Un homme à brûler (Un uomo da bruciare) est un film italien, réalisé en 1962 par les frères Taviani et Valentino Orsini.
Le film s'inspire d'un fait réel : l'histoire d'un syndicaliste sicilien, Salvatore Carnevale, assassiné en par la Mafia, près de Palerme, pour avoir soutenu et incité les paysans dans leur lutte pour un partage légal des terres.
Synopsis Après deux années passées sur le continent, Salvatore retourne dans sa Sicile natale. Alors qu'il rêve d'être accueilli en fils prodigue, il constate que les habitants de son village l'attendent, plutôt impatiemment, afin d'y dénouer un conflit d'ordre social. La question cruciale est celle-ci : faut-il occuper les domaines que la récente loi a expropriés et partagés et que la Mafia empêche qu'on leur distribue ? Les paysans entament une action pacifique, mais Salvatore veut aller plus loin : en labourant et semant, ils doivent provoquer une situation irréversible. Les paysans se mettent au travail, mais la Mafia les attaque à l'aube. Les carabiniers interviennent alors pour empêcher les combats. Ne s'avouant pas vaincue, la Mafia entreprend de contrôler l'affermage des carrières du voisinage. Simultanément, elle cherche à gagner à sa cause Salvatore, en l'achetant si nécessaire. Bien qu'il feigne d'accepter la négociation, Salvatore engage une campagne pour améliorer les conditions de travail dans les carrières. Un matin, Salvatore s'en prend violemment au chef local de la Mafia : celle-ci le liquide physiquement, une heure après. Le village entier, lui rendant hommage, assiste à ses funérailles.
Fiche technique Titre original : Un uomo da bruciare Titre français : Un homme à brûler Réalisation et scénario : Paolo Taviani et Vittorio Taviani, Valentino Orsini Assistant réalisateur : Franco Taviani Collaboration aux dialogues : Ignazio Buttita Photographie : Toni Secchi, noir et blanc. Caméra : Luigi Kuveiller Photographe de plateau : Beniamino Curcio Montage : Lionello Massobrio, assiste de Carlo Marini Musique : Gianfranco Intra Son : Fausto Ancillai Scripte : Rosalio Raffio Maquillage : Antonio Mura Production : Giuliani G. De Negri, Enrico Chroscicki pour Ager film, Sancro Film, Alfa Cinéma Durée : 92 min Année de réalisation : 1962 Pays d'origine : Sorties : en ; en Présenté à la Mostra de Venise le dans la Section informative.
Distribution Gian Maria Volonté : Salvatore Didi Perego : Paola Turi Ferro : Vincenzo Spýros Fokás : Jachino Marina Malfatti : Wilma Vittorio Duse : Bastiano Lydia Alfonsi : Francesca Ignazio Roberto Daldone Franco Facciolo Renato Montalbano Ida Carrara Giuseppe Lo Presti Pierluigi Manetti
Récompense Prix de la Critique pour la Meilleure première œuvre à la Mostra de Venise, 1962
Autour du film Paolo et Vittorio Taviani s'installèrent en Sicile, quatre mois durant, afin d'y tourner un documentaire consacré au syndicaliste Salvatore Carnevale. Filmé de "façon extérieure", dépourvu de distance critique et largement hagiographique, selon les réalisateurs eux-mêmes, le travail effectué contenait, pourtant, les éléments qu'ils cherchaient à développer pour le film de fiction qu'il projetait de réaliser et qui s'intitulerait Un homme à brûler. Pour les membres de la Mafia, Salvatore Carnevale est un "homme à brûler" car, disent-ils, Entrepris avant Salvatore Giuliano (1962) de Francesco Rosi, qui traite d'un sujet proche, le film des Taviani sortit sur les écrans après celui-ci. La comparaison entre les deux films n'est pourtant pas aisée à établir. Francesco Rosi construit son film comme une enquête de caractère strictement politique et se livre à une démystification du bandit d'honneur. En revanche, Paolo Taviani explique que si Entretien avec Jean A. Gili in : Paolo et Vittorio Taviani, Institut Lumière/Actes Sud, 1993) Ajoutons-y, aussi, la différence de nature - profonde et inconciliable, au-delà des similitudes de caractère apparentes - entre les deux protagonistes principaux (les deux "Salvatore" mis en scène l'un par Rosi, l'autre par les frères Taviani).
Opinion À travers Un homme à brûler, premier film des frères Taviani, réalisé en collaboration avec Valentino Orsini, Jean Delmas y décelait une qui ne sont, selon lui, que . Les cinéastes italiens enterrent le héros positif, affirme-t-il. Puis, il ajoute :J. Delmas, Recherche et continuité : l'œuvre des Taviani, in Jeune Cinéma, n°71, juin 1973..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Jeanine Marroncle, « Venise 1962 », Téléciné, 107, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), ,
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