Le château de Montfalcon (en latin Mons Falconis) est un ancien château fort, du , centre de la seigneurie de Montfalcon, érigée en baronnie, et siège d'une châtellenie, dont les vestiges se dressent sur la commune de La Biolle dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Situation Les ruines du château de Montfalcon sont situées dans le département français de la Savoie sur la commune de La Biolle, sur un mamelon. isolé, à d'altitude, à au sud-ouest d'Albens.. Il se trouve au-dessus du hameau de Montfalcon. La commune de La Biolle a conservé une « route de Montfalcon » qui mène au hameau, ainsi qu'une « route du château » partant du hameau.
L'accès se fait par le sud de l'édifice, depuis le hameau, par l'ancienne route qui reliait Albens à Saint-Germain-la-Chambotte. Une autre route permettait de le relier La Biolle. Il domine ainsi au nord la vallée l'Albenche.
Son rôle était de surveiller, tout comme le château voisin de Longefan, les grandes routes de commerces entre Chambéry et Annecy et le col au débouché du lac du Bourget.
Histoire Un château savoyard Une première mention du site apparaît entre les , tout comme neuf autres castra « genevois ».. Il s'agit de l'année 1084, avec les sires de Montfalcon., où un Gauthier et son épouse Bulgrade fondent le prieuré de Saint-Innocent.
Le premier document date de deux siècles plus tard, le , lorsque Bernard Farguil de Montfalcon vend tous ses biens à la comtesse de Provence, Béatrice de Savoie.. Le testament du comte Pierre II de Savoie de mentionne le château, qu'il retire de l'héritage de sa fille, Béatrice.. Il passe ensuite à ses nièces, Marguerite et Éléonore, filles de la comtesse de Provence, qui décident, le , de remettre le fief aux enfants de Thomas II de Piémont.
En 1286, Louis de Savoie remet le château à son frère Amédée V de Savoie.. En 1306, il passe dans le domaine de la maison de Genève.. Amédée II de Genève en rend hommage lige à Aymon de Quart, évêque de Genève. Lors du conflit delphino-savoyard, le château est incendié en 1309, par Hugues de Genève.. Amédée III de Genève en fait de même, en 1313, auprès de l'évêque Pierre de Faucigny.
Seigneurs et seigneurie de Montfalcon Le fief de Montfalcon s'étend sur Saint-Germain, La Biolle, Albens et Saint-Girod. La seigneurie enveloppe plus précisément les communes de la Biolle, Albens, Saint-Girod, une partie de Saint-Germain (les hameaux de Montdurand, de Verlet, de Lassy et du chef-lieu) et une partie d'Aix (hameau de Saint-Simond ou Sigismond)Jules de Mouxy de Loche, Histoire d'Aix-Les-Bains, vol. 1, .. Celle-ci semble en indivision.
La seigneurie est détenue conjointement par plusieurs familles dont la famille de La Balme et la famille de Montfalcon. Cette dernière est, en 1236, en possession d'une maison forte, centre de la seigneurie de Montfalcon, correspondant à la tour située au sud du château.
Le , le comte Amédée II de Genève fait hommage lige à l'évêque de Genève, Aymon de Quart, pour un ensemble de droits, dont le château.
En 1329, 1343 et 1346, Martin et Girard de Montfalcon, frères, en ont l'investiture. Cette maison forte est encore mentionnée en 1414, puis en 1462. En 1414, Philippe de Mouxy, fils de Rollet de Mouxy, reconnaît tenir « la maison haute jouxte le château ». Elle aurait été achetée par Philippe de Giraud de Montfalcon, dont Rollet de Montfalcon sera investi en 1504. En 1326, Pierre de la Ravoyre, châtelain de Pierre de Savoie, seigneur de Montfalcon, qui réside dans le donjon, approuve un acte par lequel Aymon de Montfalcon, damoiseau, vend, entre autres, à Pierre de la Balme, une construction fortifiée « illud bastimentum ». Cette dernière devait s'élever probablement derrière la maison forte de Montfalcon. En 1504, le baron de Montfalcon et son frère Antoine, désignent comme héritier Charles III de Savoie. Leur succédèrent les Mouxy. Ceux-ci possédaient, en 1392, une maison dans le château, tout comme les d'Orlier, possessionnés, en 1334 et 1447, d'une maison forte dans : « les closures du château et au molard de Montfalcon ».
Parallèlement, la famille de La Balme, en est investie à plusieurs reprises et notamment en 1497.
Quant au fief principal, il est donné en fief le à Anthelme de Miolans, héritier de Jacques de Montmayeur, seigneur de Montfort et comte de Montmayeur, et de Gilberte de Polignac contre le château de Cusy. Ils le cèdent, en 1525, à Louis de Gallier, seigneur de Breyssieu, qui n'en prend possession qu'en 1536.
Ces coseigneuries, objet probables de nombreux procès, sont réunies, en 1524, dans les mains de Charles III de Savoie, unique héritier de François de Montfalcon.
Le , le fief est vendu par Emmanuel-Philibert de Savoie à Louis Oddinet, baron de Montfort, comte de Montreal, qui en rend hommage en 1566 et 1571. Le château, en 1583, passe, par héritage, à Georges de Mouxy et par mariage, en 1606, à Louis de Seyssel La Chambre, à la suite de son mariage avec Julienne-Gasparde de Mouxy. Il échoit, en 1655, à la famille d'Allinges, à la suite du mariage d'Enriette de Seyssel avec Jacques d'Allinges, marquis de Coudrée. Le marquis Joseph d'Allinges consigne le fief en 1753.
La tour maîtresse est, au , possession de Guillaume-Joseph d'Oncieu, comte de Douvres. Cette famille avait postérieurement une maison forte à Montfalcon ; on relève son grand-père François au ainsi que son oncle Rd. Adrien ().
Disparition du château Le château a probablement été détruit au cours de la guerre franco-savoyarde (1600-1601), par les troupes françaises.
À la fin du , le château sert comme carrière à bâtir.
Description Le château de Montfalcon se présente sous la forme d'une enceinte polygonale irrégulière, de , qui épouse le sommet du mamelon. Encore bien visible, notamment à l'est, elle est haute encore de plusieurs mètres, et enserre une cour haute ou s'élève au point culminant un donjon roman carré du , tour des Montfalcon, et flanquant la chemise une tour-résidence rectangulaire du Jean Mesqui, Châteaux forts et fortification en France, Paris, Flammarion, 1997 . ainsi que les débris d'une tour ronde. La première est le lieu de résidence du châtelain et la seconde le centre de la seigneurie de Montfalcon. Une troisième tour, dite peut être « tour des prisonniers »., effondrée, devait être dévolue à une famille seigneuriale..
La tour-résidence, donjon logeable, carré, de de côté et haute encore de deux étages sur rez-de-chaussée, est probablement romane, de la fin du , comme le laissent supposer ses assises construites en moyen appareil. Ses étages sont planchéiés, une tourelle, en saillie sur l'angle nord-ouest, devait permettre d'atteindre les niveaux supérieurs. La tour s'éclaire, au sud, par une fenêtre en plein cintre. On a réemployé, pour sa construction, des pierres antiques, ainsi que des inscriptions romaines, provenant du vicus proche d'Albens. On accédait à la haute cour entre cette tour et la chapelle castrale.
Le donjon, de de côté, dont on ne distingue aujourd'hui plus qu'un pan de rempart, devait être à l'origine le logis des seigneurs secondaires. Une tour ronde, peut être la tour de « La Couz » ou « La cour », effondrées aurait été le fief successif des familles Luyrieu (1363), de la Croix (1384-1505), Pradel d'Auturin (1543) et de La Forest (1641).
À proximité du château, on trouvait une chapelle dédiée à saint Antoine, dont il subsiste les fondations.
Les fouilles ont permis de trouver des , originaires probablement d’Albens, où un bourg s'était développé durant l'antiquité..
Châtellenie de Montfalcon Le château de Montfalcon est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum), que l'on retrouve aussi sous la forme châtellenie de Montfalcon et de la ville neuve d'Albens (Villeneuve-d'Albens), qui appartient au bailliage de Savoie... Le donjon est le lieu de résidence du châtelain.
Dans le comté de Genève. ou le comté de Savoie (peu après 1300)., le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château..
Administration savoyarde - : Thomas de Bettonet, Aymon de Châtillon et Jean de Verdon ; - : Martin de Montgellaz ; -1298 (également receveurs pour la période) : Martin de Montgellaz et Aymond Barralis, ainsi que des revenus et droits de Copponage du lieu de Villeneuve-d'Albens ;
- (également receveurs pour la période) : Aymond Barralis, Jean d'Urtières (Hurtières) et Nicolas de Bignin(s), ainsi que de Villeneuve-d'Albens ; - (également receveurs pour la période) : Nicolas de Bignin(s), ozonet de Villars, Aymon Brunon, de Chanox, Jean de Prenot originaire d'Ambronay, Pierre d'Herbais, ainsi que de Villeneuve-d'Albens ; - (également receveurs pour la période) : Pierre Coqui et Gosofreyde Valeise, ainsi que de Villeneuve-d'Albens ; 1316- (également receveur pour la période) : Jean Maréchal, ainsi que de Villeneuve-d'Albens ; - : Pierre Ronde, pour Villeneuve-d'Albens et de Montfalcon ; - : Guillaume de La Balme dit Maclerc et Pierre de La Ravoire (Ravoyre), ainsi que de Villeneuve-d'Albens ; - : Pierre de La Ravoire (Ravoyre), Simon de Polsaz et Pierre de La Chapelle, ainsi que de Villeneuve-d'Albens ; - : Anterme de Carrier, ainsi que de Villeneuve-d'Albens ; - : Pierre de La Ravoire (Ravoyre) ; - : Jean de Boces, receveur - (également receveur) : Jacques Prévot originaire de Virieu-le-Grand ; 1333- (également receveur) : Humbert de Châtillon (et Provain ?) ; - : Boniface Morel ; - (également receveurs) : Boniface Morel, Pierre de Veau et Aymon de Verdon (Verdun) ; - : Aymon de Verdon (Verdun) ; - (également receveurs) : Sorcel de Montbrun, seigneur de Creyssieu ; - : Étienne de Châtillon ; - (également receveurs) : Amédée (Amé, Amed) de La Rochette ; - (également receveurs) : chevalier Aymon de Châtillon, dit Bochard, seigneur de Sonnaz ; - : Boniface de La Motte, ancien secrétaire comtal. ; - (également receveurs) : François de Candie ; - : Burnon de Chignin ; - (également receveurs) : François Bonizan/Bonezan ; - : Perret Bonizan/Bonezan, originaire de Greysy ; - : Burnon de Chignin ; - : Sibuet de Briord, originaire du Bugey ; - : Philibert et Urbain de Briord, frères, fils de Sibuet de Briord et co-châtelains ; - : Pierre de Murs ; - (également receveurs) : Voutier de La Ravoire (Ravoyre) ; - : Jean de La Ravoire (Ravoyre) ; - (également receveurs) : Voutier de La Ravoire (Ravoyre) ; - (également receveurs) : Jean de La Ravoire (Ravoyre) ; - (également receveur) : héritiers de Jean de La Ravoire (Ravoyre) ; - : Antoine (de La) Roche ; - également receveurs) : Antoine de Challes ; - : Obert de Montfalcon ; - : Pierre Pignier ; - : Perret Bonizan
Voir aussi Bibliographie Publication de l'association Kronos, Archéologie, Histoire et Témoignages de l’Albanais (lire en ligne) ( lire en ligne) . Le de la revue Kronos, Archéologie, Histoire et Témoignages de l’Albanais (1986) reprend le chapitre dans ses pages (lire en ligne) . extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Étienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne) .
Fonds d'archives
Articles connexes Comté de Genève Diocèse de Genève Architecture militaire au Moyen Âge Fortification Liste des châteaux de la Savoie
Notes et références
Montfalcon Montfalcon