Cet article traite des relations entre la Corée du Sud et le Japon après la partition de la péninsule en 1953.

Relations militaires et économiques

L'article 9 de la constitution japonaise interdit au Japon d'entretenir toute force militaire en vertu de sa volonté de renoncer à jamais à la guerre ; cependant, le Japon entretient une force de défense appelée forces japonaises d'autodéfense, ainsi que des relations de sécurité avec certains pays dont les États-Unis et ses alliés au sein de l'OTAN. C'est pour cela qu'il soutient le plan d'intervention américain en Corée lors de la guerre de Corée (1950-1953), en réponse à l'invasion communiste du pays et ce, en fournissant un appui logistique navalRelations nippo-coréennes.. Les relations diplomatiques sont alors rompues.

Le Japon a reconnu la Corée du Sud comme le gouvernement légitime de la péninsule coréenne tout entière en 1965 ; le traité de normalisation des relations entre le Japon et la Corée du Sud du permit également de développer les relations économiques entre les deux pays et l'implantation d'entreprises japonaises en Corée du Sud. L’accord signé sous l’impulsion du président Park Chung-hee avec les encouragements des États-Unis, malgré d’importantes manifestations d’opposition en Corée du Sud, a entraîné le versement d’une aide économique pendant dix ans (1965-1975) du Japon à la Corée du Sud, dont la majeure partie sous forme de dons« Corée du Sud, le miracle démasqué » par Éric Toussaint..

L'aide japonaise associée à l'aide américaine permet de lancer un plan Marshall industriel, des firmes d'État sont constituées dans tous les secteurs stratégiques : aciérie (POSCO), électricité (KEPCO), télécommunications (Korea Telecom), réseaux ferrés et routier (Korea Railroad et ), banque, eau et agriculturePark Chan-Kyong, « Corée: Posco va indemniser les travailleurs forcés de l'occupation japonaise », AFP sur Google News, le 3 juin 2012.

Un système d'échange de devises entre les autorités des deux pays est créé en 2001 pour aider la Corée du Sud à ne pas connaître de nouveau les problèmes rencontrés à la fin des années 1990 lors de la crise financière asiatique. Ainsi, jusqu'à 70 milliards de dollars en dollars, wons sud-coréens ou yens japonais peuvent être échangés entre la banque de Corée, et la banque du Japon (BoJ) et le ministère nippon des finances.

En , la Corée du Sud suspend la signature d'accords de coopération militaire avec le Japon, les premiers depuis la fin de l'occupation japonaise. En septembre, à la suite d'un différend sur les rochers Liancourt, elle annule un programme d'échanges militairesIles disputées: Séoul et Tokyo suspendent un programme d'échanges militaires, AFP sur Google News, le 3 septembre 2012.

Le , le Japon porte plainte à l’OMC contre l’embargo sud-coréen sur des centaines de ses fruits de mer. Comme plusieurs autres pays, la Corée du Sud avait mis en place un embargo sur une cinquantaine de produits de la mer venant des huit préfectures les plus proches de l'accident nucléaire de Fukushima en 2011, mais si la plupart des autres pays ont depuis levé ces restrictions, après avoir constaté que la totalité des produits commercialisés dans la région étaient sains, la Corée du Sud a durci ses contrôlesYann Rousseau, « Cette nuit en Asie : quand Tokyo accuse Séoul de bouder ses sushis », Les Echos, le 22 mai 2015.

Échanges culturels

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Corée du Sud a interdit l'importation de produits culturels japonais tels que la musique, les films, les mangas et la littérature. Cette interdiction a été partiellement levée par l'administration de Kim Dae-jung en 1998. En , l'interdiction sur les importations de CD et DVD japonais a finalement été levée en Corée du Sud.

En 1996, la FIFA a annoncé que les deux pays organiseraient conjointement la Coupe du monde 2002, occasionnant un réchauffement des relations, notamment au niveau de la classe politique et des dirigeants des deux pays. L'année 2005 a été désignée comme année de l'amitié entre le Japon et la Corée du Sud, mais divers incidents ont mis à mal leurs relations 2005, l'année de l'amitié entre le Japon et la Corée du Sud..

Ces dernières années, la culture pop sud-coréenne (K-pop) a connu une popularité importante au Japon, un phénomène appelé vague coréenne () au Japon ; la chanteuse pop BoA est l'une des chanteuses les plus populaires au Japon, avec six albums consécutifs en tête du palmarès BillboardÉchanges culturels nippo-coréens..

Problèmes récurrents

Parmi les conflits territoriaux persistant entre la Corée du Sud et le Japon, on peut citer le cas des Rochers Liancourt : un petit groupe d'îlots situé en mer du Japon, possession sud-coréenne (Dokdo en coréen) mais dont la souveraineté est contestée par le Japon (Takeshima en japonais) ; en jeu, des territoires de pêche et un élargissement de la ZEE. Le nom de la mer séparant les deux pays est également source de tensions, elle est appelée mer de l'Est en Corée et mer du Japon au Japon. En 1954, 1962 et 2012, la Corée du Sud rejette les propositions du Japon de régler la question des Rochers devant la Cour internationale de justice (CIJ)Tokyo veut porter son différend insulaire avec Séoul devant la CIJ, Le Monde, le 17 août 2012La Corée du Sud refuse l'offre du Japon de régler leurs litiges devant la CIJ, AFP sur Romandie, le 30 août 2012.

Le , pour la première fois depuis le début des revendications japonaises et à cinq jours de l'anniversaire de la capitulation du Japon, le président sud-coréen Lee Myung-Bak se rend sur les Rochers, provoquant de vives réactions japonaises : l'ambassadeur sud-coréen à Tokyo est convoqué par le gouvernement japonais, l'ambassadeur japonais à Séoul est rappelé, et le ministre japonais des Affaires étrangères Kōichirō Genba déclare que ce déplacement aurait entre les deux paysLe président sud-coréen sur des îles contestées, fureur du Japon, AFP sur Google News, le 10 août 2012. Par la suite, le gouvernement japonais annonce la révision de l'accord d'échange de devises avec la Corée du Sud créé en 2001, et le ministre japonais des finances Jun Azumi annule un déplacement à Séoul.

Toutefois, l’ensemble des contentieux historiques liés à l’occupation japonaise restent présents dans les relations entre Coréens et Japonais, ces tensions ayant des conséquences sur les relations diplomatiques. Ainsi, des initiatives ont été prises pour que le gouvernement japonais reconnaisse l’esclavage sexuel des femmes de réconfort pendant la Seconde Guerre mondialeConseil coréen des "femmes de réconfort", Multitudes, le 31 juillet 2004. Mais le Japon estime que l'accord de 1965 règle tous les contentieux datant de cette époque et rejette les propositions de la Corée du Sud pour des discussions bilatérales à ce sujet. Le Japon et la Corée du Sud concluent cependant un accord historique le : le premier ministre japonais, Shinzo Abe, exprime aux victimes ses et le Japon accepte de verser un milliard de yens ( d’euros) de dédommagement aux femmes de réconfortLe Japon et la Corée du Sud trouvent un accord sur les « femmes de réconfort ».

À partir de 2008, les travailleurs sud-coréens réduits à l'état de quasi-esclavage pendant l'occupation japonaise décident de s'en prendre aux entreprises coréennes ayant perçu l'argent des réparations japonaises de 1965, estimant qu'une part leur revient. POSCO est ainsi jugée en 2009 et 2010, mais gagne ses procès. Néanmoins, au printemps 2012, la société décide de verser dix milliards de wons sud-coréens (près de sept millions d'euros) aux victimes via un fonds d'État. Le gouvernement prévoit de verser de wons sud-coréens supplémentaires, et les autres grandes entreprises coréennes concernées seront sollicitées. se seraient manifestées comme anciens travailleurs forcés ou comme ayants droit. Inversement, en 2012, la Cour suprême sud-coréenne a condamné les groupes japonais Mitsubishi Heavy Industries et Nippon Steel à indemniser neuf travailleurs forcés.

En , le président sud-coréen Lee Myung-Bak annonce que l'empereur du Japon, Akihito, ne pourrait venir en Corée du Sud que s'il s'excusait pour les atrocités commises par les forces d'occupation japonaises, bien qu'il ait déjà exprimé pour les souffrances du peuple coréen pendant la colonisation en 1990.

Le révisionnisme au Japon, s’agissant notamment de la présentation de l’occupation japonaise dans les manuels d’histoire japonais, est très fortement ressenti par l’opinion sud-coréenne. Enfin, les visites du Premier ministre japonais Jun'ichirō Koizumi au sanctuaire de Yasukuni, sur les tombes des généraux japonais de la Seconde Guerre mondiale, a fait peser des risques d’annulation des sommets bilatéraux entre les deux États, à l’automne 2005Dépêche de l’agence KBS.

Le , Tokyo a annoncé le rappel de son ambassadeur en Corée du Sud pour protester contre l'installation en décembre, devant un consulat, de la Statue de la Paix à la mémoire des esclaves sexuelles de l'armée impériale nippone, dites « femmes de réconfort ».

Le , la Cour suprême de Corée du sud ordonne à Nippon Steel & Sumitomo Metal de dédommager des travailleurs forcés coréens de la Seconde Guerre mondiale que l'entreprise avait à l'époque réquisitionnés.. Mitsubishi Motors est également condamnée à verser des dédommagements à des Coréens victimes de travail forcé dans ses usines, mais elle refuse d’obtempérer.

Le gouvernement japonais inflige à partir de des sanctions économiques à l'industrie sud-coréenne des semi-conducteurs. Ces sanctions sont analysées comme des représailles aux décisions de la justice sud-coréenne contre des entreprises japonaises.

Le , la Corée du Sud annonce un plan pour indemniser les victimes du travail forcé au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce nouveau plan prévoit de confier à une fondation locale le soin d'accepter les dons des grandes entreprises sud-coréennes qui ont bénéficié de réparations accordées par le Japon en 1965, pour indemniser les victimes. Le gouvernement sud-coréen annonce le même jour mettre fin à sa plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) concernant les restrictions d'exportations de certains produits japonais de , et démarrer des consultations avec le Japon pour normaliser leur relation économique. Le gouvernement japonais s'est félicité de ces décisions vues comme des mesures visant à rapprocher diplomatiquement les deux pays..

Ce nouveau plan a suscité de vives protestations de la part de groupes de victimes sud-coréennes, qui souhaitent une compensation financière et des excuses directement de la part des entreprises japonaises concernées..

Améliorations des relations diplomatiques Lors de la réunion du G20 de Toronto en 2010, le Premier ministre japonais Naoto Kan a appelé à un partenariat orienté vers l'avenir avec la Corée ; affirmant qu'il n'hésiterait pas à réfléchir sur les fautes du passé du Japon. Il a par ailleurs indiqué qu'il allait poursuivre les efforts de construction d'amitié avec Séoul mis en place par Yukio Hatoyama, tout en traitant durement avec les provocations militaire de Pyongyang Réchauffement des relations diplomatiques nippo-coréennes. sur le Korean Times. et en prenant ses responsabilités vis-à-vis du passé colonial de son pays.