vignette|Le général Toussaint Louverture recevant un général anglais. L'armistice du 30 mars 1798 permit à Toussaint Louverture de régler les détails de la retraite de l'armée anglaise de Saint-DomingueSaint-Domingue espagnol et la révolution nègre d'Haïti (1790-1822), par Alain Yacou, page 215, avant l'entrée triomphale du général noir et de son armée d'ex-esclaves dans Port-au-Prince le . L'armistice avait pour objectif les négociations par lesquelles il fut décidé que les Anglais quitteraient leur dernier bastion du nord du pays, le Môle-Saint-Nicolas, le .
Cinq mois plus tard, jour pour jour, comme prévu, le , les Britanniques abandonnaient Saint-Domingue à la victoire de Toussaint Louverture, qui devra cependant se retourner vers un autre front, au sud, où l'ex-général français Rigaud a rassemblé une armée de mulâtres avec l'aide de planteurs français, pour le combattre.
L'armistice met fin à une guerre de libération qui a fait plus de et a duré quatre ans : depuis le avec contenu de la lettre de Henry Dundas et le traité de Whitehall, les Anglais profitaient de la lucrative fiscalité sur les plantations de sucre de Saint-Domingue, tandis que depuis le Toussaint Louverture avait lancé une offensive.
L'armistice fut signé avec le général anglais Thomas Maitland, seulement trois jours après l'arrivée, le , de Hédouville, envoyé du directoire, qui doit repartir dès le de la même année, qui avait pour mission d'inciter discrètement Toussaint Louverture à engager son armée dans l'attaque de la Jamaïque et des États-Unis, ce que ce dernier se gardera bien d'effectuer, pour éviter de perdre tout crédit et une partie de son armée. Au contraire, le général noir se rapprochera du général anglais Thomas Maitland pour l'inciter lui aussi à faire du commerceThe American counterrevolution: a retreat from liberty, 1783-1800 Par Larry E. Tise, page 482.
L'armistice du a été signé peu après l'arrivée début du jeune général Thomas Maitland à la tête de l'armée anglaiseAvengers Of The New World: The Story Of The Haitian Revolution Par Laurent Dubois, page 216, qui a reçu pour instruction de limiter les pertes anglaises, d'autant que le mois de voit une vague de désertions chez les Noirs enrôlés par les troupes anglaises, qui perdent plusieurs forts.
Dès la mi-1798, le secrétaire d'État américain Timothy Pickering confirme que les États-Unis accepteraient la reprise des relations commerciales en cas de victoire de Toussaint Louverture, scénario devenu alors très probable, et en Toussaint Louverture envoie Joseph Bunuel rencontrer les principaux marchands de PhiladelphieToussaint's clause: the founding fathers and the Haitian revolution Par Gordon S. Brown, page 154 pour négocier la reprise des affaires, tandis que l'État américain s'est donné les moyens de reconstruire une marine de guerre, afin d'écarter les français installés à Cuba, parmi lesquels Pierre et Jean Lafitte, qui alimenteront la piraterie des années 1800 dans la Caraïbe.
le , le docteur Edward Stevens, nommé officiellement consul général des États-Unis en , signe la convention commerciale tripartite de 1799, associant anglais, américains et haïtiens.
L'arrivée à Cuba de réfugiés de Saint-Domingue après l'armistice du en voit beaucoup devenir corsaires lors de la quasi-guerre, ce qui donne un premier coup de fouet au trafic commercial à Cuba comme le montrent les valeurs produites par le port de Santiago de Cuba entre 1797 et 1801, une partie venant des prises des corsaires français attaquant les navires américains commerçant avec Saint-DomingueLe monde caraïbe: Défis et dynamique. Tome II. Géopolitique, intégration, par Christian Lerat, page 112 (contribution de Maria-Elena Orozco-Melgar, professeur à l'université de Bordeaux)): Année17971798179918001801Tonnage32,546,176,584116,6 Toussaint Louverture se retrouve lui à la tête d'un pays beaucoup plus puissant qu'aujourd'hui, qui assurait en 1790 la moitié de l'offre mondiale de café et de coton et le tiers du sucre, pour une très forte rentabilité. Les exportations de l’île se comparaient favorablement avec celles des États-Unis, qui allaient à 15 % vers Saint-Domingue, malgré une population blanche de seulement A proslavery foreign policy: Haitian-American relations during the early, par Tim Matthewson, page 9. Le commerce passe par près de 500 navires et le Massachusetts compte à lui seul 60 distilleries, transformant la molasse des Antilles en rhum. L’armée et le revenu annuel de Saint-Domingue étaient plus grands que ceux d’aucune puissance européenne de second rang. Les deux villes principales de la colonie, le Cap Français et le Port Républicain (Port-au-Prince), étaient presque aussi grandes que New York. Le Cap Français était incomparablement mieux construit qu’aucune ville américaine..
Cette richesse s'était fortement accrue dans les quinze dernières années précédant la révolte noire, en particulier après la guerre d'indépendance américaine qui permit aux planteurs blancs de s'approvisionner en produits américains meilleur marché qu'avantA proslavery foreign policy: Haitian-American relations during the early, par Tim Matthewson, page 2 et vit Saint-Domingue, pourtant pas plus grande que l'Irlande, produire deux fois plus que toutes les colonies anglaises réunies. Dans la dernière décennie, les esclaves arrivent au rythme de à par anL'insurrection des esclaves de Saint-Domingue: 22-23 août 1791 Par Laënnec Hurbon, page 240, contribution d'Anna Maria Oliveira, et sur les treize ports capables de faire du commerce international, deux contrôlent la moitié du trafic des denréesA proslavery foreign policy: Haitian-American relations during the early, par Tim Matthewson, page 3.
La plupart arrivent après avoir passé au moins quinze ans sur le sol africain et une majorité sont des prisonniers de guerre du Congo où avait lieu une très violente guerre civile, ce qui fait que les esclaves de Saint-Domingue sont les plus jeunes et les plus formés au combat de toute la Caraïbe, selon la contribution à un colloque de l'historienne Anna Maria Oliveira.
Malgré cela, Napoléon envoya son beau-frère, le général Leclerc, à la tête de l'expédition de Saint-Domingue, la plus puissante armée qui avait jamais traversé l’Atlantique, pour soumettre Toussaint Louverture, en recevant le soutien écrit du président américain élu en 1800 Thomas Jefferson.
Les réactions des propriétaires d’esclaves du sud des États-Unis ont influencé la politique de Jefferson face à Haïti, surtout après les conspirations d’esclaves dans la région de Richmond en 1800 et 1802 (Gabriel Plot et Easter Plot). La découverte de préparatifs pour une insurrection provoqua une grande peur parmi la population blanche de Virginie, et déclencha en réaction une campagne de terreur contre les rebelles. La loyauté de Jefferson envers les planteurs de Virginie se manifeste dans une lettre à Rufus King, où Jefferson soulignait la vulnérabilité du sud de son pays, en disant: "The course of things in the neighboring islands of the West Indies appears to have given a considerable impulse to the minds of the slaves in different parts of the US.". Pendant des décennies, les politiciens du sud des États-Unis vont s'exprimer en termes très agressifs contre Haïti, attitude qui contrasta avec celle de la Grande-BretagneA proslavery foreign policy: Haitian-American relations during the early, par Tim Matthewson, page 135.
Chronologie juillet 1793 : une première flotteToussaint's clause: the founding fathers and the Haitian revolution Par Gordon S. Brown, page 80 de réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique dans la baie de la Chesapeake : traité de Whitehall entre les Anglais et les colons de Saint-Domingue, la Martinique et la Guadeloupe : Toussaint effectue une volte-face. Son armée défait en 15 jours ses anciens alliés espagnols et enlève une dizaine de villes. juillet 1795 : la Convention élève Toussaint au grade de général de brigade. mars 1796, il sauve Laveaux, qui le nomme lieutenant général de la colonie mai 1796 : retour de Sonthonax comme commissaire civil août 1796 : le Directoire élève Toussaint au grade de général de division septembre 1796 : Toussaint fait élire Lavaux et Sonthonax comme députés auprès du Directoire, le premier part dès octobre août 1797 : Toussaint demande par écrit à Sonthonax de partirAvengers Of The New World: The Story Of The Haitian Revolution Par Laurent Dubois, page 206 : coup d'État du 18 fructidor an V, par les trois Directeurs (dont Paul Barras) soutenus par l'armée, renforcement de l'exécutif au détriment du législatif. début : le général Thomas Maitland prend la tête de l'armée anglaise : vague de désertions chez les Noirs enrôlés par les Anglais, qui perdent plusieurs forts : Gabriel Marie Joseph d'Hédouville, arrive dans l'île : l'armistice permet à Toussaint Louverture de régler les détails de la retraite anglaise avec Thomas Maitland : le congrès américain vote des crédits militaires pour construire 12 navires de guerre 1798 : Daniel Clark, marchand de coton du Natchez District obtient la suppression de la taxe de 21 % sur les biens exportés à la zone franche de la Nouvelle-Orléans. mi-1798 : le secrétaire d'État américain Timothy Pickering confirme que les États-Unis accepteraient la reprise des relations commerciales en cas de victoire de Toussaint Louverture : le président John Adams rend public le rapport de l'affaire XYZ, vague de sentiment anti-Français : le Congrès américain abroge tous les traités avec la France, début de la quasi-guerre : le Congrès américain vote la "taxe directe" pour financer la construction d'une marine de guerre : le Congrès américain porte la "taxe directe" à 2 millions de dollars pour être pris au sérieux, car l'US Navy est toujours indigente : les Britanniques abandonnent Saint-Domingue : révolte des Noirs contre Gabriel Marie Joseph d'Hédouville :Gabriel Marie Joseph d'Hédouville forcé de rembarquer précipitamment par les ex-esclaves : Toussaint envoie Joseph Bunuel négocier à Philadelphie et le congrès vote un amendement autorisant le président à exempter Haïti de l'embargo. : Joseph Bunuel rencontre les principaux marchands de Philadelphie 1798 : 600 navires américains sillonnent la Caraïbe, en majorité à destination d'HaïtiHaïti: économie politique de la corruption. l'État marron, 1870-1915, par Leslie Jean-Robert Péan, page 86, qui a sept fois plus d'échange avec les États-Unis que la FranceOrders from France: the Americans and the French in a revolutionary world, 1780-1820 Roger G. Kennedy. : John Adams envoie à Paris des négociateurs dans l'espoir du futur traité de Mortefontaine. février 1799 : le congrès américain, dominé par les fédéralistes, vote une loi abolissant l'embargo : le secrétaire d'État américain confirme que le président John Adams serait heureux de la reprise des échanges commerciaux : décret Louverture-Roume ouvrant les ports haïtiens aux navires américainsSaint-Domingue espagnol et la révolution nègre d'Haïti (1790-1822) par Alain Yacou avril 1799 : le docteur Andrew Stevens nommé officiellement consul général des États-Unis à Saint-Domingue : le docteur Andrew Stevens signe la convention commerciale tripartite de 1799 juin 1799 :Rigaud engage les hostilités contre Toussaint Louverture novembre 1799 : sept navires de commerce américains (armés) par jour au Cap FrançaisToussaint's clause: the founding fathers and the Haitian revolution Par Gordon S. Brown, page 163 1800 : traité de Mortefontaine pour la fin de la quasi-guerre : Toussaint Louverture proclame une constitution autonomiste 1801 : première guerre barbaresque, déclarée par les dey de Tripoli aux États-Unis