Maurice Joseph Louis Gleize, né à Nîmes le L'année 1909 livrée par est contredite par les autres sources qui font naître Maurice Gleize en 1907 : Archives nationales (voir lien externe), Jean Chaintron, et la notice « Maurice Gleize », in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, signée Jean Maitron et Claude Pennetier, qui se réfère à l'état civil. et mort le à Montfermeil, est un résistant et poète français.

Biographie Né en 1907Fichier INSEE des décès., issu d'une famille ouvrièreNotes biographiques tirées du témoignage de Jean Chaintron. Voir les sources., Maurice Gleize entre en apprentissage dans une imprimerie dès l'âge de 12 ans. En 1920, âgé de treize ansCahiers de la Résistance, , l'âge est donné par cette source : cf note suivante., il se syndique à la CGT à l'occasion d'un mouvement de grève parmi les ouvriers du livre. Plus tard, il fréquente le soir l'École des beaux-arts de Nîmes, où il apprend le dessin, et le Conservatoire de musique, où il s'initie au violoncelle, qu'il pratique ensuite en orchestre. Marié, père d'un enfant, il exerce son métier d'imprimeur à Paris à partir de 1931, salarié successivement dans deux entreprises d'imprimerie. La seconde est l'imprimerie Gutenberg, dont les clients principaux sont des organisations syndicales CGT et communistes. Il est mobilisé en 1939, puis, démobilisé, il remet en marche l'imprimerie Gutenberg, dont il devient le patron.

La Résistance et la déportation

À partir d', il met ses connaissances de l'imprimerie au service de la lutte contre l'occupant allemand. Contacté en novembre de la même année par l'ancien conseiller municipal communiste de Paris Raymond Losserand, il rompt tout contact antérieur (prétextant « la peur de la répression » !) et imprime sous couvert d'éditions commerciales des tracts, des publications clandestinesCahiers de la Résistance, Imprimeurs et éditeurs dans la Résistance, AERI, 2010, « Maurice Gleize (1907-2003) », . dont L'Humanité, La Vie ouvrière et les Cahiers du communisme. En , son imprimerie, située 17 rue des Cloÿs dans le de Paris, tire le premier exemplaire de France d'abord, journal qui deviendra l'organe des Francs tireurs et partisans français (FTP). Il constitue un réseau d'entreprises qui assurent la linotypie, l'impression, le brochage éventuel, les liaisons et le transport des publications clandestines. Il adhère à ce moment-là au PCF.

Il est arrêté le alors qu'il venait de recevoir commande de deux brochures, l'une dénonçant l'étoile jaune, l'autre reprenant un discours de Fernand Grenier à la BBC sur les 27 qui vont mourir (l'exécution des otages de Châteaubriant). Son réseau est démantelé. Après avoir transité dans les prisons de la Santé, de Blois, puis au camp de Compiègne, il est déporté en 1944 au camp de concentration de Neuengamme, où il fait connaissance avec l'ancien chef d'état-major des FTP, Marcel PrenantMarcel Prenant, Toute une vie à gauche, Encre éditeur, Paris, 1980. Dans cette autobiographie, Marcel Prenant consacre un long développement aux conditions de « vie » au camp de Neuengamme, . À propos d' Unir, il cite Maurice Gleize, « jadis déporté à Neuengamme », imprimeur du bulletin.. Le , il est libéré du camp de Wöbbelin où il avait été transféré. Il retrouve à Paris son atelier, mais ne reprend le travail que « peu à peu », très affaibli par sa déportation et le typhus qu'il y a contracté.

Un communiste contestataire : imprimeur pour le groupe « Unir pour le socialisme » En 1945, il reprend son activité d'imprimeur et son activité militante. En 1956, son action pendant la guerre d'Algérie lui vaut la prison.

Militant communiste, secoué déjà par la rupture avec Tito en 1948, il rompt avec le Parti communiste à la suite de l'affaire Marty-Tillon. Avec son « franc-parler »Selon Jean Chaintron. Voir note suivante., il refuse d'avaliser les accusations portés contre les deux militantsClaude Pennetier, André Marty, Codhos éditions, Paris, 2005 ; Charles Tillon, Un procès de Moscou à Paris, Seuil, Paris, 1971.. Comptant parmi les animateurs du groupe oppositionnel interne « Unir pour le socialisme », créé en Voir l'historique de ce groupe dans le mensuel Le Débat communiste, , 15 juillet/15 août 1965. Voir aussi la thèse universitaire de François Chouvel, soutenue en 1984, sur le groupe « Unir pour le socialisme (1952-1974) », citée en sources., il ne rompt pas avec le communisme mais avec la direction du PCF. En 1960, regroupés au sein d'une Amicale, les militants de ce groupe entreprennent d'écrire une Histoire du PCF. Chaque volume est tiré à F. Chouvel, op. cit., .. Le premier tome (1920-1940). paraît à la fin de l'année 1960, mais c'est le tome 2 (1940-1944) qui suscite le plus d'intérêt, pour être le premier ouvrage de source interne au PCF à faire état des démarches entreprises en juin/ par des membres de la direction du parti, en vue d'une reparution des journaux L'Humanité et Ce soir, interdits de publication depuis Histoire du Parti communiste français, tome II (de 1940 à la Libération), Éditions Unir, 314 p., s. d., . Cet épisode fait l'objet d'une littérature abondante depuis que ce morceau d'histoire est, théoriquement, dépassionné. Voir Roger Bourderon, La Négociation, été 1940 : crise au PCF, éditions Syllepse, Paris, 2001.. Ce tome 2 paraît en Le tome III, de cette Histoire du Parti communiste français (de 1945 à nos jours) paraît en décembre 1964., accompagné par la décision de militants d'Unir, exclus du PCF, de publier un organe public mensuel, Le Débat communiste. Maurice Gleize est membre du Comité directeur de ce mensuel de 30 à 40 pages, placé sous la direction du biologiste Marcel Prenant, et comptant dans ses rangs l'ancien « kominternien » et résistant Jean ChaintronJean Chaintron,Le vent soufflait devant ma porte, Seuil / Mémoire, septembre 1993. La citation qui suit est dans la partie de cet ouvrage qui traite du groupe Unir, .. Celui-ci en livrant ses mémoires n'oublie pas ses compagnons :

En 1964, Maurice Gleize fait publiquement partie d'un « Comité d'honneur pour la réhabilitation d'André Marty et des victimes de la calomnie », constitué de 100 militants historiques du PCF, notamment issus de la RésistanceLa liste est publiée dans Le Débat communiste, , juillet 1965, . Elle comprend aussi, notamment, Marcel Prenant, Jean Chaintron, Roger Pannequin, Pierre Mania, des anciens députés (Pierre Lareppe, Mathilde Méty), et des intellectuels : Maurice Agulhon, Jean Bouvier, Robert Brécy, Robert Bonnaud, Roger Boussinot, Jean Cassou, Pierre de Massot, Claude Morgan, Jean Noaro, Maxime Rodinson, René Zazzo, etc.. En , percevant quelques signes d'ouverture de la part de la direction du Parti communiste, il signe en compagnie d'une vingtaine de militants, Le Débat communiste, , janvier 1966. Les noms de Marcel Prenant et de Jean Chaintron voisinent avec celui de Maurice Gleize. Le texte est repris dans un petit article publié dans Le Monde, le 14 janvier 1966, . Maurice Gleize est présenté comme « imprimeur de L'Humanité et de France d'abord dans la clandestinité »., une .

Ce n'est qu'en 1998 qu'une réponse positive est apportée, pour la plupart des cas de manière posthume.. Maurice Gleize est en vie, et c'est à lui, « premier imprimeur de L'Humanité clandestine », que Robert Hue envoie un courrier annonçant sa réhabilitation en même temps qu'il reconnaissait dans le samizdat « Unir pour le socialisme » le bien-fondé de son action contre le stalinisme à la française.

Entre-temps, après la répression qui suivit la fin du « Printemps de Prague », il avait accueilli en à son domicile de Gournay-sur-Marne une réunion de cinq personnalités de l'opposition tchécoslovaque (Eduard Goldstücker, , Jiri Pelikan, et Ota Šik), qui y rédigèrent un « appel aux partis communistes » étrangers..

Distinctions Pour son action dans la Résistance : Croix de guerre avec étoile d'argent, attribuée en 1952 Légion d'honneur, décernée en 1983

Hommage En , la ville de Gournay-sur-Marne, où il s'était retiré, inaugure une « Place Maurice Gleize ».

Œuvres Essais-poèmes, 1974 Odes pour nos héros, nos martyrs de la Résistance, 1979 Poèmes épars. Correspondance, 1979 Les Caprices de la nuit, 1981 Pluie de rêves, 1982 Cueillette de mon âme, 1984 Arabesques intérieures, 1986 Fragrance vernale, 1988 L'Espace diamanté, 1990 Blasons de lumière, 1992 Mémoire histoire, 1996 La Vie rejaillira, 1999 Image d'un Nîmois, 2002

Notes et références

Sources

* Notice , par Jean Maitron et Claude Pennetier, dans Le Maitron en ligne. Unir pour le socialisme, mensuel, 170 numéros d' à , imprimeur anonyme. Le Débat communiste, mensuel publié par Unir, 55 numéros de à , directeur Marcel Prenant, imprimé par Gutenberg, entreprise de Maurice Gleize Unir - Débat, puis Unir pour le socialisme, mensuel paraissant de jusqu'en , 90 numéros, directeur de la publication : Maurice Gleize. François Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF. Genèse, structure et stratégie du groupe « Unir pour le socialisme » (1952-1974), Université de Clermont I, Faculté de droit et de science politique, 1984, 588 p. « Mémoire critique », réponse de Robert Hue à Maurice Gleize, L'Humanité, . Laurence Thibault (direction), Imprimeurs et éditeurs dans la Résistance, « Cahiers de la Résistance », AERI (Association pour les études sur la Résistance intérieure) et La documentation française, Paris, 2010. (Préface de Raymond Aubrac) .

Liens externes

Axel Porin, Maurice Gleize, in DVD-ROM La Résistance en Ile-de-France, AERI, 2004.

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