Maurice Loebenberg, dit Maurice Cachoud, né le à Zurich (Suisse) et mort pour la France le 17 ou Transcription de l'acte de décès à Châtenay-Malabry, à la mairie de Paris le 22 juillet 1945, acte n° 2315, vue 3/31., est un résistant français juif membre de l'Organisation juive de combat.
Biographie vignette|gauche|Fiche de Maurice Loebenberg au Centre d'histoire de la résistance et de la déportation de Lyon. Maurice Loebenberg est né le à Zurich, le fils d’Adolphe Abraham Loebenberg et de Caroline née Polack. Il a un frère Léopold Poldy et une sœur Doris.
Entré dans la résistance dès 1940, Maurice Loebenberg est responsable de la diffusion du journal Combat dans la région de Marseille en 1941. À partir de , et surtout après l'occupation par les Allemands, sous le commandement d’Alois Brunner, en , de la Côte d'Azur (jusque-là occupée par les Italiens), grâce à ses compétences professionnelles de graveur (il avait travaillé avant guerre chez Gestetner à Londres), Maurice Loebenberg, secondé par Jacob Weintraub, Claude Gutmann et Raymond Heymann, se lance dans la confection de faux papiers à grande échelleVoir "Le lieu du crime" par Léon Poliakov, Le Monde juif, no 52, 1968. Il prend contact avec l'Armée juive et constitue le Groupe Maurice Cachoud, son nom de guerre, qui se procure des milliers de timbres de quittance, de papiers officiels français ou allemands de façon à forger au mieux les documents (cartes d'identité, certificats de naissance, extraits d'actes de mariage, cartes d'alimentation) qu'il produit et qu'il distribue aux Juifs, aux membres de la Résistance et aux hommes du maquis : « en 1944, le degré d'élaboration de ce service est tel qu'il fabrique des trousses de faux papiers destinés à alimenter les usines, les groupements de réfractaires, les israélites traqués… Aussi complètes que variées et d'emploi facile (des notices explicatives y étaient jointes), ces trousses du parfait faussaire étaient pratiquement de petits laboratoires de campagne ». On estime que son groupe a produit plus de cartes d'identité de à . Il organise aussi des départs clandestins de jeunes gens vers les colonies françaises pour leur permettre de s'y engager dans les forces de la France libre. Enfin, il participe aussi à la lutte armée contre les dénonciateurs qu'il traque et fait exécuter.
En Jean-Louis Panicacci : "Les Juifs et la question juive dans les Alpes Maritimes", il est appelé à Paris pour y centraliser le service des faux-papiers du MLN à la suite de Pierre Kahn-FarellePierre Piazza Histoire de la Carte nationale d'Identité, Odile Jacob, 2004, p. 270. Sur le travail réalisé par Maurice Loebenberg au sein du service des faux papiers du MLN, cf. aussi Adam Rutkowski, La Lutte des Juifs à l’époque de l’Occupation, 1940-1944, Paris, CDJC, 1975, p. 282.. Raymond Heymann lui succède à Nice et Pierre Mouchenik, faussaire chevronné, prend la tête du laboratoire. À Paris, le jeune faussaire Adolfo Kaminsky travaille avec lui pendant les deux mois qui précèdent sa fin tragiqueSarah Kaminsky, Adolfo Kaminky, Une vie de faussaire, Calmann-Lévy, 2009.
Les responsables de l'Organisation Juive de Combat à Paris y ont pris contact avec un agent allemand qui se fait passer pour un envoyé de l'Intelligence Service, Karl Rehbein, celui-là même qui sera aussi responsable du massacre des jeunes résistants fusillés à la cascade du bois de Boulogne. Ce dernier donne un rendez-vous à Maurice Cachoud-Loebenberg le et d'autres membres de l'Organisation juive de combat dans ce qui se révèle une souricière au 75 rue Erlanger ; il est livré à la Gestapo de la rue de la Pompe, dirigée par Friedrich Berger, puis torturé à mort au siège de la Gestapo de la rue des Saussaies où . On retrouve son corps neuf mois plus tard dans un buisson du bois de Verrières aux environs de Paris.
Il est enterré au cimetière du Montparnasse le avec les honneurs militaires. vignette|droite|Photo de Maurice Loebenberg.
Distinctions Maurice Loebenberg est récipiendaire, à titre posthume, des décorations suivantes : le ; par décret du Site de l'Ordre de la Libération ; il reçoit d'abord la médaille de la Résistance française (sans rosette) par décret du .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie - et cliquer sur le lien Maurice Cachoud
Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, truands et collabos. La bande de la rue de la Pompe, 1944 Edition Ouest-France, 2013 (chapitre sur l'Organisation Juive de Combat et la mort de Maurice Loebenberg).
Articles connexes Groupe Maurice Cachoud Gestapo de la rue de la Pompe
Liens externes
Catégorie:Résistant français Catégorie:Résistant faussaire Catégorie:Organisation juive de combat Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1945 Catégorie:Décoré de la Légion d'honneur à titre posthume Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Nice pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Personnalité liée à Nice Catégorie:Naissance en juin 1916 Catégorie:Naissance à Zurich Catégorie:Décès en juillet 1944 Catégorie:Décès à 28 ans Catégorie:Décès à Châtenay-Malabry Catégorie:Interné résistant Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Victime française de la Shoah Catégorie:Victime de la Shoah en France Catégorie:Mort sous la torture Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Montparnasse