la Culture et des Communications comme institution muséale qui respecte les normes internationales en matière de pratiques muséologiques, de planification, de protection et de mise en valeur du patrimoine.. Enfin, le Musée conserve la plus grande collection maritime de la province.
Localisation Située à environ à l’est de la ville de Québec, la municipalité de L’Islet possède un riche passé maritime. De nombreux navigateurs de la marine marchande canadienne y ont résidé. Les noms de ceux disparus en mer sont inscrits sur des plaques commémoratives à l’intérieur de la chapelle des Marins, sur le chemin des Pionniers. En 1981, cet édifice religieux a été classé monument historique par le ministère des Affaires culturelles du Québec.. Il a été restauré en 2024.
À la mémoire du Capitaine Bernier Le Musée rend un hommage particulier au Capitaine Joseph-Elzéar Bernier (1852-1934), navigateur originaire de L’Islet. Issu d’une grande famille de navigateurs, Joseph-Elzéar suit les traces de son père Thomas Bernier et de son grand-père Jean-Baptiste Bernier, tous deux capitaines.. De nombreux autres membres de sa famille élargie étaient aussi marins.. gauche|vignette|233x233px|Capitaine Joseph-Elzéar Bernier Joseph-Elzéar s’est distingué par une dizaine d’expéditions menées dans l’archipel arctique. À la demande du gouvernement canadien, il patrouille dans les eaux, et annexe les îles et les territoires cédés par la Couronne britannique en 1880. Pionnier de l’affirmation de la souveraineté canadienne sur ce territoire, le capitaine Bernier contribue à donner une frontière arctique à son pays..
En 1974, le musée porte le nom de « Musée maritime Bernier».. Un monument est d’ailleurs érigé en l’honneur du capitaine sur le site extérieur. Initialement installé près de la salle paroissiale de L’Islet-sur-Mer en 1962, il a été déplacé en 1973 sur le site du Musée puis restauré en 2018. Ce monument appartient à Parcs Canada.
Expositions et activités Nommé en l’honneur du Capitaine J.- E. Bernier, le pavillon central demeure un lieu incontournable pour tous les personnes passionnées d’histoire maritime. On y présente plusieurs expositions thématiques, dont certaines permanentes, permettant de plonger plus profondément dans le patrimoine maritime du Québec. S’ajoutent des expositions temporaires qui dévoilent de nouvelles découvertes et perspectives. Ce pavillon occupe l’emplacement d’un ancien couvent construit en 1877, autrefois propriété des Sœurs du Bon-Pasteur, et destiné à l’enseignement aux jeunes filles..
Mettant en valeur la collection d’artéfacts, la réserve des maquettes présente réduits des plus grands navires ayant marqué l’histoire maritime québécoise. Seules les visites guidées donnent accès à ces chefs-d’œuvre. La réservation est obligatoire.
Attenante au bâtiment central, la chalouperie met en lumière l’histoire des chaloupes, des canots et des barques en bois, tout en illustrant les techniques de construction navale artisanale. L’exposition « Le temps des chaloupes », témoigne du rôle essentiel de ces embarcations dans l’histoire du fleuve Saint-Laurent et de l’ingéniosité de leurs constructeurs. Inaugurée officiellement en 2018, elle présente une vingtaine d’embarcations historiques et leurs fonctions. L’ajout de la chalouperie en 1997 a conféré au musée un statut comparable à celui des grands musées maritimes du monde..
Un peu d'histoire La région de L'Islet possède une riche tradition maritime. Dès l'époque du Régime français, de nombreux marins s'y installent. Puis en 1853, les Frères des écoles chrétiennes y établissent une école spécialisée dans l'enseignement. Dix ans plus tard, vu l'augmentation du nombre d'élèves, de nouveaux cours sont ajoutés. À partir de 1873, l'établissement commence à offrir des formations en marine et navigation, s'adaptant aux besoins particuliers des communautés maritimes de L'Islet et de Lévis. L'école sera en existence pendant plus d'une centaine d'années. Cette école participera de façon importante à la formation de plus de , dont le célèbre capitaine Joseph-Elzéar Bernier. En 1995, on l'appellera « l'école des marins »..
Au début des années 1920, un groupe de navigateurs de L'Islet fonde la première association des marins de la région. Cette organisation, nommée « Association des marins de la vallée du Saint-Laurent » en 1970 va jouer un rôle dans la préservation du patrimoine maritime. En 1968, elle concrétise en effet le projet de créer le premier musée maritime canadien à L'Islet. Depuis sa fondation, plusieurs marins se sont succédé à la présidence: le capitaine Georges-P. Caron (1966-1967), le capitaine Georges-Édouard Gaudreau (1968-1975), le capitaine Gaston Rousseau (1975-1979), le sénateur Léopold Langlois (1980-1986) et le capitaine Charles Pouliot (1986-1990).. L'association désire alors marquer le fait que cette région du Québec, la vallée du sud-est du Saint-Laurent qui s'étend de Lévis à Kamouraska, a été un haut lieu de la construction navale au , plus de y ont été construits..
Aujourd’hui, le musée occupe l’espace d’un vieux couvent construit en 1877, autrefois propriété de la communauté des Sœurs du Bon-Pasteur. En 1970, il devient la propriété de l’Association des marins de la Côte-du-sud et prend le nom de Musée maritime de la Côte-du-Sud. En 1974, il est aménagé en Musée maritime Bernier..
Dès ses débuts, le musée a bénéficié du précieux soutien des organismes locaux et du ministère de la Culture du Québec. Grâce à l’engagement de l’Association et des citoyens de L’Islet, des centaines d’objets maritimes ont été recueillis au fil des premières années, formant ainsi le cœur de sa collection..
LISTE DES PRÉSIDENTSNomDébutFinCapitaine Georges-P. Caron (fondateur)19661967Capitaine Georges-Édouard Gaudreau (fondateur)19681975Capitaine Gaston Rousseau (fondateur)19751979Sénateur Léopold Langlois (fondateur)19801986Capitaine Charles Pouliot (fondateur)19861990Louis-Michel Dussault, pilote à la retraite19901994Me Jean Grégoire19941997Raymond Normand19972003Jacques Lacasse20032004Pilote Réginald Caron20042011Simon Pierre Paré20112015Jean Parent20152019Simon Mercier, pilote20192024Marc Girouard20242025
Haut lieu de construction navale S’étendant de Lévis à Kamouraska, la vallée du sud-est du Saint-Laurent, a été un lieu de prédilection pour la construction navale au . On y a fabriqué plus de ..
Cette région a joué un rôle crucial dans l’industrie maritime du Québec, notamment grâce à des localités comme L’Islet, Cap-Saint-Ignace et Saint-Jean-Port-Joli. La construction de chaloupes, goélettes, sloops et autres navires était essentielle pour le commerce et le transport sur le fleuve Saint-Laurent avant l’arrivée du chemin de fer et des routes..
Le nouveau parc fluvial À l’extérieur, dans le nouveau parc fluvial inauguré en , des sentiers pédestres aménagés invitent à explorer divers thèmes maritimes. Neuf stations d’interprétation, dont cinq équipées de codes QR et de la technologie NFC, offrent une expérience interactive..
On y trouve également les trois bateaux-musées :
Brise-glace Ernest Lapointe gauche|vignette|Le brise-glace NGCC Ernest Lapointe de type vapeur|283x283px Le brise-glace NGCC Ernest Lapointe de type vapeur a servi à ouvrir les voies maritimes dans le Saint-Laurent. Il s’agit du premier brise-glace construit par le chantier maritime Davie Shipbuilding and Repairing Co. à Lauzon. Le navire est lancé le , soit un an plus tard que prévu en raison de la guerre.. En effet, le navire qui transportait les moteurs fut coulé lors de son voyage vers le Canada.. Le brise-glace est commandé par le capitaine Robert Marchand jusqu’en 1967..
En 1942, durant la Deuxième Guerre mondiale, le brise-glace Ernest Lapointe passe cinq mois à la base aérienne de Goose Bay, au Labrador. Sa mission: assurer la liaison entre la terre ferme et les navires de guerre ancrés au large pour permettre le transport des soldats vers le front. Le Ernest Lapointe retourne à Goose Bay en 1944 et de nouveau en 1945. En plus de transporter des troupes en 1944, il intègre un convoi de la Marine royale canadienne.. Après la fin de la guerre, il est alors réaffecté sur le fleuve Saint-Laurent où il effectue des opérations de déglaçage du chenal entre Trois-Rivières et Montréal.
En 1947, le navire réalise un impressionnant voyage de à travers les glaces du fleuve. En 1955, il escorte le cargo North Voyageur, chargé de ravitailler les villages de la Basse-Côte-Nord, lors d’une expédition de qui s’étale sur . La même année, à la suite du naufrage du Lady Gray, coulé près de Québec après une collision avec le traversier Cité de Lévis, il devient le navire officiel du gouvernement canadien.
En 1958, le Ernest Lapointe se révèle le premier navire canadien à mouiller au Groenland où il conduit une délégation d’Inuit canadiens et de représentants des Affaires nordiques.
Au cours de l’hiver 1958-1959, il aide à libérer une soixantaine de navires emprisonnés par des glaces hâtives entre Montréal et Québec. Le brise-glace Ernest Lapointe est retiré du service en 1978. Le , il est conduit à L’Islet-sur-Mer pour être conservé en cale sèche au Musée maritime du Québec, l’un des premiers organismes culturels à s’engager dans la préservation d’un navire en acier..
Le NCSM Bras d'Or 400 vignette|291x291px|Le NCSM Bras d'Or 400. L’hydroptère Bras d’Or 400, un prototype expérimental conçu par la marine canadienne.
Il doit son nom au lac Bras d'Or, situé sur l'île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, où l'inventeur Alexander Graham Bell a effectué des expériences sur des hydroptères au début du ..
Cet hydroptère a servi dans les forces de 1968 à 1971. Lors des essais en mer, il a dépassé les en mode hydroptère, devenant ainsi le navire de guerre de plus de le plus rapide du monde..
Les coûts d'exploitation élevés du navire, les nombreux ajustements nécessaires et les avancées de l’aviation dans la détection des sous-marins feront en sorte que le projet sera abandonné en 1971..
Le J.E. Bernier gauche|vignette|276x276px|Voilier J.E.Bernier dans le parc fluvial Le voilier J. E. Bernier ayant participé à une expédition marquante dans l’Arctique dans le but de réaliser le passage du Nord-Ouest..
Ce voilier dispose d’une quille longue et d’un gréement composé de cinq voiles. Il mesure de long sur de large, avec un tirant d'eau de . Son poids total atteint . Conçu en acier, ce voilier a été construit en 1975 par Fercraft Marine à Côte-Sainte-Catherine, selon les plans de l’architecte naval Robert Dufour.
vignette|300x300px|Crédit photo: Pierre Bédard (géologue). De gauche à droite: Pierre Bédard, le maître de poste de Tuktoyaktuk, Jacques Pettigrew, Marie-Ève Thibault et le capitaine Réal Bouvier (au téléphone).