Jean Baptiste David (en néerlandais : Jan Baptist David), né le à Lierre et décédé le à Lierre, est un chanoine, historien, philologue, homme de lettres, professeur à l'Université catholique de Louvain et chef de file du mouvement flamand.

Biographie Dans ses jeunes années, il travailla à Anvers comme aide-pharmacien. C'est Jean-François Willems, père du mouvement flamand, qui lui insuffla l'amour de la langue maternelle.

À dix-neuf ans, il suivit une formation sacerdotale au séminaire de Malines. Il chanta sa première messe dans la principale église de sa ville natale lors de son ordination sacerdotale, le . Par la suite, il devint enseignant à l'Athénée royal d'Anvers. Peu après, le petit séminaire de Malines l'engagea comme professeur. En 1831, il obtint le poste de directeur du collège Pitzemburg à Malines, qu'il conservera jusqu'en 1836. C'est dans la même ville qu'en 1833, il lui fut accordé la dignité de chanoine honoraire à l'église principale.

Dès 1834, il occupa la chaire d'histoire patriotique à l'Université catholique de Louvain. Il s'y mit à promouvoir la littérature flamande d'expression néerlandaise. En 1836, il fonda, en collaboration avec Jean-François Willems, une société pour la promotion de la langue et de la littérature néerlandaises : la .

En 1836, le gouvernement organisa, par arrêté royal, un concours visant à couronner un traité sur les problèmes d'orthographe et de flexion de la langue néerlandaise, y compris la désignation des moyens les plus appropriés pour parvenir à l'unanimité. David, Willems, Ledeganck, d'Hulster, de Smet, Verspreeuwen et Bormans furent nommés membres de la commission chargée de juger les douze réponses reçues à la suite de l'annonce du concours. En , la commission rendit son avis. Rien ne lui semblait suffisamment méritoire.

Lorsque éclata la querelle sur l'emploi de l'orthographe, après que des tentatives pour arriver à l'unité orthographique avaient échoué, David fonda le magazine , dont le premier fascicule parut à Louvain, le , et qui continua à exister jusqu'en 1843. Les attaques violentes contre la commission, accusée d'hérésie et d'orangisme, et la solide défense de celle-ci occupèrent pendant tout un temps non seulement la presse flamande mais également celle de la Wallonie. Si Willems porta des coups redoutables aux ennemis de l'orthographe améliorée dans sa publication (Musée belge), paraissant sous les auspices de la société pour la promotion de la langue et de la littérature néerlandaise, David fonda le journal précité dans le but d'appuyer le point de vue de la commission. Il y défendit, entre autres, l'uniformité grammaticale. En fin de compte, c'est à David et ses compagnons d'armes que l'on doit l'unité orthographique au nord et au sud des Pays-Bas.

De 1840 à 1866, il fut président d'une société d'étudiants catholiques flamands : (Par le temps et par l'assiduité). Il fut l'un des professeurs de Johannes Nolet de Brauwere van Steeland (1815-1888), futur académicien néerlandais, membre associé de l'Académie royale de Belgique, Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques.

En 1841, et encore en 1850, il fut élu président des congrès linguistiques et littéraires (), qui ont parfois été considérées comme les premiers pas du mouvement flamandJan Vercammen, « David, Jan-Baptist », De Nederlandse en Vlaamse auteurs van middeleeuwen tot heden met inbegrip van de Friese auteurs (réd. Gerrit Jan van Bork et Pieter Jozias Verkruijsse), Weesp, De Haan, 1985, ..

En 1856, David fut nommé membre de la Commission des griefs linguistiques () et, en 1864, de la Commission de l'orthographe () qui fit accepter l'unité linguistique au sud et au nord des Pays-Bas (c'est-à-dire en Flandre et au Royaume des Pays-Bas). Il collabora également au Grand Dictionnaire de la langue néerlandaise () de De Vries et Te Winkel, initiative émanant des congrès linguistiques et littéraires précités. La même année, à la suite de la décision de la Cour d'appel de Bruxelles sur Jacob Karsman, interdisant à l'avocat de l'accusé de plaider en néerlandais, et de la mercuriale non moins étrange et provocatrice du procureur général de Bavay, malgré sa santé déjà ébranlée, David monta à la tribune lors d'une réunion à Louvain afin de défendre les droits bafoués des FlamandsJacob Frans Johan Heremans, « Levensbericht van Prof. J.B. David », . Leyde, E.J. Brill, 1868, ..

Le , qui porte le nom du chanoine, s'est engagé dans le développement culturel du peuple flamand et a sa propre maison d'édition. Il a été créé à Louvain en 1875 à l'instar du Willemsfonds, qui existe déjà depuis 1851.

Notoriété Grâce à son style souple, on a compté David parmi les meilleurs prosateurs de son temps, avec Willems.

Heremans écrivait de lui :

« Lorsque l'on évalue David en sa qualité d'historien, il ne faut pas oublier qu'il était un prêtre catholique, et qu'il considérait les faits et les gens d'un point de vue catholique. Il est un excellent styliste mais, dans son histoire patriotique, il rechercha trop l'effet facile et, au lieu de toucher à la tonalité populaire, souvent il tombe dans le vulgaire et l'ordinaire. Comme philologue, il savait se maintenir à la hauteur de la science contemporaine, alors qu'en tant qu'esthéticien, il demeurait fidèle aux traditions classiques. Comme prêtre, il était tolérant ; comme Flamand, il fut l'un des plus ardents et talentueux partisans des droits linguistiques de cette population néerlandophone de la Belgique qui saura toujours se rappeler son nom en souvenir reconnaissant Cité de Jacob Frans Johan Heremans, « Levensbericht van Prof. J.B. David », , Leyde, E.J. Brill, 1868, .. »

Après sa mort, des pierres commémoratives furent placées au cimetière de l'abbaye de Parc et au mur du presbytère de Wilsele (Louvain). À Lierre, il reçut une imposante statue sur les remparts, près de la rue d'Anvers.

Œuvres thumb|Lettre de Jan Baptist David à Jan-Frans Willems (1839) Outre son engagement pour le dictionnaire, il édita d'abord la Bible versifiée de Jacques van Maerlant avec commentaires (en quatre volumes, de 1858 à 1864), puis des œuvres de Jean de Ruisbroek (en cinq volumes de 1858 à 1868), mais aussi des œuvres contemporaines de Willem Bilderdijk (entre autres , 1842 et , 1848).

Comme historien, il écrivit plusieurs ouvrages mineurs, y compris une histoire de saint Albert de Louvain (), en 1843, une de la ville et seigneurie de Malines (), en 1854, et une histoire patriotique ( en onze volumes, publiés de 1842 à 1866). Il traduisit également l’Imitatio Christi.

En 1897 parut l'album des fêtes de David à Lierre.

Publications , Malines, 1823. (almanach de Lierre), 1825. , Malines, 1828. , Malines, 1830. , Malines, 1833. , Malines, 1835. , Malines, 1836. , Louvain, 1839. , 2 vol., Malines, 1839, ( éd., Louvain, 1858). , Louvain, 1840-1843. , Louvain, 1841. , Anvers, 1841. , Anvers, 1841. , Gand, 1841. , Louvain, 1842. , Louvain, 1842. , Louvain, 1843. , Saint-Trond, 1844. , Louvain, 1844, éd., Anvers, 1845. , Malines, 1843, ( éd., Louvain, 1865), une des éditions, destinée au peuple, fut publiée à Bruxelles en 1855 à exemplaires en vente). , Amsterdam, 1846.

, 1842-1855 ; , 1857 ; , 1858 ; , 1860 ; , 1861 ; , 1864-1866, publié à Louvain. , Louvain, 1848. , Louvain, 1852. , Louvain, 1854. , Gand, 1855. , Louvain, 1856. , éd., Bruges, 1857. , 3 vol., Bruxelles, 1858-1859. Jan van Ruusbroec : , Gand, 1858 ; , Gand, 1861 ; , Gand, 1864 (les trois derniers, publiés par Vlaemsche Bibliophilen). , édités par P. Willems, professeur de l'Université de Louvain, préface des éditeurs, Louvain, 1869. , Louvain, 1877.

David écrivit également une grammaire latine et plusieurs articles pour des magazines et des annales.

Ressources Notes et références

Bibliographie Lens, Arthur. , Anvers, Vlaamse Toeristenbond, 1975. Van Gijsel, Hektor. , Blankenberge, Saeftinge, 1968. Wils, Lode. , 2 vol., Louvain, Davidsfonds, 1977-1984. Wils, Lode. « Kanunnik Jan-Baptist David en de Vlaamse Beweging van zijn tijd », WP-lexicon, 1957.

Catégorie:Nationaliste flamand Catégorie:Personnalité flamande Catégorie:Prêtre catholique belge Catégorie:Religieux catholique belge Catégorie:Naissance à Lierre Catégorie:Naissance en janvier 1801 Catégorie:Décès en mars 1866 Catégorie:Décès à 65 ans Catégorie:Personnalité inhumée à l'abbaye de Parc