Jacqueline Mairetet, dite Marie MansartParfois orthographié Marie Mansard dans la presse, est une actrice française, née le à Dijon et morte le à Ivry-sur-Seinesur lesgensducinema.com.

Biographie

Enfance et formation

Jacqueline Mauricette Mairetet est la fille de l'ingénieur Louis Maurice Albert Mairetet, chevalier de la Légion d'honneur, Croix de guerre et de Lucie Lernoud. Ils sont domiciliés au n°32 de la rue de l'Egalité à Dijon..

Elle découvre dès son plus jeune âge le monde du spectacle lorsqu'elle se rend avec ses parents au grand Théâtre Dijon pour une représentation de l'opérette La Veuve joyeuse.

Jacqueline est étudiante au lycée de jeunes filles de la ville lorsque celui-ci est dirigé par Marcelle Pardé, elle participe alors aux ateliers de théâtre et interprètera le rôle de Junie dans la tragédie Britannicus de Jean Racine.

Elève du professeur Borel au Conservatoire de Dijon, elle reçoit un second prix de Comédie lors du concours du puis participe en septembre à un récital de poèmes bourguignons du XVIe au XXe siècle, à l'occasion d'un gala organisé au grand Théâtre de la ville pour les fêtes de la vigne.

Le succès sera tel que le Comité des Manifestations Bourgogne, à l'origine de l'événement, réorganisera un gala identique auquel participera une seconde fois Jacqueline en janvier de l'année suivante.

Entre-temps, elle crée le le personnage de Marie Touchet dans la pièce de René-Louis Dumas « Aux Jardins de Ronsard » (Prix Paul-Hervieu 1952) au grand Théâtre Dijon.

Elle participe en à la cérémonie de la grande veillée de la Toison d'or à la Salle des États où elle fait partie des artistes donnant un récital de l'œuvre « à-propos 1433 » de Maurice Thiriet.

Jacqueline incarne ensuite en avril le personnage de Lisette de la pièce Le Jeu de l'amour et du hasard au grand Théâtre Dijon avec le groupe théâtrale de la Maison de l'Université puis reprend son rôle de la maitresse du roi Marie Touchet également au grand Théâtre de la ville.

En , elle joue la pièce On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset lors des auditions d'art dramatique du conservatoire puis retente en juillet le concours et sera récompensée du 1er Prix de Comédie en interprétant Zanetto de la comédie Le passant de François Coppée.

Elle intègre ensuite à Paris le Cours Simon pendant cinq ans, dans la même promotion qu'Etchika Choureau et Nicole Berger et interprète des rôles comme La Dame aux camélias, La Putain respectueuse, Camille dans On ne badine pas avec l'amour, Mathilde dans Un caprice ou encore le personnage de Blanche DuBois dans Un tramway nommé Désir, rôle joué à l'écran par Vivien Leigh à qui elle sera comparée.

Carrière

Débuts entre Paris et Dijon

Lauréate d'un 1er Prix de Comédie et mariée en , l'élève de René Simon fait sa première apparition au cinéma dans le film Aux yeux du souvenir de Jean Delannoy en 1948 puis reprend à Paris, en novembre de la même année, son rôle de Marie Touchet dans la pièce « Aux Jardins de Ronsard » de René-Louis Dumas à la Salle Pleyel.

Elle participe en janvier 1949 à un gala organisé au grand Théâtre de Dijon et où elle interprète le personnage de Rosine dans la pièce de théâtre Le Barbier de Séville puis donne naissance à son fils la même année.

Elle intervient une nouvelle fois à la cérémonie de la grande veillée de la Toison d'or à la Salle des États, organisé dans sa ville natale en mars 1950 et y récitera des poèmes bourguignons de Marie Noël ou Jean des Brosses. Elle interprètera également un acte inédit intitulé « Et la vie continue » et écrit par le professeur de littérature de la faculté de Lettres de la ville Pierre Trahard. vignette|right|280px|N°36 rue de Laborde, Paris. Elle réapparait au cinéma en 1951 et sera dirigée par Christian-Jaque dans Barbe-Bleue puis par Yves Allégret dans Nez de cuir en 1952.

Elle intègre alors l'agence d'artiste Ci-Mu-Ra ("Cinéma Musique Radio" devenue ArtmediaDominique Besnehard et Nedjma Van Egmond, " Artmedia. Une histoire du cinéma français", éditions Humensis, 2021) sous son nom marital "Jacqueline Jassin" et habite au rue de Laborde dans le de Paris.

Elle fera partie ensuite des cinq finalistes sélectionnées par Orson Welles pour son projet de film sur Salomé. Le projet n'aboutira pas et sera finalement repris par William Dieterle avec Rita Hayworth dans le rôle principale.

Révélation au cinéma

À partir de la fin de l'année 1952, elle prend comme nom de scène Marie Mansart lorsqu'elle est retenue parmi soixante-cinq candidates pour jouer son premier rôle dans La neige était sale de Luis Saslavsky.

La sortie du film initialement prévue en 1953, fera polémique au nom des principes moraux et ne sera distribué finalement qu'un an après sa réalisation, ce que critiquera André Lang tout en ajoutant « saluer les débuts, plus que prometteurs, de Marie Mansart », qui de son côté viendra soutenir le film au cinéma l'A.B.C. lors de la première dijonnaise. vignette|left|180px|Marie Mansart en 1953 Entre-temps et à l'occasion des fêtes de fin d'année 1953, elle prépare à Paris, avec un professeur du Cours Simon et deux autres artistes, un spectacle pour une représentation dans la salle du Cercle Laïques de Dijon où elle fit ses premiers pas sur scène.

Elle y interprètera la pièce Le Plaisir de rompre de Jules Renard aux côtés Claude Mathieu, le programme comprenant également une scène d'Une maison de poupée jouée par Ida Sprange du Théâtre royal de Copenhague et Claude Mathieu puis un extrait de La Femme du boulanger créé par Serge Rousseau de la Comédie-Caumartin et Claude Mathieu.

Elle se fera remarquer en 1954 dans le film de Jack Pinoteau Le Grand Pavois et sera récompensée du prix d'honneur à une jeune comédienne lors du 5ème Référendum Cinématographique de Vichy.

Michel Verret, sous le pseudonyme Jean Néry, écrira dans le journal Franc-Tireur que « Marie Mansart, pour son deuxième film, confirme les qualités de délicatesse et d'intelligence qu'on lui avait découvertes dans La neige était sale ».

Au milieu des années 1950, elle habite au quartier de Pigalle à Paris et joue à deux fois sous la direction du réalisateur Sacha Guitry dans le film historique Si Versailles m'était conté... en 1954 puis Napoléon en 1955.

La même année, elle partagera la vedette avec Jean-François Rémi dans la pièce de théâtre Le chevalier du mépris de Manuel de Diéguez pour laquelle elle sera photographiée par Boris Lipnitzky et Jean Guignebert publiera dans le journal Libération que l'« interprétation est de qualité » et « Marie Mansart est le seul personnage humain de ce drame. Elle a beaucoup de charme et de mesure ».

Diversification

Elle passera par la Radio fin d'année 1955 en jouant dans une adaptation du roman Les Aristocrates de Michel de Saint Pierre et sera pressentie pour jouer dans le film Thérèse Étienne mais le projet en suspens ne verra pas le jour avant 1958 avec finalement Françoise Arnoul dans le rôle principal.

Elle travaillera en 1957 avec Jean Mitry pour le Court métrage Écrire en images, un documentaire sur les éléments de l'expression cinématographique puis enregistrera le roman policier La forteresse de Noël Calef avec Jacques Berthier et Jean-Jacques Delbo en 1959.

Sur le petit écran , elle fera sa première apparition sous les traits de la reine Marie-Antoinette, dans l'épisode L'Homme au masque de fer réalisé par Stellio Lorenzi pour la série Énigmes de l'histoire en 1957.

Ses rôles au cinéma se feront plus rares avec des rôles secondaires comme celui de madame Roc dans le film Les Deux Anglaises et le Continent de François Truffaut en 1971 ou celui de Jacqueline dans Mado de Claude Sautet en 1976 jusqu'à sa dernière apparition sur grand écran dans le film Dedicatoria, en compétition au Festival de Cannes 1980.

Elle continuera le théâtre en jouant notamment dans « Thorgenthan » de René Aubert au Théâtre de Plaisance au milieu des années 1970 puis incarnera à la télévision une châtelaine inquiétante dans l'épisode Le village maudit de Victor Vicas de la série Les Brigades du Tigre en 1978 ou une actrice déjantée dans l'épisode Impasse des brouillards de Claude Loursais de la série Les Cinq Dernières Minutes en 1982.

Vie privée

Le , Jacqueline épouse à Dijon Henri Marcel Jassin, ingénieur des télécommunications et donne naissance à son fils Dominique en 1949.

Filmographie Cinéma Longs métrages 1948 : Aux yeux du souvenir de Jean Delannoy : Une élève du cours Simon 1951 : Barbe-Bleue de Christian-Jaque 1952 : Nez de cuir d'Yves Allégret 1953 : La neige était sale de Luis Saslavsky : Suzy Holtz 1954 : Le Grand Pavois de Jack Pinoteau : Simone Favrel 1954 : Si Versailles m'était conté... de Sacha Guitry : de Kerlor 1955 : Napoléon de Sacha Guitry : Bertrand 1959 : Recours en grâce de László Benedek : berthe - l'institutrice 1961 : Le Président d'Henri Verneuil : Une amie de Chalamond 1961 : Quai Notre-Dame de Jacques Berthier 1965 : Les Baratineurs de Francis Rigaud : Femme au téléphone appelée "Irène" 1971 : La Famille d'Yvan Lagrange : Une invitée 1971 : Les Deux Anglaises et le Continent de François Truffaut : Claire Roc 1976 : Mado de Claude Sautet : Jacqueline 1980 : Dedicatoria de Jaime Chávarri : Josefina

Courts métrages 1953 : Le coeur frivole ou La galante comédie de Pierre Gaspard-Huit (Narratrice) 1957 : Écrire en images de Jean Mitry 1964 : Un tout autre visage de Michel Lang : La femme 1973 : La Soirée du baron Swenbeck d'Hubert Niogret

Télévision Séries télévisées 1957 : Énigmes de l'histoire, épisode n°4 « L'Homme au masque de fer » de Stellio Lorenzi : la reine Marie-Antoinette 1962 : L'inspecteur Leclerc enquête, épisode n°19 « Mortellement vôtre » d'Émile Roussel : Louisette 1969 : « Café du square » de Louis Daquin, épisode n°3 et n°8 : Guyon 1976 : Cinéma 16, épisode n°8 « Le Temps d'un regard » de Boramy Tioulong : Calvagnac 1978 : Les Brigades du Tigre de Victor Vicas, épisode n°1 « Le village maudit » de la saison 4 : de Castro 1980 : « Une femme, une époque » de Régis Milcent, épisode "« Un itinéraire CHANEL » 1982 : Les Cinq Dernières Minutes, épisode n°27 « Impasse des brouillards » de Claude Loursais de la saison 3 : Gaucher Téléfilms 1959 : « Le Chandelier » de Bernard Roland : Madeleine 1962 : Le Prince travesti de Claude Dagues, adaptation de la pièce de Marivaux : La princesse de Barcelone 1974 : « Quai de l'étrangleur » de Boramy Tioulong : Irma Rochet 1975 : « Anne-Marie ou quelque chose d'autre » de Maurice Failevic

Spectacle TV

1978 : Au théâtre ce soir réalisée par Pierre Sabbagh, retransmission de « Vous ne l'emporterez pas avec vous », pièce écrite par Moss Hart, George S. Kaufman et Claude Sainval, mise en scène par Jean-Luc Moreau au Théâtre Marigny

Émission de télévision

1954 : « Avant-premières », interview sur le personnage de "Suzy" dans le film La neige était sale

Spectacle

Récitals

1946-1947 : Poèmes bourguignons du XVIe au XXe siècle au grand Théâtre de Dijon 1947 : « À-propos 1433 » de Maurice Thiriet à la Salle des États de Dijon 1950 : Poèmes bourguignons de Marie Noël et de Jean des Brosses à la Salle des États de Dijon

Théâtre

1946 : « Aux jardins de Ronsard » de René-Louis Dumas (Prix Paul-Hervieu) au grand Théâtre de Dijon : Marie Touchet 1947 : Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux au grand Théâtre Dijon : Lisette 1947-1948 : « Aux jardins de Ronsard » de René-Louis Dumas (Prix Paul-Hervieu) au grand Théâtre de Dijon puis à la Salle Pleyel à Paris: Marie Touchet 1949 : Le Barbier de Séville de Beaumarchais au grand Théâtre de Dijon : Rosine 1950 : « Et la vie continue » de Pierre Trahard à la Salle des États de Dijon 1953 : Le Plaisir de rompre de Jules Renard à la salle du Cercle Laïques de Dijon : Blanche 1955 : Le chevalier du mépris de Manuel de Diéguez à la Comédie de Paris : Dona Inès 1962 : La belle aventure de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet, avec Denise Gence, Michel Garland et Jacqueline Duc