La politique générale de l'action sociale en France est coordonnée par le Ministère du Travail durant tout le . Le ministère des affaires sociales devient pour la première fois un ministère de plein exercice sous le gouvernement de Laurent Fabius en 1984.
Il est chargé des thématiques du Travail et des relations avec les partenaires sociaux, des thématiques sociales, et de la solidarité officielle (familles, handicap, personnes âgées).
Précédemment, ce ministère a été créé, par le décret du relatif à la composition du gouvernement Décret du 18 mai 2007 relatif à la composition du gouvernement dit premier gouvernement Fillon.
Le ministère a souvent changé de nom, depuis 1983. Il a épisodiquement porté le nom de ministère des Affaires sociales (entre 2002 et 2004 par ex.).
En 2009, une région, un département, une communauté de communes ou une commune peuvent aussi mener une action sociale. À la condition qu'elles respectent la limite de leur prérogative (Par exemple qu'elles n'enlèvent aucun droit fixé par l'État) et le code de l'action sociale et des familles.
Cadre de l'action sociale Terminologie L'action sociale dans le Thésaurus TESS (Travail - Emploi - Santé - Solidarité) de 2014 du Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes relève du terme générique « Questions sociales », est associé au terme « bénévolat » et se décline en cinq formes spécifiques : accompagnement social animation sociale médiation sociale téléphonie sociale : SAMU Social - Maltraitance sur mineur- Alma Maltraitance sur personne âgée - violence conjugale travail social
Genèse de l’action sociale Du La solidarité familiale (aidant) lorsqu’elle est défaillante, est remplacée par l'action des œuvres de l'Église, ou l'enfermement. Les indigents et les invalides gagnent leur ciel (et leur survie) au prix de la relégation.(Michel Foucault).
La charité (caritas en latin) et l'enfermement sont toute l'action sociale sous l'ancien régime: l'Église organise son action en faveur des pauvres et des malades au sein des congrégations d'œuvres charitables (les bonnes œuvres, des confréries). La monarchie va peu à peu contrôler les indigents : → par la création de l'hôpital général dont l'activité est supervisée par le Lieutenant de Police et dont les gardiens sont des gardiens laïcsHistoire de Bicêtre (hospice, prison, asile) : d'après des documents historiques… / par Paul Bru ; préface de M. le Bourneville… Auteur : Bru, Paul (1858-…) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77414w.r=f%C3%AAte+des+loges.langFR
→ par la charge royale de médecin des pauvres exercée sous Louis XIV par Théophraste Renaudot.
L'enfance, n'est pas reconnue comme un âge spécifique important dans le développement de l'être humainARIÈS, Philippe, L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Paris, Plon, 1960 ; rééd. Le Seuil, « Points-Histoire », 1975. http://thucydide.over-blog.net/article-16229408.html
La notion, d'enfance puis d'adolescence émerge au cours du avec l'Émile de Rousseau
La médecine pédiatrique débute en Europe au avec les travaux de Nils Rosén von Rosenstein, médecin suédois.
Le travail des enfants même en bas âge est habituel au . Les premières mesures pour limiter puis l'interdire date de la fin du . C'est le début des premières lois sociales en France et de l’Action sociale moderne de l'État (loi Roussel)Loi sur le travail des enfants et filles mineures dans l'industrie, limitant l'emploi avant 12 ans en 1874.
Édouard Seguin en 1840, l'instituteur des idiots à Bicêtre, sera le premier à créer des classes adaptées pour les enfants déficients mentaux.
La scolarité obligatoire est l'œuvre de Jules Ferry, c'est l'école obligatoire qui a fait que le travail des enfants n'existe plus en Europe.
Jusqu'en 1960 le sanitaire (le soin, le médical) ne se différencie pas du social (l'assistance, la bienfaisance) l'hospice, l'asile, a une double mission soigner les malades, accueillir les vieillards indigents, les fous, les enfants trouvés…
La saisie des biens nationaux en 1789, oblige les révolutionnaires à organiser la bienfaisance au nom de la fraternité par une loi en 1796 et à partir de 1801 par la dévolution des maisons de charité, des congrégations catholiques, aux hospices civils dans toute la Francevoir APHP http://www.aphp.fr/site/histoire/assistance_soin.htm. C'est donc la première mesure de l'État conduisant peu à peu à la sécularisation du soin et du social.
L'intervention de la collectivité ou de l’État se définit jusqu'au milieu du par la bienfaisance et l'assistance par exemple l'aide des municipalités au travers du bureau de bienfaisance et du bureau d'assistance (aujourd’hui (CCAS) Centre communal d'action sociale). Ce qui est mis en valeur dans ce terme bienfaisance comme dans le mot œuvre ce n'est pas la personne aidée, le client, c'est l'aidant, la personne charitable, le philanthrope, la collectivité. À la fin du il y eut un débat en France entre les tenants de la charité privée et confessionnelle (rôle traditionnel de l'Église) et ceux de la bienfaisance, expression laïque et républicaine, de la solidarité.
L'action sociale et le travail social modernes vont émerger de ce débat et sous la pression de la question sociale, la notion de justice sociale (du droit) se substituant peu à peu à celles de fraternité (bienfaisance) et de charité (œuvre)
Les figures historiques et politiques au La question sociale, à la suite de l'échec des révolutions du , la Commune tout particulièrement, est centrée sur la vie de la classe ouvrière « classe dangereuse », qu'il faut à la fois contrôler et aider. Trois approches politiques et idéologiques structurent dès la fin du les prémices de l'action sociale. Elles vont avoir des effets concrets sur les conditions de vie des ouvriers et des classes populaires.
Le solidarisme et le radicalisme de Léon Bourgeois Le solidarisme aura un impact sur la mutualité et les premières caisses de retraites ouvrières.
Le christianisme social, (Albert de Mun et de René De La Tour Du Pin). L'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII permet un positionnement favorable des catholiques en faveur du repos dominical, de l'interdiction du travail des enfants de moins de 13 ans et de mise en place d'une législation sur les accidents du travail. Le syndicalisme révolutionnaire et les bourses du travail organisées par Fernand Pelloutier. Les bourses du travail sont le support de la solidarité ouvrière, elles sont dotées de divers services de mutualité : bureaux de placement, caisses de solidarité, caisses de maladie, de chômage, de décès. Elles sont aussi des lieux d'actions de formation et de promotion des ouvriers.
Les trois figures historiques représentent bien trois dimensions idéologiques qui traversent tous les débats et positions éthiques de l’intervention sociale contemporaine.
Albert de Mun, noble, député royaliste, officier, défenseur du corporatisme (syndicalisme d'alliance entre le patronat et les ouvriers). Sous son influence, le catholicisme va rénover son intervention sociale, d'abord en acceptant le fait républicain, puis en s'engageant comme laïc chrétien directement dans l'action politique et sociale en faveur des classes sociales défavorisées, tout particulièrement les mondes ouvrier et paysan. C'est par son intermédiaire et celle de La Tour du Pin que le catholicisme adhérera à la politique radicale de l'État providence au point qu(il en résulte alors surtout après 1926Condamnation de l'Action française par le Pape, un réinvestissement dans le secteur social qui imprégnera toute la culture catholique… Le soutien des catholiques français à l'action de l'État providence peut donc s'interpréter comme une forme déguisée d'engagement politique…) https://www.erudit.org/revue/lsp/1995/v/n33/005096ar.pdf, « Catholicisme français et État-providence (1880-1950) » Bruno Dumons Lien social et Politiques, , 1995, .
Mais il s'agit aussi d'apporter une parole et une morale catholique (une idéologie) dans un monde ouvrier de plus en plus déchristianisé. Ce discours cherche à contrer l'idéologie socialiste de plus en plus dominante dans le monde ouvrier du . Pour de nombreux ouvriers, cette parole reste paternaliste avec une dimension de contrôle social et donc de la 'police des familles '. La Révolution Nationale au début de Vichy va réaliser partiellement le programme d'Albert de Mun au travers du corporatisme et d’une attention soutenue à l'éducation et à encadrement idéologique de la jeunesse (chantiers de jeunesse).
Léon Bourgeois élargit le champ de l'intervention social au rôle de l'État providence qui régule par sa médiation la redistribution en direction des classes populaires et favorise au travers de l'impôt la solidarité entre classes sociales et la solidarité intergénérationnelle. Le travail social dans cette approche est un des outils d'intervention de l'État et du politique dans la question sociale. Bref il favorise la justice sociale entre tous les citoyens : la république a pour devoir d'établir un pacte « républicain » qui crée un "lien fraternel qui oblige tous les êtres humains les uns envers les autres", nous faisant "un devoir d'assister ceux de nos semblables qui sont dans l'infortune". Cette solidarité contemporaine prend la forme de la société du care.
Du fait de la guerre de 14-18, les femmes entrent massivement dans l'univers du travail industriel où elles remplacent les hommes partis au front. Le patronat et la bourgeoisie s'inquiètent des conditions de vie qui leur sont faites. Fortement marquée par le christianisme social Marie Diémer crée les infirmières visiteuses de France puis les surintendantes d'usine avec Cécile Brunschvicg et le soutien de Léon Bourgeois et d'Albert Thomas.
Fernand Pelloutier, le moins connu des trois, syndicaliste anarchiste. Contrairement aux guedistes (voire Jules Guesde), il n'attend pas le grand soir, de la grève générale. La classe ouvrière doit s'organiser par elle-même dès à présent. La loi sur le travail des femmes et l'interdiction du travail des enfants produit lors de sa promulgation une baisse des salaires, bref elle se traduit par une hausse de l'exploitation dans les usines… Dès lors, il faut pour les anarchistes ne plus s'adresser à l'État, pour réguler les inégalités sociales, mais s'organiser soi-même pour modifier les conditions de sa vie ici et maintenant.
Naturellement, Pelloutier considère qu'il ne fait pas de l'action sociale (de la bienfaisance) (terme inexistant à la fin du ) ni de l'action politique (comme anarchiste, il déteste les politiques). Pour lui la liberté de l'ouvrier passe par la formation y compris à la lutte de classe et ce sont les ouvriers les plus expérimentés qui forment leurs pairs. Cette approche a inspiré le travail social communautaire et ce que les Nord-américains nomment l'empowerment. Cette approche s'est développée récemment en santé communautaire au travers des groupes d'''autosupport comme Aides, Act Up Paris, et plus généralement dans le domaine de l'intervention sociale en direction des groupes sociaux défavorisés comme le quart monde ou les travailleurs migrants.
Action sociale et politique sociale
Parmi les mesures politiques menées depuis les années 2000, il y a eu : 1999 : Couverture maladie universelle 2002 : Loi de modernisation sociale. 2003 : Loi Fillon sur la réforme des retraites 2005 : Loi de cohésion sociale.
Législation et Action sociale
Cette politique s'appuie sur un code (comme le code pénal ou le code civil) qui se nomme le code de l'action sociale et des familles. Il est, en France, un ensemble de dispositions législatives et règlementaires sur l'action sociale et la famille.
La partie législative de ce code est parue au Journal Officiel du , elle remplace l'ancien Code de la famille et de l'action sociale, dont la première édition datait de 1938. Ce code « de la famille » règlementait tout ce qui touche à la famille, dont les aides sociales aux personnes.