Mérida, de son nom complet Santiago de los Caballeros de Mérida (littéralement « Saint-Jacques-des-Chevaliers-de-Mérida »), est une ville du Venezuela, capitale de l'État de Mérida, chef-lieu de la municipalité de Libertador et principale ville des Andes vénézuéliennes.
Située sur un plateau de la vallée du río Chama et dominée par le point culminant du pays, le pic Bolívar et ses , la ville de Mérida se trouve à . Fondée en 1558 par le capitaine espagnol Juan Rodríguez Suárez, la ville dépend de la capitainerie générale du Venezuela puis de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade et joue un rôle important durant la guerre d'indépendance du Venezuela.
En 2001, la ville se situe au national au regard de la population avec tandis que l'aire métropolitaine atteint les habitants. Siège de l'université des Andes et de l'archidiocèse de Mérida, la ville est le plus grand centre étudiant et touristique de l'Ouest du pays possédant notamment le plus haut et long téléphérique du monde.
Ses habitants sont appelés les Mérideños.
Géographie Localisation vignette|La sierra Nevada de Mérida vue depuis Mérida, est l'un des deux massifs entourant la ville avec la Sierra de la Culata La ville est située au nord-ouest du Venezuela à 500 kilomètres à l'ouest-sud-ouest de la capitale Caracas, dans la partie centrale des Andes vénézuéliennes. Elle occupe un vaste plateau surplombant le río Chama, entre le massif de la sierra Nevada de Mérida au sud-ouest et celui de la sierra de la Culata au nord-ouest. La vieille ville de Mérida est située sur la plateau de Tatuy.
Hydrographie La ville compte quatre cours d'eau principaux (río Chama, río Albarregas, río Mucujún et río Milla) et de nombreux cours d'eau secondaires qui jouent un rôle important pendant les périodes de précipitations abondantes. Dans la partie basse de la ville se trouve l'un des 200 lacs de l'État de Mérida, le lac de la Rosa.
Géologie, relief et sismicité vignette|Le Pico Bolívar, point culminant du pays domine la vallée du río Chama et la ville de Mérida La vallée où se situe Mérida a été formée il y a 40 à 60 millions d'années avec la poussée des Andes vénézuéliennes et l'érosion hydrographique. Le sol sédimentaire est formé d'alluvions et d'argile.
La partie centrale de la ville située sur le plateau de Tatuy est en grande partie plane. Cependant, la ville possède une pente de 3 à 7 % par endroits conférant une forte déclivité entre les parties hautes de la ville, la place Simon Bolivar est située à , et les parties basses, situées à d'altitude. Les régions environnantes sont dominées par les deux massifs de la Sierra Nevada de Mérida et celui de la Culata et dominées par le point culminant du pays, le Pico Bolívar.
La région de Mérida connaît une forte activité sismique en raison de sa situation sur la principale faille de l'ouest du pays, la faille de Boconó entre la plaque sud-américaine et celle des Andes du Nord.
Faune et flore La végétation urbaine se compose d'espèces de la canopée et de grandes fougères (classe des Filicophyta), surtout sur les bords du río Albarregas et les environs abritent un environnement de type tropical d'altitudeTamayo, p. 57. De vastes forêts de conifères ont été plantées au nord et à l'est de la ville. La ville abrite une faune avicole importante, notamment des colibris et des perroquets (Psittacidae).
Climat Le Venezuela est situé dans une zone intertropicale et possède une amplitude thermique intra-annuelle faible. La situation de Mérida au cœur de la cordillère des Andes lui confère un système climatique particulier à l'échelle nationale mêlant végétation tropicale et neiges éternellesTamayo, p. 6. De sa haute altitude résulte un climat aux températures modérées avec d'importants écarts entre le jour et la nuit pouvant dépasser les 20°. La température moyenne annuelle s'élève à 20° et l'amplitude des températures mensuelle moyenne est faible, variant de 19,1 ° en janvier au mois le plus froid et 20,6° au mois de mai, le mois le plus chaud. Toutefois, en raison des différences d'altitude entre les parties haute et basse de la ville, la température moyenne varie de 19 au nord à et de 21° au sud, plus ensoleillé et situé à d'altitude.
Voies de communication et transport gauche|vignette|Transports principaux Du fait de sa situation au cœur des cordillères andines, les infrastructures de transports sont un des éléments les plus marquants de Mérida : durant l'époque coloniale comme après l'indépendance, la ville souffre d'un manque de liaison avec les autres villes et régions du pays.
En 1925, la Trasandina, autoroute andine est construite et permet le désenclavement de la vallée. Toutefois le manque d'entretien et les conditions géologiques provoquent de nombreuses interruptions de trafic. La ville est desservie pas l'aéroport Alberto-Carnevali depuis 1956 mais ne possède pas d'infrastructure ferroviaire. Les liaisons inter-régionales et locales sont assurées par des services de cars dont le terminal est situé au cœur de la ville.
Voies routières L'orientation de la vallée impose globalement celle du réseau viaire, l'axe nord-est/sud-ouest autour duquel s'articule le réseau. La ville est reliée aux principales villes des États voisins : Vers le nord et le nord-est : Trasandina ou Troncal 7 vers Valera puis l'autoroute trans-américaine vers Caracas via Barquisimeto, Valencia et Maracay. Cette voie rapide suit le cours du río Chama jusqu'à la localité d'Apartaderos d'où se détache la voie locale vers Barinitas et l'État de Barinas le long du río Santo Domingo. Vers le sud-ouest : la Trasandina relie Mérida à la route panaméricaine vers la Colombie via la ville d'El Vigía et l'État de Táchira et au nord-ouest et vers l'État de Zulia et sa capitale Maracaibo.
Des voies secondaires permettent d'atteindre les villes des massifs montagneux voisins. La voie de la vallée (vía del Valle) donne accès à la Sierra de la Culata et la municipalité de Santos Marquina. Une seconde voie sert d'alternative pour rejoindre Ejido, Jají et La Azulita. Un troisième axe à usage local relie Mérida au parc national Sierra Nevada.
Le territoire urbain est traversé par quatre voies majeures parallèles d'orientation globale nord-est/sud-ouest : la principale est l'axe de plus de 8 kilomètres qui relie Ejido et Mérida. Il est formé par les avenues Andrés-Bello et Urdaneta et aboutit aux avenues du centre, 2, 3 et 4, de Mérida. Les autres axes sont formés par les avenues las Américas/Alberto-Carnevali, 16-de-septiembre/Tulio-Febres-Cordero et Los Próceres.
Transports en commun La ville dispose d'un important réseau de transports en commun considéré comme l'un des plus efficaces du pays. Le réseau couvre les différents quartiers de la Mérida, notamment le long de ses principales avenues ainsi qu'un réseau de lignes internes à l'aire métropolitaine de Mérida (Mérida, Ejido et Tabay). Cependant, la croissance de la fréquentation menace le réseau de saturation et de défaillances techniques.
Le projet de création d'un réseau régi par la municipalité est né à la fin des années 1990, avec la création du Trolmérida, un système de trolleybus dont la première ligne qui relie Ejido à Mérida a été inaugurée en 2006. Une autre ligne est prévue pour desservir l'avenue Los Américas et un funiculaire pour relier le centre de Mérida au bassin du Chama. À terme, le réseau existant, soit une cinquantaine de lignes, devrait être réorganisé pour permettre son rabattement sur les lignes principales. Mérida deviendra ainsi la première ville d'Amérique latine de moins de à posséder un tel système de transport moderne.
Un service de transport privé associatif ou coopératif existe à Mérida, comme dans la plupart des grandes villes du pays. La tarification est contrôlée par lOrganismo de Transporte Metropolitano et le ministère des Infrastructures. Du fait de son caractère public, ce système de transport offre des tarifs préférentiels pour les personnes du troisième âge et les étudiants munis d'un pass, ce qui en fait l'un des systèmes de transport de ce type les moins chers du pays.
Transport aérien et ferroviaire La ville de Mérida est desservie par l'aéroport Alberto-Carnevalli situé à 12 kilomètres du centre. Construit en 1956 sur le terrain d'anciens abattoirs, l'aéroport a cessé d'accueillir les vols commerciaux pendant plus de deux ans assurés par les compagnies vénézuéliennes Avior, Santa Barbara Airlines et Servivensa après le crash du vol 518 Santa Bárbara Airlines qui a fait 46 victimes le . Les vols commerciaux ont repris avec la compagnie Línea Aérea Merideña Internacional de Aviación en et l'aéroport accueille des vols privés ainsi qu'un trafic fret.
La ville ne possède aucune desserte ferroviaire. Toutefois, dans le cadre de la construction du réseau national à l'horizon 2030, une ligne devrait relier Caracas via Puerto Cabello à la ville de El Vigía, située à 60 kilomètres de Mérida sans que la desserte cette dernière ne soit prévue dans le cadre de ce développement ferroviaire.
Urbanisme Morphologie urbaine vignette|Vue satellite de Mérida Du fait de sa situation sur un plateau inclus dans la vallée du río Chama, la ville est construite sur un axe linéaire, enserrée par la pente des massifs et le ravin du cours d'eau principal et souffre d'un manque de place pour son développement. La ville couvre ainsi une zone de 10 à 15 kilomètres de long et de 1 à 3 de large. En raison de la nature sédimentaire du sol, le bâti n'excède pas une quinzaine d'étages de haut. Si au début du , la ville est découpée en deux secteurs distincts, le centre-ville d'époque coloniale et la zone s'étirant le long du río Albarregas, nommée Otra Banda, les retombées de la manne pétrolière ont eu comme conséquence l'aménagement de nouveaux quartiers après la transformation du centre.
Espaces urbains et logements La ville développe plusieurs types d'espaces urbains et de logements. Le centre-ville colonial occupe un quadrilatère formées par un réseau orthonormé de 8 avenues d'orientation est-ouest et 40 rues d'orientation nord-sud. Ce réseau forme des pâtés réguliers de 50 à de côté. Les quartiers périphériques s'étirent sans ordre le long des voies de communication principales. De nombreux espaces verts conférant à Mérida le plus grand taux d'espaces verts par habitant du pays. Les bidonvilles : Par le passé, la ville a su préserver une certaine mixité sociale grâce à des écarts de revenus peu marqués entre les différentes classes sociales. Toutefois, les dernières années ont vu apparaître des bidonvilles aux limites de la ville et dans les massifs alentour, en raison du contexte économique national. Les ensembles familiaux : Au sud-ouest : les grandes haciendas de canne à sucre à proximité de Ejido ont laissé la place à une urbanisation de grands ensembles familiaux. Si la jonction urbaine entre les deux villes n'est pas effective, 2 kilomètres seulement les séparent, tout en étant reliées par une large avenue où circule le Trolmérida.
Les quartiers La ville est découpée en 13 quartiers : La HechiceraLa « Sorcière » en espagnol : Ce quartier universitaire et résidentiel est situé à l'extrême nord de la ville et abrite principalement l'université des Andes et le jardin botanique. Los Chorros et la Hoyada de Milla : Ce quartier universitaire et résidentiel situé au nord donne accès au secteur de El Valle vers la Sierra de la Culata et la municipalité de Santos Marquina. Il abrite notamment la Faculté de science sylvicole et de l'environnement (Facultad de Ciencias Forestales y ambientales), le parc Beethoven et le zoo. Le centre-ville : Le centre historique de Mérida abrite, outre les fonctions municipales et étatiques principales, le quartier marchand, des lieux culturels (bibliothèques, musées), les principaux lieux de cultes et les grands magasins entre les places de Mila et Glorias Patrias.