vignette|Pièce d'exérèse montrant un cancer (masse blanchâtre) survenu sur un poumon tabagique (aspect noirâtre diffus)

Les effets du tabac sur la santé recensent les conséquences du tabagisme sur la santé. Des recherches épidémiologiques mènent à la conclusion que la consommation de tabac est la première cause de décès évitable dans le monde WHO Report on the Global Tobacco Epidemic, 2008. (près de six millions de personnes par an.). Sa consommation conduit souvent à des maladies du cœur et des poumons, et être fumeur représente un risque majeur pour les attaques cardiaques, AVC, bronchopneumopathie chronique obstructive, emphysème, et le cancer, en particulier cancer du poumon, cancer laryngé, cancer de la vessie. Cela cause aussi des maladies vasculaires périphériques et de l'hypertension en fonction de la durée d'exposition et du dosage de tabac, et on peut remarquer que la prévalence de ces maladies augmente avec la jeunesse des patients au début de leur exposition et l'importance du taux de goudron. Les cigarettes vendues dans les pays en développement contiennent souvent un pourcentage de goudrons plus élevé et sont moins susceptibles de comporter un filtre, accentuant donc la prévalence probable des maladies liées au tabac dans ces régions Nichter, M., and E. Cartwright (1991) « », Medical Anthropology Quarterly, 5(3):236–256. ..

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le tabac est la cause directe de de morts en 2004 WHO global burden of like ftw!disease report 2008. et pendant le . Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies décrivent l'usage de tabac comme et estiment que le tabac tue près de 6 millions de personnes chaque année dans le monde .. Selon une étude publiée en par la revue médicale , le nombre de morts provoqués par le tabagisme en 2015 était de 6,4 millions au niveau mondial, soit une augmentation de 4,7 % par rapport à 1990..

Historique vignette|Publicité contre le tabagisme, 1905. Les dangers du tabac sont observés dès le début du , et sa cancérogénicité est soupçonnée au , avant d'être largement admise au milieu du ..

La responsabilité du tabagisme dans la genèse des cancers (en particulier du poumon) a été longue à établir. Les premières études qui lient le tabac au cancer ont été réalisées dans les années 1920 par , puis pendant la période du Troisième Reich en Allemagne par Franz H. Müller (1939), Eberhard Schairer et Erich Schöniger de l'université d'Iéna (1943). Les nazis, attachés à la pureté du corps et à leur volonté de domination du monde sous un mode racial, ont effectué une grande quantité de recherches sur le cancer (création d'un institut de recherche à l'université de Iéna) et ont été les premiers à mettre en place des politiques restrictives sur l'usage du tabac.. Le caractère cancérigène du tabac a été également suspecté dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, notamment par Wynder et Graham en 1950, et Richard Doll, épidémiologiste britannique, puis confirmé par des études de grande envergure dans les années 1950 et 1960. Le lobbying des industriels du tabac a sensiblement freiné l'acceptation de ces données, la conviction de la majeure partie du corps médical étant faite à partir du milieu des années 1960, notamment avec la publication en 1964 du rapport Smoking and Health par l'administrateur de la santé publique des États-Unis..

Généralités redresse=1.4|vignette|Courbes mettant en évidence la corrélation entre tabagisme et incidence du cancer du poumon. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le tabagisme est la première cause de décès évitable dans le monde en 2019, avec chaque année 8 millions de décès imputables au tabagisme (dont pour le seul tabagisme passif), soit 10 % des décès adultes.. Cela correspond approximativement à une incidence de 80 décès pour , et à une fréquence d'un décès toutes les six secondes Tabagisme – principaux faits. Organisation mondiale de la santé.. Il y aurait eu 60 millions de décès pour la seule seconde moitié du (1,2 million de pertes humaines par an). Aucune autre consommation ne présente plus de risques pour la santé que celle du tabac.

Si le tabagisme tend à légèrement diminuer dans certains pays riches, il est en forte augmentation dans le monde, notamment les pays sous-développés ou émergents. Au total, le nombre de décès induits par le tabagisme devrait dépasser les 10 millions par an d'ici 2020, soit 10 fois le nombre actuel de décès causés par l'alcoolisme (un peu moins d'un million de morts par an).

Il est aussi la cause d'au moins 25 pathologies connues. On estime à plus de 33 % chez l'homme et 10 % chez la femme les cas de cancers liés au tabagisme. : cancers des poumons, de la langue, de la gorge

En 2015 en France, chaque jour, 220 fumeurs et anciens fumeurs ( par an). Le Quotidien du Médecin. décèdent des suites du tabagisme. Un fumeur sur deux ne dépasse pas les 65 ans, ce qui est bien inférieur à l'espérance de vie. En outre, un rapport de l'Académie de MédecineM. Tubiana, J. Trédaniel, D. Thomas, M. Kaminski, A.J. Sasco pour l'Académie nationale de Médecine. « Rapport sur le tabagisme passif » Bull Acad Natle Méd. 1997;181:727-66. a estimé en 1997 à le nombre de non-fumeurs décédés des suites du tabagisme passif par an en France. Les législations visant à interdire le tabac dans les lieux publics ont des effets positifs sur les hospitalisations et décès. Elles entraînent une baisse des hospitalisations ou décès pour maladies cardiovasculaires ou respiratoires....

Et si depuis une vingtaine d'années, le tabagisme diminue régulièrement chez les hommes, il augmente chez les femmes à tel point que, aux États-Unis, le nombre de morts par cancer du poumon dépasse celui des cancers du sein..

Un article du de la BBC indique :

Comparaison avec d'autres produits En 1998, Bernard Roques, un professeur français membre de l'Académie des sciences, présente une approche globale considérant à la fois les propriétés pharmacologiques des produits psychotropes et les problèmes et risques sanitaires et sociaux liés à la consommation de ces produits.

Ce tableau est un extrait du tableau publié à la page 182 du rapport sur la dangerosité des produits par le professeur Bernard Roques et adressé au Secrétaire d'État à la Santé de l'époque, Bernard Kouchner, à l'issue des Rencontres nationales sur l'abus de drogues et la toxicomanie (France, )Tableau sur la dangerosité des produits par le ..

Substances en cause La fumée résultant de la combustion du tabac comporte plus de dangereuses pour la santé., dont 50 reconnues cancérigènes par le Centre international de recherche sur le cancer : du benzène, du monoxyde de carbone, du formaldéhyde, de la N-nitrosodiméthylamine et de la N-nitrosopyrrolidine dans la phase vapeur de la fumée, alors qu'on a trouvé du goudron, du benzo[a]pyrène, du cadmium, du nickel, de la (NNN) et de la 4-(methylnitrosamino)-1-(3-pyridyl-1-butanone) (NNK) dans la phase solide (particules) de la fumée.

L'ammoniac est utilisé afin que la nicotine atteigne plus rapidement le cerveau, ce qui renforce l'addiction..

Radioactivité Le tabac contient un élément radioactif, le polonium 210, présent dans les engrais utilisés pour sa culture.. Selon le quotidien français Libération en 2008, cette présence aurait été accrue depuis les années 1950 par l'apport de phosphates dans les cultures (apatite). Elle pourrait aggraver le risque de cancer du poumon. La présence de cet isotope, que l'on trouve dans d'autres produits agricoles, est connue depuis le milieu des années 1960., mais les cigarettiers, n'ayant pas réussi à réduire les taux, auraient préféré taire le résultat de recherches internes....

Toxicité selon le type de tabac Le tabac brun est parfois considéré comme moins nocif et moins addictif que le tabac blond, car plus âcre..

Risque d'addiction D'après le Centre international de recherche sur le cancer, des sondages ont montré que 74 % des fumeurs aimeraient arrêter, et que 70 % des fumeurs ont déjà essayé d'arrêter.. En France, ils étaient 57,6 % en 2010 à vouloir arrêter de fumer contre 64,8 % en 2005.. Aux États-Unis, d'après les enquêtes 68,9 % des fumeurs adultes voulaient arrêter de fumer en 2012 et en 2010, 42,7 % avaient essayé durant l'année qui précédait.. D'après les sondages Gallup, menés aux États-Unis, la proportion de fumeurs voulant arrêter n'est pas passée en dessous de 74 % depuis 2000. D'après ce même sondeur, en 2013, seulement 12 % des fumeurs n'avaient pas essayé d'arrêter au moins une fois dans leur vie.. Dans l'Union européenne, 60 % des fumeurs ont déjà essayé d'arrêter (de 36 % en Bulgarie jusqu'à 80 % au Danemark).. La difficulté rencontrée par les fumeurs pour arrêter est due à l'habitude et l'addiction physiologique.

D'après une étude conduite en 2002, environ 90 % des fumeurs en Australie, au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni regrettaient d'avoir commencé à fumer..

Risques cardiovasculaires vignette|Scanner cérébral montrant un infarctus touchant l'hémisphère droit (flèche) Cœur et vaisseaux sanguins : la nicotine provoque une accélération du rythme cardiaque et comporte un effet vasoconstricteur, induisant une sous-alimentation des tissus. Athérogène, il entraîne en outre une augmentation du taux de graisse dans le sang. Il favorise directement, à long terme, l'apparition et l'aggravation de l'athérome, obstruant progressivement les vaisseaux sanguins, avec toutes les implications : angine de poitrine, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artériopathie oblitérante des membres inférieurs… Le risque d'infarctus du myocarde est globalement multiplié par 3 chez le fumeur et de manière moindre en cas d'exposition répétée et durable au tabagisme passif. Cette augmentation du risque se retrouve également pour le tabagisme sans fumer (chique, snus) Boffetta P, Straif K, « Use of smokeless tobacco and risk of myocardial infarction and stroke: systematic review with meta-analysis » BMJ 2009;339:b3060.. En cas d'arrêt de consommation de tabac, le risque décroît mais ne revient pas au niveau d'un non-fumeur Teo « Tobacco use and risk of myocardial infarction in 52 countries in the INTERHEART study: a case-control study » Lancet 2006;368:647–58..

En combinaison avec la pilule contraceptive, le tabagisme est un facteur d'apparition de caillots pouvant conduire à une thrombose veineuse profonde (phlébite) ou à une embolie pulmonaire, voire un infarctus du myocarde. Thrombogène en aigu, chaque cigarette donne un risque accru de spasme artériel et de formation de thrombus.

Risques de cancer vignette|Cancer de la langue vignette|Affiche de prévention, Nouvelle-Zélande, 1958.

La consommation de tabac est la première cause de cancer connue dans le monde. Elle est impliquée dans 33,9 % des cancers mondiaux..

Il s'agit d'une cause importante des cancers des poumons. En France, imputables au tabac sont dus au cancer du poumon (seuls 10 % des cancers du poumon ne sont pas imputables au tabagisme). Les cigarettes actuelles sont plus toxiques qu'auparavant. À ce titre les fumeurs ont plus de risques d'avoir un cancer du poumon qu'en 1964 bien qu'ils fument moins..

Sphère ORL : l'irritation chronique est propice à la formation des cancers des voies aérodigestives supérieures : risque d'apparition d'un cancer de la bouche multiplié par 5 à 9 par rapport aux non-fumeurs. Ce risque est corrélé au nombre de cigarettes fumées quotidiennement et à la durée de l'exposition et est lentement réversible (plus de dix ans d'arrêt pour revenir à un risque équivalent à celui du non-fumeur)Prescrire, , novembre 2007.. Le risque est de fait inhérent à la combustion, en particulier aux goudrons cancérigènes qui entrent dans la composition de la fumée, et ce quelle que soit sa méthode de prise (pipe, cigarettes ou cigare) ou la composition du produit consommé (tabac, herbes, avec ou sans additifs).