Le prieuré de l'Ermite (en néerlandais : Clusa-ter Cluysen) était un prieuré de chanoinesses augustiniennes fondé par Jeanne, duchesse de Brabant, à la fin du , à L'Ermite, dans le duché de Brabant, c'est-à-dire sur la commune de Braine-l'Alleud en Belgique aujourd'hui.

Histoire

Le prieuré ne connut successivement que trois supérieures, car à la suite d'un incendie, les religieuses déménagèrent à Bruxelles, en 1456, gardèrent le prieuré de l'Ermite comme une simple propriété, et poursuivirent la vie communautaire au couvent de Notre-Dame à la Rose Plantée de Jéricho. En 1783, l'empereur Joseph II, en tant que duc de Brabant, supprime officiellement le prieuré de l'Ermite, car considéré comme couvent inutile.

De ce petit prieuré de la forêt de Soignes, il reste une chapelle en pierres du , principalement de style gothique flamboyant, et quelques bâtiments agricoles, à proximité.

Situation géographique Le minuscule prieuré était jadis situé en lisière de la forêt de Soignes, à l'endroit où deux grands chemins, celui de Nivelles et celui de Genappe, se rejoignaient pour gagner Alsemberg et BruxellesÉmile Poumon, Abbayes de Belgique, Office de Publicité, S. A., Éditeurs, Bruxelles, 1954, .. Cet endroit figure aujourd'hui au niveau de la commune de Braine-l'Alleud, à 12 km au nord de Nivelles, en Belgique, dans la province du Brabant wallon.

Origine du prieuré Un acte passé à Gembloux, en 1131, rapporte que le duc de Brabant, Godefroid , et son fils, ont cédé un bien nommé "Dudinsart", situé dans la paroisse de Braine-l'Alleud, à l'abbaye de Gembloux. L'endroit est donc occupé, dans un premier temps, par un moine de cette abbaye.

Par une ordonnance datée de Bruxelles, le , Jeanne, duchesse de Brabant, transfert cette possession, avec ses dépendances, au profit de dix pauvres femmes vivant saintement à Wauthier-Braine. L’évêque de Cambrai, Pierre V, confirme le fait par un acte daté de Mons, le , et autorise ces femmes à prendre l’habit et à fonder un couvent pour vivre selon la règle de saint Augustin. Le prieuré augustinien de Ter Cluysen, autrement dit de l’Ermite, relevant du prieuré de Sept Fontaines, sous Rhode-Saint-Genèse, est ainsi établi.

Les trois supérieures du prieuré Le prieuré de l'Ermite ne connut que trois supérieuresSource : Monasticon Belge, Tome IV, Province de Brabant, Liège, 1971. Voir pages 1211 à 1216. à savoir : Catherine Pijnbroec, alias 'Catherine de Hal', ancienne recluse de Wauthier-Braine. Elle fut la première prieure du couvent. Elle est citée dans une dizaine d'actes dont le premier est daté du . Alice Van Steenberghen. Elle est mentionnée comme supérieure dans un acte du A.G.R., A.E.B., N° 12554.. C'est sous son priorat qu'en 1443, Jean IV de Bourgogne, évêque de Cambrai, confirma le prieur de Groenendael en sa qualité de commissaire du prieuré de l'Ermite. À cette époque également la communauté désira adopter la clôture perpétuelle et d'avoir pour visiteurs, non plus des chanoines de Sept Fontaines, mais des prieurs de Groenendael et de Rouge-Cloître, les deux autres monastères de la trilogie augustinienne dans la forêt de Soignes. Elisabeth Van den Velde. Elle est la troisième et dernière prieure de la communauté des chanoinesses de l'Ermite. Elle fut élevée à cette dignité en 1448. C'est également elle qui dirigea dès 1456 la nouvelle communauté de Jéricho à Bruxelles.

Les catastrophes de 1456 et de 1783 Le (1454 selon Émile Poumon), un incendie embrase le prieuré et consume la toiture de la chapelle. Ce désastre oblige les religieuses à trouver refuge à Bruxelles. Par un acte du , Philippe le Bon confère aux chanoinesses de l'Ermite un autre couvent. Les religieuses conservent leur propriété de Braine-l'Alleud, mais ce fut pour elles la fin du prieuré de l'Ermite et le début du couvent de Notre-Dame à la Rose Plantée de JérichoA.G.R., A.E.B., N° 12585., couvent situé dans le quartier Sainte-Catherine de Bruxelles.

En 1783, l'empereur Joseph II en tant que duc de Brabant supprime officiellement le prieuré de l'Ermite, car considéré comme couvent inutileJoseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Rossel édition, Bruxelles, 1973, .. De ce prieuré, il reste une chapelle en pierres et quelques bâtiments agricoles, à proximité.

La chapelle Des bâtiments conventuels seule subsiste la chapelle de l'Ermite. Elle date de la première moitié du . Le style général est gothique flamboyant avec des remaniements au et des restaurations importantes en 1937. Ses murs, entièrement construits en pierre, montrent sur les quatre faces une alternance de pierres ferrugineuses (grès diestien) et de pierres blanches (grès lédien) par assises régulières. Parmi les particularités remarquables du lieu figurent, entre autres, onze pierres tombales, dont celle du chanoine Maurice Thibaut de Maisières, décédé en 1953. Ces pierres tombales rappellent aussi que des prieures et des professes, de 1647 à 1757, voulurent être enterrées sur le lieu même où naquit leur communauté.

Véritable conservatoire d'objets d'art et de culte de l'ancien prieuré du Brabant on peut y découvrir aussi : plafond à moulure en stuc du crédence à deux éviers du Moyen Âge Christ assis en bois sculpté du cadran d'horloge de style gothique siège à tapisserie au motif de la rose de Jéricho statue romane de Notre-Dame à la Rose lutrin en laiton de 1708 banc de communion en fer forgé du statue reliquaire de saint Roch du tapisseries de haute lisse des et fonts baptismaux romans du coffre gothique Christ en croix de bois de la fin du statue gothique de saint Augustin en chêne du tabernacle mural du confessionnal baroque avec buste de saint Pierre et de sainte Marie-Madeleine cloche dédiée à saint Antoine (voir photo) Les armoiries des principaux donateurs se retrouvent également dans la chapelle. Ainsi, dans la grande fenêtre ogivale du chevet, derrière l'autel se trouvent celles du baron de Launoit avec, dans la partie supérieure, un motif religieux représentant la Sainte Trinité. À gauche de l'autel, les armoiries de la comtesse de Limburg Stirum et celles du baron Snoy dans la seconde fenêtre : les armoiries du baron Hankar dans la fenêtre de la salle haute : les armoiries de la famille Sauveur et celles du baron Ernst de Bunswijck À droite de l'autel, les armoiries du baron de Wangen et celles du comte de Borchgrave d'Altena dans la seconde fenêtre : les armoiries du baron Joly et celles du comte d'Ansembourg dans la fenêtre de la salle haute : les armoiries de la famille van der Dussen et celle de la famille Thibaut de Maisières.

La ferme conventuelle La ferme ne garde comme souvenir du passé que son plan, un pignon aigu mais surtout son puits protégé par une grille. Il possède encore sa manivelle pour puiser l'eau.

L'abbé Maurice Thibaut de Maisières

À partir de 1935, l'initiative de la restauration de la chapelle est due à l'abbé Maurice Thibaut de Maisières (1900-1953), licencié en archéologie et histoire de l'art. Il est inhumé derrière cette chapelle et l'on peut lire sur sa tombe :

Galerie

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Couvent Notre Dame de la Rose de Jéricho Liste des monastères en Belgique Liste des anciens prieurés et couvents de la Forêt de Soignes Liste des édifices augustins en Belgique Prieuré de Sept Fontaines Congrégation de Windesheim Chanoines réguliers de saint Augustin Forêt de Soignes Lieu-dit de l'Ermite Église de l'Ermite Château d'eau de l'Ermite Château de l'Hermite Maurice Thibaut de Maisières

Liens externes

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Bibliographie

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