Le département de la Vienne est un département français, créé à la Révolution française, le , en application de la loi du , à partir d'une portion de la province du Poitou.

Révolution française

Les cahiers de doléance vignette|Situation du Haut-Poitou dans le Poitou.

L’été 1789

Création du département

thumb|upright=1.5|Loudun et Mirebeau dans les sénéchaussées de l'Anjou au (cliquez pour agrandir) vignette|Carte du département de la Vienne en 1790. Le Loudunais et le Mirebalais relevaient de la province d'Anjou, depuis le milieu du Moyen Âge et sa conquête sur le comté de Poitiers. Loudun dépendait du gouverneur de Saumur, Mirebeau relevait de la Sénéchaussée de Saumur). Le triangle Loudun, Mirebeau et Moncontour, constituant le Loudunais reste détaché du Poitou et dépendra du gouvernement de Saumur et du Saumurois jusqu'à la Révolution française et la création des départements français.

Communes et paroisses de l'ancienne province d'Anjou et du Saumurois rattachées au département de la Vienne :

Amberre, Angliers, Arçay, Aulnay, Basses, Berrie, Berthegon, Beuxes, Bournand, Ceaux-en-Loudun, Chalais, Champigny-le-Sec, Cherves, Chouppes, Craon, Cuhon, Curçay-sur-Dive, Dercé, Frontenay-sur-Dive, Glénouze, Guesnes, La Chaussée, La Grimaudière, La Roche-Rigault, Maisonneuve, Massognes, Mirebeau, Les Trois-Moutiers, Martaizé, Maulay, Mazeuil, Messais, Messemé, Moncontour, Monts-sur-Guesnes, Morton, Mouterre-Silly, Notre-Dame-d'Or, Nueil-sous-Faye, Ouzilly-Vignolles, Pouançay, Pouant, Prinçay, Ranton, Raslay, Roiffé, Rossay, Saint-Chartres, Saint-Clair, Saint-Jean-de-Sauves, Saint-Laon, Saint-Léger-de-Montbrillais, Saires, Saix, Sammarçolles, Ternay, Thurageau, Varennes, Verger-sur-Dive, Verrue, Vézières, Vouzailles.

Sur le plan religieux, le Loudunais faisait partie du diocèse de Poitiers.

En 1790, Le Loudunais est rattaché au tout nouveau département de la Vienne.

À sa création, le département de la Vienne était divisé en six districts : Loudun, Poitiers, Châtellerault, Civray, Montmorillon, Lusignan ; puis en cinq arrondissements : Poitiers, Châtellerault, Loudun, Montmorillon et Civray. En 1926, les arrondissements de Loudun et Civray sont supprimés. Le premier est rattaché à celui de Châtellerault et le deuxième rejoint celui de Montmorillon.

La décennie révolutionnaire De 1791 à 1793, les 6 districts (Loudun, Châtellerault, Poitiers, Lusignan, Montmorillon et Civray) du département de la Vienne fournirent 5 bataillons de volontaires nationaux.

Le Consulat et l’Empire

La Restauration

Monarchie de Juillet

Deuxième République et Second Empire

Troisième République

La Seconde Guerre mondiale

La Drôle de guerre et la campagne de France

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le département accueille des réfugiés venus du département de la Moselle à partir du mois de , y compris les administrations comme l’École normale de Metz : en tout entre et : 40000 réfugiés : 54000, en plus des réfugiés espagnols internés au camp de la route de Limoges à Poitiers. La défense passive fait creuser des abris anti-aériens, et les façades des principaux monuments sont protégées par des sacs de terre.

Les débuts catastrophiques de la bataille de France bouleversent la vie tranquille de la ville de province éloignée des frontières qu’est Poitiers. Les ministres et les fonctionnaires du gouvernement belge s’installent à Poitiers à partir du , le parlement belge s’installant à Limoges à partir du 25. Les réserves d’or de la banque nationale de Belgique sont stockées à la Banque de France de Poitiers, jusqu’à ce que le gouvernement Pétain demande aux autorités belges de déménager à Bordeaux. À la déclaration de guerre de l’Italie (), les Italiens sont recensés.

Dans le même temps, le département est traversé par des flots de réfugiés : Belges, habitants du Nord de la France, puis Parisiens et habitants du centre. L’aviation allemande bombarde réfugiés sur la route et convois militaires dans les gares, à Vivonne, Lusignan, Poitiers (19 et ). C’était le retour de la guerre et de l’invasion étrangère, pour la première fois depuis le . Les réfugiés sont suivis par les armées françaises en retraite qui traversent le département : armée de Paris à l’ouest de la nationale 10 : division légère mécanique (DLM) et DLM ; 237 division légère d’infanterie (DLI) ; des éléments épars des et armées à l’est du département : et divisions légères d’infanterie coloniale, les , 235 et 239 DLI, des éléments des , , , et divisions d’infanterie, et de la division cuirassée.

Des unités laissées pour couvrir la retraite de l’armée française se sacrifient pour des actions retardatrices, comme le régiment de zouaves à La Roche-Posay. Mais l’armée allemande pénètre à Loudun le , Châtellerault le 22, Poitiers le 23. À l’armistice, le département se retrouve coupé en deux par la ligne de démarcation.

L’Occupation

stationnent dans la Vienne et une partie d’entre eux sont logés chez l’habitant. Ils s’ajoutent, dans chaque ville ou village, aux réfugiés déjà hébergés. L’unité la plus importante est la division d’infanterie, dite du Cerf. À Châtellerault, il y a quatre mille soldats allemands et la manufacture d’armes est dirigée par un Allemand, le Treuhander Riese ; cela ne se passe pas sans mal : alors que la direction cherche à augmenter la production au-delà des chiffres de 1939-1940, les ouvriers manifestent, chantent en chœur la Marseillaise, sabotent la production, ce qui provoque des arrestations (13 communistes le ). À Poitiers, toutes les casernes sont occupées, tous les hôtels réquisitionnés. Comme dans le reste de la Vienne, les menus larcins et les vexations se succèdent. La Kriegsmarine installe un dépôt dans les carrières de pierre de Migné-Auxances.

En plus de la Feldkommandantur, un tribunal allemand, le Kriesder Feldkommandantur 677, est installé à Poitiers pour juger des infractions du type franchissement de la ligne de démarcation ou courrier clandestin. Des tribunaux secondaires sont installés à Châtellerault, Loudun, Civray. L’organisation judiciaire allemande est complétée en par une section de la SD (dépendant de la SS). La prison de la Pierre-Levée, à Poitiers, devient le siège des interrogatoires et des tortures des Allemands de la SD, de la Gestapo et des policiers français de la SAP. La collaboration entre le SD et cette nouvelle section de la police nationale chargée de la lutte contre les indésirables politiques amène 465 arrestations, 200 déportations et 100 exécutions. Au total, 130 résistants sont fusillés à la butte de Biard. Administrativement, Poitiers dépend également de la Bezirk d’Angers et du Rustungs kommando de Niort pour les aspects économiques de l’Occupation, la Feldkommandantur 677 ne gérant que les problèmes de main-d’œuvre.

Le , l’occupant rafle tous les responsables communistes du département : 36 sont arrêtés et déportés à Auschwitz.

Outre les menus larcins, l’occupant fait d’importantes réquisitions : par exemple, 39 % de la récolte de pommes de terre et 42 % de celle de seigle, 82 % de la production de porc et 59 % de celle de bœuf en 1943. Chevaux et métaux sont également réquisitionnés : des bustes de Marianne aux alambics (vingt-deux sont fondus pour les besoins militaires). À partir de 1943, le régime de Vichy instaure le Service du travail obligatoire (STO), soit 4 000 hommes des classes 41, 42 et 43 qui sont requis pour aller travailler en Allemagne. Comme dans le reste de la France, il suscite beaucoup d’opposition : les réfractaires sont nombreux, on manifeste à Couhé-Vérac.

Le camp de concentration des Nomades à Montreuil-Bellay, sur la route nationale 147, qui avait servi à recevoir les réfugiés espagnols en 1939, est également utilisé par la Kommandantur de Poitiers dès la fin de 1940 pour y enfermer les Tsiganes. , elle y parqua de façon provisoire les Juifs, avant de les acheminer vers le camp de Drancy. Quelques personnes, dont le rabbin Élie Bloch« Ils ont aidé des enfants juifs - Le rabbin Elie Bloch », 13 novembre 2007, sur le site vrid-memorial.com, consulté le 16 septembre 2008., quelques pasteurs protestants et le père Jean Fleury« Ils ont aidé des enfants juifs - Le Père Jean Fleury (1905-1982) », 13 novembre 2007, sur le site vrid-memorial.com, consulté le 16 septembre 2008., aumônier des Tsiganes, tentèrent d'en sauver, notamment en plaçant des enfants dans des familles d'accueil juives ou non-juives. Cependant, ces efforts furent de peu d'effets face à la très bonne collaboration de la Kommandantur et de la Préfecture. Le a lieu une rafle de tous les Juifs de Poitiers, au nombre de 481, avec le concours de la Préfecture. Et au total, ce sont près de qui furent envoyés vers Drancy à partir de ce camp, dont le rabbin Élie Bloch, mort à Auschwitz. Ce camp reçoit aussi les militantes communistes, les épouses de résistants et les réfractaires au STO à partir de .

En , un autre camp ouvre à Rouillé pour y enfermer des cadres dirigeants du PCF, des proxénètes, des étrangers indésirables (Russes, républicains espagnols, Arméniens, Italiens, Portugais), jusqu’à la libération du camp en par les FTP. Enfin, tous les soldats de l’armée d’Afrique faits prisonniers dans la Vienne par les Allemands sont répartis dans des camps établis aux chefs-lieux de canton, pour être employés aux travaux agricoles, puis renvoyés en Afrique. Parmi eux, figurait Léopold Sédar Senghor. Un certain nombre de ces prisonniers ont disparu.

Le régime de Vichy et la collaboration

Le département accueille des réfugiés de toute la France : aux Mosellans du début de la guerre (dont certains sont rentrés), s’ajoutent les réfugiés de Gironde en 1941, les enfants réfugiés de Seine-et-Oise (1942), les victimes des bombardements de 1943, les habitants chassés de la zone côtière de Charente-Maritime en 1944, pour un total de habitants en 1943. Il est écartelé entre différents sièges d’administration : ainsi, le ravitaillement dépend de Châteauroux, l’Enseignement de Clermont-Ferrand, les réquisitions de Poitiers. L’administration peine à satisfaire les demandes de l’occupant, d’autant que 8300 habitants de la Vienne, dont 5000 cultivateurs, sont prisonniers en Allemagne, et manquent pour aux champs et aux usines.

Le préfet nommé sous la Troisième République, Henri Moulonguet, est limogé en . Il est remplacé par Louis Bourgain qui applique la politique de Collaboration avec les Allemands avec la plus grande diligence. Inversement, son préfet délégué à la Vienne, Holveck, est arrêté le : plusieurs résistants, sur le point d’être arrêtés par les Allemands, purent fuir en étant prévenu par lui

Pour pallier le manque de main-d’œuvre rurale, les prisonniers de guerre des camps de Lusignan, Neuville, Mirebeau, Couhé, Scorbé-Clairvaux sont utilisés aux travaux agricoles. En , le Service civique rural est institué, pour les jeunes hommes de 15 à 19 ans : sur les 9000 recensés, seulement 700 passent la visite médicale, 430 sont reconnus aptes, et après les diverses exemptions, 160 aident au travail des champs. Comme de nombreux aliments et matières premières manquent, de nouvelles cultures sont introduites : la guimauve pour la ficelle, le tabac, et divers oléagineux, dont la surface cultivée est multipliée par 18 entre 1940 et 1944.