Saint-Hubert (en wallon Sint-Houbert ou lu Bork) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

Le site, occupé déjà par les Gallo-romains, se développe à partir du haut Moyen Âge, grâce aux premiers clercs installés par Pépin II, puis aux bénédictins, à leurs écoles internes et externes, aux pèlerinages venant d'Ardenne, de Famenne, du Lothier et de Rhénanie, mais aussi grâce au marché régional et aux foires qui accompagneront la ville naissante jusqu'aux temps modernes.

Jouissant très tôt des libertés, juridictions et droits municipaux, la ville conserva son perron et ses juridictions jusqu'à l'occupation française révolutionnaire.

Saint-Hubert porte le titre de « Capitale européenne de la chasse et de la nature » depuis 1991. Elle est parfois encore appelée comme autrefois « Rome en Ardenne » en référence à l'influence internationale de son abbaye pendant 11 siècles — avec ses 8 prieurés et ses 2 collèges de chanoines, ses écoles monastiques renommées, son collège Thérésien, ses 130 paroisses à la collation du prélat, ses édifices religieux tels que la basilique Saint-HubertDédicace de la basilique, selon le Bref pontifical concédant le titre de basilique mineure conservé dans le trésor. L'ancienne église abbatiale Saint-Pierre de l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre en Ardenne est parfois également dénommée basilique des Saints-Pierre-et-Paul ou basilique Saint-Pierre et Saint-Paul., ancienne abbatiale Saint-Pierre, ou l'abbaye de Saint-Hubert, son statut de sanctuaire international, haut-lieu de pèlerinages en Europe occidentale depuis l'an 850 environ — et à la politique franchement souveraine des prélats, catholiques romains convaincus, affichés et prosélytes, prétendant ne dépendre que de Rome et de l'empereur.

La ville et l'ensemble de ses sections comptaient en 2014.

Toponymie

Géographie

Situation générale Saint-Hubert se situe au cœur de l'Ardenne, en Haute Belgique, à environ au sud-est de Bruxelles et de Namur, ainsi qu'à environ au nord-ouest d'Arlon. La ville se développe toujours dans sa clairière primitive, traversée par une dizaine de routes d'importance internationale ou régionale, dont la (itinéraire qui joint la Normandie à la Rhénanie), voie express se confondant de la Barrière de Champlon à la frontière française avec la reliant Sedan et Charleville (direction Reims) vers le sud-ouest à Vielsalm et Liège (direction de Cologne) vers le nord-est. La la relie quant à elle à Rochefort et Ciney, deux villes situées comme Saint-Hubert à équidistance de la et de l' reliant Bruxelles à Arlon.

Il y a également la vers Paliseul et la vallée de la Semois, ainsi que la vers Martelange, Bastogne et le Grand-Duché.

Le Galata, altitude 589 m, point culminant de la commune est aussi celui du plateau de Saint-Hubert, un des « sommets » du massif (schisteux-rhénan) ardennais. Il se situe à l'est de la ville, au bord de la base aérienne EBSU. Il est accessible via le hameau de Hurtebise (monastère bénédictin), juste à côté du Radar des Ardennes (Belgocontrol).

Saint-Hubert Airport (EBSH), altitude 563 m., est à équidistance à vol d'oiseau des aéroports de Charleroi (Gosselies), Luxembourg (Findel) et Liège (Bierset), soit environ de chacun, au centre du triangle formé par ces trois aéroports.

Saint-Hubert se situe enfin au croisement des deux itinéraires directs reliant les anciennes capitales régionales de la Gaule romaine (Belgique I et II et Germanie I et II), soit de Bavay à Trèves et de Cologne à Reims.

alt=|gauche|vignette|Anciennes communes de Saint-Hubert et communes limitrophes.

Sections de la commune

# Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Saint-Hubert 37,87 80 84059A 2 Vesqueville 13,71 571 42 84059B 3 Hatrival 17,33 587 34 84059C 4 Arville 20,89 50 84059D 5 Awenne 9,10 354 39 84059E 6 Mirwart 13,08 108 8 84059F

Villages et hameaux Les autres villages sont Lorcy et Poix, les hameaux : Saint-Michel, Sainte-Adeline, Hurtebise, Pont-à-Lomme et Pont de Libin (Fingris / Banalbois). le Sartay, les Moulins, les Forges, les Rouges Fosses.

Climat À cause de son altitude, Saint-Hubert est soumis à un climat océanique au bord d'un climat continental humide (Köppen : Cfb/Dfb) (Trewartha : Dolk/Dclo) avec des étés doux, des hivers froids et des pluies plus abondantes qu'au niveau de la mer.

Démographie

Évolution démographique avant la fusion de 1977

Source : DGS, 1831 à 1970 = recensements population, 1976 = habitants au 31 décembre.

Évolution démographique de la commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK.

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,91994101,71995101,31996100,71997100,6199899,61999100,82000100,7200199,7200299,2200398,6200499,72005100,72006100,52007100,82008102,12009100,52010101,42011100,2201299,2201399,3201498,8201598,9201697,6201798,2201897,9201997,9202098,5202198,9202299,72023100,92024100,12025100,02026100,9

Histoire vignette|redresse=0.8|gauche|L'ancien quartier abbatial, dit palais abbatial. vignette|droite|redresse=1|

Époque gallo-romaine En 2010 débutent des fouilles archéologiques place de l’Abbaye : le service des fouilles de la Région wallonne remet au jour la Porterie de l'ancienne abbaye, déjà bien située, et, comme on le supposait depuis les découvertes romaines faites depuis 1970 dans la Grande Clairière de Saint-Hubert, des vestiges importants d'une villa romaine ou d'un castrum, vu l'épaisseur des murs et la finition de ceux-ci.

Cette dernière découverte représente un bond historique de plus de 400 ans dans la connaissance des origines de la ville.

Les ruines romaines devraient être celles que Plectrude, l'épouse de Pépin II, visite selon le Cantatorium, une chronique de Saint-Hubert rédigée à la charnière des par un moine de l'abbaye, vraisemblablement Lambert le Jeune : « Il y avait au pays d'Ardenne un château-fort nommé Ambra, chef-lieu du domaine d'Amberloux, les Huns, en ravageant les Gaules, l'ayant démoli de fond en comble, il demeura en ruine pendant trois cent trente-sept ans. Plectrude, femme de Pepin, maire du palais sous le roi Thierry, allant visiter son domaine d'Amberloux, passa en cet endroit… »

On sait que toutes les villas et bâtiments gallo-romains du domaine d'Ambra ont brûlé à la fin du , mais beaucoup de zones d'ombre subsistent encore dans la connaissance historique et archéologique des débuts. Avec la découverte de 2010, ces quelques lignes du Cantatorium deviennent claires : il s'agit de cette construction romaine dénommée Ambra qui est nommément citée dans la charte de fondation du cloître d'Andain (Andaïna) en 687.

Les fouilles progressant vers l'abbatiale, les chercheurs ont découvert de nombreux ossements d'un cimetière médiéval () à une petite trentaine de centimètres du pavement de la place : des ossements d'hommes, de femmes et d'enfants, recouverts seulement d'un linceul que des centaines de milliers de personnes ont ainsi piétiné sans le savoir durant des siècles. Ils ont aussi mis au jour les restes de plusieurs bâtiments abbatiaux primitifs et les sous-sols d'un ensemble des .

Moyen Âge Autrefois nommé Andage en deuxième appellation, la future ville de Saint-Hubert vit s'installer à la fin du , à l'initiative de Pépin de Herstal et de son épouse Plectrude, une communauté religieuse conduite par Bérégise, leur chapelain. Elle se voit dotée d'importantes possessions au cœur du fisc royal d'Ambra.

Le Cantatorium rapporte que Bérégise, lors de son installation, aurait relevé de ses ruines une première église dédiée à saint Pierre qui avait existé au sein du château d'Ambra. Selon une Histoire de l'abbaye de Saint-Hubert rédigée au XVIIe siècle par le moine Romuald Hancar, cité par Mouzon, cette église primitive aurait été édifiée vers l'an 102 par saint Materne, évêque de Tongres.

Un peu plus d'un siècle plus tard, vers 817, cette première communauté de chanoines est remplacée par une abbaye bénédictine qui sera dirigée par Alvéus, premier abbé. Les premiers religieux ont probablement souffert de leur isolement sur une terre ingrate parmi une population encore peu au fait des croyances chrétiennes, mais c'est bien l'abbaye de Saint-Hubert qui va parfaire et organiser l'ensemble de l'évangélisation en Ardenne depuis le haut Moyen Âge jusqu'aux temps modernes.

C'est par décision du Concile régional d'Aix en 817, avec l'accord du métropolite de Cologne et de l'Empereur Louis lui-même, à l’initiative de Walcaud, évêque de Liège, que cette modification peut s'opérer : les chanoines de Saint-Pierre en Ardenne (Andain) s'en vont reprendre l'abbaye de Saint-Pierre de Liège qui deviendra ainsi la plus ancienne collégiale liégeoise, à deux pas de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert, tandis que les bénédictins de l'abbaye de Saint-Pierre de Liège, fondée par saint Hubert lui-même, s'en viennent reprendre le collège de chanoines de Saint-Pierre d'Andain. Le concile leur accorde de pouvoir emporter avec eux () le corps intact du grand saint thaumaturge, leur fondateur. À cette occasion, l'abbaye qui devient le relais sud du diocèse de Liège, reçoit de nombreuses seigneuries, fiefs, fermes, moulins, vignobles, forêts, droits et rentes en dotation…, présages de ce que deviendra le Pays de Saint-Hubert au Moyen Âge et aux temps modernes (époques où quelque mille villages, villes, hameaux de France, d'Allemagne ou de Lotharingie seront concernés sur le plan matériel ou religieux, de près ou de loin, d'importance ou d'influence par l'abbaye, « ange gardien et phare de l'Ardenne, » ainsi que la qualifie Jacques Charneux.

Époque contemporaine L'abbaye mise sous séquestre dès le , puis rendue partiellement aux religieux par la France révolutionnaire pour mieux les spolier, ce n'est que le que tous les moines sont définitivement expulsés. En octobre de la même année, l’abbaye, ses très nombreux sites, bâtiments, églises et biens - jusqu'aux crucifix des croisées de chemins - sont vendus à la pièce.

Sous l'occupation française puis hollandaise, le quartier, les bâtiments du site abbatial, et les dépendances non vendus ou même rachetés à de premiers acquéreurs par la République accueillirent d'abord brièvement - du au - l’administration centrale du département des Forêts avant de devenir le siège, accompagné de nombreuses administrations dont la maréchaussée, d'une sous-préfecture et d'un arrondissement judiciaire du département de Sambre et Meuse, puis du Grand Duché de Luxembourg sous la domination hollandaise et ce jusqu'à la séparation des deux Luxembourg en 1839.

Sa célèbre bibliothèque est dilapidée entre notables du régime, personnes "éclairées", occupants et vandales de tous bords avant que le solde ne soit convoyé par la République aux Archives départementales (actuellement Archives de l’État) à Namur. Quelque 50 ans plus tard ce qu'il en reste est cédé par l'État gratuitement à l'Institut archéologique namurois. Découvert dans les greniers de celui-ci par dom Thierry Réjalot, il est acheté par la nouvelle abbaye de Maredsous vers 1925.