Thury-Harcourt est depuis le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle du Hom (Thury-Harcourt-le-Hom depuis 2021), et une ancienne commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie.
Elle est peuplée de habitantsPopulation municipale ..
Située dans la vallée de la rivière l’Orne, ses environs très vallonnés comme à Clécy, ou bien à la Roche d'Oëtre sont un contraste saisissant avec le plateau de Caen situé plus au nord. Cette Suisse normande, faite de collines, attire les visiteurs en raison des nombreuses activités sportives qui peuvent y être pratiquées.
Géographie La ville se situe à vingt-quatre kilomètres au sud de Caen, dans la vallée de l’Orne.
Toponymie Le nom de Thury est attesté sous les formes latinisées Torei vers 1000Entre 996 et 1008 « « Acte 1437 », dans SCRIPTA. Base des actes normands médiévaux, dir. Pierre Bauduin, Caen, CRAHAM-MRSH, 2010-2024. [En ligne] » (consulté le 20 février 2025).,Thureio vers la fin du XIIe siècleEntre 1163 et 1190 « « Acte 9367 », dans SCRIPTA. Base des actes normands médiévaux, dir. Pierre Bauduin, Caen, CRAHAM-MRSH, 2010-2024. [En ligne] » (consulté le 20 février 2025)., Turium vers 1150Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris 1979, 670, TuirieEntre 1182 et 1210 « « Acte 8953 », dans SCRIPTA. Base des actes normands médiévaux, dir. Pierre Bauduin, Caen, CRAHAM-MRSH, 2010-2024. [En ligne] » (consulté le 20 février 2025).Entre 1181 et 1220 « « Acte 9679 », dans SCRIPTA. Base des actes normands médiévaux, dir. Pierre Bauduin, Caen, CRAHAM-MRSH, 2010-2024. [En ligne] » (consulté le 20 février 2025)., ToireioEntre 1178 et 1213 « « Acte 9750 », dans SCRIPTA. Base des actes normands médiévaux, dir. Pierre Bauduin, Caen, CRAHAM-MRSH, 2010-2024. [En ligne] » (consulté le 20 février 2025)., ToreioEntre 1182 et 1210 « « Acte 8895 », dans SCRIPTA. Base des actes normands médiévaux, dir. Pierre Bauduin, Caen, CRAHAM-MRSH, 2010-2024. [En ligne] » (consulté le 20 février 2025). et TeireiumEntre 1182 et 1210 « « Acte 8859 », dans SCRIPTA. Base des actes normands médiévaux, dir. Pierre Bauduin, Caen, CRAHAM-MRSH, 2010-2024. [En ligne] » (consulté le 20 février 2025). vers 1200, Tuiriaci en ., Tureio entre . et . (attesté au minimum 13 fois entre ces deux datesAttestations trouvées dans la base SCRIPTA (Site Caennais de Recherche Informatique et de Publication des Textes Anciens) https://mrsh.unicaen.fr/scripta/accueil.html (sous la direction de Pierre Bauduin) aux actes 2136, 2137, 2138, 2139, 2140, 2141, 2142, 2143, 2145, 2146, 2147, 2150 et 2922.), Tureyo vers 1250Acte daté du 2 décembre 1247 Acte daté de 1262 , Turiaci en ., Tuireii en . et 1257. ou encore Thurie et Thureyo en 1317..
Ces formes anciennes sont semblables à celle des noms de type , , Thoré, Thorey, etc. toutes issues d'un anthroponyme gallo-roman Taurus ou Torus, suivi du suffixe -i-acum indiquant la propriété.
C'est ce nom de « Thury ! » (« Toirié ! »Wace, Roman de Rou, vers 3900) que criaient Raoul Tesson et ses suivants révoltés contre le pouvoir ducal à la bataille du Val-ès-DunesRené Lepelley, Guillaume le duc, Guillaume le roi : extraits du Roman de Rou de Wace, Centre de publication de l'université de Caen, , vers 3900 et . et non point « Thor aïe ! » (« Thor aide ! ») selon une explication légendaire tenaceRené Lepelley, Dex Aïe : « l'enseigne au duc de Normandie » in Annales de Normandie, 1987, 37, (lire en ligne) . Raoul Tesson était effectivement seigneur de Thury et il était d'usage de crier le nom de son « enseigne » lors d'une bataille.
Le déterminant complémentaire Harcourt a été ajouté référence à Henry d'Harcourt qui tirait justement son titre du village normand de Harcourt (aujourd'hui dans le département de l'Eure).
Le nom ancien est Thury, mais le marquisat de Thury fut érigé en duché-pairie au bénéfice de Henry d’Harcourt, marquis de Thury sous le nom de « duché de Harcourt » en 1709Célestin Hippeau, « Le gouvernement de Normandie au , d'après la correspondance inédite des marquis de Beuvron et des ducs d'Harcourt, gouverneurs et lieutenants-généraux de cette province » dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, Caen, Hardel, 1862, 223–250, induisant une modification du nom.
Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune reprit le nom de Thury.
Histoire Seigneuries de Thury Les seigneuries normandes de Thury, Dangu, Préaux, Ferrières, Tilly et Crèvecœur ont partagé un moment les mêmes seigneurs.
1- La famille Taisson/Tesson possède d'abord Thury depuis le au moins, puis par le mariage de Jeanne, fille de Raoul IV Taisson (lui-même fils de Jourdain Taisson) avec Robert IV Bertran, les Bertran de Bricquebec en héritent au Thury était aux Tesson, puis Jeanne Taisson, fille de Raoul IV Taisson, arrière-arrière-arrière-petite-fille de Raoul Taisson révolté contre le duc Guillaume le Bâtard à Vals-ès-Dunes en août 1047, apporte Thury à son mari, épousé vers 1210, Robert IV ou V Bertran de Bricquebec ; leur arrière-petite-fille Jeanne, sœur du maréchal Bertran, transmet Thury à son mari Jean Crespin baron de Dangu, épousé vers 1300 : par leur fils Jean II Crépin seigneur de Dangu et Thury, mari de Jeanne fille d'Henri III d'Avaugour, ils sont les grands-parents de l'héritière Blanche., enfin les Bec Crépin au , déjà sires de DanguDès la deuxième moitié du , Guillaume II du Bec est châtelain de Dangu. Dans la première moitié du , un certain Robert du Plessis est dit seigneur de Dangu, mais sa fille Isabelle du Plessis épouse Goscelin/Josselin Crespin du Bec, quintisaïeul de Blanche Crespin, qui passe donc ce fief, avec Thury, à son mari Pierre II de Préaux dans la première moitié du . . L'héritière Blanche Crespin du Bec est dame de Thury et Dangu, qu'elle apporte à son mari Pierre II de Préau(l)x, † 1360 : ils sont les parents de Jean IV de Préaux (otage des Anglais en 1361 puis établi durablement en Angleterre, d'où postérité : les Preaulx) ; sa sœur Marguerite dame de Préaux, Dangu et Thury (épouse en deuxièmes noces de Jacques de Bourbon-La Marche seigneur d'Argies, d'où les Bourbon-Préaux sur deux générations jusqu'à Marie de Bourbon, la dernière des Bourbon-Preaulx, † sans postérité avant 1440) ; et leur sœur Yolande/Jeanne ci-dessous (mariée au seigneur Jean II de Ferrières, probablement Ferrières-Saint-Hilaire : c'est sans doute la branche française des Ferrers, et pas La Ferrière-Harang), qui sera finalement l'héritière des trois fiefs.
2- Avant de poursuivre, évoquons les seigneurs de Préaux/Preaulx : selon la tradition – contestée – un seigneur de Préaux, souche de la famille, serait Eudes (de Préaux ?), lieutenant de Guillaume le Conquérant, aidant celui-ci à asseoir sa conquête en Angleterre. En tout cas les seigneurs de Préaux ou Preaulx tiendront une place importante dans l'histoire de la Normandie et se trouveront mêlés aux conflits entre Anglais et Français.
Il faut distinguer cette famille normande des Préaulx de Touraine (Indre), même si on a essayé d'établir un lien hypothétique : un chevalier Guillaume-Raoul aurait reçu de Philippe Auguste le fief de Préaux (36) en remerciement de son courage à Bouvines (1214) ; serait-ce Guillaume († 1235) ci-dessous, ou son oncle Guillaume frère cadet de Jean , ou encore un autre Guillaume – issu ou pas de la famille normande ? En fait, il s'agit sans doute de deux familles distinctes, dont les armoiries n'ont rien de commun : « De gueules à l’aigle d’or becquée & membrée d’azur » pour les Préaulx de Normandie, « De gueules au lion d'argent, armé, lampassé et couronné d'or, au chef d'argent chargé d'une vivre de sable » pour les Préaulx de Touraine.
Après deux Ingelran (Enguerrand) de Préaux, on trouverait une Heudeberge, fille d'Ingelran II, qui par son mariage avec Osbert II de Cailly fit passer Préaux vers le milieu du dans la Maison de Cailly, d'où deux fils, Osbert III et Simon (la branche de ce dernier se trouverait installée en Angleterre au sous le nom de Cailly) ; Osbert III fut le père de Jean (qui suit), Pierre (au service d'Henri II d'Angleterre, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre ; en 1204, il défendit la ville de Rouen assiégée par les troupes de Philippe Auguste mais dut se rendre au roi de France ; gardant toujours sa fidélité à Jean sans Terre, il devint Bailli des îles anglo-normandes, † 1212), Simon, Roger, Guillaume et Enguerrand.
Jean de Préaux-Cailly († après 1213) eut pour fils Guillaume (Guillaume-Raoul ? ; † 1235), d'où Jean II, † 1303 < Pierre , † 1311, x Yolande de Lusignan fille d'Hugues XI et de Yolande de Dreux-Bretagne < Jean III, † 1330, x Catherine fille de Jean II Malet de Graville < Pierre II de Préaux-Cailly, x Blanche Crespin du Bec, dame de Thury et de Dangu, vus plus haut.
3- La fille cadette de Blanche et Pierre II de Préaux, Yolande/Jeanne de Préaux ci-dessus, dame de Thury et Dangu en héritage de sa nièce Marie de Bourbon-Preaulx dans la deuxième moitié du , épouse comme évoqué plus haut Jean II Gouvain baron de Ferrières, d'où la suite des sires de Thury, Dangu, Préaux et Ferrières. Leur fils Jean III de Ferrières, chambellan du roi en 1402, épouse Marguerite d'Harcourt (dame de Montfort-le-Rotrou, cousine germaine de Philippe d'Harcourt sire de Bonnétable et Vibraye, grand-père de Jacques d'Harcourt-Beuvron ci-après), d'où Charles < Jean IV, chambellan du roi en 1453, x 1449 Jeanne de Tilly, dame de Tilly-Boiss(e)y, de Crèvecœur-en-Auge et de Vibraye, † 1495 : d'où : < Marie de Ferrières, dame de Tilly-Boiss(e)y et de Thury en partie, femme de Jacques d'Harcourt-Beuvron et arrière-petite-cousine de Jeanne de Tilly dame de Tilly-sur-Seulles : voir ci-dessous ; et ses frères Jean V (qui poursuit les barons de Ferrières et Montfort-le-Rotrou), et Guillaume de Ferrières (baron de Crèvecœur, Préaux, Dangu et de l'autre partie de Thury, père du baron Pierre et de Françoise de Ferrières épouse de Ferry II d'Aumont).
4- En effet, une part de Thury, avec Tilly, passe au aux d'Harcourt par le mariage en 1457 de Marie de Ferrières, ci-dessus, fille de Jean IV de Ferrières et Jeanne de Tilly de Boissy, avec son lointain cousin Jacques d'Harcourt de Beuvron (fils de Girard d'Harcourt de Bonnétable de Tilly, lui-même fils de Philippe d'Harcourt x Jeanne de Tilly dame de Tilly-sur-Seulles ; Philippe d'Harcourt-Bonnétable était un fils cadet de Jean V comte d'Harcourt) : c'est l'origine de Thury-Harcourt, siège du duché d'Harcourt.
Alors que l'autre part de Thury, avec Dangu, Préaux et Crèvecœur, échoit aux d'Aumont vers 1500 par le mariage de Françoise de Ferrières ci-dessus, héritière de son père Guillaume et de son frère Pierre de Ferrières, avec Ferry II d'Aumont sire de Méru († 1525, fils de Jacques d'Aumont, donc frère de Jean V et grand-oncle du maréchal Jean VI d'Aumont), d'où Anne et Louise d'Aumont.
Anne d'Aumont, dame de Méru, Crèvecœur et Thury en partie, épouse Claude de Montmorency-Fosseux : les Montmorency-Fosseux conservèrent Crèvecœur et furent titrés marquis de Thury : < leur fils Pierre , baron de Fosseuse (= Baillet-sur-Esche, un fief d'Orgemont) x Jacqueline d'Avaugour dame de Courtalain < Anne < Pierre II < François < Léon < Anne-Léon < Anne-Léon II de Montmorency-Fosseux. Ils devinrent ducs de Montmorency en 1767 par le mariage d'Anne-Léon II avec la duchesse Charlotte-Anne-Françoise de Montmorency (des Montmorency-Luxembourg-Beaufort ; fille du duc Anne-François, arrière-petit-fils du maréchal François-Henri ci-dessous).