La rue des Barres est une voie située dans le arrondissement de Paris, en France.

Situation et accès La rue des Barres, d'une longueur de et de de largeur, est située dans le , quartier Saint-Gervais, sur le monceau Saint-Gervais et commence au 62, rue de l'Hôtel-de-Ville et finit au 14, rue François-Miron.

La rue des Barres est rejointe sur son côté est par la rue Grenier-sur-l'Eau entre les 12 et 14. La partie sud de la voie est composée d'escaliers.

La voie est desservie par la ligne 7 à la station Pont Marie, par la ligne 1 à la station Saint-Paul.

En 2023, le prix moyen du mètre carré s’y élève à eurosAnne-Laure Abraham, « Les rues piétonnes de Paris : la rue des Barres, une perle rare à plus de le mètre carré », Le Parisien, 21 mai 2023..

Origine du nom Elle tire son nom de l'hôtel des Barres construit vers 1250, ainsi que du lieu-dit « des Barres », mentionné dès 1152 et où trouvaient des moulins sur la Seine Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817..

Historique vignette|gauche|upright=0.8|Rue des Barres (« R.DES BARES ») sur le plan de Truschet et Hoyau (vers 1550). vignette|gauche|upright=0.8|La rue des Barres en 1981.

En 1250, cette voie portait le nom de « ruelle aux Moulins-des-Barres », en référence aux moulins installés sur la Seine à l'endroit connu sous le nom de « les Barres ».

Dans cette rue se trouvait l'hôtel des Barres, construit en 1250, qui fut occupé à la fin du par Louis de Boisredon, amant en 1417 d'Isabeau de Bavière reine de France. Charles VI le fit arrêter et enfermer dans un sac, puis jeter dans la Seine avec cette inscription :

En 1293, elle s'appelait « ruelle des Moulins-du-Temple », car à l’époque ces moulins appartenaient aux Templiers.

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous le nom de « rue Saint-Jehan-De-Grève » LE DIT des RUES DE PARIS.

En 1362, un acte juridique rédigé sous le règne de Charles V lui attribue le nom de « rue qui-va-de-la-Seine-à-la-porte-Baudet ».

En 1386, on l'appelait « rue du Chevet-Saint-Gervais », et parfois « rue des Barres ».

Au , de la rue de la Mortellerie jusqu'à la Seine elle portait le nom de « rue Malivaux », en référence aux moulins de Malivaux, installés sur le fleuve, en face de cette rue.

Elle figure sur l’un des plus anciens plans de Paris, le plan de Truschet et Hoyau de 1550, où elle est indiquée sous le nom de « R.DES BARES » entre LAPORTE BODES et la R. DE. LAMORTELLERIE.

Elle est mentionnée sous le nom de « rue des Barres » dans un manuscrit de 1636. Au , sur toute sa longueur, elle porte le nom de « rue des Barres » ou « rue des Barrés ».

Au , la rue des Barres, longue de , située alors dans l'ancien , quartier de l'Hôtel-de-Ville commençait au 22, quai de la Grève et au 1, rue du Pont-Louis-Philippe et se terminait au 6, place Baudoyer et au 2, rue Saint-AntoineCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Hôtel de Ville », îlot , F/31/89/23, îlots , F/31/89/24..

Les numéros de la rue étaient noirsJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817. Le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le .

La rue se trouve au cœur du secteur ouest de la rénovation de l'îlot insalubre n° 16 dont la coordination est assurée par l'architecte Albert Laprade.

Entre 1945 et 1971, la rénovation autour de la rue des Barres consistait principalement en une réhabilitation des vieux immeubles et en la libération de leurs espaces arrière, appelée « curetage ». Albert Laprade transforma en jardin les anciens ateliers situés sur l'espace triangulaire de l'ancien cimetière Saint-Gervais entre l'église, l'immeuble des de la rue François-Miron et des rue des Barres tout en restaurant cet immeuble. Les maisons des numéros de la rue en retrait, construites vers 1840 lors de l’ouverture de la rue du Pont-Louis-Philippe, furent conservées. En revanche, les maisons ̈entre l'église et la rue de l'Hôtel-de-Ville, ainsi que celles au sud le long du passage du Gantelet, furent démolies. Les bâtiments détruits furent remplacés par un jardin et une crèche.

Les maisons démolies aux de la rue des Barres sont remplacées par deux immeubles construits en 1960 et en 1971, encadrant le petit square Couperin. L'immeuble du a été édifié légèrement en retrait sur la rue du Grenier-sur-l'eau par rapport à l’ancienne maison, ce qui a réduit l'étroitesse de l'accès de cette rue sur la rue des Barres.

Hôtel des Barres, hôtel Saint-Maur, hôtel de Charny L'hôtel des Barres fut bâti vers 1250. En 1362, les moines de Saint-Maur l'achetèrent avec les moulins qui en dépendaient. On l'appela alors l'hôtel Saint-Maur.

Cet hôtel particulier fut habité plus tard par Louis de Boisredon, capitaine des gardes du corps de la reine et l'un des amants d'Isabeau de Bavière, femme de Charles VI. Allant un jour visiter la reine au château de Vincennes, ce gentilhomme rencontra le roi. Sans descendre de son cheval et sans en arrêter le pas, il se contenta de saluer le roi Charles VI. Le monarque, l'ayant reconnu, ordonna à Tanneguy Duchâtel, prévôt de Paris, de s'emparer de sa personne. Une nuit d'avril 1417, Louis de Boisredon fut mis à la question, enfermé dans un sac et jeté dans la Seine, avec ces mots sur son linceul .

Cet hôtel particulier devint par la suite une propriété des seigneurs de Charny qui lui donnèrent leur nom ; il devint l'hôtel de Charny.

Au , on y avait établi le bureau de l'administration générale des aides. Il servit pendant une partie de la révolution de justice de paix, et devint ensuite une maison particulière portant le .

La plus grande partie de cet hôtel a été démolie pour livrer passage à la rue du Pont-Louis-Philippe.

Couvent des Filles de la Croix Une maison de ville des religieuses de l'abbaye de Maubuisson fut reconstruite en 1540 dans cette rue et louée aux religieuses, les Filles de la Croix, qui s'y établissent en 1664. Les religieuses du couvent des Filles de la Croix avaient mission de s'occuper de l'instruction religieuse des jeunes filles. En 1779, le prix de la pension s'élevait de 300 à , somme très importante à l'époque. Cette communauté fut supprimée en 1790.

Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 16 vendémiaire an IV ().

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire La rue des Barres comporte les édifices remarquables suivants : Au débouché sur la Seine : emplacement des anciens port au Vin et port au Blé. et , rue de l'Hôtel-de-Ville : immeuble du conservant la devanture d'une ancienne boulangerie. ; : emplacement de l'hôtel des Barres bâti en 1250, devenu hôtel de Charny au . C'était la demeure de Louis de Boisredon, amant, en 1417, d'Isabeau de Bavière. Les immeubles à cet emplacement, en recul par rapport à celui du , ont été construits vers 1840 à la suite du percement de la rue du Pont-Louis-Philippe. Louis et Félix Lazare ont vécu à cette adresse jusqu’en 1826. ; : chevet de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais ; : emplacement de la maison de ville des religieuses de l'abbaye de Maubuisson, reconstruite en 1540 en encorbellement et appelée « couvent des Filles de la CroixJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, t. 1, et 613. ». Située à l'angle de la rue du Grenier-sur-l'Eau, Cette maison à colombages accueille de nos jours une auberge de jeunesse. ; : maisons construites en 1626 pour la fabrique de la paroisse Saint-Gervais au-dessus du « charnier neuf », galerie qui abritait des sépultures particulières jouxtant le cimetière Saint-Gervais. On aperçoit derrière les grilles les arcades de cette galerie et le jardin aménagé après 1945 à l'emplacement de l'ancien cimetière ; : immeuble du construit par l'architecte Jacques Gabriel. ; : square Couperin.

Notes et références

Pour approfondir

Bibliographie . Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.

Articles connexes Liste des voies du de Paris Liste des anciens noms de voies de Paris Dénomination des voies de Paris Histoire de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris Les voies de Paris : dénominations et numéros d'immeubles

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