Jérémy Stravius, né le à Abbeville, est un nageur français spécialiste des épreuves de dos, de nage libre et de papillon, notamment médaillé d'or aux Championnats du monde et médaillé d'or puis d'argent, en relais, aux Jeux olympiques.
Nageur polyvalent, capable de remporter des médailles nationales dans ces trois styles de nage, il décroche son premier titre de champion de France en 2009 avant de devenir champion d'Europe en petit bassin au sein du relais nage libre en fin d'année. En 2010, il remporte la médaille d'argent du dos aux Championnats d'Europe à Budapest. L'année suivante, à Shanghai, il devient le premier champion du monde de l'histoire de la natation française du dos, en partageant sa médaille d'or avec Camille Lacourt. En 2012, il est champion olympique du relais nage libre puis champion du monde dans la même discipline en . Il est également en 2013 champion du monde du relais où il réalise le relais en papillon. En 2016, il est médaillé d’argent du . Le mercredi , il met un terme à sa carrière.
Biographie Jérémy Stravius, après avoir passé une partie de son enfance à Saint-Valery-sur-Somme, apprend à nager dans le petit bassin d'un club de plage au Touquet-Paris-Plage., ensuite il est placé dans une famille d'accueil à Saint-Blimont proche de Friville-EscarbotinThierry Taze-Bernard, « Stravius, une force tranquille », sur france2.fr, 2 août 2009. Consulté le 11 août 2010.. Il a obtenu son baccalauréat scientifique en 2007 à l'issue de sa scolarité au lycée du Vimeu, à Friville-Escarbotin. C'est dans cette même ville, au sein du CN Albatros Friville, qu'il débute la natation à l'âge de sept ans. Double champion de France cadets des 50 et dos en 2005Performances de Jérémy Stravius lors des Championnats de France cadets 2005, sur ffnatation.fr. Consulté le 12 août 2010., titres convertis au niveau juniors l'année suivante avant un triplé 50-100- dos en 2008 lors de sa dernière saison dans la catégoriePerformances de Jérémy Stravius lors des Championnats de France juniors 2006, sur ffnatation.fr. Consulté le 12 août 2010.Performances de Jérémy Stravius lors des Championnats de France juniors 2008, sur ffnatation.fr. Consulté le 12 août 2010., il rejoint le d'Amiens et entame une collaboration avec l'entraîneur Michel Chrétien dès 2007. Après plusieurs places de finaliste lors des Championnats de France élite dès 2005 en petit bassin et plus tard à la fois en nage libre sur et en dos, il se révèle en 2009, une année marquée par l'apogée de la polémique sur l'utilisation de combinaisons plus ou moins constituées de polyuréthane, un matériau plastique flottant.
Ainsi, lors des Championnats de France 2009 organisés à Montpellier et sélectifs pour les Championnats du monde prévus durant l'été, il se distingue en décrochant le titre de champion de France du dos, record de France à la clé. Vainqueur de la finale en , il enlève le titre devant Benjamin Stasiulis, lui subtilisant le meilleur temps national de l'histoire établi lors des demi-finales en . Il valide surtout sa qualification pour les mondiaux dans cette épreuve et, suite logique, sa place au sein du collectif de l'ambitieux relais tricolore . Bien qu'il batte également celui du en séries, il ne peut rivaliser avec Camille Lacourt qui reprend son bien en finale, Stravius se classant troisième. Enfin, sur dos, il finit dauphin de Stasiulis en descendant pour la première fois de sa carrière sous les deux minutes, en .
Avant le rendez-vous planétaire, il remporte deux médailles — une en bronze sur dos et une en argent avec le relais nage libre — à l'occasion des Jeux méditerranéens organisés à Pescara. Toujours en Italie, mais lors des mondiaux cette fois, il parvient à passer le cap des séries éliminatoires mais est éliminé en demi-finale du avec le douzième temps global. Par ailleurs titularisé au sein du relais français, aux côtés de Hugues Duboscq, Clément Lefert et Alain Bernard, il termine cinquième de la finale à un peu plus d'une seconde du podium occupé dans l'ordre par les États-Unis, l'Allemagne et l'Australie. Il réalise à cette occasion le moins bon parcours de dos des huit dossistes chargés de lancer leur relaisPascal Glo, « Un dos trop fragile », dans L'Équipe, 3 août 2009, .. En fin d'année, après avoir obtenu quatre médailles de bronze aux Championnats de France en petit bassin, notamment sur 50 et nage libre, il est sacré champion d'Europe du relais nage libre lors des Championnats d'Europe organisés à Istanbul. Intégré au relais avec Amaury Leveaux, David Maître et Frédérick Bousquet, il remporte sa première récompense dans un grand championnat international et confirme ses dispositions en nage librePascal Glo, « Toujours aussi rapides », dans L'Équipe, , ..
2010 : un outsider prometteur En rupture avec les deux années précédentes, 2010 signe la fin des combinaisons et le retour aux maillots de bains et autres bermudas en tissu. Triple médaillé mais pas titré lors des Championnats de France disputés à Saint-Raphaël, il est sélectionné pour disputer les 50 et dos aux Championnats d'Europe se tenant à Budapest début août, ainsi que le relais nage libre. Disposant de la troisième meilleure performance continentale de l'année sur derrière le Britannique Liam Tancock et son compatriote Camille Lacourt, il enlève la médaille d'argent derrière l'autre Français, auteur du deuxième meilleur temps de l'histoire, et devant Tancock. Après une cinquième place en finale du dos, il participe au relais nage libre aux côtés de ses compatriotes Yannick Agnel, Clément Lefert, futurs champions olympiques du relais 4× nl à Londres et Antton Haramboure. Dernier relayeur, lancé en quatrième position à une seconde et de seconde du podium, il réalise le meilleur parcours lancé de tous les finalistes en et dépasse son concurrent britannique pour finir troisième et remporter une deuxième médaille à titre personnel Résultats officiels de la finale du relais nage libre des Championnats d'Europe 2010, sur omegatiming.com. Consulté le 14 août 2010..
2011 : champion du monde ex-aequo En 2011, à Shanghai, il devient le premier champion du monde de l'histoire de la natation française du , en partageant sa médaille d'or avec Camille Lacourt, auteur d'un temps identique de .. Il obtient également une médaille d'argent avec le relais composé de Fabien Gilot, Alain Bernard et William Meynard qui terminera en 3 min 11 s 14, devancé par le relais australien emmené par le champion du monde du nage libre James Magnussen. Il glane une seconde médaille d'argent avec le relais nage libre composé de Yannick Agnel, Grégory Mallet et Fabien Gilot, devancé en finale par le relais américain emmené par Ryan Lochte et Michael Phelps. Lors des Championnats de France en petit bassin, il remporte trois titresBilan des championnats de France de natation. et il améliore le record de France de Le record de France pour Stravius..
2012 : le relais olympique Au mois de mars, les Championnats de France sont qualificatifs pour les Jeux olympiques de Londres. Troisième du dos derrière Camille Lacourt et Benjamin Stasiulis., le Picard ne se qualifie pas pour les Jeux olympiques sur cette épreuve, seuls les deux premiers étant retenus. Stravius n'est finalement retenu que pour le relais nage libre.. Deux mois après les Championnats de France, Stravius est présent aux Championnats d'Europe. Victorieux avec Amaury Leveaux, Alain Bernard et Frédérick Bousquet du relais nage libre., Stravius est septième du dos..
Présent aux Jeux olympiques sur les relais et nage libre, Jérémy Stravius ne dispute dans les deux cas que les séries. Stravius est cependant médaillé d'or au même titre que ses coéquipiers Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel sur le puis médaillé d'argent sur le dans une finale disputée pour la France par Amaury Leveaux, Grégory Mallet, Clément Lefert et Yannick Agnel.
En novembre, Stravius remporte 6 médailles (5 en or et 1 en argent) lors des Championnats d'Europe en petit bassin disputés à Chartres où il en ressort comme l'athlète le plus titré. À cette occasion, il est l'une des confirmations de ces championnats contribuant au record de podiums (29) de l'équipe de France. Il impressionne en particulier sur où il s'impose en , soit de mieux que le record de France de Camille Lacourt.. Il devance son compatriote et ancien partenaire d'entraînement Benjamin Stasiulis, en , record personnel.
2013 : quadruple champion de France et quadruple médaillé mondial Surnommé le «Lochte français» pour sa polyvalence, Jérémy Stravius remporte 4 titres de champion de France ( et dos, , papillon) lors des Championnats de France de natation 2013 et obtient qualificatifs pour les Mondiaux 2013 de Barcelone grâce à sa seconde place sur libre derrière Yannick Agnel en battant son record personnel en .. Stravius confirme son excellente forme de début de saison. Sur dos notamment., il assume son nouveau statut de patron de la discipline en France, aux dépens d’un Camille Lacourt trop juste, n’ayant repris l’entraînement à plein temps qu’en janvier. Surtout, lors de ces championnats, il balaye le record de France du . en le portant à (contre pour Fabien Horth en 2009). Il est victorieux sur papillon, deuxième meilleure performance mondiale de l'année (, 55 centièmes de moins que son record personnel de la veille). et enlève le dos en , soit de moins que son record personnel., qui datait des séries du matin. Il devient le premier nageur français de l'histoire à décrocher 5 qualifications individuelles pour les championnats du monde, et ce dans 3 nages différentes..
Stravius débute les Mondiaux 2013 de Barcelone avec l'objectif ambitieux de nager tous les jours et d'être compétitif sur chacune des trois épreuves individuelles (50, dos, ) sur lesquelles il s'engage et de devenir un pilier des trois relais ( nage libre, nage libre et ). Il renonce néanmoins à nager le papillon ainsi que le nage libre. Stravius déclare « je sais que c'est un gros challenge pour moi, mais je me sens prêt »..
Préservé le matin, sa première épreuve est la finale du nage libre.. Il réalise l'exploit avec ses coéquipiers Yannick Agnel, Florent Manaudou et Fabien Gilot en remportant le titre devant les États-Unis et la Russie. Dernier relayeur, Stravius profite du gros travail de Gilot pour ressortir d'un relais jusque-là mal engagé à seulement quatre dixièmes du nageur russe Izotov. Il profite de sa première coulée à la limite des quinze mètres pour éviter un maximum les remous et revenir presque à hauteur du russe, sa deuxième coulée lui permettant de reprendre un léger avantage. À la bagarre, il se détache sur les 25 derniers mètres afin d'apporter le seul titre qui manquait à un relais nage libre français.. Stravius déclare après course « À Londres, j'ai chanté La Marseillaise avec eux, j'ai vécu le relais avec eux. Mais c'est vrai qu'il manquait la nage, la pression d'une finale. Un truc qui m'avait manqué et que j'ai retrouvé avec plaisir cette année »..
Engagé dans les séries et demies du dos dès le lendemain, une distance sur laquelle il est considéré par beaucoup d'observateurs comme le favori, Stravius se qualifie tranquillement pour la finale avec le en .. Le jour suivant, Stravius doit cependant se contenter de la médaille de bronze en derrière les Américains Matt Grevers et David Plummer ..
Le jour suivant, il ne parvient pas - pour un centième - à passer les séries du ce qui met fin à son rêve de nager tous les jours. Le nageur amiénois relativise déclarant après coup que cette élimination certes décevante allège son programme et que c'est un mal pour un bien..
Deux jours plus tard, Stravius est engagé dans la finale du relais nage libre qui termine à la . Encore dernier relayeur de son équipe, Stravius réalise un beau parcours en mais ne peut rien contre le retour impressionnant du nageur chinois Sun Yang en qui arrache le bronze pour .