Lucius Faenius Rufus, mort en 65, à Rome, est l'un des deux préfets du prétoire de l'empereur Néron à partir de 62. En 65, à la suite de sa participation à la conjuration de Pison visant à assassiner Néron, il est mis aux arrêts et exécuté.

Biographie

Famille On lui connait un fils, Lucius Faenius ApollinarisCIL, XIII, 1776..

Carrière Faenius Rufus est un chevalier romain dont la naissance et la jeunesse ne nous sont pas connues. En 55, du fait de sa proximité avec Agrippine la Jeune, la mère de l'empereur Néron, il obtient la préfecture de l'annoneMiriam Griffin, Nero: the End of a Dynasty, p. 69.. Il est par conséquent chargé de l'approvisionnement en blé de la capitale, du stockage des céréales et de la gestion des distributions garanties par la maison impériale. Il semble que Faenius Rufus se soit honorablement acquitté de sa tâche puisque Tacite insiste sur son efficacité et sa probité qui lui auraient valu l'estime du peupleTacite, Annales, XIV, 51..

Ainsi, à la mort de Sextus Afranius Burrus, Rufus est récompensé en se voyant attribuer la préfecture du prétoire, c'est-à-dire le commandement de la garde prétorienne, conjointement avec l'ancien préfet des vigiles Tigellin, un familier du Prince. En partageant cette fonction entre deux personnesAuguste, le créateur de la garde prétorienne, avait jugé plus sûr de diviser cette fonction importante entre deux hommes. Tibère, son successeur, revint sur cette politique et donna un chef unique à cette institution., Néron souhaite sans doute limiter le pouvoir du commandant de la gardeSandra Bingham, « The Praetorian Guard in the Political and Social Life of Julio-Claudian Rome », p. 111.. Bien que Tigellin soit nommé du fait de sa proximité avec le Prince, si ce dernier élève Faenius Rufus à cette fonction, c'est sûrement en raison de sa popularité auprès de la garde. De fait, les deux préfets du prétoires ne parviennent pas à s'entendre. Tigellin s'efforce de discréditer son rival auprès de l'empereur, en l'accusant notamment de vouloir venger Agrippine, dont il aurait été l'amant, entretemps assassinée par Néron.

Incapable de lutter contre l'influence de Tigellin, Faenius Rufus commence à craindre d'être disgracié par l'empereurJürgen Malitz, Nero, p. 81.. C'est peut-être un facteur déterminant du ralliement du préfet, pourtant un des personnages les plus importants de l'Empire, à la conjuration fomentée contre NéronSandra Bingham, op.cit., p. 111.. Il rejoint donc les conspirateurs, réunis autour du sénateur Pison de la gens Calpurnia, et, après avoir reporté une fois leur méfait, s'accordent pour orchestrer le renversement du Prince à l'occasion des jeux de Cérès. Ainsi, tandis que l'empereur doit tomber sous le poignard des assassins dans le Circus Maximus, Faenius Rufus est chargé d'escorter Pison à la caserne prétorienne pour qu'il reçoive l'acclamation des soldats de la gardeMiriam Griffin, Nero: the End of a Dynasty, p. 167..

Rien ne se passe toutefois comme prévu. Dénoncé par Milichus, un de ses affranchis, un sénateur, Flavius Scaevinius, ainsi qu'un chevalier, Antonius Natalis, sont arrêtés par ordre de l'empereur. Découvrant le complot et ignorant encore son envergure, ce dernier charge les officiers de sa garde, en premier lieu desquels Tigellin et Faenius Rufus de faire toute la lumière sur cette conjuration. Faenius Rufus, qui comprend que la conspiration est vouée à l'échec, met toute son énergie à dissimuler son implication par une manifestation inconditionnelle de zèleSteven Rutledge, Imperial Inquisitions: Prosecutors and Informants from Tiberius to Domitian, p. 168.. Natalis livre plusieurs noms, incluant certaines personnes, à l'image de Sénèque, dont la participation au complot n'est sans doute pas avérée. Les arrestations se multiplient et Rufus s'efforce de tenir son rôle de préfet. Croyant encore pouvoir échapper à son sort, il empêche l'un de ses officiers, le tribun Subrius Flavus, lui aussi impliqué dans le complot, de profiter d'une visite de l'empereur pour le faire trépasserJürgen Malitz, op.cit., p. 82..

Faenius Rufus finit cependant par être rattrapé par ses actes. Dénoncé par Scaevinius puis par le chevalier Cervarius Proculus, il se montre incapable de se justifier devant le crime dont on l'accuseSandra Bingham, op.cit., p. 114.. Le préfet du prétoire est finalement arrêté par les troupes loyales à l'empereur, avec ceux des officiers prétoriens, tels Flavus et Sulpicius Aper, qui se sont, eux aussi, compromis dans l'affaire. Après un rapide procès, tous trois sont exécutés, mais tandis que ses deux compagnons affrontent courageusement la mort, Tacite déplore que Faenius Rufus, terrifié, ait manqué de fermeté à l'heure de son décès.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Historiographie Tacite, les Annales, livres XIV et XV Dion Cassius, Histoire romaine, livres LXII

Travaux contemporains Vasily Rudich, Political Dissidence under Nero, 1992, Routledge Miriam T. Griffin, Nero: the End of a Dynasty, 2000, Routledge Steven H. Rutledge, Imperial Inquisitions: Prosecutors and Informants from Tiberius to Domitian, 2001, Routledge Victoria Emma Pagán, Conspiracy Narratives in Roman History, 2004, University of Texas Press Jürgen Malitz, Nero, 2005, Wiley-Blackwell

Article scientifique Sandra J. Bingham, « The Praetorian Guard in the Political and Social Life of Julio-Claudian Rome », 1997, University of British Columbia Lire en ligne

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