Le comte Karl von Normann-Ehrenfels (né le dans le duché de Wurtemberg et mort le à Missolonghi en Grèce) est un général des guerres napoléoniennes et un philhellène.

Origines et carrière dans les états allemands Fils de , un ministre de Charles II de Wurtemberg, il entre à 15 ans aux cadets dans l'armée autrichienne ; nommé rapidement officier (), il participa aux opérations jusqu'au Traité de Lunéville en 1801 ; en 1803 il rejoint l'armée du Wurtemberg, devenu l'allié de la France. Il participe ainsi à diverses campagnes napoléoniennes contre ses anciens compagnons d'armes autrichiens, et à la campagne de Russie où il commande le régiment des chevau-légers de la Garde (Nr. 2 Leib-Chevauxleger-Regiment)Pierre Louis Pascal de Jullian, Phillipe Lesbroussart, Gerrit van Lennep, Galerie historique des contemporains, Volume 10, Mons, 1830, p. 298-300..

La campagne d'Allemagne de 1813 marque un tournant dans sa vie : toujours aux côtés de l'armée française, il est impliqué dans l'incident de Kitzen qui voit la destruction du corps franc de Lützow le , peu après la conclusion de l'armistice de Pleiswitz ; cet événement considéré par les milieux patriotiques allemands comme une traîtrise commise contre une unité symboliquement importante compromet son honneur aux yeux de l'opinion publique . Quelques mois plus tard, afin de laver sa réputation, il fait défection avec son unité et rejoint les Alliés le au cours de la bataille de Leipzig ; cependant ce mouvement est considéré comme prématuré par son souverain Frédéric , alors toujours théoriquement allié à Napoléon : menacé d'emprisonnement, Normann doit s'exiler, d'abord à Vienne, puis en tant que précepteur du fils du landgrave de Hesse-Philippsthal.

La mort de Frédéric , en , lui permet de revenir dans son pays (mais pas à Stuttgart dont il est toujours banni) et il peut hériter des biens de son père () à sa mort en 1817.

Guerre d'indépendance grecque

Le , il embarque à Marseille sur La Vierge-du-Rosaire avec un groupe de philhellènes rejoindre la Grèce insurgée pour y combattrePaul Gaffarel « Marseille et les Philhellènes en 1821 et 1822 », Revue Historique p. 267. Il débarque à Navarin le avec 46 volontaires européens et met la ville en état de défense. Chef d'une petite garnison de 66 Européens et 80 Grecs avec 44 canons, il repousse une attaque turque. Il va ensuite se présenter à l'assemblée élue par les insurgés grecs et qui siège à Tripolitsa en Morée.

Dans une lettre écrite en avril suivant, il témoigne des intrigues qui agitent le milieu des philhellènes et des violences du conflit, tout en exprimant sa confiance dans l'avenir de la Grèce insurgée :

En mai, il devient le chef d'état-major d'Aléxandros Mavrokordátos au sein de la nouvelle armée régulière grecque qui comprend un bataillon de philhellènes. Il est légèrement blessé à la poitrine lors du désastre de Péta () qui décime les philhellènes. Il meurt quelques mois plus tard à Missolonghi, le , d'une fièvre nerveuse, selon le dictionnaire biographique la Galerie historique des contemporains ; cet ouvrage ajoute que son nom était cité dans les chants populaires grecs. Son nom fut donné à une des batteries protégeant la villenuméro 8 sur le plan des fortifications.

Références

Liens externes

Pierre Louis Pascal de Jullian, Phillipe Lesbroussart, Gerrit van Lennep, Galerie historique des contemporains, Volume 10, Mons, 1830, .

Catégorie:Generalmajor du royaume de Wurtemberg Catégorie:Philhellène Catégorie:Naissance en septembre 1784 Catégorie:Naissance à Stuttgart Catégorie:Naissance dans le duché de Wurtemberg Catégorie:Décès en novembre 1822 Catégorie:Décès à 38 ans Catégorie:Officier de l'armée grecque Catégorie:Chef militaire allemand des guerres napoléoniennes