vignette|220px|Armoiries de Boulogne-Billancourt. L'histoire de Boulogne remonte à un bac antique et un franc-alleu réunissant Issy et Vanves, le fief Baudoin, mais commence en tant que paroisse autonome en 1330. Relevant d'une censive distincte de celle de Billancourt depuis 1109, Boulogne-la-Petite était un village viticole fondé, à partir d'un hameau de bûcherons, les Mesnuls-lès-Saint-Cloud, et sa chapelle Saint Gemme, par détachement de la paroisse d'Auteuil, l'année de l'institution du pèlerinage à l'église Notre Dame de Boulogne sur Seyne. L'installation des résidences royales à Longchamp après les destructions de la guerre de Cent Ans puis à Versailles et Saint-Cloud après la Fronde, la construction des routes y conduisant ont fait surgir à Boulogne des faubourgs de blanchisseurs au service des courtisans allant ou revenant de Paris ou installés dans leurs villégiatures qu'ils firent alors construire autour du village à l'instar de l'ancienne manse de Billancourt.
À la Révolution, le village de Boulogne la Petite agrandit son territoire d'un tiers par l'annexion de celui que possédait Saint-Cloud sur la rive droite de la Seine et la commune adopte en 1790 le nom de Boulogne-sur-Seine. Très à la mode sous le Consulat et l'Empire, elle s'urbanise au et se voit diminuée de Longchamp sous le Second Empire puis agrandie, en 1860, du parc des Princes aménagé par Haussmann et de Billancourt aménagé par le comte de Gourcuff. Toutefois, elle attendra 1926 pour adopter le nom de Boulogne-Billancourt.
La Belle Époque y voit naître l'industrie aéronautique et automobile, Farman et Renault en particulier, dont les usines finissent par recouvrir une grande partie du territoire. La banlieue ouvrière qu'elle est devenue dès avant 14-18 est transformée entre les deux guerres par André Morizet en une ville à l'architecture typique des années 1930 où s'épanouit le cinéma français. Bombardée pendant la guerre, période durant laquelle elle a été à la fois un lieu de déportation et de résistance, elle a repris sa modernisation dans les années 1950 quand elle était encore le bastion du syndicalisme ouvrier et s'est reconverti dans les services, la communication et l'audiovisuel après le choc pétrolier. C'est aujourd'hui le premier pôle urbain de la région après Paris auquel elle est physiquement intégrée.
Synthèse historique Pour les références historiographiques et le détail des événements historiques, voir la chronique.
Boulogne a été jusqu'au une campagne et jusqu'au un village de campagne s'étendant sur les anciens territoires des seigneuries de Saint-Cloud et Auteuil séparées par l'actuelle rue de Billancourt et reliées par un bac depuis une antiquité qui remonte au moins au transfert de la capitale des parisis de Nanterre à Lutèce.
Le développement de Boulogne a été rythmé par cinq destructions militaires qui ont chacune marqué l'avènement d'une époque nouvelle. Successivement, cette campagne verdoyante et boisée proche de Paris a attiré les œuvres hospitalières du Bas Moyen Âge, puis les villégiatures du Grand Siècle et du et les villas bourgeoises au . C'est dans les parcs de ces propriétés que les ingénieurs de la Belle Époque ont élevé leurs usines, remplacées aujourd'hui par des ensembles et des sièges d'entreprises qui font de Boulogne un pôle totalement intégré dans la conurbation parisienne.
La naissance d'un village au Haut Moyen Âge Dès la chute de l'Empire romain, le bac entre Nanterre et Lutèce sert au pèlerinage du mont Valérien. En 615, Auteuil, y compris la plus grande partie de l'actuelle Boulogne-Billancourt, est rattaché au diocèse du Mans, Paris relevant de celui de Sens.
Au cours du Moyen Âge, ce territoire a été l'objet de l'exploitation saisonnière des pêcheurs. À côté de ceux-ci, les bûcherons du Rouvray sont regroupés dans le hameau des Menuls. Au sud de la forêt, les rives du fleuve sont confiées par des seigneurs de Billancourt à des pasteurs. Le tout est administré pour le compte de cinq grandes abbayes de Paris. Toutes ces abbayes ont peu à peu établi en pleine campagne un certain nombre d'institutions qui, reliées par des voies, ont constitué l'armature d'un grand village. Les premiers édifices qui ont servi d'embryons à de telles institutions ont été : vers 630, le pont de Saint-Cloud avec son octroi, qui double le bac conduisant à l'abbaye de Saint Cloud ; vers 841, le gibet royal qui crée un lieu de relégation et attirera les établissements religieux accueillant les indigents puis les malades.
La renaissance capétienne à partir de 1109 En 1109, le territoire de Boulogne, occupé par le duché de Normandie depuis 1060, est rendu aux capétiens. En 1134, le hameau des Menus est donné à la nouvelle abbaye de Montmartre fondée par la reine Adélaïde. En 1189, les hospices de Saint-Cloud ouvrent entre le gibet et le pont une léproserie, qui deviendra la blanchisserie de l'abbaye de Saint-Cloud puis les actuels studios de Boulogne. En 1193, les bûcherons se voient interdire l'accès au bois réservé aux chasses royales. Les bénédictines de Montmartre transforment le hameau en un petit village viticole En 1247, les vignerons et autres serfs des Menus sont affranchis. La coutume de la Saint-Vincent s'instaure. En 1330, l'abbesse de Montmartre donne un parchamp des Menus où le roi fait élever l'église Notre-Dame qui devient le principal lieu de pèlerinage des Parisiens. L'institution du pèlerinage de Boulogne-sur-Seyne, avec indulgences en remplacement de celui de Boulogne-sur-Mer, est un moment majeur dans l'histoire du village. Il est érigé en une paroisse autonome, Boulogne-la-Petite, séparée fiscalement depuis 1109 d'Auteuil qui conserve les quarts sud et est de la commune actuelle jusqu'en 1860. D'autres institutions hospitalières suivront ainsi qu'un atelier de salaison fournissant Paris. Toutefois, jusqu'à l'installation de la Cour à Versailles à la fin du , l'histoire de Boulogne reste l'histoire d'un très petit nombre de gens, celle d'un groupement de quelques dizaines puis quelques centaines de personnes.
Une renaissance tranquille après la guerre de Cent Ans (1492-1648) En 1413, durant la révolution cabochienne, la manufacture de salaison (probablement le bois aussi), semble avoir été détruite, comme les autres établissements que la Boucherie de Paris exploitait autour de Paris, ainsi que les couvents et hospices.
À partir de 1528, durant la Renaissance, Boulogne prospère dans la proximité de la résidence de François au château de Boulogne et le cadre du réaménagement par Henri II, autour de 1548, du bois pour les chasses de la Cour.
Pendant les guerres de religion, les bourgeois regroupés à Boulogne entrent en conflit avec les abbayes, propriétaires des terres, alors que Billancourt demeure une vaste seigneurie agricole prospère et sert de refuge protestant, en particulier à la Saint-Barthélemy en 1572 et durant les persécutions de 1585.
Un village de blanchisseurs et de villégiatures (1649-1815) En 1649, pendant la Fronde, le village subit les exactions des mercenaires.
Au cours des années 1660, la création par Louis XIV d'une route pavée, actuelle avenue Jean-Baptiste-Clément, fait de Boulogne une halte où les courtisans de Saint-Cloud et de Versailles, relié à son tour aux environs de 1685 par une autre nouvelle route, l'actuelle rue du Vieux-Pont-de-Sèvres, et un nouveau pont, confient leur linge si précieux aux traditionnelles blanchisseuses des couvents. Dès lors, Boulogne, devient un élément dans le décor extérieur à Versailles des vacances perpétuelles de la Cour entre Rambouillet et Marly, le Plaisir du Roi, et se grossit, le long de la première route, d'une population qui atteint en 1717 .
En moins d'un siècle, cette population va doubler. En 1694, sous l'impulsion du financier Pierre Deschien, tardivement relayé en 1750 par l'abbesse de Montmartre, seigneur de Boulogne, un, puis, à partir de la Régence revenue à Saint-Cloud, deux faubourgs de blanchisseurs s'établissent à chaque entrée du village. Jusqu'à l'installation en 1760 de la reine à Saint-Cloud, qui elle aussi fait construire sa route cette même année, la campagne de Boulogne se couvre de neuf villégiatures où les robins, tel Armenonville, et jusqu'au cousin de la reine fuient un Paris surpeuplé et cultivent les mondanités entre leurs obligations à la Cour, leurs affaires à Paris et un opéra ou un concert donné à Longchamp.
À la création de la commune en 1790, le village s'agrandit de la rive droite de la Seine que possède Saint-Cloud et adopte le nom de Boulogne-sur-Seine. L'île acquise en même temps est investie en 1794 par la tannerie du savant Armand Seguin. Dès la Première République, à partir de laquelle Longchamp devient aussi fréquenté que le Palais Royal, Boulogne continue de servir de résidence secondaire, à la fois discrète et à la mode, à des entrepreneurs enrichis par l'argent des biens nationaux et de grands noms de la finance ou la politique, Cambacérès, Mollien, Réal ou Rothschild.
L'urbanisation au milieu du En 1815, Boulogne est impliqué dans la bataille de Rocquencourt et son Bois est rasé. Le changement de régime est marqué par une redistribution et un premier lotissement des grandes propriétés qui se partagent le territoire de la commune, en particulier à trois riches veuves, la marquise d'Aguesseau installée dès 1810, madame Fessart, et la marquise de Verdun.
Il faut attendre 1830 pour que se développe, sur les terrains du parc Impérial que la famille Joannot a acquis au sud du village, un troisième faubourg de blanchisseurs, dans la société desquels fleurit l'église libérale des « Catholiques français », qui y érige en 1831 un Temple et rentre, sous la pression du parti adverse ultramontain, dans la clandestinité en 1840. En 1841 la population a presque triplé depuis la fin de l'Ancien Régime et atteint 6906 habitants. Le processus d'urbanisation enclenché confronte la municipalité aux problèmes d'assainissement (le choléra s'y est déclaré en 1832) et s'amplifie par la construction de rues et par des lotissements immobiliers dessinés dès 1825 par le comte de Gourcuff à Billancourt sur un sixième du territoire actuel, puis à partir de 1854, à l'initiative du duc de Morny, le luxueux parc des Princes dans le prolongement du domaine Rothschild, château, parc et jardins, lequel domaine devient en 1879 une des propriétés les plus admirées de France.
En 1860, Haussmann réunit ces deux territoires auteuillois du Parc des Princes et de Billancourt à Boulogne en compensation du rattachement à Paris de Longchamp transformé en hippodrome. Il impose à la nouvelle cité, qui ne choisira son nom de Boulogne-Billancourt qu'en 1926, son axe fédérateur, l'actuel boulevard Jean-Jaurès. En trente ans, Boulogne a doublé sa population pour atteindre à la veille de la guerre.
L'industrialisation et le modernisme (1870-1940) Les combats et l'occupation prussienne consécutifs au siège de Paris durant la guerre de 70 ruinent Boulogne.
À partir de 1880, toute une génération d'inventeurs boulonnais, Étienne-Jules Marey, Henry Kapférer, Robert Esnault-Pelterie, Louis Blériot, Gabriel Voisin, enclenche sur le territoire de la commune un bouillonnement de modernité, concrétisé par le centre de référence mondial de la photographie d'Albert Kahn ou la production de cinéma du studio Eclipse, et un processus d'industrialisation intense qui culmine par les usines d'avions Farman, futur Air France, et d'automobiles Salmson ou Renault, ces dernières faisant de Billancourt jusque dans les années 1970 le cœur de l'activité industrielle française et du syndicalisme ouvrier. C'est dans ce contexte de progrès qu'est érigée en 1911 par l'architecte Pontremoli la nouvelle synagogue, second monument majeur de la ville. Cette période est celle de l'explosion démographique de Boulogne qui atteindra en 1921 . vignette|La ville fut desservie par plusieurs compagnies tramways parisiens dès la fin du .