Le contrôle interne est un dispositif mis en œuvre par la direction d'une administration (privée comme les entreprises ou publique comme les ministères) pour lui permettre de maîtriser les opérations à risques qui doivent être faites par elle.
Ses ressources sont pour cela mesurées, dirigées et supervisées de façon à permettre au management de réaliser ses objectifs.
C'est une notion fondamentale du management des entreprises et des administrations qui va amener dans les années à venir leur restructuration en profondeur.
Les dimensions du Contrôle Interne
La notion de contrôle interne a plusieurs dimensions : La lutte contre la fraude. Cela a été un des moteurs du développement de la notion de contrôle interne. À l'origine, il y a la publication, en 1977 aux États-Unis, du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA). Cette loi exige des entreprises qu'elles mettent en place des programmes de contrôle interne. L'objectif était de détecter les fraudes et de protéger les ressources de l'entreprise. Cela concerne d'abord les biens matériels comme les stocks, les comptes clients... mais aussi les biens incorporels comme les brevets, la propriété intellectuelle, les savoir-faire, les marques... La sincérité des comptes des entreprises. Ce souhait a été le deuxième moteur du développement du contrôle interne. En 1985 la commission Treadway est née de la prise de conscience des erreurs répétitives constatées dans les comptes d'un certain nombre d'entreprises. Elle s'est fixé comme objectif d'arriver à lutter contre les fraudes constatées dans les Bilans et les Comptes de Résultat de certaines entreprises. En 1992 les travaux du COSO, Committee Of Sponsoring Organisations of the Treadway Commission se sont traduits par un premier rapport : Internal Control - Integration Framework qui s'appelle en français : La pratique du contrôle interne. Il donne une définition communément acceptée de la notion de contrôle interne et détaille un cadre général de mise en place d'un système de contrôle interne et la manière dont il peut être renforcé et amélioré. Puis en 2002 une loi américaine rigoureuse, la Loi Sarbanes-Oxley, permet de renforcer le contrôle des comptabilités concernant les sociétés cotées aux États-Unis. C'est une loi de protection des investisseurs imposant de nouvelles règles concernant la comptabilité et la transparence financière. Plus récemment, en France l'Autorité des marchés financiers, l'AMF, a publié un document de référence définissant la démarche de contrôle interne. La mise en place d'une organisation plus efficace et plus performante. L'objectif du contrôle interne évolue. L'objectif de la démarche consiste à disposer des bonnes informations au bon moment afin de prendre les bonnes décisions. De manière plus générale il s'agit de déterminer les objectifs stratégiques, de mettre en place des dispositifs opérationnels et de respecter les lois et les règlements. Le contrôle interne nécessite de mettre en place des procédures qui respectent l'ensemble de ces objectifs tout en améliorant l'efficacité de l'entreprise.
Le développement des méthodes de contrôle interne a une influence importante sur le développement des systèmes d'information, car leur fonctionnement a un impact sur l'efficacité des processus de l'entreprise. Il est pour cela nécessaire de mettre en place des dispositifs de gestion de contrôle adaptés. Ceux-ci reposent à leur tour sur des systèmes d'information permettant d'alimenter des tableaux de bord de suivi des processus.
Les définitions du contrôle interne
Il existe de multiples définitions du contrôle interne : voir Système de contrôle interne et Audit comptable et financier. Une des plus anciennes est celle de B. Fain et V. Faure : "Le contrôle interne consiste en une organisation rationnelle de la comptabilité et du service comptable visant à prévenir, tout au moins à découvrir sans retard, les erreurs et les fraudes". Elle date de 1948. Celle qui aujourd'hui fait référence est celle du COSO : « Le contrôle interne est un processus mis en œuvre par l'organe de direction (c'est-à-dire le Conseil d'Administration), les dirigeants et le personnel d'une organisation, destiné à fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des objectifs suivants : réalisation et optimisation des opérations, fiabilité des informations financières, respect des lois et réglementations en vigueur. »
Cette définition n'est pas parfaite, mais a le mérite de définir le contrôle interne comme un processus et elle précise qu'elle a pour but de mettre la notion d'assurance raisonnable concernant les opérations. Par contre, elle ne prend pas en compte la notion de gestion des risques qui a été prise en compte dans COSO 2. Mais surtout elle ne fait pas référence à l'état des pratiques ni aux processus de l'entreprise.
Cette définition a été largement reprise comme dans le cadre de référence de l'AMF : « Le contrôle interne est un dispositif de la société, défini et mis en œuvre sous sa responsabilité. Il comprend un ensemble de moyens, de comportements, de procédures et d’actions adaptés aux caractéristiques propres de chaque société qui : contribue à la maîtrise de ses activités, à l’efficacité de ses opérations et à l’utilisation efficiente de ses ressources, et doit lui permettre de prendre en compte de manière appropriée les risques significatifs, qu’ils soient opérationnels, financiers ou de conformité ».
La multiplicité des définitions de la notion de contrôle interne est due à la variété des préoccupations des différents intervenants : cela dépend du métier, du secteur d'activité, des crises rencontrées... Il est certain que la vision du commissaire aux comptes est assez différente de celle de l'auditeur interne, du dirigeant ou du consultant en stratégie.
Il est important de voir qu'on est progressivement passé de la lutte contre la fraude à une démarche plus large très proche de la gouvernance. Mais ces définitions ne sont pas complètes, car elles précisent le « comment » mais ne disent pas le « pourquoi ».
On peut raisonnablement considérer que le contrôle interne est un processus permettant de s'assurer que les opérations de l'entreprise se déroulent en appliquant des bonnes pratiques notamment celles concernant le management et le fonctionnement de ses principaux processus. La notion de bonne pratique est fondamentale. Elle est au cœur de toutes ces démarches. C'est ce que tout professionnel expérimenté sait qu'il devrait mettre en œuvre, mais qu'il ne s'applique pas toujours.
Le besoin de contrôle interne
Le développement du contrôle interne correspond à trois besoins différents : la dérive des pratiques des entreprises. Elles sont de différentes natures comme le laxisme de l'application des règles de gestion, l'oubli des règles de contrôle ou de sécurité, les fraudes internes... Elle est due à la perte de certains repères et à l'effacement progressif de la frontière entre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas ; la montée des risques liée à la globalisation, à la dématérialisation des opérations, la financiarisation... Ce sont des tendances profondes. On n'y peut rien et cela se traduit par une multiplication des situations délicates. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire de mettre en place des mesures appropriées de façon à limiter le niveau des risques ; le développement des systèmes d'information. En soit, c'est une bonne nouvelle, mais l'expérience montre que des applications mal conçues ou insuffisamment protégées peuvent se traduire par des fragilités importantes. Le contrôle interne a pour objectif de renforcer et de systématiser les dispositifs de contrôle permettant de s'assurer que les opérations courantes de l'entreprise se déroulent normalement. C'est une évolution importante de la démarche de contrôle. Traditionnellement les contrôles se faisaient de manières ponctuelles comme des audits. Dans une démarche de contrôle interne, on cherche à mettre en place des contrôles permanents. Parallèlement on assiste à l'apparition dans les entreprises de Directions du Contrôle Interne et de Directions des Risques chargées de prendre en compte l'ensemble de ces opérations
Les interlocuteurs concernés par le contrôle interne
Le contrôle interne concerne l'ensemble des organes de direction d'une entreprise et notamment : le Conseil d'Administration. Il rend compte aux actionnaires et il est à ce titre directement intéressé par le niveau de contrôle interne de l'entreprise. Il doit notamment s'assurer que les procédures internes garantissent la régularité et la sincérité des comptes sociaux. De plus en plus souvent les constatations faites sont reportées à l'Assemblée Générale des actionnaires. le Comité d'audit est composé d'administrateurs indépendants chargés d'initier et de suivre les missions d'audit. À ce titre, il a pour mission de demander le renforcement des procédures de contrôle interne. le Commissaire aux comptes doit, dans le cadre de sa mission légale, s'assurer de l'existence et de l'efficacité des procédures de contrôle interne. Dans les grandes entreprises, il doit évaluer le rapport de la direction générale sur l'ensemble des procédures de l'entreprise. la direction générale a la responsabilité de mettre en place des procédures de contrôle interne et, si c'est nécessaire, de les renforcer. Très souvent l'équipe d'audit interne lui est rattachée. le comité de direction est souvent amené à s'intéresser aux pratiques de contrôle interne mis en œuvre par les principaux décideurs de l'entreprise qui en font partie. Ils ont la responsabilité de s'assurer qu'on applique effectivement les bonnes pratiques. la direction de l'audit doit veiller à la mise en place des règles de contrôle interne. Il a la responsabilité de s'assurer qu'elles sont effectivement appliquées et donnent les résultats attendus. la direction des risques a la mission de les évaluer. Ils peuvent être liés à l'activité principale de l'entreprise (risques métiers) mais aussi aux activités accessoires dont l'informatique (risques opérationnels). la direction financière est particulièrement intéressée par la mise en œuvre des règles de contrôle interne. La sincérité des comptes est directement liée à leur application. la direction juridique doit s'assurer que tous les contrats signés avec les clients, les fournisseurs et les salariés sont conformes aux règles contractuelles se trouvant dans la charte juridique de l'entreprise. la direction des systèmes d'information est au cœur de l'application des règles de contrôle interne. Les programmes les exécutent. Il faut s'assurer qu'ils fonctionnent correctement et donnent les résultats attendus. Comme on le voit toutes les unités de l'entreprise sont concernées par le contrôle interne. Il s'agit de l'affaire de tous.
Le rôle et les responsabilités du contrôle interne
Il existe dans un nombre croissant d'entreprises une direction de l'audit interne ou une direction du contrôle interne. On peut s'interroger sur son rôle et ses responsabilités. Est-ce que les auditeurs internes sont responsables du contrôle interne de l'entreprise ? Très souvent les responsables de ces équipes le pensent. Mais, il faut être clair, la responsabilité du contrôle interne relève de la direction générale. Dans ce contexte les équipes d'audit interne doivent s'assurer que les procédures de contrôle interne sont en place, fonctionnent et donnent les résultats attendus.
En fait, tous les salariés de l'entreprise sont responsables du contrôle interne. Quels que soient leur métier et les tâches qui leur sont confiés, ils doivent veiller à ce que les instructions qui leur sont données soient effectivement appliquées. Dans ce contexte, le management de l'entreprise a la responsabilité de mettre en place des dispositifs de contrôle suffisants dans le cadre des instructions qu'il donne aux personnes placées sous ses ordres.
La description des dispositifs de contrôle interne