La ville de Yatung (ou Yatoung ou encore Yadong) () est une petite ville tibétaine du comté de Yadong dans la préfecture de Shigatsé, dans la région autonome du Tibet. Elle est située dans la vallée de Chumbi, à proximité du Sikkim en Inde, du Bhoutan, et non loin du Népal.
Histoire Yatung fut une ville de commerce dès la fin du . En 1893, le Tibet Trade Regulation, ou traité commercial anglo-chinois sur le Tibet, signé le à Darjeeling, autorisa l'Inde britannique à commercer au Tibet et lui permit d’ouvrir un comptoir commercial à Yatung, avec la garantie de la libre circulation des ressortissants britanniques entre ce point et la frontièreLaurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, p. 223, .Stéphane Guillaume, La question du Tibet en droit international. Convention Between Great Britain and China Relating to Sikkim and Tibet (1890).. Selon Jamyang Norbu, écrivain tibétain en exil militant pour l'indépendance, le Tibet n'y était représenté qu'à titre d'observateur Jamyang Norbu, BLACK ANNALS: Goldstein & The Negation Of Tibetan History (Part I)..
Selon le sociologue chinois Rong Ma, les comptes des douanes de Yatung indiquent que le tonnage annuel de laine exporté en Inde atteignait 544 tonnes de 1895 à 1898 Rong Ma, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 350 pages, p. 143 : ..
La construction d’une barrière entre Yatung et Lhassa fut un des éléments qui menèrent à l'expédition militaire britannique au Tibet entre 1903 et 1904.
Le commerce entre l'Inde britannique, puis l'Inde indépendante, et le Tibet fut effectif jusqu'en 1954, date à laquelle les 10 soldats indiens en escorte des agents de la mission commerciale furent retirés, conformément à l’accord sino-indienSelon un article en ligne de The Hindu (Thursday, Oct 07, 2004)..
Selon Michael H. Goodman, après l'intervention militaire chinoise du Tibet en 1950, le dalaï-lama souhaitait rester à Lhassa « pour aider son peuple », mais, à la demande du Kashag et de l'Assemblée nationale tibétaine, il partit pour Yatung en . Avant son départ, il nomma Lukhangwa et Lobsang Tashi, premiers ministres (Sileun) et leur conféra les pleins pouvoirs du gouvernement du TibetMichael Harris Goodman, Le dernier Dalaï-Lama ? Biographie et témoignages, Éditeur Claire Lumière, 1993, .. Selon Alexandra David-Néel, qui quitta définitivement l'Asie en juin 1946Jean Chalon, Le Lumineux Destin d’Alexandra David-Néel, pp. 418-419., les Chinois étant à Lhassa, le dalaï-lama et sa cour avaient le choix entre rebrousser chemin avec le trésor du Potala ou bien s'exiler en Inde et y mener la même vie que ceux de la cour du précédent panchen-lama exilé en Chine. L'exploratrice affirme que les paysans de Yatung et des environs, qui devaient nourrir gratis la troupe et le troupeau de mules, commençaient à rechignerAlexandra David-Néel, Le vieux Tibet face à la Chine nouvelle (1953), in Grand Tibet et vaste Chine, Plon, 1999, p. 981 : .
Équipements On trouve actuellement à Yatung un hôtel, un bar, un seul bâtiment officiel, des hangars de l'armée et il est indiqué l’existence d’une station météorologique Michael Buckley and Robert Strauss, Tibet: a travel survival kit, Lonely Planet Publications, Victoria, Australia, 1986, p. 163, ..
Personnalités K. Dhondup
Références yatung, wikimapia.org
Notes
Catégorie:Histoire du Tibet Catégorie:Ville dans la région autonome du Tibet