Le Spiti ( ; ) est le plus petit des poneys de l'Inde. Originaire du Himachal Pradesh, dans le Nord du pays, cette race qui descend probablement du poney tibétain tient son nom de la rivière Spiti. La variété propre au district de Kinnaur est nommée localement Chamurthi ou Chummarti. Haut d'environ , ce poney de montagne présente des crins et des fanons fournis, et une robe souvent grise, aux caractères primitifs. La menace d'extinction pousse le gouvernement indien à engager des mesures de protection dans les . Considéré hors de danger d'extinction en 2020, le Spiti reste néanmoins rare. La race est aussi menacée en raison d’une diversité génétique réduite.
Ce poney est traditionnellement bâté ou plus rarement monté en fonction des besoins, pour les travaux agricoles, le transport montagnard et l'horticulture. Il vit à l'extérieur toute l'année, les éleveurs montant leurs troupeaux à l'estive au mois de mai, pour les redescendre à l'arrivée des fortes neiges. Le Spiti se trouve principalement dans le district de Lahaul et Spiti et le district de Kullu. Présent également au Tibet, le Spiti a été importé par le Bhoutan.
Terminologie et classification Bien que le nom officiel de la race soit « poney Spiti », il est aussi connu localement sous les noms de « Chmurthy », « Chamurthi », « Chummarti » ou « Chummarati ». L'encyclopédie de Delachaux et Niestlé cite aussi les noms « baloch » et « balochi », et distingue le Spiti du Chummarti. L'étude de caractérisation du chercheur indien Rakesh K. Pundir identifie en 2004 une lignée de Spiti de plus grande taille nommée « Konimare », réputée moins pure, et élevée par les Kannait / Kanyat.
Le nom « Spiti » provient de la vallée de Spiti. L'édition 2016 du dictionnaire de CAB International (CABI) indique que les noms « Spiti » et « Chamurthi » sont utilisés de façon interchangeable en Inde, et que les noms « Chamurthi » et « Chummarti » sont des équivalents. En revanche, la base de données DAD-IS classe séparément le « Spiti » et le « Chummarti ». Le « Chummarti » est répertorié dans l'ouvrage de Bonnie Lou Hendricks (université de l'Oklahoma) et dans l'édition de 2002 du dictionnaire de CABI parmi les races de chevaux de l'Inde et du Tibet, mais sans y être décrit.
D'après l'ICAR, centre national de recherche sur les équidés de l'Inde, Le Spiti est considéré comme l'une des sept races de chevaux (Equus caballus) recensées en Inde (en 2020).. L'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards décrit le Spiti, le Zanskari et le Manipuri comme étant trois types d'une même race qu'il nomme le ().. L'auteur autrichien Martin Haller cite le Spiti parmi des , et assure qu'il constitue une même race avec le Bhotia..
Histoire vignette|gauche|Possibles Spitis à , Himachal Pradesh, Inde.|alt=Un poney gris et un roux broutant avec des montagnes en arrière-plan. Le Spiti est considéré comme l'une des importantes races de chevaux indigènes de l'Inde..
Origine Comme les trois autres races de poneys de l'Inde (Zanskari, Bhotia et Manipuri), il est présumé descendre du poney tibétain. Cette hypothèse est renforcée par la longue histoire d'échanges commerciaux entre le Tibet et l'Inde via l'Himalaya. Le Chamurthi proviendrait de poneys ambleurs amenés en Inde par des Tibétains. Il présente une évidente proximité avec la race du Zanskari. Une hypothèse controversée veut que les poneys de Ladakh descendent du cheval de Przewalski..
Au En 1951, la zone montagneuse du district de Kinnaur, dans l'Himachal Pradesh, compte , un nombre qui augmente à en 1956. Les poneys s'y rencontrent fréquemment dans les années 1960... D'après les relevés de population transmis à la FAO, entre et Spiti sont recensés dans toute l'Inde en 1982. Le Spiti est traditionnellement élevé par les Kanyat, une tribu du Nord de l'Inde, qui vit en altitude. En raison de la motorisation des transports en montagne et de mauvaises pratiques d'élevage, un risque d'extinction commence à peser sur la race à la fin du . En 1984, ce risque est communiqué à la première ministre de l'Inde de l'époque, Indira Gandhi. C'est la raison pour laquelle un haras est établi à Kamand en 1986 et 1987, avec pour objectif de préserver le Spiti. Trois étalons et treize juments reproductrices sont acquis pour les besoins de ce haras, de 1986 à 1988.
L' (société des chevaux indigènes de l'Inde, IHSI) prend la race en charge dès sa création en 1999, ainsi que les quatre autres races indigènes répertoriées. Le « Chummarti » est ajouté cette même année à la liste des races de chevaux indigènes de l'Inde par la , avec le Deccani et le Sikang., deux autres races en voie d'extinction..
Depuis le Avant 2001, il n'existe encore aucune étude scientifique à propos des capacités physiques, de la morphologie et des usages du Spiti. Le haras de sauvegarde du Spiti est déplacé à Lari, dans le district de Mandi, en .
En 2004, le chercheur R. K. Pundir publie une étude de caractérisation et synthétise différentes sources qui font état d'un déclin rapide du nombre de poneys de cette race. Une nouvelle alerte sur ce qui amène le Spiti est émise par les chercheurs Mamta Chautan et al. en 2004.
Un standard de race est publié en 2009. En 2013, le ministère de l'Agriculture du gouvernement de l'Inde suggère la création d'une société de race pour permettre la conservation du Spiti..
Description vignette|Spitis dans la vallée de Kullu, en juillet 2015.|alt=Poneys de couleur brune broutant sur une montagne Propre aux montagnes de l'Himalaya, le Spiti constitue la plus petite des races de chevaux de l'Inde, ce qui lui vaut le qualificatif de « poney ». Les femelles atteignent la puberté plus rapidement que les mâles, puisqu'elles sont matures vers à , et les mâles vers l'âge de ().
Taille et poids
D'après l'étude de caractérisation de R. K. Pundir, il toise en moyenne , pour un tour de poitrine d' et une longueur de corps de . Le dimorphisme sexuel est peu marqué, les mâles étant légèrement plus grands et lourds que les femelles. La variété Chamurthi toise quant à elle de à en moyenne, ou plus généralement de à . D'après les données de référence de la FAO collectées en 1982, les mâles toisent environ et les femelles , pour une masse moyenne respective de et . L'encyclopédie de Delachaux et Niestlé donne une taille moyenne de .
L'étude de caractérisation de Pundir cite un poids de naissance moyen allant de à , pour un poids adulte de à .
Morphologie
Bien que décrit localement comme un petit cheval, il présente les attributs physiques du poney. Le Spiti a une ossature très solide. Il ressemble au cheval mongol, au poney tibétain. et au Bhotia.
Tête vignette|gauche|Têtes de deux Spitis dans la vallée de Solang, près de Manali.|alt=Gros plans sur les têtes blanches de deux poneys La tête est assez grosse, parfois lourde selon Hendricks, et présente un profil rectiligne selon cette dernière, convexe selon l'étude de caractérisation de Pundir. D'après CABI, le profil de tête peut être concave chez quelques individus. Le lui décrit une tête fine, comparable à celle du poney Welsh.
La tête est surmontée de petites oreilles bien découpées, d'une longueur de en moyenne. Les yeux sont noirs.
Corps et membres L'encolure est courte, le garrot peu sorti. Le poitrail est plus large que chez la majorité des races de poneys de l'Himalaya.
Le dos est court, solide, et droit. La croupe est légèrement inclinée. La poitrine est profonde et l'épaule bien musclée, plutôt droite. Le corps est solide et bien développé, avec des os assez forts. La crinière est longue, puisque ses crins peuvent atteindre à de longueur. La queue est longue et fournie également, attachée à hauteur moyenne. Les jambes sont courtes et solides, avec de bonnes articulations. Elles présentent de longs fanons abondants. Le pied est rond, bien formé et extrêmement dur.
Robes vignette|Groupe de Chamurthis aux robes variées à Wangtu, dans l'Himachal Pradesh.|alt=Un groupe de poneys marche avec un homme le long d'une route
La robe et les marques sont variables, elle peut être grise sous toutes les nuances, baie, noire, alezane ou pie, et exprimer le gène Dun ou le gène Crème. Les robes grises et bai foncé sont les plus communes. 31 % des chevaux analysés par Pundir en 2004 sont de robe grise, 30 % sont bais, 22 % sont pie et 18 % sont noirs.
Le Spiti porte souvent des marques primitives sur le dos, avec de petites taches le long de la colonne vertébrale. Ces marques sont parfois confondues avec des traces de blessures dues au port de la selle par les observateurs inexpérimentés.
Tempérament et entretien vignette|Groupe de Spiti dans leur biotope à Langza, dans l'Himachal Pradesh.|alt=Paysage de montagne désertique froide avec des chevaux en arrière-plan Il est réputé pour son tempérament docile, son endurance et sa robustesse.. Ses acheteurs le recherchent pour cette robustesse, sa taille adaptée aux usages domestiques, son bon caractère, son endurance et sa résistance aux maladies. L'espérance de vie serait d'environ selon Chauhan ; Pundir cite à .
Comme le Zanskri, il est élevé en haute altitude dans l'Himalaya, soit entre et . Le Spiti est particulièrement adapté au climat rude qui y règne, et au froid sec de son biotope qui comporte un désert froid soumis à d'abondantes chutes de neige. La végétation y est assez rare. Il peut supporter des températures allant jusqu'à selon l'équipe scientifique de Gupta et al. ; selon Pundir. Il supporte par contre mal le climat humide des plaines de l'Inde.
Aux mois de mai-juin, les animaux sont montés en estive et se nourrissent de ce qu'ils trouvent dans la montagne jusqu'aux premières chutes de neige importantes, en novembre. Seuls les plus jeunes poulains et leurs mères sont gardés dans les vallées afin d'éviter qu'ils ne soient dévorés par des prédateurs. En estive, tous les poneys d'un même village sont surveillés en permanence par deux personnes, jour et nuit, pour les prémunir contre la prédation. Le régime alimentaire de la panthère des neiges locale est en effet partiellement composé de bétail domestique et de chevaux.. Ces deux personnes sont remplacées tous les quinze jours par deux autres du même village.
Les Spiti sont redescendus dans les vallées de décembre à avril, et nourris en stabulation. Leurs éleveurs les nourrissent de fourrages verts auxquels s'ajoutent quelques concentrés de kala matar (Pisumsativum) et d'orge (Hordeum vulgare) distribués à l'écurie. Deux doses de chacune sont généralement fournies, le matin et le soir. Les poneys sont abreuvés deux fois par jour, et soignés par des méthodes naturelles.
Les écuries sont des katcha (bâtiments en bois) couvertes, qui protègent de la pluie et de la neige. Elles servent à abriter la totalité du bétail (toutes espèces) en hiver. Le Spiti peut se contenter de faibles rations de nourriture l'hiver. Après la saison hivernale, le crottin décomposé est récupéré par des femmes qui le transportent dans les champs afin de les fertiliser.
La saison de reproduction s'étend du mois de février jusqu'à celui de juillet, avec un pic de naissances en avril et en mai. La première gestation des juments arrive vers l'âge de ; cette gestation dure . Une jument pouline sept à huit fois en moyenne au cours de sa vie.
Allures et mouvements vignette|Spiti à l'estive près du Rohtang La.|alt=Poney marron et noir dans un environnement de conifères
Le Spiti est caractérisé par des mouvements lents. De pied très sûr en montagne, il peut marcher facilement sur la neige et la glace, ainsi que sur des pentes.
C'est un poney d'allures. D'après Haller, certains sujets sont capables d'ambler. CAB International précise que ce poney présente cinq allures, maîtrisant l'amble et l'amble rompu en plus des trois allures classiques du cheval (pas, trot et galop).
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