L’étang de l'Olivier est un étang sur la commune d'Istres, dans les Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à proximité de l'étang de Berre, la plus grande lagune d'Europe.

Géographie Topographie C'est le plus septentrional du chapelet d'étangs situés entre le bras oriental du Rhône et la grande lagune de 15 000 ha que forme l'étang de Berre. Il est dans une grande cuvette ovale, longue de et large de au nord de la ville d'Istres, à de Marseille, 10 de Martigues, 45 d'Arles. L’étang de l’Olivier fait partie du complexe lagunaire de l’étang de Berre et est relié au grand étang de Berre par le canal d’Argème. On peut faire le tour de l'étang en parcourant , sur un sentier aménagé. La Statistique de 1821, lui donne de superficie. Ce chiffre est à la baisse en 1892, il ne fait plus que 211ha. Des travaux de transformations sur la berge sud, portent sa superficie au chiffre de ou 220 selon la sécheresse. Son hypolimnion est situé à 10 mètres de fond. Au sud de l'étang, s'avance un éperon rocheux en safre sur lequel est implanté le petit oppidum du Castellan, qui n'a guère été fouillé. Il possède, selon Bernard Bouloumié « les mêmes caractéristiques que l'oppidum de Saint-Blaise, distant de , puisqu'on y retrouve des documents étrusques archaïquesBernard Bouloumié, « L'Étang de l'Olivier », in Les Dossiers d'histoire et archéologie, n° 84, juin 1984, p. 72. ». La géologie des lieux de Matheron le classe en terrain de craie et grès vert.

Hydrographie L'édification de la branche d'Istres et du Canal de Craponne en 1564, avec le déversement de l'eau douce de la Durance bouleversèrent son écosystème. Agrandissant sa superficie afin de maintenir son niveau pour éviter les inondations, un canal avec l'étang de Berre fut réalisé sur une longueur d'environ 600 mètres dont 400 en souterrain, en 1667. Aujourd'hui, le canal le relie toujours à l'étang de Berre. Il reçoit ainsi les eaux de pluie, les eaux de l’étang de Berre et les surplus des canaux d’irrigation.

On sait que les eaux de l'hypolimnion de cet étang présentent au cours de la période estivale un déficit pratiquement permanent en oxygène avec dégagement de H²S, ce qui contribue à l'installation d'une stratification des couches d'eau de densité différentes. Cas signalés en 1954, Schachter, Senez, Gilleron, en 1958, Schachter, et à des épisodes ponctuels de botulisme aviaire..

Salinité Autrefois les eaux de cet étang étaient très salées, plus qu'à l'étang de Lavalduc. La Statistique de 1821 et lInventaire de Delebecque de 1896, donnent 23 à , ce qui est la limite de la saturation selon l'échelle de l'aéromètre de Baumé. Avec ses de profondeur il n'est pas possible d'utiliser cet étang comme marais salant. Il faut alors envisager que les abords, dans la partie sud, autour du Castellan, étaient pourvus d'installations dont on n'a plus aucune trace. L'origine même de la présence de sel est encore sujet à discussion, car il n'est pas évident d'y faire entrer régulièrement de l'eau de mer ; le fond étant étanche, il n'a pas d'affluent, ni d'ouverture, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui puisqu'il est en contact avec l'étang de Berre par un canal souterrain. L’évolution de sa salinité au cours de l’année reste mal connue aujourd’hui mais l’étang de l’Olivier fait partie des lagunes oligohalines. Sa salinité reste relativement basse.

Climat Tout autour des étangs de l'intérieur, le climat des Bouches-du-Rhône prédomine, c'est un climat méditerranéen. Les précipitations sont violentes au printemps et à l'automne. Avec une moyenne annuelle de d'eau, les étés sont très chauds et les hivers doux. Le mistral, qui souffle une centaine de jours par an, est parfois très violent, avec des pointes à plus de 100 km/h.

Occupation humaine de l'étang De l'Antiquité au Son sel fut exploité jusqu'au Christian Giroussens, in Bulletin des Amis du Vieil Istres, n° 18. sur le pourtour de l'étang qui était plus petit, ainsi que ses coquillages et ses poissonsJean Chausserie-Laprée, Martigues, terre gauloise, , p. 199.. Au nord de l'étang, se trouve un atelier de potier produisant des amphores vinaires de type G4-G5 au lieu-dit Sivier, jouxtant un établissement viticole de , taillé dans le banc de molasse, comportant un grand fouloir et un petit cuveau. L'atelier de potier s'étend sur 2 ha, ce qui en fait un des plus grands de la Gaule et sa production devait servir à d'autres producteurs locaux que celui qui est établi près de lui. Ces deux fabriques furent actives du au .

Une voie gauloise partait de ce lieu en direction du sud reliant l'oppidum de Saint-Blaise avec un embranchement en direction dArelate (Arles), de Fossae Marianae (Fos-sur-Mer), en passant entre l'étang de Lavalduc, l'étang d'Engrenier et l'étang de l'Estomac, l'autre en direction de Maritima Avaticorum (Martigues) en passant entre l'étang de Citis et celui de Lavalduc. Au nord, passaient deux voies, l'une en direction de la via Aurélia, la seconde en direction de Miramas et Aix-en-Provence, avec une bifurcation vers « Merveille ».

La chapelle Saint-Sulpice date du et a été construite en style roman avec une lanterne des morts.

Du à nos jours La rive ouest a une rocade piétonne aménagée avec des espaces verts, un parcours sportif, un jardin méditerranéen, des jeux pour les enfants, un labyrinthe végétal, l’Art Zoo, des associations de boulistes, de joutes provençales, un club d'aviron et des activités de canoë-kayak et de rame traditionnelle provençale du côté de la base nautique, et l'été des pédalos et des bateaux électriques. Sur l’esplanade et le pont-terrasse en bois se déroulent festivités, manifestations culturelles et sportives.Un jet d'eau a été implanté dernièrement pour permettre une amélioration de l'oxygénation de l'eau. Sa hauteur est de 50 mètres, ce qui en fait le plus haut de France.. Cependant cet aspect écologique suscite débats et controverses et son efficacité est remise en cause. Il apparaît plus comme un élément touristique qu'environnemental.

En 2017, Dinosaur’Istres s’est installé sur la colline du Castellan, un parc ludique gratuit permettant de se promener au milieu des dinosaures représentés en grandeur réelle.

Flore et faune de l'étang Cet étang hypereutrophe du bassin versant de l'étang de Berre, entouré de pinèdes, subit les proliférations d'algues et de cyanobactéries qui constituent des nuisances. Aucun changement significatif n'a été observé dans cet étang, que ce soit au niveau de la salinité ou de la prolifération des algues. La détection de microcystine (hépatotoxine), synthétisée par la planktothrix agardhii, est toujours prédominante dans cet étang.

La légende dit que la nuit la coulobre sortait des eaux pour boire le sang frais des moutons qui paissaient autour de l'étang.

Un plateau mollassique se situe entre la Crau et l'étang de Berre, appelé le Castellan, où se forment de petites zones humides occupant des dépressions d'origines éoliennes.

Flore Le pourtour de l'étang est constitué de roselières, où les oiseaux viennent nicher et se reproduire. Il était autrefois entouré de vignes et d'oliviers. La végétation est composée d'interomorpha intestinalis, de ruppia maritima, de chaetomorpha spiralis, de zostera, de gobius microps KR et de monocotylédones, comme l'asphodelus ayardii, qui servaient dans l'Antiquité à fleurir les tombes des morts, d'où la légende du Pré de l'Asphodèle, lieu des Enfers, dans la mythologie grecque.

Dans les Dicotylédones, on trouve l'hedysarum spinosissimum subsp, l'heliantherum marifolium, la lavatera punctata, le limonium cuspidatum et le lythrum tribacteatum.

Dans les garrigues il existe un peuplement d'hélianthèmes à feuilles de marum. Sur les coteaux marneux bien exposés, d'une grande sécheresse en été, se trouvent les pelouses du convolvulo-ononidetum pubescenti, principalement sur le Castellan. Au même endroit, se trouvent, sur les parties de ce coteau soumises aux embruns salés, le très rare statice de Provence. Il y avait autrefois, des peuplements de salicaires à trois bractées, dans les secteurs humides.

Faune En 1967, au mois de septembre, un épandage de lindane pour démoustiquer est venu aggraver la pollution due au départ à une crise de dystrophie estivale, causant la mortalité de la faune de l'étang. Les nombreux poissons rejetés sur les berges comportaient des asthérines: Atherina boyeri; des Mugil cephalus, Liza aurata,Liza ramada, des Chevesnes, Sandres, Anguilles, muges, carpe, brèmes. Parmi les invertébrés:Sphaeroma hookeri Lesch, Chironomes,mollusques

Les oiseaux sont les mêmes que ceux rencontrés sur l'étang de Berre. Sur le plateau du Castellan: Bubo bubo, tadorna tadorna

Organisation administrative Propriété de la ville d'Istres, qui souhaite faire classer l'étang en eaux closes, alors que la Fédération Départementale de pêche souhaiterait qu'il le fut en eaux libres Classé en zone ZNIEFF n°13-129-100, zone terrestre de type:II, Inventaire du Patrimoine Naturel de Provence-Alpes Côte d'Azur.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Fabienne Gateau, Frédéric Trément, Florence Verdi:" L'étang de Berre ", Ed:M.S.H, 1996, 380p- Jean-Pierre Brun: " Viticulture antique en Provence " in:Gallia,2001,n°58,pp.69-89. Frédéric Trément: "Archéologie d'un paysage. Les étangs de Saint-Blaise,(B.d.R)" Documents d'Archéologie Française 74, 1999,314p. Frédéric Marty: " L'atelier de potiers gallo-romain de Sivier (Istres,BdR) dans Revue d'Archéologie de Narbonnaise. P. Ambert: " Reliefs et paysages en Languedoc-Roussillon " in:Cahiers d'Eole, 4,8-20.2001. L. Borel, P. Moutte, A. Lavagne: " Inventaire pour l'application de la loi littoral dans les Bouches-du-Rhône " , Rapports du Laboratoire de Phytosociologie et Cartographie, Faculté de Saint-Charles en dépôt au Conservatoire Botanique national Méditerranéen de Porquerolles.1990-1993. L. Castagne: " Catalogue des plantes qui croissent naturellement aux environs de Marseille ", Ed:Pardigeon, Aix.1845. Rémy Molinier & P. Martin: "Catalogue des plantes vasculaires des Bouches-du-Rhône " Imp Municipale de Marseille.1981. Rémy Molinier: " La végétation des rives de l'étang de Berre,(BdR) ", in:Bull.Soc.linn. Provence16,19-42. Jean Chausserie-Laprée: " Martigues, terre gauloise ", Ed: Errance, Ville de Martigues,2005,255p. . Christian Giroussens: "L'étang de l'Olivier, un salin au XVIe siècle", in ''Bull. des Amis du Vieil Istres, n° 18, 1996, p. 31-42.

Article connexe Oppidum du Castellan

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