Jean Gerbino est un maître céramiste français né le à Santo Stefano di Camastra dans la province de Messine en Sicile et mort le . Son travail fait partie de l'appellation poterie de Vallauris qui regroupe la production céramique des ateliers et manufactures installés dans la région à partir de la fin du .
Biographie Issu d’une famille de potiers siciliens, Jean Gerbino travaille dès l’âge de dix ans dans une fabrique voisine. En 1902, il arrive en France et est employé comme tourneur chez les Massier à Vallauris.
En 1905, en Algérie, il crée son propre atelier à Maison-carrée ( arrondissement d'Alger). Puis il revient en France et va travailler chez Pichon à Uzèsceramique Pichon Pichon. Il est de retour à Vallauris en 1919. Il y travaillera - entre autres - chez les Massier.
Jean Gerbino est naturalisé Français le naturalisationJournal officiel sur gallica .
Il entreprend alors des recherches pour un procédé tout à fait particulier et original de mosaïque pour ses céramiques, qui lui ont demandé une quinzaine d'années de travail pour la mise au point définitive de «terres mosaïquées». En 1930, il s’installe comme artisan pour exploiter son idée et obtient le grand prix de Paris en 1931 (29e Concours Lépine). Il est régulièrement récompensé lors des nombreuses expositions auxquelles il participe jusqu'à sa mort en 1966.
Le secret de fabrication de ces mosaïques de terres se transmet de génération en génération et l’entreprise se perpétue jusqu'à nos jours. Son fils, Jean Antonin, a travaillé dans l’entreprise jusqu'à sa mort en captivité en 1944 Jean Antonin sur memoiredeshommes. De 1943 à 1953, l’artiste travaille avec son gendre, Ange Joseph Capra, qui disparaît en 1953. Celui-ci est à l’origine de décors fins dans les tonalités bleues et vertes. Jean Gerbino forme alors son second gendre, Édouard Alziary, qui travaille à ses côtés jusqu'à son décès. Edouard Alziary dirige la fabrique de 1957 jusqu'au . Puis Yvan Koenigfiche Y.Koenigannuaire des céramistes et des verriers(né en 1943), son gendre, qu'il a initié de 1971 à 1975, lui succède le et devient le propriétaire le , pour fermer le . En 2005, Muriel Koenig née en 1970 à Saint-Cloud grandit et vit à Vallauris , fille d'Yvan et arrière-petite-fille de Jean Gerbino, ouvre son atelier à Vallauris atelier Vallauris et continue la tradition pour la en renouvelant les formes et les décors.
Depuis 1984, une avenue de Vallauris, près du stade, porte son nomavenue Jean Gerbino google map.
Une exposition de 300 pièces lui a été consacrée à Vallauris du au Nice-Panorama.com Exposition 2007.
Le procédé Gerbino Histoire de la technique du nériage La technique du nériage (du japonais 練上- prononcer néri-agué) a été mise au point par les potiers chinois entre les (dynastie Tang) qui se procuraient des limons colorés au bord du Fleuve Jaune pour fabriquer des objets précieux en terres cuites marbrées mélangées pour les femmes de la noblesse. Jusqu'à l'époque Song (- siècles), les potiers fabriquent de petits objets utilitaires (brûle-parfums, presse-papiers, petits vases) et après le , ils préfèrent travailler la porcelaine et abandonnent les terres marbrées. Cette technique céramique a été utilisée en Égypte, en Chine, en Corée et par les Romains.
À la mi-, dans l'Angleterre baroque, la société Josiah Wedgwood et d’autres petits ateliers de poterie utilisent les argiles de couleur (articles marbrés et vases Portland qui constituent une réinterprétation d'une verrerie romaine). Au début de la période du Japon moderne, les expériences avec les argiles colorées évoluent vers les techniques de neriage qui sont rapportées en Europe et en Amérique pendant la période de renaissance des arts japonais au , Mingei durant l'ère Meiji (on trouve quelques exemples également à la période Momoyama et Edo). En 1728, César Moulin, fils d'un potier d’Apt, apprend la technique en Angleterre et revient à l'atelier familial, où il crée en 1760 ses premières pièces en terre marbrée avec des terres rouges, brunes, vertes et blanches du Ventoux. En 1925, Léon Sagy, à Apt également, invente la technique des terres mêlées flammées avec une faïence fine.
Les terres marbrées sont aussi appelées terres mêlées ou nériage (ou encore porphyre et terre d'agate selon les fabriques). Plusieurs faïenceries reprennent cette technique au et au début du : Douai, Orléans, Sarreguemines, Thuir (près de Perpignan), Uzès et Vallauris. À Uzès, la famille Pichon se distingue par ses terres mêlées, puis à Vallauris, le céramiste Jean Gerbino invente une mosaïque de terres mêlées.
Un engouement pour cette technique céramique se produit dans les années 1979-95 à la suite d'une publicité mettant en scène le potier Yusuke Aida, qui donnera à la technique le nom de nerikomi (練込). Les potiers anglais sont alors particulièrement créatifs dans leur utilisation, comme Thomas Hoadley, Curtis et Suzanne Benzle, Chris Campbell, Dorothy Fiebleman, Michael Haley et Susy Siegele.
Le travail de Jean Gerbino Le procédé particulier dit "Gerbino" associe différentes techniques de mosaïque et de nériage (mélange de terres colorées). Les argiles de la faïence sont colorées dans la masse par des oxydes. Ces argiles sont assemblées à plat pour former des dessins. Les plaques sont mises en forme dans des moules. Dans le nériage, la variabilité de retrait des terres est une question majeure. Ce retrait se gère par l'ajout d'oxydes qui permettent d'établir un équilibre entre les différentes couleurs, à condition de maintenir une humidité aussi uniforme que possible des différentes argiles. Un séchage extrêmement lent est nécessaire. Après séchage, la pièce est cuite une première fois, recouverte d'un émail incolore puis cuite une seconde fois.
(Revue Céramique & Verre, , janvier/).
Avec et après Jean Gerbino, ses successeurs font évoluer le styleaperçu de l'œuvre album. La technique attire d’autres créateurs, Yvan Koenig travaille à des réalisations avec des plasticiens et des designers, prouvant la richesse et l’actualité du procédé. Depuis 2006, Muriel Koenig poursuit l’œuvre en l’orientant à son tour dans de nouvelles directions.
Galerie
Distinctions 1930 - Concours Lépine de Paris, diplôme d'honneurdiplome d'honneur le matin 1931 - Concours Lépine de Paris, grand prix 1931 - Concours Lépine de Toulouse, diplôme 1937 - Exposition internationale des Arts et Techniques, médaille d'argent 1937 - Officier d'Académie (Ordre des Palmes académiques)palmes académiquessur gallica journal officiel 1941 - Exposition de l'Artisanat à Lyon, diplôme d'honneur 1942 - Exposition de l'Artisanat à Marseille, diplôme 1942 - Exposition de l'Artisanat à Lyon, grand diplôme d'honneur 1943 - Exposition de l'Artisanat à Nice, médaille de bronze 1958 - Trophée de Paris 1960 - Trophée de France de la Céramique 1962 - Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres Médaillé comme Officier de l'Ordre du Mérite artisanal Voir aussi Bibliographie Faveton P., 1999 - Vallauris, la céramique du soleil. Art et décoration 343 Forest D., 2000 - Les Massier ou l'introduction de la céramique artistique sur la Côte d'Azur. Réunion des Musées Nationaux, 183 p. Lajoix A., 1995 - L'Âge d'or de Vallauris. Les Éditions de l'amateur Martin J.-C., 2009 - Marques et signatures de la céramique d'art de la Côte d'Azur. Éditions Sudarènes, 250 pages Petrucci J. F., 1999 - Les potiers et les poteries de Vallauris (1501-1945). Thèse de doctorat de l'École des hautes études EHESS (CNRS), Paris, 3 vol., 1040 p. (tomes I et II pdf). Notes et références
Articles connexes Poterie de Vallauris Massier (céramistes) Faïence du pays d'Apt Liens externes Musée Magnelli, Musée de la céramique (Vallauris) : Neriage et Nerikomi : Colceram (collection de céramiques d'art de la Côte d'Azur) :
Catégorie:Courant de la céramique contemporaine Catégorie:Céramiste français Catégorie:Naissance en mars 1876 Catégorie:Naissance à Santo Stefano di Camastra Catégorie:Décès en décembre 1966 Catégorie:Décès à 90 ans