Neagu Djuvara, né le à Bucarest (Royaume de Roumanie) et mort le dans la même ville « A murit Neagu Djuvara. Cine a fost și ce a însemnat pentru cultura și istoria României », sur digi24.ro, 25 janvier 2018, est un historien et diplomate roumain et français d'origine partiellement aroumaine.

Biographie Jeunesse Né dans une famille aristocratique roumaine d'origine aroumaine, installée en Valachie à la fin du Plai cu Boi (mensuel roumain), Neagu Djuvara est le fils de Marcel Djuvara, tête de promotion à l'École polytechnique de Berlin-Charlottenburg en 1906, et capitaine du Génie dans l'armée roumaine. Il perd son père à l'âge de deux ans, pendant l'épidémie de grippe espagnole de 1918. Tinca Grădișteanu, sa mère, appartenait aux Grădișteni, une famille de la grande aristocratie valaque. Neagu Djuvara est lycéen à Nice et finit ses études à Paris, où il passe sa licence de lettres en Sorbonne (option Histoire, 1937) et un doctorat en droit (faculté de droit de Paris, 1940). « En ce temps-là, j'étais un jeune con arrogant fasciné par les idées fascistes, comme d'autres à Paris allaient, un peu plus tard, être fascinés par les idées communistes: pour la plupart, nous avons changé d'idées en vieillissant, et nous sommes devenus démocrates et humanistes. Pour ma part, c'est le choc de la guerre et de ses horreurs qui m'a ouvert les yeux. »Bogdan Nicolai, interview de Neagu Djuvara, dans le journal roumain Evenimentul Zileidu 22 janvier 2006 ( sur www.presa-zilei.ro, vu le 13 juin 2007), et Toma Roman jr., interview de Neagu Djuvara, dans le du mensuel Plai cu Boi, (, vu le 13 juin 2007.

Guerre et exil Mobilisé dans l'armée roumaine lors de la rupture du pacte Hitler-Staline en 1941, Neagu Djuvara est grièvement blessé en Transnistrie près d'Odessa. Comme beaucoup d'intellectuels roumains de sa génération et de son milieu, il a parfois été accusé par des détracteurs, sans preuves ni sources, d'avoir participé aux massacres commis par le régime fasciste du maréchal Antonescu contre les Juifs en URSS, mais, étant affecté dans le corps de réserve entre juin et , il ne pouvait participer aux opérations.

Il entre par concours au ministère roumain des Affaires étrangères en 1943, alors que la Roumanie cherche à se rapprocher à nouveau des Alliés. Le , au moment où la Roumanie déclare la guerre à l'Allemagne, il est envoyé à l'ambassade roumaine de Stockholm où il négocie l'armistice avec l'ambassadrice soviétique, Alexandra Kollontaï, qui fait attendre trois semaines la réponse définitive de Joseph Staline, afin que l'Armée rouge ait le temps de s'emparer, en Roumanie, du matériel de sa nouvelle alliée, l'armée roumaine, ainsi que d'un maximum de véhicules motorisés et de la quasi-totalité de la flotteDan Giju, Neagu Djuvara - Curierul de la Stockholm ("Neagu Djuvara, le courrier de Stockholm"), interview de Djuvara sur le site du Ministère roumain de la défense, vu le 13 juin 2007. Le gouvernement pro-Allié de la Roumanie dirigé par Constantin Sănătescu le maintient en poste à Stockholm jusqu'à ce que les communistes, par le coup d'État du , s'emparent du pouvoir en RoumanieSpiridon Manoliu, Un jour pour se retourner - la Roumanie rejoint les Alliés, dans Le Monde (pages Il y a 40 ans) du 27 août 1984, sur .

Compte tenu de ses origines et de sa participation (même en réserve) à la campagne de l'armée roumaine contre l'URSS, il est désormais catalogué en Roumanie comme « d'origine sociale malsaine, laquais de l'impérialisme et exploiteur du peuple »Dennis Deletant, Communist Terror in Romania: Gheorghiu-Dej and the Police State, 1948-1965, C. Hurst & Co. Publishers, London, 1999 : il décide donc de ne pas rentrer au pays, s'installe à Paris et, tandis qu'à Bucarest il est condamné par contumace en 1947 comme « ennemi du peuple », il milite jusqu'en 1961 au Comité d'assistance aux réfugiés, dont il est secrétaire ; il vit de ses piges de journaliste à Radio Free Europe.

Ses positions comparatistes dérangent cette station qui ne renouvelle pas son contrat et, en 1961, il part en Afrique, au Niger, où il travaille vingt-trois ans comme conseiller juridique et professeur de droit international et d'histoire économique à l'université de NiameyJean-Pierre Longre, Les tribulations d’un Roumain dans le monde sur Sitartmag vu le 13 juin 2007.

Il avait entre-temps entamé des études de philosophie à la Sorbonne et, en mai 1972, il obtient son doctorat d'état en philosophie de l'histoire sous les auspices de Raymond Aron avec, comme sujet: Civilisations et archétypes historiquesSa thèse sur <; il collaborera plus tard, en 1984, avec l'INALCO à Paris.

Retour au pays Dès l'effondrement de la dictature communiste en décembre 1989, Neagu Djuvara revient en Roumanie où il devient professeur associé à l'université de Bucarest et membre des Instituts universitaires de recherches historiques Alexandru Dimitrie Xenopol de Iași et Nicolae Iorga de Bucarest. En 1998 il prend sa retraite et se consacre depuis à ses publications.

En 2007, le Premier ministre Călin Popescu-Tăriceanu approuve la création de la Comisia pentru Studierea Robiei Romilor (« Commission pour l'étude de l'esclavage des Roms »), présidée par Neagu Djuvara, qui émet des recommandations pour le système éducatif roumain et pour la promotion de l'histoire et la culture des Roms de Roumanie de manière à ne favoriser ni l'acculturation, ni la ségrégation, mais une intégration dans le multiethnisme assumé. La commission recommande également l'institution d'une journée de commémoration de la servitude des Roms et la création d'un Institut de recherche et Musée mémoriel dédiéAgenția națională pentru poporul Rom, 28 August 2007 "Comisia pentru Studierea Robiei Romilor – la prima întâlnire, în faţă abordării unui subiect controversat"..

Distinction

(2010)Liste sur Site officiel..

Ouvrages Le droit romain en matière de nationalité, Paris, 1940 Dimitrie Cantemir, philosophe de l'Histoire, în Revue des études roumaines, Paris, 1973 Civilisations et lois historiques, Essai d'étude comparée des civilisations, Mouton, Paris, 1975 Les Aroumains: histoire, langue et destin, INALCO, 1989 Le pays roumain entre Orient et Occident. Les Principautés danubiennes au début du , Publications Orientalistes de France, 1989 Comment le peuple roumain est-il apparu?, Humanitas, 2001 Mircea l'Ancien et ses luttes contre les Ottomans, Humanitas, 2001 De Vlad Țepeș à Dracula, Humanitas, 2003 Bucarest-Paris-Niamey et retour ou Souvenirs de 42 ans d'exil (1948–1990), L'Harmattan, 2004 Existe-t-il une "Histoire vraie"?, Humanitas, 2004 Les chroniques du spatharios moldave Nicolae Milescu, Humanitas, 2004 Souvenirs d'exil, Humanitas, 2005 Églises de Moldavie, Editorial Artec, 2009 Thocomer - Negru Vodă: un voïvode couman aux débuts de la Valachie, Humanitas, Bucarest, 2007 La guerre de 77 ans et les prémisses de l'hégémonie américaine (1914 - 1991), Humanitas, Bucarest, 2008 Une brève histoire illustrée des roumains, Humanitas, 2014

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste de personnalités d'origine aroumaine

Liens externes

Biographie en roumain Auteurs roumains, Neagu Djuvara: le Courrier de Stockholm Nicolas Trifon : « Les Roumains rattrapés par les Coumans : Neagu Djuvara secoue l’historiographie roumaine » Neagu Djuvara: "L'Europe métissée" Neagu Djuvara: une vie miraculée

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