Les berges de la Maine constituent un espace public de 300 hectares. situé sur les rives de la Maine à Angers.
Sur la rive gauche se trouve une voie rapide, la RD 323 (ex-RN 23) en direction de Nantes) qui permet de relier le nord et l'ouest de l'agglomération en passant par le centre. Cette voie entièrement consacrée aux voitures a fait disparaître tout usage urbain de la rive. La réalisation du contournement autoroutier de l'autoroute A11 lui a ôté sa raison d’être en 2008. Sur la rive droite se trouve le CHU d'Angers, la place de la Rochefoucauld ainsi que le quartier de la Doutre. L'étude d'un projet de réhabilitation de cet espace est lancée par la ville d’Angers en 2009. Il prévoit d'ici 2030 le réaménagement des berges en modifiant les voies rapides pour permettre l'accès aux quais facilement. Situé entre l'ile Saint-Aubin classé Natura 2000 et le lac de Maine, les berges de Maine sont un lien entre la partie ouest et la partie est de la ville d'Angers.
Infrastructures
L'ex-RN 23 Paris - Nantes
Construite dans les années 1960-1970, l’A11 appelée l'Océane reliant Paris à Nantes s’interrompait de part et d’autre, aux portes d’Angers. La RN23 a été construite sur les berges pour assurer la desserte du cœur de la ville et respecter la continuité entre les deux portions. Depuis le , le contournement Nord d'Angers a permis de boucler l'A11, la RN23 a depuis été déclassée en route départementale 323.
Trémies
Cinq trémies permettent à la D323 de relier l'A11 à l'avenue de l'Atlantique. Elles servent d'échangeur entre les boulevards et les ponts aboutissant sur les berges et la voie rapide : La trémie du pont Jean-Moulin relie le quartier de Montplaisir à celui des Hauts de Saint-Aubin. La trémie du pont de la Haute-Chaîne passe sous le boulevard Carnot et relie le quartier Saint-Serge à la Doutre. La trémie du quai Gambetta passe sous les places Molière et de la Poissonnerie. La trémie du quai Ligny passe sous l'esplanade Ligny et permet de relier la rue Baudrière à la Doutre par le pont de Verdun. La trémie situé à l'ouest du château relie le Boulevard Charles de Gaulle au boulevard Foulque Nera en passant par le pont de la Basse-Chaîne.
Ponts sur les berges
vignette|Pont Confluences servant au passage du tramway d'Angers Huit ponts permettent le franchissement de la Maine sur l'espace des berges de Maine. Le plus ancien, le pont de Verdun, permet depuis 1028 de relier de quartier de la Doutre au reste de la ville. Le pont de la Basse-Chaîne et le pont de la Haute-Chaîne sont mis en service en 1838 et 1839 (reconstruits après la seconde guerre mondiale respectivement en 1951 et 1962). Le pont de Segré est situé à la confluence de la Sarthe et de la Mayenne à l’origine de la Maine et son usage n’est réservé qu’aux trains de marchandises. En 1973, le pont de l’Atlantique est ouvert dans la continuité des travaux de construction de la voie rapide traversant la ville d’Angers et permet aux voitures de passer du Sud-Ouest de la ville au Nord-Est. En 1989, le cinquième pont Jean-Moulin relie le Nord du quartier Saint-Serge à la route de Cantenay-Épinard.
Le contournement Nord de l'autoroute A11 fait apparaître le viaduc de la Maine situé entre le pont de Segré et le pont Jean-Moulin, ouvert à la circulation depuis 2008.
Le est inauguré le pont Confluences réservé aux tramways piétons et vélos. Il fut sources de discordes entre le conseil général, l'agglomération et la population angevine. Le problème le plus délicat concernant le projet de réaménagement urbain est le sort encore non définitif de la quatre voies. Le pont Confluences a été construit en offrant des solutions fiables et concordantes par rapport aux différents projets sur le long terme., p.9.
Radar automatique
Le premier radar automatique fut installé au point kilométrique 37 dans le sens Nantes - Paris. Il s'agit d'un radar précurseur d'avant 2003 qui servait d'expérimentation avant la mise en place définitiveRadar automatique en Maine-et-Loire.
Un second fut installé au point kilométrique 34 dans le sens Paris - Nantes à l'entrée d'Angers. C'est un radar de première génération datant de 2003.
Historique
L'appropriation des berges s’est longtemps faite à travers une intensité d’utilisation par des activités économiques et de loisirs. Elles étaient en effet le lieu d’implantation des bateaux-lavoirs, et plusieurs ports assuraient le commerce par la Loire. De nombreuses industries et entreprises qui utilisaient la Maine en tant qu’axe de communication s’étaient implantées aux abords. Les berges ont également été le cadre de nombreuses fêtes et permettaient de se baignerLivret "D'une Rive à l'autre, la Maine ou l'histoire de notre ville", Exposition du 6 juin au 30 août 2009.
L’étude d’un projet d’aménagement des deux rives de la Maine est lancée par la ville d’Angers en 2009. Celui-ci est mis en place afin de rendre cohérentes les berges d’une rive à l’autre et de donner aux angevins la capacité de les pratiquer pleinement.
Une Maine sauvage jusqu'au siècle
vignette|Angers vers 1850 Jusque vers 1860, la Maine serpentait entre des îlots de prairies qui la divisaient en plusieurs bras. La plus grande de ces îles, l’île de la Savatte était bâtie. Le Grand Pont (pont de Verdun) était le seul qui reliait les deux rives. Entre l’île de la Savatte et la Doutre, le Petit Pont franchissait le bras de Maine dit « canal de la Tannerie », dont l’origine remonterait au détournement de la Maine en 873 pour libérer la ville des Normands. Le pont des Treilles n’était quant à lui qu’un pont de moulins, appartenant, comme les autres îlots en amont, à l’hôpital Saint-Jean. L’inondation de 1711 en emporte définitivement une partie. Il ne sera plus rebâti, mais les ruines ajoutent au pittoresque des rives qui inspirent de nombreux artistes, parmi lesquels Turner en 1826.
À partir des premières décennies du sont véritablement construits des quais, même si les projets en remontaient au moins à 1630. Deux nouveaux ponts – de la Basse et de la Haute-Chaîne – sont mis en service en 1838 et 1839 pour raccorder d’une rive à l’autre les nouveaux boulevards ouverts sur l’emplacement des fortifications. Leur nom provient des chaînes autrefois tendues en travers de la Maine, pour fermer complètement l’anneau des remparts. Dix ans plus tard, un nouveau quartier est progressivement gagné sur l’ancien pré de l’hôpital : les Luisettes (Thiers-Boisnet).
La canalisation progressive
La métamorphose se poursuit après l'inondation de 1856 qui suscite en 1861 un programme d’assainissement et d’exhaussement des « bas quartiers » avec l’aide de l’État. Il faut vingt ans pour métamorphoser la rive droite. L’île de la Savatte est réunie à la Doutre en 1863-1865 avec les déblais du boulevard Descazeaux, le quai des Carmes bâti en 1872-1878 et son prolongement jusqu’à la Haute-Chaîne achevé en 1883, accompagné du remblai de la boire Saint-Jean pour former la place de la Rochefoucauld. Après ces grands aménagements, le tracé de la rivière n’évolue plus de façon fondamentale. Dans le même temps, le remblaiement des prairies Saint-Serge est entrepris pour la construction de la nouvelle gare, inaugurée en 1878. L’opération ne s’achève qu’avec l’ouverture de l’hypermarché Record (actuel Carrefour) en 1969.
Un lieu d'échanges et d'activités
Toute une vie était concentrée autour de la Maine et celle-ci a disparu avec l’évolution des moyens de transports et des modes de vie. Une importante fébrilité régnait sous l’Ancien Régime sur le port au bois du quartier Ligny et sur le port aux marchandises du quai de la Poissonnerie. Le port Ayrault, creusé dans les prairies Saint-Serge, s’ajoute à ces principaux sites en 1556. Tonneliers et menuisiers en bateaux travaillaient quai Ligny et en Reculée. Entre 1800 et 1940, on y construit les bateaux-lavoirs qui faisaient partie du paysage de la Maine, avant l’essor de la machine à laver. La Belle Époque sera leur période faste puisqu’ils sont 34 en 1910 et furent regroupés quai Monge après que les quais Gambetta et Félix Faure soient construits et devenus insubmersibles en 1919. Deux nouveaux ponts fluviaux sont aménagés au , grâce à des quais insubmersibles : en 1921 le quai Gambetta et en 1932 le quai Félix Faure. Tout le transport des marchandises se faisait par bateau : sel sous l’Ancien Régime, ardoises, toiles, bois, farines, vins, tuffeau, charbon, sable… La rivière était « un chemin qui marchait ». En 1822-1823, la première ligne de bateaux à vapeur pour voyageurs s’ouvre entre Nantes et Angers. L’escale est au quai Ligny. L'hôtel de Londres s’y établit. C’est par la Maine que débarquent Victor Hugo en 1834 et le second fils de Louis-Philippe et son épouse, le duc et la duchesse de Nemours en 1843.
Le développement des loisirs
Importante pour les affaires, la Maine est également un lieu de baignade et de spectacle. Elle a été le cadre de spectacles nocturnes et de navousels.. L’entrée solennelle des rois et des princes était prétexte à de somptueux spectacles de combats navals. Depuis soixante ans le trafic portuaire s’est évanoui. Dernier vestige d’activité économique fluviale en ville, le quai sablier de la cale de la Savatte descend à la Baumette en 1984. Depuis trente ans, les voies sur berge ont « neutralisé » la rive gauche et l’activité nautique s’est déplacée pour l’essentiel en amont et en aval de la ville. Depuis 1974 cependant, la municipalité et la chambre de commerce s’efforcent de revivifier la rive droite et de relancer le tourisme fluvial : la situation d’Angers est idéale, au confluent de 300 kilomètres de rivières navigables.
Chronologie
: les Andes ont leur principal oppidum sur le promontoire schisteux qui domine la Maine. Il deviendra la capitale administrative de l’Anjou (le pays des Andes ou Andécaves). 590 : première mention d’un pont à Angers. 873 : Charles le Chauve délivre la ville occupée par les Normands. Selon la tradition, il aurait détourné en partie le cours de la Maine en faisant creuser un canal appelé par la suite de la Tannerie (actuels boulevards Henri-Arnauld et Ronceray). 1170 : Henri II Plantagenêt fait bâtir un barrage sur la Maine pour accueillir des moulins-bateaux. Il donne ce barrage à l’hôpital Saint-Jean en 1181, c’est le futur pont des Treilles. 1448 : construction de la tour de la Haute-Chaîne (encore subsistante) et de son bastion (disparu). 1556 : Creusement du port Ayrault. 1566 : Le quai dit de Boistravers est commencé à l’initiative du maire Jacques Richard de Boistravers. Il est appelé ensuite quai de la Boulangerie, puis de la Poissonnerie. 1630, 1691, 1758 : projets de quais pour la rive gauche, depuis le port Ayrault jusqu’au port Ligny. 1651 : inondations qui emportent une grande partie des ponts. 1663 : le passage de la Maine par le pont des Treilles est coupé par une nouvelle crue. Il ne sera pas entièrement rétabli. 1711 : grandes inondations. Elles emportent une partie du pont des Treilles. 1791-1806 : construction du quai de la Poissonnerie, baptisé quai Bonaparte, puis quai Royal, National et René Bazin. L’ensemble n’est achevé qu’avec la cale pour les bateaux vers 1819-1820. 1822 : première navigation à la vapeur entre Nantes et Angers. Le service régulier par bateau à vapeur cesse en 1893. 1831-1842 : construction du principal quai, le quai Ligny. Les immeubles sont achevés en 1854. 1838-1839 : mise en service successive du pont de la Basse-Chaîne et du pont de la Haute-Chaîne. 1846-1847 : Reconstruction du pont du Centre. 1848-1854 : Construction du quai des Luisettes (quai Gambetta), point de départ du nouveau quartier Thiers-Boisnet à l’emplacement d’anciennes prairies où poussaient des saules appelés luisettes. 1850 : le pont suspendu de la Basse-Chaîne s’écroule au passage du du Léger, faisant 255 victimes. 1851-1856 : reconstruction en pierre du pont de la Basse-Chaîne.