Le Centre ou la région du Centre est une région de la province de Hainaut en Belgique (Wallonie). Elle est située entre les agglomérations de Mons, de Charleroi, la Thudinie et le Brabant wallon. Généralement, on admet qu'elle comprend les communes suivantes regroupées au sein de Centropôle : Anderlues, Binche, Braine-le-Comte, Chapelle-lez-Herlaimont, Écaussinnes, Estinnes, La Louvière, Le Rœulx, Manage, Morlanwelz, Seneffe et Soignies.

Elle est considérée avec le Borinage, la région de Charleroi, celle de la Basse-Sambre, celle de Liège et celle de Verviers comme l'un des bassins constitutifs du Sillon Sambre-et-Meuse.

Elle fut une des régions charbonnières les plus importantes de Belgique au début du . À partir de la fin des années 1940, la région connut une importante immigration italienne.

Elle est le foyer d'une tradition folklorique très vivace avec un carnaval dont la figure centrale est le Gille. Le Carnaval le plus célèbre est celui de Binche (reconnu par l'UNESCO) mais d'autres de moindres envergures ont également une vieille histoire tels que ceux de Morlanwelz, d'Haine-Saint-Pierre, de La Louvière ou encore Chapelle-lez-Herlaimont. À noter que cette tradition « gilliesque » est présente un peu partout en Wallonie mais est originaire de la région du Centre. Ces célébrations qui ont lieu les jours Gras (Dimanche, Lundi et Mardi) sont l'un des bastions essentiels de la langue Wallonne.

Géographie thumb|La région du Centre au sein du Hainaut.|gaucheLa région du Centre, située au cœur du Hainaut en Wallonie, se caractérise par un paysage façonné par l’héritage industriel, la structure du relief hennuyer et un réseau hydrographique dense. Elle s’étend entre Mons et Charleroi, suivant l’ancien sillon industriel, et se distingue par l’alternance de zones urbanisées, de plateaux agricoles et d’anciennes infrastructures minières.

Le territoire repose sur un relief de plateaux faiblement ondulés, typique du centre du Hainaut, où les altitudes restent modestes. Ces plateaux sont entaillés par plusieurs vallées secondaires, ce qui crée une mosaïque de paysages mêlant espaces ouverts et zones boisées. Les données géographiques régionales montrent que cette structuration du relief s’inscrit dans la continuité des formations géologiques du bassin houiller, dont les traces terrils, anciens sites miniers, canaux demeurent des marqueurs forts du paysage.

La région est également marquée par un réseau hydrographique structurant, notamment le canal du Centre et ses dérivations, qui ont historiquement soutenu l’activité industrielle et le transport. Ces infrastructures hydrauliques s’intègrent aujourd’hui dans un environnement en reconversion, où les berges et anciens sites industriels sont progressivement réaménagés. Les cartes topographiques fédérales confirment la présence de ces axes d’eau comme éléments majeurs de l’organisation spatiale.

L’occupation du sol reflète un équilibre entre urbanisation dense autour des pôles comme La Louvière et zones rurales en périphérie. Les données cartographiques wallonnes montrent une transition nette entre les espaces urbanisés du sillon industriel et les communes plus rurales situées au nord et au sud, où dominent les terres agricoles et les zones naturelles. Cette répartition résulte d’une dynamique territoriale contrastée : les communes proches des pôles d’emploi gagnent des habitants, tandis que les zones plus isolées connaissent un recul démographique.

Histoire La région du Centre est un bassin de vie né de la révolution industrielle et un concept qui a été créé en 1832 par l’Administration des Mines afin de lier douze communes (Anderlues, Binche, Braine-le-Comte, Chapelle-lez-Herlaimont, Ecaussinnes, Estinnes, La Louvière, Le Roeulx, Manage, Morlanwelz, Seneffe, Soignies).

Ces communes sont réparties sur un territoire situé entre les bassins charbonniers du Borinage (Mons) et du Pays Noir (Charleroi), d’où l’appellation se référant à une région au « centre » de ces deux pôles.

En l'absence d'existence administrative de la région du Centre, Willy Taminiaux (ancien bourgmestre de La Louvière) crée en 1998 la Communauté Urbaine du Centre (CUC), dont la mission est d’œuvrer au développement social et économique des 12 communes de la Région du Centre.

Le , le Parlement wallon vote le redécoupage des circonscriptions électorales pour les élections régionales de 2019 et acte la création d'une circonscription électorale de la région du Centre officiellement nommée « Soignies-La Louvière » (il manque cependant Anderlues et Chapelle-lez-Herlaimont).

Le , la Communauté Urbaine du Centre (CUC) change de nom et devient le Centropôle.

Culture et patrimoine Culture

Folklore

Carnavals vignette|Le carnaval de Binche.La région se distingue également par une grande diversité culturelle. Le folklore y occupe une place centrale, notamment grâce au Carnaval de Binche, reconnu par l’UNESCO pour ses Gilles et ses rites ancestraux. D’autres carnavals, plus locaux mais tout aussi vivaces, animent Morlanwelz, Haine-Saint-Pierre, La Louvière ou Chapelle-lez-Herlaimont, témoignant d’une tradition festive profondément enracinée. Ces manifestations attirent chaque année des milliers de visiteurs, séduits par l’authenticité des costumes, la musique traditionnelle et l’ambiance populaire.

Dans l’ensemble du Centre, le calendrier carnavalesque s’étend de janvier à la mi‑Carême, ponctué par les soumonces, répétitions en batterie puis en musique qui préparent les sorties costumées. Le rituel du Gille reste cependant largement partagé : ramassage à l’aube, champagne des retrouvailles, rondeaux au son des tambours et des cuivres, distribution d’oranges et déambulations rythmées par les grelots et les apertintailles. À Binche, où le carnaval bénéficie d’une reconnaissance internationale, ces pratiques atteignent une intensité particulière : près de d’oranges y sont lancés chaque année, et les 26 airs traditionnels forment un répertoire immuable qui structure les défilés.

Le goûter matrimonial d’Écaussinnes Le Goûter matrimonial d’Écaussinnes est une tradition singulière du Hainaut, dont l’origine remonte à 1903, lorsque Marcel Tricot, inquiet de la baisse du nombre de mariages dans la commune, relança l’ancienne coutume de l’arbre de mai en invitant publiquement les célibataires à un « goûter monstre » organisé le lundi de la Pentecôte. L’annonce, diffusée par affiches et relayée dans treize journaux, attira immédiatement une foule nombreuse et transforma l’événement en rendez‑vous international des prétendants, contribuant à forger la réputation d’Écaussinnes comme « cité de l’amour ».

La fête s’enracine dans un rituel plus ancien : la plantation nocturne d’un bouleau l’arbre de mai devant la maison d’une jeune fille, symbole d’affection ou de jugement social selon l’essence choisie. Le lendemain, les jeunes filles décoraient l’arbre et offraient un goûter, moment propice aux rencontres et aux alliances. Cette pratique, autrefois liée au renouveau de la nature et à la magie printanière, fut réinterprétée au début du comme un moyen de favoriser les unions dans une communauté en mutation.

Aujourd’hui encore, le Goûter matrimonial se déroule durant tout le week‑end de la Pentecôte et conserve ses éléments emblématiques : l’arbre de mai, le cortège, l’accueil des célibataires à la gare, le char décoré, le discours de la Présidente et la distribution des tasses-souvenirs. L’événement s’ouvre chaque année par l’élection de la Présidente du Goûter et de ses quatre demoiselles d’honneur, choisies non pour leur apparence mais pour leur personnalité, leur éloquence et leur connaissance d’Écaussinnes. Leur rôle est central : ce sont elles qui « offrent » le goûter aux célibataires de l’univers, perpétuant une tradition où les femmes revendiquent, depuis le discours audacieux de Céline Lelièvre en 1903, la liberté de choisir et d’initier la rencontre.

La fête, qui attire aujourd’hui un public plus local qu’à son apogée mais demeure très vivante, s’accompagne de brocantes, concerts, marchés artisanaux, marches aux flambeaux et animations diverses, avant de culminer dans le goûter du lundi de Pentecôte et un feu d’artifice final. Le Goûter matrimonial, désormais reconnu comme chef‑d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, a également marqué la toponymie locale : tunnel des amoureux, pont des soupirs, rocher des Belles Dames, autant de lieux rebaptisés par Marcel Tricot pour inscrire durablement l’esprit de la fête dans le paysage écaussinnois.

Le Simpelourd et la procession Saint-Vincent à Soignies Le Simpelourd et la procession Saint‑Vincent constituent deux expressions majeures du patrimoine immatériel de Soignies, l’une relevant de la tradition carnavalesque automnale, l’autre d’un culte religieux pluriséculaire structurant l’identité de la cité. Le Simpelourd, figure emblématique de la ducasse sonégienne, apparaît chaque veille du troisième dimanche d’octobre sous les traits d’un habitant grimé revenant symboliquement de voyage. Accueilli à la gare par les autorités et une foule dense, il traverse ensuite la ville dans une décapotable en distribuant des carabibis, les célèbres babeluttes locales, accompagné de fanfares, de Gilles, de grenadiers et des géants Dudule, Joséphine et Charlotte. Cette mise en scène contemporaine s’enracine dans une tradition attestée au  : des habitants facétieux suspendaient alors aux fenêtres des mannequins caricaturant les mésaventures de leurs voisins, pratique qui évolua vers la mise à l’honneur d’un « mari bafoué » dont l’effigie fut promenée en ville, donnant naissance au mythe de Simpelourd, contraction de « simple » et « lourd ». Aujourd’hui encore, après son apparition publique, le personnage se retire discrètement et laisse place à un mannequin exposé trois jours durant avant d’être brûlé le mardi soir, clôturant un cycle festif marqué par un cortège, une kermesse et un autodafé final, survivance d’une tradition populaire mêlant satire, inversion symbolique et cohésion communautaire.

La procession Saint‑Vincent, quant à elle, s’inscrit dans un tout autre registre : celui d’un rituel religieux dont les origines documentées remontent à 1262, date à laquelle une charte de l’évêque de Cambrai mentionne déjà une « grande procession » autour de la ville. Cette marche circulaire, longue d’une douzaine de kilomètres, consiste à porter la châsse du saint patron de Soignies, Vincent, un noble du devenu religieux, dont le culte connut un essor notable au avec la création d’une grande châsse, le transfert de la tête du saint dans un reliquaire précieux et l’édification d’un monument aux reliques dans la collégiale romane. La procession, organisée chaque lundi de Pentecôte, répondait à la fois à des motivations spirituelles encourager la dévotion et l’obtention d’indulgences et à des enjeux sociaux : affirmer l’unité d’une communauté urbaine en plein développement, marquer symboliquement son territoire et attirer les populations voisines. Malgré l’évolution de certains usages périphériques au fil des siècles, le cœur du rituel demeure inchangé : la marche solennelle, la vénération des reliques et la participation collective, qui perpétuent une tradition plus que sept fois centenaire et continuent de structurer la mémoire religieuse et civique de Soignies.

Musées Les musées de la région du Centre, au cœur du Hainaut, forment un ensemble culturel dense et varié, structuré autour du Pôle des Arts en Région du Centre (PARC), un réseau qui réunit huit institutions majeures réparties entre La Louvière, Binche, Morlanwelz et Seneffe. Ce regroupement muséal couvre un territoire restreint d’environ et propose un panorama exceptionnel allant de l’archéologie à l’art contemporain, en passant par le patrimoine industriel, la céramique, l’orfèvrerie ou encore les traditions populaires.