thumb|Stand de produits agricoles à un salon bio

Les débuts de l'agriculture biologique en France sont marqués par la fondation de l'Association Française pour l'Agriculture Biologique (AFAB), en 1962. Dans les années 1970, un mouvement sociétal de retour à la nature favorise le développement de modes de production biologiques. Un plan « Agriculture biologique : horizon 2012 », a été lancé à la suite du Grenelle de l'environnement, avec un objectif de 6 % de la surface agricole utilisée pour la surface agricole biologique à l’horizon 2012, ce qui implique de tripler en trois ans la surface exploitée en bio en 2009L’environnement en France - Édition 2010 - Coll. Références Commissariat général au développement durable, juin 2010 par le service de l'observation et des statistiques. Subissant une crise au début des années 2020, l'agriculture bio représente 10% des terres agricols française en 2023, loin de l'objectif visant les 15% pour 2022.

Historique thumb|Raoul Lemaire, l'un des fondateurs de l'agriculture biologique en France En 1948, l'agrobiologiste André Birre fonde l’association « L’homme et le sol » et lance la « Croisade pour l’humus »..

élaborent la méthode dite Lemaire-Boucher basée sur l'utilisation d'une algue, le lithothamne, pour fertiliser les solsBrigitte Brunel-Marmone (présidente du directoire de La Vie claire), Une agriculture sans pesticides, engrais chimiques, OGM et autres irradiations, Enquêtes de santé, , décembre 2010, page 14..

En France, l'agriculture biologique a la particularité d'être née de cahiers des charges élaborés par la société civile : les consommateurs et les producteurs se sont ainsi regroupés sous forme associative en 1962, dont la principale était Nature et Progrès, fondée. par André Louis, Mattéo Tavera et André Birre...

Le premier syndicat d’agrobiologie est créé en 1964L’histoire de l’agriculture biologique.

Au début des années 1970, Philippe Desbrosses participe à la création de nombreux mouvements de l’officialisation de l'agriculture biologiqueHistorique : Les Pionniers de "La Bio" - Parmi eux : Philippe Desbrosses.

Depuis 2008, notamment, l’État a mis en place une aide à la conversion biologique. Cette aide financière, régulièrement revalorisée, a pour but d’aider les agriculteurs durant leur transition vers le bio.

L’aide est financée par l'État et l'Union européenne (FEADER), et sa gestion est assurée par les Régions ou l'État selon les périodes de programmation. Celle-ci est mise en place pour aider les agriculteurs dans leur période de transition vers le biologique. Elle les soutient dans la familiarisation avec les nouvelles méthodes de production, dans l’adaptation de leurs outils ou encore dans la recherche de nouveaux débouchés pour leurs produits. En revanche, les conditions pour bénéficier de l’aide à la conversion varient en fonction de plusieurs critères : la région ou le département, le type de culture, la superficie de l’exploitation, … Le choix de l’aide à la conversion entraine un engagement à maintenir son exploitation en bio pour une durée de 5 ans. Le fait que l’aide soit versée chaque année n’implique pas une revalorisation annuelle. Selon le site Generali, le montant de l’aide était compris entre 44 et 900 euros par hectare entre 2015 et 2020. En effet, ce soutien financier apporté par l’État permet à un plus grand nombre d’agriculteurs de se convertir à l’agriculture biologique. L'aide incite davantage d’exploitations à se convertir à l’agriculture biologique, par conséquent, les quantités de produits biologiques vendus augmentent. Toutefois, la demande des consommateurs ne varie pas en fonction du montant de cette aide.

En 2021, le cap des 10% de la surface agricole utilisée en bio en France est franchi.

La Cour des comptes dénonce, en 2022, la faiblesse du soutien de l'Etat au secteur.

Législations Le terme agriculture biologique est légalement protégé en France depuis la loi d'orientation agricole du et le décret du , lesquels l'ont définie, et ont fixé les conditions d'homologation des cahiers des charges et précisé les substances pouvant être utilisées dans la production, la conservation et la transformation des produits agricoles dits biologiques.

Le règlement européen a autorisé 5 % d'ingrédients non biologiques ainsi que les additifs et auxiliaires technologiques admis en agriculture conventionnelle : il convient de préciser que l'eau, le sel et les levures ne sont pas comptabilisés pour le calcul du pourcentage d'ingrédients biologiquesRèglement du conseil et d'application du 5 septembre 2008.

En 2017, sous la présidence d'Emmanuel Macron, pour le budget 2018 les aides au maintien des exploitations biologiques, auparavant versées après cinq ans d'installation, ne sont désormais plus prises en charge en partie par l'État. Cependant, les aides à la conversion à l'agriculture biologique demeurentAnne-Sophie Lechevallier, « Bronca contre les choix budgétaires », Paris Match, semaine du 5 au 11 octobre 2017, page 35..

À partir du , l'Union européenne met en place un nouveau règlement concernant l'agriculture biologique. Ce texte a pour but d'accroître l'utilisation de l'agriculture biologique en faisant passer au cahier des charges européen (et non plus national) plusieurs productions (comme les lapins, les cervidés et les huiles essentielles).

La production thumb|Fromages fermiers labelisés « agriculture biologique » dans un marché d'agriculteurs, Larzac, Massif central. En 2022, selon un rapport de la Cour des Comptes, les superficies cultivées en bio reprèsentent 10,3 pour cent des surfaces, pour un objectif gouvernemental qui était de 15 pour cent. Une des raisons est le faible soutien financier à ces pratiques, le bio recevant 35 millions d'euros à comparer avec les 970 miliions d'euros consacrés à dépolluer l'eau potab les des polluants issus de l'agriculture chimique.

En 2019, 8.5% des terres cultivées sont exploitées en bio en France (contre 7,5% dans l'Union Européenne), soit 2,3 millions d'hectares. La France est le pays européen le plus dynamique, avec une croissance de conversion beaucoup plus rapide que ses voisins (+ 259 492 ha contre + 108 441 ha pour l'Espagne, ou + 92 520 ha en Allemagne entre 2018 et 2019). La France se place ainsi au deuxième rang européen derrière l'Espagne, leader sur le Vieux Continent grâce à ses champs d'oliviers. La production a plus que doublé en cinq ans, mais elle ne couvre toujours pas la demande : les importations atteignent 31 % des besoins ; hors fruits exotiques, ce taux tombe à 18 %Le bio occupe près d'un hectare sur dix en France, Les Échos, 15 novembre 2019..

Dès 2021, certaines productions sont cependant confrontées à une crise de croissance : le rythme des conversions est plus rapide que la croissance de la consommation, entraînant des difficultés pour les filières ; c'est le cas notamment du lait et des produits laitiers, des œufs, de l'élevage porcin.

Face à ces surproductions qui mettent en péril l'équilibre économique des exploitations, le taux de déconversion (y compris départs en retraite) reste stable à 4% en 2021.

L'agriculture biologique française représente 8,81 % de l'agriculture biologique européenneEurostat (Office statistique des Communautés européennes, juin 2007).

Le « fond Avenir Bio », géré par l'Agence Bio, a pour objet de financer avec un appel à projets annuel la structuration des filières de production biologiques en France.

Un plan « Agriculture biologique : horizon 2012 », a été initié à la suite du Grenelle Environnement, avec un objectif de 6 % de la SAU consacrée à l'agriculture biologique à l’horizon 2012, ce qui implique de tripler les surfaces en bio en 2009.

Fin 2017, étaient engagés en bio, soit une croissance de l’ordre de +15,6 % par rapport a 2016. Ainsi, 6,59 % de la surface agricole utile des exploitations sont conduits selon le mode de production biologique. Parmi ces surfaces, étaient certifiées bio, une hausse de +19,4 % relativement a 2016. Cette forte hausse résulte de l’entrée en production bio des surfaces, notamment de grandes cultures et fourragères, converties en 2015. Les surfaces en conversion totalisent , une progression de +7 % par rapport a 2016. en 2019, portant la part des exploitations françaises engagées dans l’agriculture biologique à 8,3 % en augmentation de 13%. , transformateurs, importateurs et distributeurs en 2019 en augmentation de 16%. (+14,7 % par rapport au ).

En termes d'emplois en 2019, l'agriculture bio représente directs, dont en 2017 (+13,7 % en un an) dans les fermes (près de 12,5 % de l'emploi agricole), dans la transformation, dans les services et pour la distribution de produits bio. De 2012 a 2017, l'emploi dans le secteur bio a connu une croissance annuelle moyenne de 9,5 %.

Au , les surfaces engagées sont estimées à 1,77 million d’hectares avec près de en conversion, soit une croissance de l’ordre de +15 % en six mois. Ainsi, 6,5 % de la surface agricole utile des exploitations sont conduits selon le mode de production biologique, dans 8 % des exploitations agricoles françaises.

Aujourd’hui la plupart des agriculteurs engagés dans l'agriculture biologique se situe en Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, en Nouvelle-Aquitaine et dans les Pays de la Loire. fermes (+9,2 % par rapport au ). Avec cette forte augmentation du nombre de producteurs, il s'agit d'un marché qui se base sur une structure concurrentielle. transformateurs, distributeurs, importateurs et exportateurs (soit +9,6 % par rapport au ). opérateurs (+9,3 % par rapport au ).

Mais avec la crise, le pouvoir d'achat des ménages devrait plutôt stagner ce qui n'encourage pas le passage à une alimentation bio qui reste tout de même plus chère. Selon des études les ventes pourraient néanmoins continuer de progresser mais moins rapidement que ces dernières années.

+Nombre d'exploitations et surfaces cultivées en mode de production biologique dans les régions françaisesRégionsNb. ExploitationsEvol. (%) 2013-2014Surfaces certifiees + conversions (ha)Evol. (%) 2013-2014Alsace5912,1188801,3Aquitaine24282,1636655,4Auvergne9963,2502522,3Basse-Normandie8813,2502725,7Bourgogne9061,7496774,4Bretagne18902,3694064,0Centre8443,9421357,8Champagne-Ardenne4784,1210287,3Corse2860106984,3Franche-Comte5372,7363905,0Haute-Normandie2174,377652,6Ile-de-France2075,695747,8Languedoc-Roussillon27992,8999761,7Limousin6277,7315438,9Lorraine5187,0397249,5Midi-Pyrénées29336,814568611,3Nord-Pas-De-Calais2963,575273,1Outre-Mer2692,73014 -20,0Pays de la Loire20904,11156566,7Picardie2593,6103594,8Poitou-Charente8906,7443889,4Provence-Alpes-Cote D'Azur25834,6949873,3Rhone-Alpes29414,1957401,6Total264663,911183425,4

Fin 2020, la SAU (Surface Agricole Utile) certifiée est estimée à près de 2 millions d'hectares (+14,7 % par rapport à 2019). Si l'on ajoute les en conversion, la part de la SAU française en bio atteindrait ainsi 2,5 millions d'hectares, soit 9,5 % de la SAU totale.

Au , l'agriculture biologique en France comptait : (+12 % par rapport à fin 2015) qui représente 7,3 % des fermes françaises. , distributeurs, importateurs et exportateurs (soit +10 % par rapport à fin 2015). (+11 % par rapport à fin 2015).

En 2015, on observe une forte hausse de la SAU en mode biologique, elle atteint 4,9 % du territoire agricole, ce qui correspond à 1,31 million d'hectares (dont en conversion). C'est une augmentation de 17 % par rapport a 2014 (+6 % pour les surfaces certifiées bio, +100 % pour les surfaces en conversion).

Il existe bio en 2015 (+7,2 % par rapport a 2014, en 2007), dont (+8,5 % par rapport a 2014) et , distributeurs, importateurs et exportateurs (+4,4 % par rapport a 2014). En termes d'emplois en 2015, l'agriculture bio représente plus de directs, dont dans les fermes (près de 10 % de l'emploi agricole) et pour la transformation et la distribution de produits bio.