Le HMS est un brick britannique de quatorze canons lancé pour la Royal Navy en 1782. Construit durant les dernières années de la guerre d'indépendance des États-Unis, il participe avec succès aux guerres de la Révolution française.

Construit à Douvres dans le Kent, le Speedy passe la plupart de son temps de paix au large des côtes britanniques. Transféré en mer Méditerranée après le déclenchement des guerres de la Révolution française, il passe le reste de sa carrière sous les ordres de commandants renommés, participant victorieusement à des engagements parfois déséquilibrés contre des forces supérieures. Son premier commandant dans les eaux méditerranéennes, Charles Cunningham, fait de nombreuses prises, parmi lesquelles les frégates françaises Modeste et Impérieuse qu'il aide à capturer ; son successeur, George Cockburn, impressionne ses supérieurs par son dévouement et son sens du devoir. Le commandant suivant, George Eyre, voit quant à lui son navire capturé par les Français, le .

L'année suivante, le Speedy est recapturé et passe sous les ordres de Hugh Downman, qui capture un certain nombre de navires corsaires de 1795 à 1799, et repousse une attaque du corsaire français Papillon, le . Son successeur, Jahleel Brenton, combat plusieurs fois contre les Espagnols au large de Gibraltar. Enfin, son dernier capitaine britannique, Thomas Cochrane, réalise un coup d'éclat en capturant un navire espagnol bien plus grand que le sien, le , lors d'un combat naval qui inspirera Patrick O'Brian pour son livre Maître à bord. Le Speedy est finalement capturé par une escadre française en 1801 ; l'année suivante, il est donné à la marine pontificale par Napoléon et y passe quatre ans sous le nom de San Paolo, avant d'être démoli en 1806.

Conception Le HMSHMS est l’abréviation de Her ou His Majesty's Ship. Speedy est l'un des deux bricks-sloops construits sur les mêmes plans par Thomas King à Douvres. Avec son sister-ship le , ils sont conçus comme des navires d'escorte petits et rapides, avec des coques profilées comme celles d'un cotre plutôt que celles d'un sloop, qui tiennent mieux à la mer mais sont plus lentes. King s'était spécialisé dans ce type de navires et la classe Speedy est le résultat de son expérience ; le Speedy est ainsi nommé pour symboliser cette nouvelle approche, « » signifiant « rapide » en anglais.

Il déplace bm, mesure de long, de large et possède un tirant d'eau de . Il est armé de quatorze canons de quatre livres et de douze pierriers d'une demi-livre, et porte un équipage de . Commandé le , sa construction commence au chantier de en juin de la même année et le Speedy est lancé un an plus tard, le . Il est alors déplacé à Deptford afin d'y être armé et doublé ; il y reste du au . La construction du Speedy coûte , et au total.

Histoire Les débuts Le Speedy entre en service en sous les ordres du commander Josias Rogers, et prend la direction de la mer du Nord afin de prendre position dans l'estuaire du Humber. En , après quatre ans sur place, le Speedy est placé en réserve et mis en carénage à Woolwich en avril de la même année. Les travaux sont finis en juillet pour un coût total de sterling et il reprend du service en mai aux ordres du commandant John Maude, toujours dans le Humber.

À partir de le commander Richard Lane est à la barre, jusqu'à la mise en réserve du navire en . Le Speedy subit alors un autre carénage, cette fois à Deptford entre et , pour un coût de , avant de reprendre du service en novembre de la même année sous les ordres du commander Charles Cunningham.

Guerres de la Révolution française

Cunningham avait précédemment servi aux Indes aux commandes du sloop de .. La guerre avec la France est déclarée alors qu'il prend possession de son nouveau commandement, et il est envoyé en Méditerranée afin de rejoindre la flotte de Samuel Hood. Arrivé en , il sert alors de messager entre les différents navires de la Méditerranée, transmettant courrier et ordres de mission. Le , le Speedy accompagne les et à Gênes, où ils capturent la frégate française et deux tartanes armées lors d'un raid dans le port.. Durant cet affrontement, le Speedy envoie deux chaloupes aborder les tartanes pendant que le Bedford canonne la Modeste. Les équipages français résistent et deux de leurs marins sont blessés, mais les Britanniques finissent par l'emporter et personne n'est touché dans leurs rangs. Le Captain et le Speedy font ensuite voile vers La Spezia où ils capturent une frégate française à l'ancre, l'. L’Impérieuse est sabordée par son équipage mais est ensuite renflouée ; elle entre en service dans la Royal Navy sous le nom de HMS Imperieuse. Cunningham est alors promu au grade de et se voit confier le commandement de la prise, avec ancienneté rétroactive à la date de la capture, le .

Le commander George Cockburn prend alors les commandes du Speedy et reste en mer Méditerranée. Ses premières missions se limitent à transporter des missives et des passagers entre Toulon et Gênes avant qu'il ne reçoive l'ordre de rejoindre le capitaine Andrew Sutherland du , alors en tête de l'escadre chargée du blocus de Gênes. La petite flotte est prise dans des tempêtes hivernales et plusieurs navires sont sévèrement endommagés, forçant Sutherland et son escadre à chercher refuge dans des ports proches afin d'y subir des réparations ; seul le Speedy reste à son poste. Sutherland rejoint alors la baie d'Hyères et rapporte la dispersion de son escadre à Hood, notant qu'il n'a eu aucune nouvelle du Speedy depuis le coup de vent. Une fois le Diadem réparé, Sutherland retourne à Gênes et est surpris de découvrir le Speedy patrouillant dans le port, n'ayant pas quitté son poste une seule fois ; maintenant seul le blocus, il a même réussi à capturer plusieurs navires. Sutherland ordonne alors au Speedy, qui se trouve à court d'eau potable, de rallier Hyères pour y faire provision. Dans le même temps, Sutherland fait à Hood un rapport élogieux sur Cockburn. Le , Cockburn est récompensé par le commandement temporaire de la frégate en tant que post-captain, suivi un mois plus tard par le commandement de la frégate .

C'est le commander George Eyre qui prend le commandement du Speedy en . Le sloop participe au siège et à la capture de Bastia, après quoi Eyre reçoit l'ordre de rejoindre le Diadem au large de Nice. Alors qu'il fait route, le , il rencontre une escadre française de trois navires aux ordres du contre-amiral Pierre Martin, qui a quitté Toulon quelques jours plus tôt. Eyre essaye de prendre la fuite, mais le vent et l'état de la mer favorisent les navires français, plus grands ; le Speedy est pris en chasse et capturé par la Sérieuse. Eyre est amené à bord du navire amiral et il lui est notifié que la Convention a récemment ordonné qu'aucun quartier ne doit être accordé aux Anglais ou aux Hanovriens, et que si le navire de Martin avait été le premier sur le Speedy, il aurait dû l'envoyer par le fond>. L'apparition soudaine de la flotte britannique abrège l'entrevue et les Français se réfugient en rade de Toulon, emportant leur prise avec eux.

Recapture Le Speedy passe peu de temps sous pavillon français ; le son commandant prend le du capitaine Thomas Fremantle pour un navire français et se fait capturer. Le brick reprend alors du service dans la Royal Navy.

Au début du mois de mars de l'année suivante, le Speedy, sous les ordres du capitaine Thomas Elphinstone, rejoint une escadre croisant au large d'Oneglia en Italie. Menée par le commodore Horatio Nelson, cette escadre est composée des vaisseaux de 64 canons et , des frégates de et et du sloop . Le , l'escadre se dirige toutes voiles dehors vers Finale après que le commodore a appris qu'un grand convoi français rempli de marchandises pour l'armée française est ancré au large de la ville. Cependant, lorsque l'escadre britannique arrive, seulement quatre navires sont ancrés sous la protection d'une batterie. Celles-ci ouvrent le feu sur le Peterel alors qu'il mène les chaloupes de l'escadre à l'attaque ; malgré ce bombardement, les Britanniques réussissent à capturer les quatre navires et n'ont que trois blessés à déplorer.

Le , l'escadre pourchasse le ketch français Génie, la canonnière d'un canon Numéro Douze et cinq navires marchands qui vont chercher refuge non loin d'une batterie côtière. À , l’Agamemnon, la Blanche, le Peterel et le Speedy les approchent et s'ancrent dans d'eau. Les quatre navires britanniques font feu et détruisent la batterie, avant d'envoyer leurs chaloupes attaquer les navires français, sous le feu nourri du Génie et du Numéro Douze ; ceux-ci sont abordés et capturés avec succès. Au même moment, les navires marchands s'échouent afin d'éviter la capture. Malgré un feu nourri de mousquets depuis la plage, les Britanniques capturent et renflouent quatre des navires et en détruisent un ; un mort et trois blessés sont à déplorer dans leurs rangs.

Downman et Brenton

Le commander Hugh Downman succède à Elphinstone en , qui fait plusieurs croisières avec le Speedy. Le , alors qu'il navigue au large de Vigo, il croise la route du navire corsaire Papillon, portant et . Celui-ci attaque le Speedy qui navigue avec un équipage réduit : le maître M. Marshall et sont en effet à bord d'une prise espagnole que le navire britannique a faite plus tôt.. Les deux navires combattent pendant deux jours ; le second jour Downman a épuisé ses munitions et se trouve réduit à tirer des clous et des morceaux de cercles de tonneau sur son adversaire. Voyant la situation délicate dans laquelle est son capitaine, Marshall enferme l'équipage espagnol dans la cale et prend avec lui l'équipage de prise sur une chaloupe afin de lui porter assistance. Après un rude combat le Papillon abandonne le combat ; l'équipage du Speedy compte cinq morts et quatre blessés. Downman recapture sa prise et rentre à Lisbonne afin d'y faire des réparations. Aux commandes du Speedy, Downman capture en tout cinq navires corsaires totalisant , et . Pour ses efforts dans la protection du commerce britannique au large de Porto, les marchands lui dépêchent une lettre de remerciements et de l'argenterie pour une valeur de . En récompense de ses actions, Downman est promu post-captain le et nommé commandant de la , une frégate de capturée aux Espagnols au combat de Cartagena le .

En janvier de l'année suivante, le commander Jahleel Brenton est désigné commandant du Speedy, basé à Gibraltar. Le , alors qu'il sort du port en compagnie du corsaire Defender, Brenton tombe sur trois petits vaisseaux espagnols, d'une puissance de feu totale de de . Les Espagnols se dirigent vent arrière vers une petite baie sablonneuse et jettent l'ancre en ligne afin de pouvoir tirer simultanément sur les navires Britanniques. Le Speedy et le Defender font des aller-retours et tirent bordées sur bordées pendant deux heures, sans effet notable. L'équipage du Defender n'est que de et celui-ci décide d'aller chercher de l'aide. Brenton pense alors que rester sous voile favorise l'ennemi, et il décide d'aller s'ancrer à de la ligne ennemie, face au navire situé au milieu. Après trois quarts d'heure d'une vive canonnade, les Espagnols abandonnent leur navire et gagnent le rivage. Deux des navires s'échouent et le troisième est immédiatement capturé. Le Speedy met ensuite ses chaloupes à la mer afin de récupérer les deux autres navires, malgré le feu nourri tiré depuis la rive par les Espagnols. Les Britanniques récupèrent les deux navires et rentrent à Gibraltar ; seuls deux hommes ont été blessés durant l'expédition.