alt=Un train de bois ou une cage du Canada.|vignette|Train de bois équarri flottant sur la rivière des Outaouais et devant le Parlement du Canada à Ottawa en 1882. vignette| Bûches perdues enchevêtrées, Minnesota, années 1800. vignette|Flottage du bois, rivière Saint-Maurice, Shawinigan, Québec, Canada, 1994 Le flottage du bois ou radelage est un mode de transport par voie fluviale ou maritime pour de grandes pièces de bois (s, billots, troncs entiers), à l'état brut ou déjà débitées, assemblées entre elles ou pas. Influencé par les caractéristiques typographiques, hydrographiques, culturelles et climatiques de chaque région du monde, il prend des formes différentes et très variées en fonction des essences d'arbres des grandes zones forestières de la planète, mais surtout de la présence ou du degré de flottabilité du cours d'eau qui est aux abords des massifs forestiers où sont abattus les arbres.
Tous ces facteurs variables engendrent une activité extrêmement localisée, très marquée par le mode de vie des populations autochtones, ce qui se manifeste d'abord par un vocabulaire pratiquement toujours régional. Des zones blanches côtoient des aires d'extension du flottage très actives dans de nombreux pays du monde. Le noyau géographique du flottage est l'Eurasie tout entière. De là, il a été exporté par les colons vers l'Amérique, l'Afrique et l'Océanie.
Au Canada, les signes prééminents de la navigation industrielle sur les cours d’eau avec des trains de bois se manifestent par la grande mouvance du bois d’exportation vers l'Angleterre en réaction au blocus de Napoléon. Le voyage de Philemon Wright (1760-1839) à bord du Columbo, premier train de bois à descendre la rivière des Outaouais et le Saint-Laurent jusqu'à Québec, symbolise le début de l'industrie forestière au Québec.
En dehors de l'Amérique du Nord, il reste néanmoins très marginal voire très localisé dans ces trois continents. Il n'existe pas une forme de flottage du bois, notamment en trains, qui représenterait une norme particulière et qui aurait été imitée au fil des millénaires pour se répandre dans le monde. La diversité est de mise car le flottage dépend de nombreux facteurs biochimiques et physiques qui influent sur la capacité du bois à flotter plus ou moins bien, voire pas du tout, suivant qu’il est fraîchement coupé ou stocké et séché. De même, certaines essences d’arbre en Asie sont naturellement peu flottables de sorte qu’il faut les arrimer à des essences d’arbres qui leur servent de bouées d’appoint. Les civilisations antiques ont également eu recours à des outres de bouc gonflées ou des poteries en terre cuite inversées pour améliorer la flottabilité de l’assemblage de grumes.
À partir de la seconde moitié du , la concurrence du charbon, des chemins de fer et du transport fluvial par péniches, annoncent le déclin de cette activité dans les pays industrialisés où ce mode de transport permettait jusque là d'acheminer d'importantes quantités de bois sur de grandes distances, à peu de frais. Le radelage n'appartient pas partout au passé comme dans les pays européens où il connaît cependant un renouveau à la fin du sous l'initiative d'associations de sauvegarde du patrimoine des flotteurs dans une perspective de conservation de la mémoire de cette activité ou de diversification de l'offre touristique grâce à des expositions, des démonstrations et des musées. Le flottage est encore pratiqué dans certaines régions du monde. Le radelage contemporain est très fortement lié aux forêts tropicales mais aussi au bambou qui devient un gros marché en Asie. En Chine, mais aussi de plus en plus en Éthiopie., la ressource la plus importante en bois est le bambou dont l'exploitation et la transformation permettent l'emploi des millions de salariés. Il pousse plus vite que les essences d’arbres des zones tempérées et il est encore transporté par flottage parallèlement au transport par camions, barges ou chemin de fer.
Le radelage est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2022.
Le radelage en radeau unique Il ne faut pas confondre les radeaux et le flottage du bois bien qu'ils soient intrinsèquement apparentés. C'est la finalité qui diverge : un radeau, de sauvetage ou pas, ou encore un radeau-bac ont été construits intentionnellement comme embarcation. pour les hommes pour traverser une rivière, relier des îles (le « island hopping » des micronésiens et polynésiens.) ou servir de refuge improvisé avant l'apparition des canots de sauvetage, et surtout quand les bateaux étaient en bois et s’échouaient sur une rive.
L’usage du radeau comme moyen de transport en Asie était très courant comme au Japon durant la période Muromachi avec les radeaux aux extrémités courbées vers le haut, mais on voit également pour la même époque sur une estampe exposée au Metropolitan Museum of Art de New York, réalisée par le Japonais Maejima Sōyū, l’explorateur chinois Zhang Qian sur un radeau sur une rivière qui ressemble en fait plus à un seul tronc d’arbre mal en point. De même, le déplacement et les migrations par radeaux remontent très loin ; les Indigènes du détroit de Torrès ont usé de radeaux en bambou traditionnels hérités des temps immémoriaux jusqu’au début du .
Le radeau est associé à la mer dans les cultures européennes, il a longtemps servi de ferry ou bac de rivière en Asie (aujourd'hui encore dans le Kerala en Inde du Sud-Ouest par exemple), parfois même avec un seul tronc tiré par une corde et auquel on s'accrochait.
Le radelage en train de bois composé de plusieurs radeaux alt=Train de bois du Canada.|vignette|L'équipage d'un train de bois équarri, vers 1880 au Canada, se rassemble près de la cambuse pour partager un repas. Les flotteurs ou les radeleurs, appelés les cageurs ou les cageux au Canada selon l'Office québécois de la langue française ,fabriquent des radeaux qu'ils assemblent les uns aux autres pour faciliter l'expédition en transportant le maximum de pièces de bois possibles jusqu'au port. Le train de bois, appelé une cage au Canada selon l'Office québécois de la langue française , est ordinairement démantelé à destination de sorte qu'il est à la fois le moyen de transport et la marchandise. Pour former le train de bois, plusieurs radeaux sont assemblés de manière interdépendante de sorte que le train de bois peut atteindre de grandes dimensions. Les techniques d'assemblage permettent de retenir les pièces de bois sur le trajet fluvial. Le train de bois n'est pas facilement manœuvrable.
vignette|Petite flotte en Forêt-Noire transportant également des passagers, Allemagne,1910. Les hommes qui montent sur ces trains de bois sont des voyageurs qui utilisent la force du courant fluvial pour se rendre d'un point à un autre. Ils livrent le bois, cette précieuse marchandise, à leurs risques et périls. Selon les traditions locales, l'équipage d'un train de bois utilise des perches, des rames, des gouvernails ou des voiles pour diriger le train de bois dans le courant. Il faut beaucoup de métier pour naviguer, par beau temps ou mauvais temps, le train de bois à travers les rochers, les chutes, les rapides, les méandres, les pertuis ou les piliers de pont qui peuvent jalonner les cours d'eau.
Pour les trains de bois assez stables sur les rivières peu agitées, les flotteurs ont, selon les régions bien sûr, accepté de prendre des passagers sur leur train de bois sans pouvoir leur garantir une totale sécurité. De même, ce qui sème la confusion avec les radeaux de passagers, c'est que pour les expéditions de plusieurs jours ou semaines il y avait sur les grands assemblages de radeaux des tentes ou des cabanes pour les flotteurs et leurs familles qui voyageaient avec eux.
Enfin, et ce n’est pas la moindre des différences, le radeleur des bacs et des autres embarcations de voyageurs ne démonte pas son radeau une fois la cible atteinte tandis que le flotteur disloque tous les radeaux solidaires au port aux bois qui prend en charge le triage et la redistribution, il reprend ce qui peut être réutilisé à la prochaine expédition (cordages et harts, gaffes, crochets…) et il rentre à pied. Dans les îles Fidji, certains utilisent encore le bili-bili, radeau réalisé en bambou, aussi appelé le « bateau sans retour » car le marchand de l'île ne vend pas le bois du radeau avec lequel il a descendu le fleuve Navua pour vendre sa marchandise au marché. Le paysan revenait à pied et le radeau à usage unique dérivait vers la mer.
Les formes de flottage du bois ou de radelage les plus répandues Il faut distinguer : le flottage à bûches perdues ; le flottage en trains de grumes ou de planches sur lequel montent au minimum deux flotteurs ; les flottes aux billes dissociées mais reliées par un filin central ou enserrées dans un cadre délimité par des bois de garde, le tout tracté ou propulsé par un ou plusieurs bateaux ; le radeau océanique appelé aussi radeaux cigare des États-Unis au .
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Flottage à bûches perdues La méthode la plus rudimentaire et donc la plus généralisée consiste à rassembler le bois sur la rive, à marquer chaque pièce du symbole choisi par son propriétaire et à laisser les bûches ou grumes descendre librement le cours d’eau au gré du courant, de préférence au moment des hautes eaux c’est-à-dire, pour les zones tempérées, au printemps et en automne. Contrairement aux idées reçues, les crues sont néfastes et défavorables pour ce type de flottage car elles rendent les choses incontrôlables et dispersent les bûches. Toutefois, certains cours d’eau qui étaient presque des petits ruisseaux insignifiants avaient un étiage insuffisant pendant toute l’année de sorte qu’il fallut leur apporter des eaux supplémentaires pour gonfler le flot au moment du passage des bûches. C’est là la caractéristique de ce type de flottage : simple en apparence, il a parfois nécessité davantage d’aménagements et d’entretien de la part des flotteurs pour rendre des petits ruisseaux flottables. Pour mieux visualiser les petits gestes et les étapes nécessaires avant de lâcher les bûches, les anciens flotteurs de la vallée de la Kinzig. en Forêt-Noire en Allemagne ont réalisé un sentier pédagogique du flottage à bûches perdues, jalonné de panneaux informatifs à chaque station de la randonnéeDes codes QR pour les audioguides et les téléphones portables permettent d’écouter les explications à chaque étape (en allemand). Des flyer en format PDF dans d’autres langues sont accessibles sur leur site.. Il fait autorité en Europe de l'Ouest puisque les techniques expliquées pour ce petit cours d’eau de montagne tributaire d’apports en eaux supplémentaires étaient peu ou prou similaires dans les autres massifs de moyenne altitude en Europe où l’ingéniosité des hommes a dû compenser le manque d’eau ou de débit des cours d’eau. Par ailleurs, il faut également écarter l’idée qu’un cours d’eau qui aurait assez d’eau ou assez de débit serait toujours flottable à bûches perdues. En réalité, certaines rivières n’ont jamais été flottables à cause de la morphologie du lit de la rivière, de bancs de sable ou de rochers présents à des endroits défavorables. Enfin, compte tenu de la faible valeur marchande du bois de feu, tous les seigneurs régionaux n’avaient pas forcément envie de pratiquer ce type de flottage sur une rivière qui leur apportait peut-être d’autres avantages ou d’autres activités plus rémunératrices ou nourricières (pêche, perles par exemple).