Les Fusillés de l'Ariane sont 25 personnes (23 résistants et deux collaborateurs) qui ont été fusillées par les nazis dans le quartier de l'Ariane à Nice (Alpes-Maritimes) les (2 résistants) et (21 résistants et 2 collaborateurs). Aujourd'hui, un espace commémoratif nommé le Carré des fusillés rappelle ces exécutions. On accède au Carré par le Chemin des fusillés. Cet espace commémoratif a été inauguré le . Une importante cérémonie commémorative y a lieu tous les . Elle regroupe les officiels, les anciens combattants et les citoyens. Les noms des résistants sont cités puis il y a un dépôt de gerbes. thumb|Vue du drapeau tricolore et de la Croix de Lorraine du carré des Fusillés de l'Ariane. thumb|right|Vue générale des plaques nominatives et des cyprès.

Présentation Le Carré des fusillés se trouve le long du Paillon et la pénétrante du Paillon (d2204c), juste après le rond-point donnant sur le boulevard de l'Ariane, le pont de France et le chemin de la Lauvette, direction Cantaron (Alpes-Maritimes), en face du centre ville de La Trinité (Alpes-Maritimes). Le carré des fusillés consiste en une terrasse gravillonnée qui domine le Paillon, plantée de cyprès. Au centre de la terrasse gravillonnée se dresse une croix de Lorraine en bois portant l’inscription « ». Les noms et prénoms des 2 résistants fusillés le et des 24 résistants exécutés le sont présents sur des plaques commémoratives disposées de part et d'autre de la croix de lorraine, aux pieds des cyprès. Fort logiquement, rien ne rappelle l'exécution des deux collaborateursAnge Jean Pierre Fancellu né le 26 octobre 1926 à Marseille, boulanger et Étienne Roch Martin Glasser né le 17 janvier 1921 à Beausoleil, employé d'hôtel. Selon L'Ergot du 6 novembre 1944 qui publie la photographie de leur corps, ils sont membres des Groupes d'Action du Parti Populaire Français (G.A. - P.P.F.). Ils ont réalisé des opérations criminelles avec un groupe de faux policiers mais n'ont pas partagé leurs gains avec la Gestapo dans une affaire de vol de biens juifs. Les agents de la police politique nazie sont donc venus les arrêter pour les fusiller en guise de sanction pour avoir voulu les doubler mais aussi pour que leur mort serve d'avertissement aux autres G.A. - P.P.F...

La Gestapo de Cannes (Alpes-Maritimes) a elle aussi fusillé des résistants le jour du débarquement en Provence. Dix résistants (sept hommes et une femme) sont fusillés par trois officiers de la Gestapo dans les caves de l'hôtel Montfleury, siège de la Gestapo cannoiseJean-Louis Panicacci, Les lieux de mémoire - De la deuxième guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes, Éditions Serre, 1997 (pp. 11-13, 18, 22, 27, 44, 83, 86 et 104-105).. Huit sont tués mais deux hommes survivent à leurs blessures.

Les fusillés du 22 juillet 1944

Deux résistants FTP, Charles Alunni et Claude Mendrjisezky, sont conduits hors de leurs cellules des Nouvelles-Prisons à Nice. Ils sont menés à l'école de L'Ariane pour y être jugés. Après un procès expéditif devant une poignée de militaires allemands décidés à frapper l'opinion, ils sont condamnés à mort. À 10h30, l'officier allemand chargé de l'exécution appelle la Maison Roblot pour qu'un fourgon soit envoyé à l'école de l'Ariane pour venir y chercher le corps des deux résistants que l'on va fusiller.

Maryse, jeune niçoise qui revient de la ferme chargée du lait quotidien, assiste aux derniers instants des résistants. Elle se trouve là par hasard et se cache derrière les taillis.

Les deux résistants sont menés au lieu d'exécution derrière l'école. Ils empruntent un chemin recouvert d'herbes. Ligotés, ils avancent courageusement. Arrivés au lieu d'exécution, Claude Mendrjisezky refuse le bandeau. L'homme qui commande le feu est l'adjudant Jeep Sisowski. Cet officier est aussi responsable de l'exécution du résistant juif Roland Levernay au vallon de la Faïssa à Nice le . Il est onze heures. Les deux résistants tombent sous les rafales des mitrailleuses mortellement blessés. Les deux corps sont récupérés par les pompes funèbres Roblot puis emmenés au cimetière de Caucade à Nice. Ils sont pris en photographie pour identificationRobert Girod, Les fusillés de l'Ariane, 1994, pages 12-13..

Charles Jourdan Alunni : né le à Bendejun (Alpes-Maritimes). FTPF-FFI originaire de Contes (Alpes-Maritimes). Engagé dans les Brigades internationales durant la guerre d’Espagne. Blessé lors d'un accrochage, il revient en France. Membre du très actif groupe Surcouf créé par Marie Madeleine Jotte-Latouche alias Émilie (un jardin porte son nom à Nice) et rattaché en 1944 à l'Organisation de résistance de l'armée (ORA). Ce groupe organise des parachutages, des sabotages, des stockages d'explosifs. Charles Alunni est agent de liaison et de contact pour l'étude de lieux de parachutage et d'information. Il étudie les mouvements de troupes allemandes. Arrêté le à Villefranche-sur-Mer dans un bar par la Gestapo. Emprisonné aux Nouvelles-Prisons par les Allemands. Il y est torturé. Un square comportant un monument commémoratif et une avenue portent son nom à Contes. Il est présent sur le Monument Aux Morts de Contes sous le prénom de JourdanRobert Girod, Les fusillés de l'Ariane, 1994, pages 11-55.L'Ergot , édition du 9 octobre 1944..

Claude Elie Mendrjisezky : Né le à Nice (Alpes-Maritimes). Fils de Moïse Mendrjisezky et de Rose Antoinette Rajbaut. FTPF-FFI domicilié chemin de la Pinède, villa Adrienne, à Nice. Jeune étudiant en médecine. Il devient le médecin du maquis d'Utelle (Alpes-Maritimes) ( F.T.P.). Il est également l'un des responsables de l'Union de la Jeunesse Juive ainsi que des Forces Unies de la Jeunesse Patriotique. Il est informé de la blessure d'un de ses compagnons du maquis, et se porte à son secours à Saint-Martin-du-Var (Alpes-Maritimes) chez Louis Toschi, un membre du réseau. Rapidement, il soigne le blessé et lui propose de rejoindre discrètement La Roquette-sur-Var (Alpes-Maritimes). Ils peuvent s'y rendre par la colline à pieds ou par la route à bicyclette. Ils décident de s'y rendre à bicyclette par la route. ils tombent malheureusement sur une patrouille allemande. Claude et son camarade blessé sont arrêtés et emprisonnés aux Nouvelles-Prisons à Nice. Il y est torturé. Reconnu Mort pour la France. Autres orthographes possibles de son nom : Mendrjizeski, Mendjenski, Mendrsisezky. Inscrit sur le cénotaphe érigé pour commémorer la Libération de Nice et situé à l’angle du boulevard Joseph Garnier et du carrefour du 28-Août. Présent sur une plaque commémorative à l’école primaire Pierre Merle à Nice.

Les fusillés du 15 août 1944

thumb|left|Vue de la croix de Lorraine avec la date du 15 août au carré des Fusillés de l'Ariane à Nice.

Le a lieu le débarquement en Provence. La nouvelle se diffuse à Nice dans la journée. En représailles du débarquement, les responsables de la Gestapo niçoise, notamment Sikorski, responsable de la police allemande, sélectionnent 21 résistants (18 hommes et 3 femmes) parmi les détenus du quartier allemand des Nouvelles-Prisons. Ils ajoutent à ce groupe deux membres des groupes d'Action du Parti Populaire Français (PPF) qui ont voulu doubler le chef de la Gestapo dans une affaire de vols de biens juifs. Les détenus ont compris ce qui se prépare. Ils sont emmenés sur un terrain vague isolé de l'Ariane, à la limite de la commune de Nice, proche d'une usine, en bordure du Paillon de Nice. Ils sont obligés à sauter du camion et fusillés à coups de mitraillette au fur et à mesure vers seize heures. Jean-Baptiste Malausséna tombe en entonnant à voix haute La Marseillaise. Un cultivateur assiste de loin à toute la scène. Il donne l'alerte sur ce qui vient de passer. Les corps des exécutés sont photographiés.

Résistants fusillés le 15 août 1944

Voici la liste des résistants fusillés le :

Victor Fernand Bocchiardo : né le à Nice (Alpes-Maritimes). Il est le fils de Joseph Bocchiardo et d'Anna Parodi. Il est ouvrier charcutier domicilié 3 boulevard de Riquier à Nice (Alpes-Maritimes). Il rejoint les FTPF-FFI et intègre la Compagnie. Son pseudonyme est Alban. Il est blessé à la jambe dans le secteur de la Vésubie lors d'un accrochage avec une unité allemande. Ses camarades doivent attendre le coucher du soleil pour pouvoir l'évacuer à l'hôpital de Roquebillière (Alpes-Maritimes). En attendant, il est caché par le curé et la sœur du village durant les recherches effectuées par les allemands aidés de chiens. Victor est ensuite caché à l'hôpital de Roquebillière (Alpes-Maritimes) et soigné. Le tenancier italien du bar local et ses deux filles dénoncent Victor à la Gestapo. Il est arrêté sans résistance possible à l'hôpital. Il est emmené à l'hôpital Pasteur à Nice (Alpes-Maritimes) où il est soigné. Il est ensuite transféré aux Nouvelles Prisons sans être complètement guéri. Il conserve une gouttière pour tenir immobilisée sa jambe blessée. Il est dans la même cellule que l'abbé André Robineauy. Il est fusillé avec 20 autres résistants et 2 collaborateurs le long du fleuve Paillon à L'Ariane à Nice (Alpes-Maritimes). L'acte de décès est dressé le à Nice (Alpes-Maritimes). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Cimiez à Nice (Alpes-Maritimes), sur le Monument Aux Morts de Riquier à Nice (Alpes-Maritimes), au carré des fusillés de l'Ariane à Nice (Alpes-Maritimes), sur la stèle commémorative du groupe scolaire pierre Merle à Nice (Alpes-Maritimes) et sur la plaque commémorative du groupe scolaire Bischoffsheim Nice (Alpes-Maritimes). Il est décoré à titre posthume en 1960 de la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance. Son corps repose dans le cimetière communal de Caucade à Nice (Alpes-Maritimes) dans le carré militaire 48, tombe individuelle . Il est reconnu Mort pour la France.

Joseph Bodo : né le à Marseille (Bouches-du-Rhône). FTPF-FFI. Commandant FTPF de sous-secteur FTP F2 sous le pseudonyme de Lucien Luccioni. Animateur du camp de Faïta dans le département du Var dans les Maures. Ce camp a été nommé ainsi en hommage au résistant FTP Vincent Faïta. Ce résistant est arrêté à Nîmes, jugé puis exécuté à la guillotine le avec Jean Robert. Ils faisaient tous deux partie d'un groupe qui multiplie les sabotages et les attentats anti-allemands dans le Gard et l'Hérault. Apprenant ces exécutions en , les maquisards des Maures donnent à leur maquis le nom de camp Faïta. Un camp Robert est créé aussi plus tard dans le Haut-Var. Joseph Bodo est arrêté puis emprisonné à Nice. Il existe une avenue Joseph Bodo à Marseille.

René Borghini : né le à Monaco. Il fait ses études de droit à Paris. Il s'investit très tôt dans la résistance. Il devient le responsable du groupe du mouvement Combat (résistance) à Monaco puis secrétaire de la Présidence du Conseil National de Monaco. Dans une pièce de son bureau, il cache en permanence sous l'estrade de précieux documents notamment sur les lieux de parachutage. Il aime les activités sportives et notamment la natation. Il est arrêté une première fois mais relâché faute de preuves. Dénoncé par des fascistes. Il est de nouveau arrêté rue de la Turbie à Monaco chez ses parents à 7 heures le 3 ou le et conduit aux Nouvelles Prisons de Nice. Il écrit à ses parents dont la maison, alors vide d'occupants, est détruite lors d'un bombardement quelques jours après son exécution. Monaco est libérée le . Ses obsèques nationales sont célébrées dans la principauté de Monaco le où il repose.