La diaspora marocaine regroupe la population d'origine marocaine vivant à l'extérieur du pays. Elle est la conséquence directe et conjointe du fort taux d'émigration que connaît le Maroc depuis son indépendance en 1956.

C'est un terme désignant les personnes d'origine marocaine qui ont gardé un lien direct ou indirect avec le Maroc, participant ou non à la vie de la communauté marocaine hors de ses frontières, et appartenant à la première, deuxième, troisième, énième génération d'émigrants dans tel ou tel pays.

Ces personnes sont éventuellement des acteurs du lien avec le Maroc ou des symboles médiatiques (voire des stéréotypes de cet enracinement). Le journaliste Hakim El Ghissassi souligne la spécificité de la diaspora marocaine puisque ..

Cette attitude implique aussi de se fondre dans le mimétisme social tout en donnant le meilleur de soi-même. Selon Hamadi Bekouchi, sur le plan psychologique et sociologique des relations humaines, sans oublier les points diplomatiques, politiques, économiques et entrepreneuriaux, l'émigration de la population marocaine serait un véritable atout pour le Maroc tant au niveau interne qu'externe..

Démographie Selon Abdelilah Benkirane, le nombre des Marocains du monde a connu une hausse durant les dix dernières années pour atteindre de ressortissants en 2013, contre en 1998Selon des chiffres officiels : Plus de de Marocains recensés en France en 2008.. 70 % des membres de la communauté marocaine sont âgés de moins de et 20 % sont nés à l'étranger. Cette communauté est établie dans des cinq continents, dont la majorité en Europe et 80 % de ses membres se répartissent entre la France, l'Espagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne.

La structure socio-professionnelle de la communauté marocaine à l'étranger a connu une transformation qualitative durant les dernières années, puisque le phénomène de l'émigration a également touché les compétences marocaines dans différents domaines. Villes étrangères à forte communauté marocaine vignette|gauche|200px|Un magasin à Molenbeek, vendant des djellabas marocaines.

La région de Bruxelles-Capitale reste sans doute le lieu qui détient la plus forte communauté marocaine en Europe.. Entre 1960 et 1970, la Belgique sera à la recherche d'ouvriers non qualifiés. Les Marocains issus du Nord du Maroc (principalement de Nador, Al Hoceïma et Tanger), les Turcs et les Italiens seront les principaux candidats pour se lancer dans les mines en Wallonie. Bruxelles sera par la suite, le principal pôle d'attraction économique. Un nombre important de Marocains ayant travaillé en Wallonie et en Flandre iront s'installer à Bruxelles dans les années 1980. On comptera dans ces années un nombre de à Bruxelleshttps://www.carhop.be/images/Immigration_marocaine_F.LORIAUX-2005.pdf. Le chiffre va s'accroître en quelques années, atteignant les dans l'an 2000. Avec Anvers comme deuxième capitale économique, une autre partie ira également s'installer dans la ville flamande, principalement à Borgerhout et Kiel.

+ Recensement Marocainshttp://ibsa.brussels/fichiers/publications/focus-de-libsa/focus_20_aout_201Ville/territoire de naissance Population estimée Bruxelles île-de-France Anvershttp://www.npdata.be/BuG/186-Aantal-moslims-gemeenten/Aantal-moslims.htm Amsterdam Montréal. Algésiras Ashdod. Abou Dabi Rotterdam Ceuta Melilla Riyad Madrid Dubaïhttps://www.yabiladi.com/article-societe-2441.html Francfort-sur-le-Main Utrecht La Haye Liège Turin Avignon Autre environ

Dans les années 2010, on comptera en Belgique un large pourcentage de Marocains dans des communes multiculturelles telles que Molenbeek (en région bruxelloise). ou encore Borgerhout (à Anvers)http://ww.dewereldmorgen.be/blog/janhertogen/2015/03/29/amazigh-de-berbers-een-meerwaarde-voor-antwerpen. À Bruxelles, les communes de Schaerbeek., Anderlecht, Saint-Josse-ten-Noode et Saint-Gilles comptent également une forte communauté dominante parmi les étrangers résidents sur ces communes, principalement les communautés turques et albanaises. En 2018, les Marocains et binationaux belgo-marocains représentent plus de 14% de la totalité de la population bruxelloisehttp://ibsa.brussels/fichiers/publications/focus-de-libsa/focus_20_aout_2017. Les Marocains natifs de Bruxelles sont souvent surnommés Les Maroxellois...

D'après un recensement effectué en 2011 par l'INSEE, la région d'Île-de-France compterait un nombre de , soit la troisième plus grande communauté étrangère après les Algériens () et les Portugais (). Avec une grande présence d'autres communautés étrangères, la communauté marocaine en Île-de-France vit aujourd'hui avec une énorme influence de multi-culturalité, notamment dans les Yvelines, en Hauts-de-Seine et au Val-d'Oise. La majorité des Marocains en Île-de-France est originaire de Casablanca, de Meknès et d'Agadir.

vignette|313x313px|gauche|Proportion de Marocains par villes aux Pays-Bas. Le rouge vif désigne le maximum (Amsterdam, Rotterdam, Utrecht et La Haye. La capitale néerlandaise d'Amsterdam arrive en quatrième place d'après une étude effectuée par le OIS en 2013 Bevolking naar herkomstgroepering, Bureau Onderzoek en Statistiek. Consulté le 31 juillet 2013.. Comme et en même temps qu'en Belgique, la première génération d'allochtones marocains est constituée d'individus venus dans les années 1960 et 1970 pour répondre aux appels de main-d’œuvre, et de leur famille dans le cadre de la politique du regroupement familial. Le recrutement de travailleurs marocains s'est poursuivi jusqu'en 1973. Après les années 1980, un nombre important de Marocains venus du Nord du Maroc, plus particulièrement de la région du Rif ira s'installer à Amsterdam. Dans les années 2000, on comptera dans d'autres grandes villes également un grand nombre de Marocains, notamment à Rotterdam, Utrecht et La Haye. La ville d'Amsterdam comptait au début de 2013 un nombre d'environ , soit la plus grande communauté étrangère de la ville, suivi des Surinamais (), des Turcs () et des Indonésiens (). Aujourd'hui, un nombre de plus de est estimé selon certains médias néerlandaishttps://www.politieacademie.nl/kennisenonderzoek/kennis/mediatheek/PDF/84-14781.pdf.

Quant à la ville d'Utrecht, elle est totalement dominée par la présence marocaine dans les quartiers de Nieuwegein, Overvecht et Kanaleneiland. Ces quartiers seront considérés dans les années 2010 comme étant de réels ghettos après avoir tiré une mauvaise réputation due à la délinquance et la criminalité..

Au Canada, on compte depuis 2006 un nombre d'environ . Avec la moitié de confession musulmane, l'autre de confession juive, la première vague d'immigration se fait entre 1957 et 1967 quand trois mille israélites quittent le Maroc pour Montréal. La guerre des Six Jours, en 1967 a attiré lors de cette époque, particulièrement les Juifs d'Afrique du Nord. Dans le débuts des années 2000, un nombre d'environ de confession musulmane émigre à son tour au Canada pour s'installer dans la ville francophone. Aujourd'hui, Montréal fait partie d'une des villes avec le plus de Marocains. Une autre partie des juifs marocains quant à eux, iront s'installer en Israël, plus particulièrement dans la ville d'Ashdod.

vignette|droite|200px|Rosengård, quartier multiculturel de Malmö qui abrite environ 1000 Marocains.

vignette|droite|200px|Dietzenbach, ville abritant une majorité étrangère d'origine marocaine en Allemagne.

La Scandinavie compte également une importante communauté marocaine avec au moins . Les villes comptant une importante communauté marocaine sont Oslo, Copenhague ainsi que Malmö, plus particulièrement dans le quartier d'immigrés à mauvaise réputation, Rosengård. Une grande majorité des Marocains ayant immigré dans les pays de la Scandinavie sont originaires des régions montagneuses du Rif au Maroc.

Europe France Évolution historique de l'immigration marocaine en France

L'immigration marocaine en France est un phénomène ancien. C'est vers 1910 et même avant cette date que l'on peut situer le début du mouvement migratoire des Marocains vers la France, et à partir de 1914, la France comptait déjà plus de marocains. L'immigration marocaine en France n'a connu son ampleur qu'à partir des années 1950. L'arrêt de l'immigration décidé par le gouvernement, l'échec de la politique des retours et le recours au regroupement familial amorcé dès 1974, ont contribué à la transformation du mouvement migratoire marocain en Francehttp://amf.chez.com/migrationmaro.htm.

On peut distinguer trois périodes migratoires des Marocains en France : La première période se situe entre les deux guerres. Il s'agit des premières tentatives de l'immigration collective organisée. Cette période a été caractérisée par une immigration de contingents composés : de travailleurs, recrutés sur contrats, affectés principalement pour une durée temporaire aux usines d'armement, aux mines et aux secteurs agricoles. Ce n'est qu'en 1938 que fut créé au Maroc un service d'émigration pour assurer la sélection, le recrutement et l'acheminement des travailleurs marocains vers la France. de militaires affectés à la résistance contre les Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale. La deuxième période commence dès le lendemain de la Deuxième Guerre mondiale (les Trente glorieuses) jusqu'à l'arrêt de l'immigration décidé par le gouvernement à cause du ralentissement de la croissance économique au début des années 1970. Il s'agit d'une immigration de main d'œuvre. La troisième période couvre la période de 1974 à nos jours. En 1974, le ralentissement de la croissance économique conduit le gouvernement à décider l'arrêt de l'immigration, sauf dans le cadre du regroupement familial et de demandes spécifiques émanant d'employeurs. L'échec de la politique d'aide au retour mise en place par le gouvernement et la crainte des difficultés de revenir en France ont poussé les immigrés marocains installés en France à prolonger leur séjour et à faire venir leur famille. C'est à partir de cette date charnière que l'immigration marocaine va connaître des mutations profondes dans sa structure, sa composition, ses difficultés, ses revendications, son évolution, etc.

Les Marocains constituent désormais la deuxième communauté d'immigrés en France derrière les Algériens. Un total de , entre immigrés et descendants directs d'immigrés, ont été recensés en France à fin 2008, selon une étude de l'Institut national de statistiques et des études économiques français (INSEE)Selon des chiffres officiels : Plus de de Marocains recensés en France en 2008..

Selon cette même étude, près de nés au Maroc étaient installés en France en 2008, soit 12 % de la population immigrée en France (). Celle-ci représente 8 % de la population totale de France. Leur nombre a presque triplé depuis 1975, année à laquelle l'immigration marocaine représentait 6 % de la population immigrée.

Le premier quart des immigrés marocains était installé en France au milieu des années 1970, décennie qui a connu la première grande vague migratoire marocaine vers l'Hexagone.

L'étude révèle aussi que les descendants directs d'immigrés marocains, ceux nés et résidant en France, et ayant au moins un parent immigré, sont plus nombreux que les immigrés. Ils étaient estimés à , soit près de 10 % de la population des descendants directs d'immigrés. Totalisant , cette dernière catégorie représente 11 % de la population de la France.

Le chiffre exact des Marocains et binationaux en France serait encore plus important, étant donné que l'étude ne prend pas en compte les Marocains des troisième et quatrième générations nés en France de parents français de naissance, ni les Marocains nés en France et qui n'ont pas encore opté pour la nationalité française.