Léglise Notre-Dame-sur-l'Eau est une église catholique qui se dresse sur l'ancienne commune française de Domfront dans le Passais, dans le département de l'Orne, en région Normandie. Construite entre les , cette ancienne église prieurale qui relevait de l'abbaye de Lonlay a subi de nombreuses avanies, mais reste un édifice majeur de l'architecture de cette région.

L'église est classée aux monuments historiques.

Localisation L'église est située à Domfront comme déléguée de la commune nouvelle de Domfront en Poiraie, dans le département français de l'Orne. Elle doit son nom à sa proximité d'un gué de la Varenne.

Historique vignette|redresse=0.8|L'église en 1820.

Le site de l'église Notre-Dame-sur-l'Eau, nommée Notre-Dame-sous-l'Eau jusqu'au milieu du .., est donné vers 1020 à l'abbaye de Lonlay par le fondateur du château de Domfront, . L'abbaye de Lonlay alors dépendante de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire en fait un important prieuré.. Sa construction s'est sans doute échelonnée du milieu du jusque vers 1100. Sa structure est typiquement bénédictine et elle constitue un type parfait de l'architecture romane normande, donc probablement postérieure à l'annexion de Domfront par la Normandie en 1050. Elle est dédiée en 1156.

Au Moyen Âge, elle est la seule paroisse de Domfront et est fréquentée par les ducs de Normandie. y fait baptiser en 1162 une de ses filles, Aliénor, future grand-mère de Saint Louis. Elle subit plusieurs restaurations au notamment en 1578. Elle est restée la paroisse de l'aristocratie locale et on y trouve de nombreuses pierres tombales, parmi lesquelles celles des familles des Landes, Galleri de la Tremblais, Gilebert de Lhene, de la Jaminière.

Elle échappe aux destructions de la Révolution grâce à ses sépultures mais servant d'entrepôt, d'usine de salpêtre, de filature de coton et de chapelle pour l'hôpital, elle est subdivisée par des cloisons. Vers 1826, la flèche octogonale en charpente qui couronnait la tour est remplacée par une pyramide quadrangulaire. En 1836, la nef de l'église est amputée de quatre travées sur les six lors de l'ouverture de la route de Domfront à Mortain. Un bombardement aérien atteint la nef et le clocher en 1944, sans pour autant détruire totalement l'église qui est restaurée avec soin et les peintures du chevet sont mises en valeur.

Description vignette|redresse=1.6|Plan et coupe, avec l'ancienne nef. vignette|redresse=0.7|Abside romane du chœur.

L'église, a deux élévations : arcades et fenêtres hautes., comporte une nef de six travées à larges bas-côtés, un transept saillant, un chœur d'une travée terminé par une abside et deux absidioles ouvrant sur le transept. On note deux phases de construction très proches, la nef et le transept avec le chœur. Elles sont marquées par un changement d'axes.

Avant la destruction, la nef mesurait de long et de largeur avec une hauteur de . La tour carrée (remaniée au ) s'élève à la croisée du transept, entre la nef et le chœur, l'escalier étant ménagé dans un pilier.

La façade est ornée du grand portail roman d'origine, à six colonnes et chapiteaux couverts d'entrelacs, séparés par des angles saillants, que l'on a replacé dans le nouveau mur de façade. La nef, après démolition, a été rebâtie sur une longueur de et une largeur de . Presque toutes les maçonneries extérieures des bas-côtés étaient disposées en arêtes de poisson, le mur intérieur des bas-côtés offrant une suite d'arcades voûtées.

Le transept est la partie la plus caractéristique de l'édifice, où certains supports cruciformes ont des demi-colonnes montant sur toute la hauteur, disposition très rare en France, mais fréquente dans le monde germanique. Le chœur est voûté d'arêtes sur deux rangées d'arcatures surmontées de fenêtres hautes comme la nef qui, elle, n'est pas voûtée. L'abside et les chapelles du transept sont seules intactesLéon de La Sicotière : La Normandie monumentale et pittoresque, Orne, tome: 1, page: 175...

La sculpture vignette|redresse=0.8|Sculptures romanes des chapiteaux.

Les chapiteaux taillés dans du granite n'ont pas la finesse de ceux taillés dans du calcaire, mais ils s'ornent de décors géométriques : entrelacs informes, étoiles et crossettes, de végétaux stylisés, de formes humaines et de masques, de têtes de béliers et de bœufs. Cette sculpture porte la marque des chantiers caennais et de la Bretagne toute proche..

Classement aux monuments historiques L'église est classée au titre des monuments historiques par liste de 1840..

Mobilier Dans l'église se trouvent un maître-autel du , une Vierge à l'Enfant du , un gisant du , ainsi qu'une collection de dalles funéraires, dont celle de la marquise de Lesdin, du début du .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Henri Lefaverais: Église de Notre-Dame-sur-l'eau, dans: La Normandie monumentale et pittoresque, Orne, tome: 1, page: 175, sous la direction de Léon de La Sicotière

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Liens externes

Catégorie:Église monument historique dans l'Orne Catégorie:Église romane dans l'Orne Catégorie:Monument historique classé en 1840 Catégorie:Patrimoine du XIe siècle Catégorie:Patrimoine du XIIe siècle Catégorie:Église dédiée à Notre-Dame en Normandie