Jean-Jacques de Barrillon est un magistrat français, né le , mort le dans la forteresse de Pignerol (province de Turin)

Ascendance

Jean-Jacques de Bar(r)illon est l'arrière-petit-fils de Jean II Barrillon (mort en 1552 ; notaire et secrétaire du roi (1529), greffier du Grand Conseil par intérim en l'absence du titulaire Jean Rivière (1532), élu comme notable à l'Hôtel de Ville pour avoir avec plusieurs autres le gouvernement et administration des pauvres sous la ville" ()Journal de Jean Barrillon, secrétaire du chancelier Duprat, 1515-1521, publié pour la première fois, pour la Société de l'histoire de France, par Pierre de Vaissière, t. 2 "notice sur Jean Bariullon et son journal" Renouard, Paris, 1899, p. I-XLIII].</ref>), et de Perrette Olivier de Mancy et Morangis, fille du secrétaire du roi Jean Olivier le Jeune et cousine germaine du chancelier Olivier de Leuville, épousée en secondes noces le Arlette Jouanna, Philippe Hamon, Dominique Biloghi, Guy Le Thiec, La France de la Renaissance histoire et dictionnaire, Robert Laffont, Paris, 2001, .. Jean II Barrillon était lui-même le fils de Jean Bar(r)illon, † 1553, secrétaire du chancelier Duprat, son compatriote issoirien et son cousin par alliance : en effet, ce puissant personnage lui avait fait épouser sa cousine germaine, Claude/Claudine Du Prat, fille de son oncle Claude Du Prat sire d'Hauterives et de Niolet.

Il est le petit-fils d'Antoine Barillon (mort le ), seigneur de Mancy, reçu maître des comptes ()H. Coustant d'Yanville, Chambre des Comptes de Paris Essais historiques et chronologiques, privilèges et attributions nobiliaires et armorial, J. B. Dumoulin, Paris, 1866-1875, ., et de Louise de Billon (morte le ), dame de Messy et Villeparisis en partie et du Moneyroux en la Marche (à Clugnat, et cf. Guéret).

Il est le fils de Jean III Barillon de Morangis, seigneur de Mancy (mort le )Jean Lebeuf Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Auguste Durand, t.1, 1863, ., reçu conseiller au Parlement de Paris (1582), acquéreur de Châtillon-sur-Marne sur les d'Aumale de Mont-Notre-Dame en 1558, et de Judith de Mesmes (morte le ; mariée en ), fille de Henri de Mesmes (1532-1596 ; seigneur de Roissy-en-France, conseiller d'État), et sœur de Jean-Jacques II de Mesmes de Roissy (1560-1642 ; président de la Cour des comptes, conseiller d'État et Doyen de tous les Conseils).

Son frère aîné est Antoine Barrillon de Morangis (1599-1672).

Biographie Jean-Jacques de Barrillon est reçu conseiller au Parlement de Bretagne le , puis au Parlement de Paris le , et enfin président en la chambre des enquêtes de ce même Parlement de Paris le . Champion de la lutte contre l'arbitraire royal, il s'oppose à la politique de Richelieu et de Mazarin.

Après la fuite de Gaston d'Orléans en Lorraine le , Louis XIII fait une déclaration à Dijon le "contre ceux qui ont suivi Monsieur frère du roi hors du royaume" et visant le comte de Moret, les ducs d'Elbeuf, de Bellegarde et de Roannais, pour leur rôle lors de l'évasion de l'héritier présomptif de la couronne. Le , le président Barillon souhaite que des remontrances soient faites, demande que toutes les pièces soient examinées et s'étonne que, si la requête de Monsieur était vraie il n'en soit pas parlé, et si elle ne l'était pas qu'il soit permis qu'elle soit publiée. Par son éloquence, il obtient la moitié des voix des parlementaires et il y a un arrêt de partage. Très mécontent de cette issue, le roi réunit son conseil le , déchire le lendemain de sa main l'acte de partage du Mémoires de Mathieu Molé, publiés pour la Société de l'histoire de France, sous les auspices de M. le comte Molé, l'un de ses membres, par Aimé Champollion-Figeac, Jules Renouard, Paris, 1855, t. 2, . et donne 24 heures au président Barillon pour quitter Paris et se rendre à Clermont en Auvergne. "Mais il ne passa pas Sainte-Mesme, qui est une terre de sa sœurSa sœur Elisabeth de Barillon, fille de Jean de Barillon et Judith de Mesmes, avait épousé Jacques de L'Hospital, sire de Saint-Mesmes et vicomte de Vaux : cf. Le Palais de l'honneur ou la science du Blason, par le Père Anselme, chez Estienne Loyson, à Paris, 1686, p. 417, et Racines&Histoire, p. 9., et juste après quinze jours d'absence, M. de Roissy, son oncle, doyen du conseil, eut ordre de le rappeler et de le rétablir en sa charge". Le , il rentre à ParisJournal inédit de Arnauld d'Andilly publié d'après le manuscrit autographe de la bibliothèque de l'Arsenal par Eugène Halphen et Jules Halphen, Champion, Paris, 1909, t.4, ..

Cette première épreuve n'entame pas son indépendance d'esprit. Ainsi est-il hostile à la mise en place par les lettres patentes du et du d'une Chambre de justice d'exception installée à l'Arsenal. et présidée par son frère aîné Antoine Barillon de Morangis. Le , elle fait pendre de nuit sur la place de Grève deux personnes accusées de faux-monnayage. Le Parlement interdit à cette nouvelle juridiction, le , l'exercice de sa commission et défend aux chevalier du Guet, lieutenants, huissiers, sergents et autres ministres de justice, d'exécuter ses ordres. Le Conseil du roi casse cette décision le à Château-Thierry. Le , le Parlement convoque trois membres de la chambre de l'Arsenal pour examiner leur commission. Un arrêt du conseil du roi en date du annule cette mesure et interdit le président de Barillon des fonctions de sa charge, à peine de faux tant qu'il n'aura pas comparu devant le Conseil du roi. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65728333/f136.image.r=barillon.langFR Mémoires de Mathieu Molé... publiés pour la Société de l'histoire de France, sous les auspices de M. le comte Molé, l'un de ses membres, par Aimé Champollion-Figeac, Jules Renouard, Paris, 1855, t. 2, ].. Arrivée à Metz le , la délégation du Parlement n'est reçue que le 30.

Quatre ans plus tard, Jean-Jacques de Barillon conteste treize édits créant de nouveaux offices, dont vingt-quatre conseillers au Parlement, destinés à subvenir à l'entretien des armées et des gens de guerre. Louis XIII impose l'enregistrement de ces textes lors d'un lit de justice qui se tient le . Le , les magistrats des enquêtes estiment que ces édits ne peuvent cependant pas être exécutés puisque la lecture ne leur en a pas été faite alors qu'ils concernent leur compagnieNouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France. 3, Mémoires de Omer Talon continués par Denis Talon, son fils ; publiés avec des fragments inédits, par MM. Champollion-Figeac et Aimé Champollion fils, chez l'éditeur du commentaire analytique du code civil, Paris, 1839, .. Le , le président Barillon est exilé à Saumur où il demeure trois mois entiersNouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France. 3, Mémoires de Omer Talon continués par Denis Talon, son fils ; publiés avec des fragments inédits, par MM. Champollion-Figeac et Aimé Champollion fils, chez l'éditeur du commentaire analytique du code civil, Paris, 1839, ..

Le il demande avec de jeunes conseillers des chambres des enquêtes une assemblée générale de toutes les chambres du Parlement pour relayer les plaintes des rentiers de l'Hôtel de Ville qui n'ont pas touché leurs paiements. À la suite d'un conseil tenu le , il reçoit le Mémoires de Mathieu Molé... publiés pour la Société de l'histoire de France, sous les auspices de M. le comte Molé, l'un de ses membres, par Aimé Champollion-Figeac, Jules Renouard, Paris, 1855, t. 2, . l'ordre de se retirer d'abord au château de Tours puis pour éviter une épidémie de peste dans celui d'Amboise où il doit rester cinq ans et demi. Pendant toute cette période Arnauld d'Andilly l'informe des nouvelles de Paris deux fois par semaine le dimanche et le mercrediLettres, instructions diplomatiques et papiers d'état du cardinal de Richelieu recueillis et publ. par M. Avenel, t.8, 1876, .. Il reçoit également la visite du futur cardinal de Retz qui lui propose de s'évader mais il refuseŒuvres du cardinal de Retz, nouvelle édition revue sur les plus anciennes impressions et les autographes et augm. de morceaux inédits, des variantes, de notes, d'un lexique de mots et de locutions remarquables, d'un portrait, de fac-simile, par M. A. Feillet, Hachette, Paris, 1870, t.1, .. L'édit de Saint-Germain-en-Laye de supprime son office. Il est rétabli par l'édit de Saint-Germain-en-Laye d'. Son rappel, décidé le Mémoires de Mathieu Molé... publiés pour la Société de l'histoire de France, sous les auspices de M. le comte Molé, l'un de ses membres, par Aimé Champollion-Figeac, Jules Renouard, Paris, 1856, t. 3, , pendant la maladie de Louis XIII, n'intervient que sous la régence d'Anne d'AutricheFragments inédits des Mémoires et des lettres du P. Caussin : sous Louis XIII publiés et annotés par Louis Régnier, E. Champion, Paris, 1915, ..

Celle-ci le consulte. Il se souvient qu'elle a eu aussi à souffrir sous le précédent gouvernement. Il la soutient, ne se doutant pas qu'elle s'entend secrètement avec le cardinal Mazarin. Lors du lit de justice du , il supplie humblement la souveraine de se servir de gens d'une probité reconnue et d'éloigner d'elle les ministres de la tyrannie passéeCollection des mémoires relatifs à l'histoire de France, Mémoires du comte de La Chatre , par A. Petitot et Monmerquié, Foucault, Paris, 1826, t.51, p.208.. Pour ruiner son crédit, Mazarin prétend que l'ancien exilé est gouverné par Béthune et Montrésor et il songe à se débarrasser de lui en le nommant ambassadeur en SuisseVictor Cousin, "Des carnets autographes du cardinal Mazarin" in Le Journal des sçavans, 1854, p.770.. Le président Barillon se détache progressivement d'Anne d'Autriche.

En 1645, il prend position contre l'Édit du Toisé, imposé par Michel Particelli d'Émery. Le au matin il est arrêté chez lui sur l’ordre de la reine , et conduit, dans un carrosse très mal attelé, à Pignerol sous la garde de Loustenau et d'une escorte de gardes et d'archers. Sa femme qui n'est pas autorisée à l'accompagner reçoit l'ordre de se retirer dans l'une de ses maisons des champsJournal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson. et extraits des mémoires d'André Lefèvre d'Ormesson, Imprimerie impériale, Paris, t.1, 1860, .. Le jour même, le Parlement se rend en corps au Palais Royal pour demander que soit mis fin à son éloignement mais la régente refuse de recevoir les magistrats. Elle leur répond le en rejetant leur requête. Elle reproche au président Barillon "sa mauvaise conduite et ses cabales et intelligences "Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère recueillies et publiées par M. A. Chéruel, t.2, 1879, .. Le Parlement renouvelle ses démarches les 27 et , ainsi que le , sans plus de résultat. Le , il décide de faire de nouvelles remontrances pour obtenir l'élargissement du prisonnier.