Le château de Brie est un château situé à Champagnac-la-Rivière, en France. thumb

Localisation Le château est situé dans le département français de la Haute-Vienne, sur la commune de Champagnac-la-Rivière, à l’intersection entre les routes départementales D42 et D100 entre les villages de Champagnac-la-Rivière, Cussac et Châlus.

Le château est souvent désigné dans les archives sous le nom de Brie-en-Poitou (ou Brie-le-Vieux) pour le distinguer d’un autre château, aussi à l'époque propriété de la famille Boschaud de Brie, situé près d’Aix-sur-Viennes et dénommé Brie-en-Limousin.

Histoire

Les Brie Les de Brie, sont une très vieille famille bretonne originaire d’un village du même nom dont le château à disparu depuis. Noël de Brie, compagnon d’Hugues Capet était Comte de Nantes au Xe siècle. Guillaume de Brie, sera de son côté évêque de Rennes entre 1384 et 1386 puis évêque de Dol-de-Bretagne de 1386 à 1390/1391.

Vers 1240, un certain Beaudoin de Brie s’installe à l’emplacement du château actuel et y construit un Repaire Noble afin de protéger la route entre Champagnac-La-Rivière et La Chapelle-Montbrandeix pour le compte de Géraud de Maulmont. Cette installation s’inscrit dans une double dynamique : un rapprochement entre le duché de Bretagne et la vicomté de Limoges d’un côté et d’une politique de constitution d’une ligne fortifiée (comprenant par exemple Courbefy, Châlus-Chabrol, Firbeix, Montbrun, […]) pour faire face à des tensions entre Plantagenêt et Capétiens.

Les Boschaud Vers 1260, une fille de Beaudoin de Brie épouse Aymeric de Boschau, issu d’une famille établis près de l’abbaye du même nom. Famille noble mais modeste - leur nom proviendrait de Bosco Cavo datant de la colonisation romaine du Limousin – ils revendiquent de lointains liens avec les Comborn d’où leur blason qui rappelle celui de Limoges.

Probablement pour distinguer deux banches de la même famille, leurs descendant prendront le nom de Boschaud de Brie.

Extrèmement modeste lors de leur installation, les Boschaud de Brie gagnent petit à petit du pouvoir dans la région : Guillaume II de Boschaud de Brie (1260 - ….), neveux d’Aymeric obtient la seigneurie de Montbrut et obtient de l’Evêque de Limoges l’autorisation de faire bâtir une chapelle oratoire sur le site de Brie. Guillaume III (…. - 1356) devient seigneur de Bosfranc. Jean I (1350-1410), fils du précédent, obtient la seigneurie d’Aixe-sur-Vienne. Jean II  (….-1482) obtient encore de nouvelles seigneuries entre autres par ses positions de Maistre d’hôtel de Charles II d’Albret et de Capitaine de Châlus-Maulmont, de Courbefy, du Soulier et de Chalucet. Jean III poursuit l’ascension social en devenant Échanson et Conseiller de Jean II d’Albret.

Le 22 janvier 1484, Jean III obtient l’autorisation par Lettres-patentes de Jean, Vicomte de Rochechouart de construire une maison forte au lieu-dit Brie qui n’est autre que le château actuel. Le 5 mars 1485, Jean III épouse Jeanne de Hautefort (1465-1525), fille d’Antoine de Gontaut, Seigneur de Hautefort ce qui lui amène une très grosse dote.

Les Meillars Jean VI (….-1545) épouse Jeanne de Lambertie en 1544 avec qui il eut une fille Catherine. Suite à sa mort, Jeanne fait valoir un testament de Jean qui lui laisse l’administration de ses biens tandis que Louis de Brie, fait valoir un autre testament où il est nommé héritier universel de son frère Jean. Après un long conflit, tranché quatorze ans plus tard par François des Cars, l’héritage est divisé et Catherine conserve le Château de Brie. Elle se marie en 1564 à François de Meillars (…-1578), Seigneur dudit lieu et de Curzat près de Saint-Vitte-sur-Briance.

Les Chouly-Permangle Après la ruine des Meillars, le château est vendu à Yrieix de Chouly-Permangle en 1656 venu d'une des principales familles nobles de Saint-Yrieix-la-Perche. Maréchal de logis de la compagnie de deux cent chevaux-légers de la garde ordinaire de Sa Majesté, lieutenant général  puis aide-de-camps des armées du roi ; conseiller et maître d’hôtel ordinaire de Sa Majesté, il fait partie de la cour de Louis XIII puis de Louis XIV. A la fin de sa carrière, ce dernier le nomme par Lettres patentes datées de Saint-Germain-en-Laye le 2 janvier 1676, gouverneur de la ville et de la cité de Limoges (titre qu'il a créé spécialement pour lui et qui disparaîtra après). Il mourra au Château de Brie trois ans plus tard. Sans héritier directe, il divise ses biens entre son neveu Yrieix-Julien et sa nièce Anne-Thérèse qui tous deux transmettrons leur part à leurs héritiers.

Par le biais d'Anne-Thérèse, le château reviendra à Charles-Joseph Ferrière de Sauveboeuf issu d’une des plus grandes familles du Limousin. Sa petite fille, Marie Geneviève de Vassan (1725 - 1794) très riche héritière (3), possédait un vaste territoire depuis Pierre-Buffière jusqu'à Saint-Junien, pratiquement la moitié de la Haute-Vienne, soit plusieurs milliers d'hectares, ainsi que les baronnies de Pierre-Buffière, de Chéronnac et de Saint-Mathieu et du Château de Sauvebœuf en Dordogne dont elle porte le titre de Marquise. Elle épouse en secondes nocesVictor Riquetti de Mirabeau dit L’ami des Hommes (1715 - 1789) avec qui elle eut une relation extrêmement tumultueuse au point d’être, pour un temps, assignée à résidence au Château de Brie. Le couple donne naissance à Mirabeau, baron de Pierre-Buffière, célèbre tribun de la Révolution. M. de Mirabeau père dépense sans compter une grosse partie de la fortune de son épouse dont il était devenu le tuteur. À la suite d'une plainte à la Cour, elle récupère l'usage de ce qu'il reste de sa fortune.

Les Bouland A la Révolution française, les familles Chouly-Permangle et Mirabeau sont toutes deux ruinées. Les grandes propriétés ayant perdu la majorité de leur valeur, le château est entièrement vendu en 1808 à leur créancier, Jacques Etienne Bouland, avocat à la cour royale puis impériale de Paris et procureur au Parlement de Paris. Il revend par la suite le château à l'un de ses fils, Stéphane Bouland, négociant qui avait fait fortune en Amérique et Consul du Roi de Sardaigne à New-York. Ce dernier a remis Brie en état.

Le Château de Brie appartient toujours aux descendants de la Famille Bouland et chaque génération postérieure ont poursuivi l'oeuvre d'entretient, de restauration et d'agrandissement des lieux. La fille de Stephane, Céline Bouland, grande pianiste, a épousé Adolphe Foureau de La Tour faisant ainsi apparaitre un nouveau nom de famille. Au milieu du XXe siècle, Florence de la Tour épouse Pierre le Chanoine du Manoir de Juaye. Ils donnèrent ensembLe à la propriété une orientation plus touristique. Leur fille Agnès et son époux Patrick René reprirent la propriété en 2024 et poursuivent la diversification de l'activité.

Architecture

Le repaire noble De manière incroyable, le logis construit par Beaudoin de Brie et Aymeric de Boschaud au cours du XIIIe siècle existe encore et, à la suite d’un remblayage, sert aujourd’hui de cave au château actuel !

Le logis consistait donc en un simple bâtiment en pierre de plein pied, d’une seule pièce d’environ 100m² défendue par une série de meurtrières. Au cours des générations, le bâtiment fut agrandi d’une pièce et surélevé d’un étage. Dû à leur exiguïté d’accès, ces pièces ne sont que rarement ouvertes aux visites.

Ce logis devait être complété d’autres édifices annexe tel que des cuisines ou une chapelle (comme celle pour lequel Guillaume II obtient l’autorisation en 1293) bien il n'y en ait plus trace.

La maison noble le 22 janvier 1484, le vicomte Jean de Rochechouart donne permission à son fidèle Jean (Boschaud) de Brie, écuyer, seigneur de L'Hostel de construire un repaire ou hébergement noble à Brie, paroisse de Champagnac-la-Rivière et de réédifier au même endroit une maison forte avec tours, tourelles (tournelles), créneaux (craneux), mâchicoulis (machecoulx), pont-levis et fossés.

La maison forte fut implantée immédiatement sûr le repaire noble existant en renforçant sa structure et en le remblayant. Elle était constituée autour d’une cour centrale rectangulaire bordée au Sud, à l’Est et à l’Ouest d’ailes de communs (de plain-pied) et au Nord d’un massif maitre logis (fondé sur le repaire). La cour était flanquée aux quatre angles de tours rondes. Au Sud, ces tours d’un diamètre d’environ 6m, les tours servaient de chapelle (à l’Est) et de colombier (à l’Ouest). A Nord, les deux tours rondes de 10m de diamètres forment un ensemble avec le maitre logis et sa tour d’escalier, de plan carré, qui s’appuie sur sa façade principale. Cet ensemble correspond au château actuel.

Conformément aux lettre-patentes, du Vicomtes de Rochechouart, qui les y autorisent, les trois tours étaient couronnées de mâchicoulis et protégées par sept meurtrières. Les façades sud et ouest de la maison-noble étaient bordées de douves sèches franchi au sud par un pont dormant. Les façades Nord et Est étaient protégées par le dénivelé de la topographie.

En plus des autres éléments de défense, les murs du maitre logis font entre 1.5m et 3m d’épaisseur. Cependant, malgré ces éléments, le château est avant tout destiné à l’habitation. Les éléments défensifs sont tout autant fonctionnels qu’ils sont l’expression d’un statut social. La lumière, l’agrément de l’habitation, le confort moderne (tel que des latrines ou des chambres indépendantes) et le prestige sont aussi au cœur de la conception du bâtiment. L’escalier à vis monumental, constitué de 84 marches de granit de 1,50 mètre de long, dont l'ascension est couronnée par une voûte en palmier de pur style gothique flamboyant et l’expression la plus marqué de cette transition.

Cette typologie de Maison noble est relativement courante en limousin (bien qu’il s’agisse ici d’un des châteaux les plus grand et les mieux conservés). Le château de Brie semble avoir par exemple inspiré le Château des Bories construit à partir de 1497  par Jeanne de Hautefort, veuve de Jean de Saint-Astier et sœur de Jeanne du même nom, épouse de Jean de Brie !

Le château conserve encore aujourd’hui une part importante de son programme ornemental sculptural typique de l’architecture Gothique Flamboyant laïc sous la forme d’encadrements de portes et de fenêtres, de manteaux de cheminées et de la voute sommitale de l’escalier. Certaines traces de peinture peuvent même être ponctuellement observées.

Les ailes des communs furent petit à petit détruites pour ouvrir le château à son environnement.

Les transformations du XIXe Faute d’entretien et à la suite d’un raid de Révolutionnaires en 1793 au cours duquel ils détruisirent la couverture pour en récupérer le plomb (destiné à faire des balles de fusil), le château est en très mauvais état. Racheté en 1808 par Jacques Etienne Bouland, lui et son fils Stéphane, entreprennent sa restauration. La toiture est entièrement refaite en ardoise dans un style typique du XIXe siècle. L’intérieur est entièrement rénové et un salon parisien y est réalisé. Pour célébrer ces efforts de sauvegarde, une plaque a été ajouté au-dessus de la porte d’entrée sur lequel est gravé l’inscription en latin suivante : « Le château de Brie édifié en l'année du Seigneur 1484, dévasté en l'an 1793 et réparé en 1845 par Stéphane Bouland ».  

Le parc A l’extérieur, dans un premier temps une cour d’honneur y est construite avant d'être remplacée dans la seconde moitié du XIXe siècle par un jardin anglais d'une superficie de 3 hectares . Le parc est délimité par un saut-de-loup, dispositif de clôture permettant de sécuriser la propriété tout en préservant les perspectives visuelles sur le paysage environnant. L'accès d'apparat du parc est souligné par une importante grille d'honneur en fer forgé.