thumb|upright=1.25|Plan du petit appartement de la reine vers 1740 : 1 : escalier 2 : service de la Reine 3 : valet du Roi 4 : passage 5 : cabinet de la chaise 6 : oratoire 7 : petite galerie 8 : pièce des bains 9 : grand cabinet intérieur 10 : arrière cabinet 11 : terrasse 12 : escalier de la reine A-F : grand appartement de la reine a : ancien appartement de la marquise de Maintenon b : appartement du Roi I : cour du dauphin II : cour de la reine thumb|upright=1.25|Plan du petit appartement de la reine vers 1789 () : 1 : escalier 2 : service de la Reine 3 : escalier à l’appartement de la Reine au rez-de-chaussée 4 : passage 5 : cabinet de la chaise 6 : cabinet de la Méridienne 7 : bibliothèque 8 : supplément de la bibliothèque 9 : grand cabinet intérieur 10 : arrière cabinet 11 : pièce des bains 12 : chambre des bains 13 : antichambres 14 : escalier de la Reine A-F : grand appartement de la reine a : appartement du duc de Duras b : appartement du Roi I : cour du dauphin II : cour de la reine

Le petit appartement de la reine est un ensemble de plusieurs pièces sur trois étages, situés dans le corps central du château de Versailles. Ces pièces, situées derrière le grand appartement de la reine, sont éclairées par deux cours intérieures. Elles furent le domaine particulier des reines de France Marie-Thérèse, Marie Leszczynska et Marie-Antoinette. Aussi bien ceux de la duchesse de Bourgogne en tant que dauphine. Les pièces ont été restaurées à leur dernier état d'origine, lorsque Marie-Antoinette les quitta le 6 octobre 1789.

Marie-Thérèse Lors de la réalisation du projet initial de Louis Le Vau, l’appartement se composa d’une enfilade de cinq pièces éclairées par des fenêtres sur le côté méridional de la cour de marbre et sur le côté septentrional de la cour de la reine. Après la mort de Marie-Thérèse en 1683, les pièces donnant sur la cour de marbre furent rattachées à l’appartement du roi. À l’époque de Marie-Thérèse ces pièces particulières furent consacrées à la vie privée et familiale de la reine. En raison de la mort prématurée de la reine, peu de renseignements nous sont parvenus quant au décor ou à l’aménagement de cet appartement à cette époque.

Peu après l’installation de la nouvelle dauphine, Marie-Adélaïde de Savoie, en 1697, le petit appartement de la reine subit des modifications importantes. À partir de 1699, un appartement à trois pièces fut construit et fut connu comme l’appartement de nuit du duc de Bourgogne. Louis XIV fit construire cet appartement afin de faciliter les visites conjugales du duc à sa femme. L’appartement, se compose d’une chambre, d’un cabinet et d’une garde-robe. Lorsqu'il fut achevé, il divisa la cour de la reine en deux parties, la cour de Monseigneur à l’ouest (depuis, cour du Dauphin) et la cour de Monsieur à l’est (depuis, cour de la Reine). Ces pièces communiquèrent avec l’appartement du roi et furent utilisées par la dauphine, jusqu’à sa mort en 1712.

Marie Leszczynska Sous Marie Leszczynska, le petit appartement de la reine subit trois phases d’aménagement distinct : la première, de 1728 à 1731 ; la deuxième, de 1737 à 1739 ; la troisième de 1746 à 1748.

La première phase de 1728 à 1731 aboutit à la construction d’une pièce de bains (numéro 8, plan de 1740), de la petite galerie (numéro 7, plan de 1740) et d’un oratoire (numéro 6, plan de 1740).

La deuxième phase fut témoin des réaménagements importants dans la petite galerie avec l’installation de boiseries en vernis Martin. À cette époque, l’appartement de nuit du duc de Bourgogne fut réaménagé avec la construction du grand cabinet intérieur (numéro 9, plan de 1740) et de l’arrière cabinet (numéro 10, plan de 1740) ; les deux pièces présentèrent des boiseries finement sculptées et peintes. À partir de cette époque, un bon nombre d’œuvres par François Boucher et Charles Antoine Coypel furent exposées dans le petit appartement de la reine.

La phase de 1746 à 1748 fut témoin du réaménagement de la petite galerie lorsque la pièce fut surnommée soit cabinet chinois – en raison de huit panneaux à la chinoise peints par Marie LeszczynskaJALLUT, 1969 – soit laboratoire, où la reine pratiquait ses loisirs. L’ancien oratoire fut converti en tant que cabinet de la Méridienne avec des nouvelles boiseries par Jacques Verberckt. La pièce des bains reçut des nouvelles boiseries par les frères Rousseau et des peintures par Charles-Joseph Natoire ; le grand cabinet intérieur reçut de nouvelles boiseries également par VerbercktPONS, 1992 ; . Cependant, les boiseries en vernis Martin qu'on peut encore voir dans l'arrière du cabinet datent des années 1750 et proviennent d'une autre pièce du château.

Marie-Antoinette La renommée du petit appartement de la reine est due à la dernière reine de France de l'Ancien Régime, Marie-Antoinette. L’état restauré de ces pièces actuelles à Versailles se rapproche étroitement du petit appartement de la reine à l’époque de Marie-Antoinette. À partir de 1779, le petit appartement de la reine fut réaménagé pour la nouvelle reine.

L'appartement du rez-de-chaussée Il a été constitué par Marie-Antoinette elle-même et comprenait trois pièces : une chambre, une salle de bains et une bibliothèque. Elle y a emménagé en 1784. Dans la chambre, les boiseries ont complètement disparues mais le mobilier a pu être reconstitué : commode, secrétaire et coiffeuse de Jean-Henri Riesener, sièges de George Jacob. Elle conserve une superbe cheminée en marbre griotte rehaussé de bronzes dorés et est dite "chambre verte" en raison de la couleur du tissu des murslire en ligne la présentation du Forum de Marie-Antoinette. D'importants tableaux y sont présentés. La salle de bain a également été remeublée et a fait l'objet d'une mise en scène temporaire par Isabelle de Borchgrave, lors de son inauguration en 2011. Ses boiseries ont été dessinées par Richard Mique et sculptées par les frères Rousseaulire en ligne. Ce sont les Amis européens de Versailles qui l'ont prise en chargelire en ligne.

Les cabinets intérieurs du premier étage En 1779, vraisemblablement afin de donner une cohésion décorative à son appartement, Marie-Antoinette demanda à son architecte préféré, Richard Mique, de faire tapisser les murs de son petit appartement d’une tenture de satin blanc broché avec des guirlandes. Les tentures qui coûtèrent livres furent pourtant remplacées par des boiseries en 1783.

En 1781, pour fêter la naissance du premier dauphin, Louis XVI chargea Mique de réaménager le cabinet de la Méridienne (numéro 6, plan de 1789) . C'est dans cette pièce octogonale que Marie-Antoinette pouvait se reposer dans la journée. Les pans coupés préservaient la tranquillité de la reine, en permettant aux femmes de chambre de circuler autour de la Méridienne sans la dérangerEn fait, c'est le pan coupé entre la grande chambre de la reine et la bibliothèque qui leur permettait d'éviter la Méridienne. Un décor conçu par Richard Mique remplace l'ancien décor rocaille. Les motifs des boiseries, dues aux frères Rousseau, et les bronzes autour des portes vitrées évoquent la reine (l'aigle d'Autriche) et le roi (l'aigle, symbole de Jupiter) mais également l'amour, par des tiges de rosier et des cœurs, le mariage, par des paons, attributs de Junon, ainsi que la maternité, par des dauphinsÉtablissement public du musée et du domaine national du Château de Versailles. Un divan est placé dans une niche de glaces. Il est tendu du même tissu que les deux fauteuils de Georges Jacobdotés d'un motif original sur les accotoirs : une tête de pékinois meublant la pièce. L'étoffe d'origine, en 1781, était une grenadière bleu glacé. Un guéridon au plateau en bois pétrifié, monté sur un pied d'acier orné de bronzes dorés, complète l'ameublement de la pièce. C'est sa mère, Marie-Thérèse, qui offrit à Marie-Antoinette ce meuble réalisé en 1770 à Vienne par Anton Mathias Domanock (1713-1779). De 2013 à 2015, le cabinet de la Méridienne a été restauré. Comme les boiseries n'avaient jamais été décapées, la dorure d'origine a pu être sauvegardée. Les chiffres de Louis XVI et Marie-Antoinette, buchés à la Révolution mais encore visibles, ont pu être restituésVersalia, 2017, p. 125. La teinte d'origine du parquet, « couleur citron », qui subsistait dans un placard, a pu être rétablieVersalia, 2017, .

1781 fut également témoin de l'aménagement de la bibliothèque – sur l’emplacement auparavant occupé par la petite galerie de Marie Leszczynska (numéro 7, plan de 1789) – et le supplément de la bibliothèque – l’ancienne pièce des bains de Marie Leszczynska (numéro 8, plan de 1789) ; de plus, une toilette à l’anglaise, une pièce des bains et une salle des bains furent aménagées donnant sur la cour de la Reine.

La dernière modification importante au premier étage du petit appartement de la reine s’acheva en 1783 où Marie-Antoinette fit réaménager le grand cabinet intérieur. Les tentures précieuses de 1779 furent remplacées par des boiseries dorées et la pièce fut rebaptisée "Cabinet doré". Les boiseries des frères Rousseau montrent un décor de sphinx et de trépieds antiques. L'ensemble a été restauré en 2003 par Frédéric Didier, qui a rétabli les deux portes-fenêtres ; en effet, à l'origine, le service se faisait par le balcon. Il a également restitué le chiffre de Marie-Antoinette qui avait été bûché et remis en teinte le parquetvoir Versalia, 2005, p. 30 et s.. Les sièges, œuvre de Georges Jacob, forment un ensemble composé de quatre fauteuils, d’une bergère, de quatre chaises, de deux tabourets, auxquels s'ajoutent un écran de cheminée et un paravent. Ces meubles avaient été vendus à la Révolution ; le Garde-Meuble impérial les avait rachetés en 1810 pour le palais de Fontainebleau. Identifiés, recouverts d’un velours de soie vert anglais galonné à la Bourgogne, ils ont été réinstallés dans le cabinet doré en 2010Établissement public du musée et du domaine national de Versailles (2010), p. 22. Cette pièce contient aussi le bureau de Marie-Antoinette, réalisé par Jean-Henri Riesener en 1783. Cette table-bureau a regagné Versailles après avoir été acquise par l'État français en Ministère de la Culture et de Communication (2011). Destinée à l'origine au salon de la maison de la Reine au Hameau, elle est désormais présentée dans le Cabinet doré. D'autres "équivalences" y figurent : la commode de Riesener provient de Marly et les vases de Sèvres de Saint-Cloud.

Dans l'arrière cabinet, Marie-Antoinette fit remonter des boiseries en vernis Martin datant des années 1750 et provenant de l'appartement de sa belle-mère, Marie-Josèphe de SaxeÉtablissement public du musée et du domaine national du Château de Versailles, « Appartements de Marie-Antoinette ». De nos jours, la plupart des meubles qui se trouvaient dans la pièce à l'époque de Marie-Antoinette sont conservés au Metropolitan Museum of Art, dont les meubles en laque de Riesenerlire en ligne sur Met Museumlire en ligne sur Met Museum.