Évolution du nombre d'habitants en métropole

Démographie de la France de 1226 à 2017 (en millions)

+ Évolution de la population de la France métropolitaine (estimations avant 1950) Date Habitants av. J.-C. 5000 av. J.-C. 2500 av. J.-C. An 1 400 800 850 1226 1300 1345 1350 1400 1457 11 000 000 1500 14 000 000 1550 1560 1580 1600 1620 1650 1680 1700 1715 1730 1740 1750 1760 1770 1780 1789 1790 1795 1801 1806 1810 1811 1816 1821 1826 1831   Date Habitants 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1920 1921 1922 1923 1924 1925 1926 1927 1928 1929   Date Habitants 1930 1931 1932 1933 1934 1935 1936 1937 1938 1939 1940 1941 1942 1943 1944 1945 1946 1947 1948 1949 1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969   Date Habitants 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009   Date Habitants 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Sources : Compilation de données Insee, Ined, et Jacques Dupâquier, Histoire de la population française, Paris, PUF, 1988. Les données datant d'avant les premiers recensements napoléoniens sont des estimations qui prêtent à débats. Les dernières recherches relatives à la période de la conquête romaine () tendent à établir une population gauloise de 12 à 14 millions d'habitants. InseeInsee - Évolution de la population de la France métropolitaine Insee - Population au janvier. Série longue.

Préhistoire Les premiers hominidés sont attestés dans le sud de la France il y a plus de ans, ils donneront naissance à l'homme de Néandertal. Il y a ans l’homme de Cro-Magnon arrive d'Afrique via le Proche-Orient et l'Europe de l’Est. La population reste longtemps stabilisée à quelques milliers d'habitants. La fin des périodes glaciaires, au magdalénien, provoque une augmentation des ressources alimentaires disponibles et de la population : environ 3- habitants vers av. J.-C. (soit moins de ) ; environ 8- habitants entre et av. J.-C. (soit environ , ou environ une centaine d'habitants pour un territoire ayant la taille d'un département français) ; peut-être habitants à partir du magdalénien supérieur (après ans av. J.-C.)Sophie de Beaune « Comment vivaient nos ancêtres », in L’origine des sociétés, Sciences humaines no 9, décembre 2007-janvier-février 2008, p 45.

Elle augmente brusquement avec le néolithique et la diffusion de l'agriculture, pour atteindre le million d'habitants au début du

Protohistoire Le nombre très important de vestiges des sites habités il y a plus de 10 000 ans qui est parvenu jusqu'à nous, ne serait-ce que les grottes ornées comme Lascaux, Pech-Merle, Niaux, Rouffignac, Font-de-Gaume, Chauvet, les mégalithes, les tumuli, les restes d'industrie mésolithique, suppose un peuplement humain déjà nombreux et socialement organisé.

L'indo-européen est une famille de langues d'origine commune. Des peuples dont le langage est pré-indoeuropéen sont attestés dans le sud de la France . Ces peuples, comme les anciens Ligures, les IbèresLe Périple de Pseudo-Scylax (écrit entre la fin du ) donne les indications suivantes : « 3. Ligures et Ibères. Après les Ibères, habitent les Ligures et les Ibères mêlés jusqu’au Rhône. La navigation le long des Ligures depuis Emporion jusqu’au Rhône est de deux jours et une nuit. 4. Ligures. Au-delà du Rhône suivent les Ligures jusqu’à Antion. Dans cette région se trouve la ville grecque de Massalia avec son port. » ou les proto-Basques ou Vascons (ancêtres des Aquitains que César distingue des autres peuples des Gaules), ont laissé dans les montagnes du sud de la France une couche de toponymes préceltiques qui a été mise en évidence par Albert Dauzat.

Antiquité ; entre 4 et 12 millions selon les estimations.

Haut Moyen Âge À partir du , les invasions conduiront des groupes d'individus appartenant à plusieurs peuples différents à organiser des incursions. Le territoire étant déjà très peuplé par des populations bien installées, ces invasions ne permettent en général d'implanter qu'au maximum quelques dizaines de milliers d'individus, et ne modifient pas le fonds de peuplement autochtone qui s'élève déjà à plusieurs millions d'habitants, sauf dans quelques régions bien définies où ils se surajoutent à une population existante qu'ils viennent coloniserHenri Hubert, Marcel Mauss, Les Celtes, comme les Alamans en Alsace, les Francs ripuaires en Lorraine, les Francs saliens au Nord de la Seine, Burgondes établis en Bourgogne et convertis au christianisme, Wisigoths repoussés par l'armée de Clovis en Aquitaine puis en Espagne, Ostrogoths en Provence, Vandales en Corse, les Saxons dans le Boulonnais et le Bessin, à partir du les Bretons en Armorique occidentale, et au les Vikings sur les côtes normandes et dans l'estuaire de la Seine.

Époque médiévale vignette|redresse=1.8|Évolutions comparées de la surface forestière et de la population en France. Malgré le développement de l'Administration des Eaux et Forêts et des textes réglementaires, la surface forestière continue de diminuer jusqu'au . Ce recul est principalement dû aux défrichements pour la mise en culture en lien avec l'expansion démographique, l'implantation de communautés religieuses, l'urbanisation et la fourniture des matériaux de construction civile et navale, ainsi que du bois de chauffe.

On estime que vers la fin de l'Empire romain, la population gallo-romaine était d'environ 12,2 millions d'habitants.

Entre le et le , elle subit une forte diminution, puisqu'à l'époque de Charlemagne, vers l'an 800 elle est estimée à 8,8 millions. À cette même époque, les Celtes brittoniques chassés de l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne) par les Saxons et les Angles, s'installent en Armorique qui prend ainsi le nom de Bretagne. La première occupation de berbères musulmans, commencée en 719 par la prise de Narbonne, est repoussée en 759.

En cinquante ans, entre 800 et 850, la chute est supposée vertigineuse, puisqu'on estime qu'au milieu du , sous le règne de Charles le Chauve, elle est estimée à 5 millions d'habitants. En 838 les Sarrasins saccagent Marseille, razzient des habitants pour les réduire en esclavage et effectueront plusieurs autres razzias semblables jusqu'à l'an 1000, dans un contexte où les côtes italiennes et espagnoles sont encore plus exposées à leurs raids. À la même époque, les Vikings prennent pied à l'autre bout de la France. De nombreux scandinaves se fixent alors en Normandie et au royaume de Bretagne. Le déclin démographique est stoppé au .

. Louis-Henri FournetAuteur d'un Tableau synoptique de l'histoire du monde pendant les cinquante derniers siècles, Édition SIDES, Fontenay sous bois, 1987/2005, , fixe lui ce retournement démographique au : « Pour la première fois dans l'histoire du monde, des densités de trente à quarante habitants par kilomètre carré sont atteintes en France, en Lotharingie, en Angleterre et en Italie ''Tableau synoptique de l'histoire du monde pendant les cinquante derniers siècles », Louis-Henri Fournet, Édition SIDES, Fontenay sous bois, 1987/2005, , page 20.La première partie de l'affirmation de Louis-Henri Fournet (« Pour la première fois dans l'histoire du monde ») est cependant partiellement contredite. Les archéologues de la civilisation maya estiment la densité de population maya de l'ère classique à un chiffre compris entre quatre-vingt et deux cent quatre-vingt-dix habitants au kilomètre carré. Chiffres cités par Jared Diamond, page 190 de son essai Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie publié en 2006 chez Gallimard, . Il faut aussi citer la ville de Bagdad, considérée comme la première à avoir atteint une population d'un million d'habitants entre les et . Cf. à ce propos Largest Cities Through History ».

Un peu plus d'un siècle plus tard, en 1320, à la fin de la dynastie des Capétiens directs, sous le règne de Charles IV le Bel, c'est à ce siècle que la France est considérée comme existentielle en tant que nation et elle aurait compté environ paroisses (1 paroisse = environ 700 habitants) et atteint pour la première fois le chiffre de 17 millions d'habitants, sur un territoire de (soit une densité de ).

Au milieu du , après la Grande Peste, au début du règne de Jean II le Bon, on évalue la population française entre 15 et 17 millions d'habitants sur , soit une densité de seulement . Le domaine royal couvre , les grands fiefs environ . La Provence est partagée en 23 vigueries/baillies. Une baillie fait environ seize localités. Elle fait . Sa population est de ( feux), soit une densité d'à peine . L'armée compte hommes (1,25 % de la population). Entre 1357 et 1453, à la fin de la Guerre de Cent Ans, la population française reste stable autour de 16,6 millions d'habitants. Elle n'en demeure pas moins l'entité la plus peuplée d'Europe, et de loin.

Époque moderne Émigration et immigration Le chiffre de 20 millions d'habitants est à nouveau atteint au début du , sur un territoire agrandi, donc avec une densité de population de . Alors que huguenots sont chassés du territoire, jacobites irlandais, et quelques milliers de catholiques anglais ou écossais se réfugient dans les ports français. Par ailleurs, des dizaines de milliers d'Auvergnats et Rouergats, s'établissent en Espagne, souvent une partie de l'année seulement, profitant du Siècle d'or de ce royaume. Les communautés françaises, entre ces travailleurs et l'exil huguenot sont alors particulièrement nombreuses dans les pays d'Europe, surtout en Angleterre, aux Pays-Bas et dans les états allemands.

Population totale et taux d'accroissement de 1740 à 1860 Les estimations de population suivantes ont été proposées pour la France métropolitaine pendant cette période : Année 1740 1745 1750 1755 1760 1765 1770 1775 1780 1785 1790 1795Population totale (en millions)24,624,624,525,025,726,126,627,027,5527,6528,128,1Taux d'accroissement par tranche de 5 ans (‰)13202814191521416036 Années 1800 1805 1810 1815 1820 1825 1830 1835 1840 1845 1850 1855 1860Population totale (en millions)29,129,530,030,331,2532,3533,334,034,935,736,3537,037,3Taux d'accroissement par tranche de 5 ans (‰)12181031362921252418179

Structure par âge de 1740 à 1860 (en %) La même source propose les répartitions par âge suivantes, pour la France métropolitaine : âges1740174517501755176017651770177517801785179017950-19 ans42,142,241,641,141,241,041,140,740,040,1540,140,320-59 ans49,649,750,350,750,350,155050,3551,2551,351,450,9560 et plus8,38,18,18,28,58,858,98,958,758,558,58,75Total (%)100100100100100100100100100100100100 âges18001805181018151820182518301835184018451850185518600-19 ans41,041,2541,141,640,740,5540.640,2539,638,9538,437,736,9520-59 ans50,0549,7549,748,7549,2549,4549,650,2550,951,451,9552,6552,6560 et plus8,959,09,29,6510,0510,09,89,59,59,659,659,6510,4Total (%)100100100100100100100100100100100100100

Époque contemporaine

Un taux de natalité exceptionnellement faible pendant deux siècles vignette|Carte Philosophique figurant la Population de la France (1830), par Armand Joseph Frère de Montizon. vignette|upright=1.6|Évolution de la démographie entre 1960 et 2010Chiffres de la DAES, 2012. Population en millions d'habitants. Jusqu'en 1795, la France comptait la troisième population au monde derrière la Chine et l'Inde et la première d'Europe. Toutefois, à partir de 1750, durant tout le et jusqu'en 1945, la France connut une très lente progression démographique due à son taux de natalité très faible, le plus bas d'Europe, alors que le reste du continent connaissait un véritable essor démographique.