René-François Plaichard Choltière (, Laval - , Laval), est un homme politique français. Le nom du conventionnel a été très diversement orthographié dans les documents de l'époque : Pléchard, Ploichard, Plaischard, Chollière, Cholière, Chottière, Chotère, Choltière, de La Choltière, Choture. Il est pendant un très court moment maire de Laval, député de la Mayenne à la Convention, et conseiller général en l'an VIII.
Biographie Origine & Descendance Il est le fils de René Plaichard CholtièreSieur de la Choltière, il meurt prématurément, laissant plusieurs enfants, tous mineurs, à la charge de sa veuve, Pauline-Anne ou Antoinette Aveneau de la Grancière. Le conseil de famille réunit Sébastien Plaichard, prêtre, Joseph Leduc, prêtre, Jean Le Chauve, maître chirurgien juré, et Gabriel Choquet. Un acte du 20 juillet 1743 nomma tuteur l'abbé Sébastien Plaichard (Archives de la Mayenne, B 233, f. 24). Le 26 septembre 1744, une sentence du siège ordinaire de Laval confirma la demande en retrait lignager du lieu de la Choltière, en Argentré, cédé par l'abbé René-Joseph Plaichard à Jean Le Lamier, sieur des Prés-Neufs, demande formulée par Anne Aveneau, veuve Plaichard, et les frères et sœurs de son mari, Antoinette Plaichard, épouse de Jean Le Chauve, Marie Plaichard, Nicolas Plaichard, sieur de Bois-Martin, et Jean Plaichard, sieur du Tertre (Archives de la Mayenne, B 675). (1704-1742) et d'Anne Aveneau de la Grancière.
Médecin Il étudie d'abord à Angers, en 1758, le grade de maître ès arts, puis étudie la médecine à la faculté de Montpellier dont il sort diplômé le . Le nouveau docteur revint s'installer dans sa ville natale et y épouse, en 1765, Marguerite-Geneviève RenussonElle lui apporta livres de dot, une maison rue des Ursulines et quelques terres dans les communes de Cossé-le-Vivien, de Viré et d'Avesnières. État de la fortune des représentants du peuple. — Archives nationales, C 353. 1838, 169. Les Bonnelières et l'Honnière, commune de Cossé, les Tonelières, commune de Viré, le Garoulai et la Rousselière, commune d'Avesnières. De son chef, Plaichard possédait en 1789-1792 la Grancière, commune d'Astillé, la Fauvelière, commune de Vaiges, une maison rue du Hameau et diverses sommes en rentes et placements. Le total de la fortune du ménage, en biens mobiliers et immobiliers, se montait à 46.470 livres. En 1791-1792, Plaichard acheta des biens nationaux : une maison à Laval ; la Gougeonnière, commune de Bonchamp, pour 12.500 livres ; l'état de sa fortune, en 1795, était de 40.120 livres.. Une fille et deux garçons naissent de cette unionSa fille épousa M. Bigot pendant la Révolution française. Son fils aîné Joseph Plaichard Choltière, ex-capitaine des grenadiers du corps législatif et adjudant général des armées de la République dans le corps du général Napoléon Bonaparte, est tué par des hommes armés dans la forêt de Concise lors d'une chasse le 17 thermidor an VI. Son fils Bernard Plaichard Choltière est maire des Moutiers-en-Cinglais.. Il rejoint la Société du Jardin Berset en 1765. Homme instruit, médecin capable, René-François Plaichard Choltière court la campagne et la ville. Il participe aux conversations des salons lavalloisQueruau-Lamerie, La vie à Laval au . Extrait des correspondances de Mesdames Lemonnier de la Jourdonnière et Royer-Dubignon. Laval, 1883, ..
René-François Plaichard Choltière était encore médecin de l'hôpital de Laval et y glanait quelques cas curieux, bons sujets d'articles pour les journaux médicaux auxquels il collaborait de temps à autre.
Les débuts en politique Les élections municipales du 10- proclament René-François Plaichard Choltière et Choquet, tous deux médecins, officiers municipaux, le chirurgien Lebourdais-Durocher, notable, le chirurgien François Hubert, maire de Laval. Le , il est nommé membre du bureau de la municipalité.
En , il est au nombre des électeurs réunis à l'Église des Cordeliers de Laval, sous la présidence de l'évêque Noël-Gabriel-Luce Villar, pour nommer les députés à l'Assemblée législative lors des Élections législatives de 1791. Les Mayennais, furieux d'avoir vu Laval supplanter leur ville comme chef-lieu du département et siège de l'évêché constitutionnel, se coalisèrent pour faire échec aux candidats de la cité rivaleEn vain les Lavallois prônaient Jean-Baptiste-François Enjubault-Bouessay et Plaichard.. Le , Richard de Villiers enlève le huitième siège. Plaichard est député-suppléant de la Mayenne à l'Assemblée législativePour nommer les suppléants : deux scrutins ne donnèrent pas de résultat ; au troisième,René-François Plaichard Choltière obtint 134 voix, François Serveau-Touchevalier, d'Evron, 112 ; ils furent désignés comme suppléants, avec Charles Jourdain-Durocher, en troisième lieu..
Au mois de , Laval procéda à de nouvelles élections municipales. La position était difficile : les finances en détresse, les approvisionnements entravés; la population prête aux violences, à l'émeute ; une situation équivoque entre les excès du jacobinisme et les menaces de la contre-révolution ; tout cela n'était guère encourageant, et personne ne se souciait d'accepter la place de maire de Laval ; un premier, un deuxième élu démissionnèrent ; le , on nomme Plaichard : il était alors à Paris ; à son retour il décline le poste en démissionnant le . Le poste échut enfin, le , à son confrère François Lepescheux-DauvaisAbbé Angot, Mémoires épistolaires sur la Révolution à Laval, de Duchemin de Villiers. Laval, 1896, . .
Conventionnel (1792-1795) Il est élu aux Élections législatives de 1792, membre de la ConventionLe sur 8, dans le département de la Mayenne, par 287 voix (400 votants)..René-François Plaichard Choltière gagne Paris et s'installe 72, rue d'Argenteuil. Il devient membre du Comité de secours publicsEmile Queruau-Lamerie, Les Conventionnels du département de la Mayenne. Laval, Imprimerie L. Moreau, 1885. p. 95-102., créé le .
Il siège dans les rangs de la Plaine. Lors du Procès de Louis XVI, il vote oui à la question : Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique ? Au deuxième appel nominal : Le jugement sera-t-il ratifié par les assemblées primaires ? il est absent. Le , René-François Plaichard Choltière répond : Je vote pour la réclusion et pour le bannissement après la guerre. Le , il vote pour le sursis.
+ Députés Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté générale de l'État ? Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple ? Quelle peine sera infligée à Louis ? Y aura-t-il un sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet ? Plaichard Choltière (René-François)OuiNonLa détention jusqu'à la paix et son bannissement ainsi que celui de sa famille après la guerreOui
Il vote le la mise en accusation de Jean-Paul MaratAppel nominal sur la question : Y a-t-il lieu à accusation contre Marat, membre de la Convention Nationale, page 77. en .
Sa modération de ses votes dans le procès du Roi, devaient rendre suspect aux Jacobins, le sauva pendant la Terreur. René-François Plaichard Choltière se fait oublier jusqu'à la Chute de Robespierre. Il est menacé pendant la Terreur, quoiqu'il ne participe pas pour prendre part aux débats e l'assemblée ; il ne fait pas de bruit, et participe aux Comités.
L'instruction publique
Il se fait nommer membre du Comité d'instruction publiqueIl y retrouve l'évêque Noël-Gabriel-Luce Villar, que son mandat législatif a éloigné de Laval.. Il en est réélu membre le 17 frimaire an III, le 18 germinal et le 17 thermidor an III ; il n'y fait pas grand tapage, sommeillant dans les vastes appartements de la Maison ElbeufMaison Elbeuf, place Marat et rue Saint-Nicaise, tout contre l'ancien hôtel de Longueville, sur l'emplacement actuel de la place du Carrousel., du commencement à la fin des séancesPlaichard-Choltière, bon et brave homme qui dormait depuis le commencement jusqu'à la fin des séances, probablement le plus sage et sans contredit le plus heureux de nous tous.. (Mémoires sur la Convention et le Directoire, par Antoine Claire Thibaudeau, éd., Paris, 1827, .) . Néanmoins, il travaille et sous son influence, le comité permet de relever de ses ruines l'enseignement public à tous les degrés et le rétablir sur de nouvelles bases. Depuis le 29 prairial an II (), il est secrétaire du Comité d'instruction publique et en signe à ce titre les arrêtés et procès-verbaux
Le 3 frimaire an III (), René-François Plaichard Choltière vote l'accusation de Jean-Baptiste CarrierMoniteur Universel de l'an III, no 67, du 7 frimaire..
Il est un des trois premiers commissaires de la Santé avec Antoine-François Fourcroy et Jean-François Barailon en 1794.
École des Enfants de l’armée À la suite de l'arrestation de Léonard Bourdon, directeur de l'Institut des Jeunes Français après l'Insurrection du 12 germinal an III, la Convention nationale décide le 20 prairial an III d'entendre Plaichard, rapporteur du Comité d'instruction publique, sur le remplacement de Léonard Bourdon. René-François Plaichard Choltière vient lire son travailRapport fait à la Convention nationale au fin des Comités réunis d'instruction publique et des finances, sur la question de savoir s'il est utile ou non de conserver l'Institut des Jeunes Français établi dans le ci-devant prieuré Martin, sous la direction de Léonard Bourdon par le citoyen Plaichard-Choltiëre, député du département de la Mayenne. Imprimé par ordre de la Convention nationale. Paris, s. d. Imprimerie Nationale, in-8, 8 p. . Il proposeL'Institut des Jeunes Français, installé dans les ci-devant prieurés Martin et Popincourt, était, dit-il, dans un état pitoyable et présentait l'affligeant tableau du désordre dans toutes ses parties : presque point de discipline intérieure, peu de moralité, peu de progrès dans les connaissances élémentaires et nulle base de comptabilité ; les dépenses, qui se font toujours par les mains de la citoyenne Bourdon, s'accroissent d'une manière excessive : le quartier courant aura coûté plus de 100.000 livres, sans compter les vêtements des élèves, car ils sont aujourd'hui presque nus. Il conclut donc à la suppression de cette école ruineuse. La Convention doit assurer l'existence des fils de ses défenseurs ; elle leur doit le vêtement et la nourriture, elle leur doit aussi l'instruction, mais sans luxe et sans superfluités, et bornée aux connaissances essentielles qui suffisent pour en faire des citoyens utiles à eux-mêmes et à la Patrie. à la Convention le transfert de l'Institut à Liancourt et sa réunion à l’École des Enfants de l’arméeUn décret en 12 articles sera adopté par la Convention sur ce sujet. (Tourneux, III, 17363). . Cette école est à l'origine de l'actuelle école d'ingénieurs Arts et Métiers ParisTech et de toute l'histoire de ses élèves, les gadzarts.