vignette|Progression des dates de dépassement entre 1969 et 2018. vignette|Progression des dates de dépassement selon le calcul de l'ONG .
Le jour du dépassement, ou jour du dépassement de la Terre (en ou EOD), correspond à la date de l’année, calculée par l'ONG américaine , à partir de laquelle l'humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète est capable de produire en un an pour régénérer ses consommations ou absorber les déchets produits, dont le dioxyde de carbone. Passé cette date, l’humanité puiserait donc dans ses ressources à une vitesse qui n'est pas de l'ordre du « renouvelable à échelle humaine », accumulant les déchets au-delà de leur absorption sur le reste de l'année en cours.
Le calcul du jour de dépassement est considéré comme un outil de communication simple à comprendre, mais fait l'objet de diverses critiques. Sa capacité à représenter la consommation des ressources de la planète est mise en cause, et il n'est pas considéré comme un outil suffisant à lui seul pour évaluer les politiques et les pratiques socio-environnementales.
En 2026, l'ONG estime cette date au .
Calcul Le calcul est dérivé de celui de l'empreinte écologique globale, concept développé par Mathis Wackernagel., président de .
présente le jour du dépassement comme le résultat de la formule :
où : est le jour de dépassement (compté à partir du ) ; est la biocapacité ou capacité de production biologique de la planète en hectare global (hag) ; est l’empreinte écologique de l'humanité hectare global (hag).
Il s'agit donc du rapport de la biocapacité sur l'empreinte écologique globale, ramené à une date de l'année., une date étant perçue comme plus marquante qu’un pourcentage.
De manière similaire peut être calculé le nombre de planètes Terre qui serait nécessaire pour subvenir à la consommation en ressources renouvelables de l'humanité en une année. En 2019, ce nombre est de 1,7 et l'extrapolation des données montre que le seuil de deux planètes Terre sera dépassé bien avant la fin de la première moitié du . Toujours en 2019, dans un article paru dans la revue Le Débat., Maxime De Blasi a caractérisé l'état de surpopulation mondiale se basant sur la date du jour du dépassement : à partir des projections de population et de PIB mondial à horizon 2050, il a évalué qu'il faudrait une réduction, soit de la population, soit du niveau de vie, dans un pour permettre à la planète de se régénérer annuellement. Il a ainsi évalué la population mondiale soutenable à une fourchette comprise entre d'habitants (hypothèse d'un doublement du produit intérieur brut mondial d'ici à 2050, ce qui correspond à la poursuite de la croissance de 3 %/an observée avant la pandémie de Covid-19).
Histoire Dates annoncées dans les médias vignette|Éditable sur jsfiddlehttps://jsfiddle.net/demaupeoucorentin/9eLvd0ks/1/:
Chaque année, annonce la date du jour du dépassement selon la méthodologie et les données disponibles pour son étude. Cette méthodologie change régulièrement afin de prendre en compte de nouveaux éléments, rendant inadéquate la comparaison entre les années sur la seule base des archives médias.
Année Date du dépassement 1986 1990 1993 1995 2000 2003 2005 2006 2007 2008 2009 2010 .. 2011 . 2012 .. 2013 . 2014 . ou . 2015 ..2016 .2017 .2018 2019 Le Jour du Dépassement Mondial 2019 sera le 29 juillet, overshootday.org, ..2020 .2021 .2022 ..2023 .202420252026 30 juillet 2026 : jour du dépassement, ADEME, 1er juillet 2026.
En 2020, le jour du dépassement est atteint trois semaines plus tard qu'en 2019 ; ce retard est dû aux mesures de confinement adoptées pour contenir et faire reculer la pandémie de Covid-19 dans le monde.. En 2021, malgré un monde toujours perturbé par la pandémie de Covid-19, le jour du dépassement retrouve la date de 2019.
Selon la méthode de 2023
Chaque année, la méthodologie est affinée et les données sont mises à jour. Cela conduit à faire une actualisation annuelle des dates pour les années précédentes., ce qui lui permet d'établir une comparaison entre les années.
Année Date du dépassement 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Par pays
Le jour du dépassement calculé par pays est le jour où le dépassement mondial se produirait si toute la population mondiale consommait comme la population du pays en question.
Belgique calcule qu'en 2023, le jour du dépassement était le en Belgique.
Canada calcule qu'en 2023, le jour du dépassement était le au Canada.
Espagne L'ONG calcule qu'en 2023, le jour du dépassement était le en Espagne.
France Selon le WWF (Fonds mondial pour la nature), il s'agissait en 2017 du pour la France (données de 2013).. La branche française du WWF annonce le que le jour du dépassement français calculé par (GFN) tombe en 2018 le . Autrement dit, il faudrait Terre si toute l'humanité vivait comme les Français..
En 2021, alors que cette date tombe au pour l'ensemble de la planète, en 2023, le jour du dépassement était le en France., et en 2022, le dépassement en France s'est produit le , ce qui veut dire qu'en seulement quatre mois, le pays a consommé tout ce que la Nature pouvait régénérer en un an (alors qu'en 1970, la date du dépassement était alors située au , faisant que le pays était quasiment à l'équilibre).. En 2025, alors que la date pour le monde était le (soit huit jours plus tard qu'en 2024), en France elle tombait au , soit plus de huit mois avant la fin de l'année (, selon le WWF (2025)..
L'ONG WWF France annonce que le jour du dépassement pour 2026 en France est le vendredi . Même mise en perspective avec les autres pays européens, la France est un de ceux consommant le plus de ressources naturellesL’Humanité, 24 avril 2026, « La France atteint aujourd'hui son "Jour du dépassement" et vit désormais à « crédit écologique » », Théo Bourrieau .
Suisse L'ONG calcule qu'en 2023, le jour du dépassement était le en Suisse.
Critiques Globalement l'outil est jugé être un très bon outil de communication, robuste et reproductible.. Mais, il reçoit aussi des fortes critiques.. Son calcul additionne divers éléments qui seraient sans rapport avec une surface ou une consommation de ressources et il utiliserait des facteurs multiplicatifs arbitraires.
Le concept de jour de dépassement suscite diverses contestations : , sur le , estime que l'analyse de l'empreinte écologique sous-estime notre surutilisation des ressources de la planète.. , du , reconnaît que , mais lui trouve plusieurs inconvénients, en particulier parce qu'il semble comparer des choux avec des carottes.. Pour l'auteur Michael Shellenberger du et ses collègues, la notion n'a aucun fondement scientifique. et serait un outil politique utilisé par les tenants de décroissance permettant de s'exonérer de recherches de solutions pour accroître la productivité des terres tout en culpabilisant les citoyens.. Cette critique est elle-même contestée, entre autres car, s'appuyant sur une vision mondiale, alors que l'échelle nationale et régionale est considérée par les auteurs et leurs sources, d'importance grandissante..
Il est reproché à l'outil de mêler les émissions de , la production de viande sans distinction d'efficience, les surfaces agricoles sans distinction de rendement, de consommation en ressource ou autre, la production d'électricité ; de sur-évaluer l’énergie nucléaire dans le calcul de l'empreinte écologique ; de ne pas correspondre au concept qu'il prétend présenter ; de mal calculer les ressources consommées par l'homme et les ressources que la planète est capable de régénérer ; de manquer de transparence sur ses méthodes et sur les données choisies...
Il y a un accord, y compris de la part de ses concepteurs, pour considérer que l'outil est incomplet, et qu'il ne peut à lui seul refléter tous les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Un des cas mis en avant pour expliquer cette incomplétude est celui des matériaux non renouvelables et des polluants non absorbables tels que le pétrole ou les métaux lourds..
L'un des principaux désaccords porte sur la place de l'empreinte dans le résultat global, pouvant représenter plus de la moitié de « l'addition » et pour plusieurs utilisateurs ou observateurs, un indice réduit à cette empreinte pourrait être suffisant.
Notes et références
Annexes Bibliographie William Catton (1980). . Urbana: . Mathis Wackernagel; Niels B. Schulz, Diana Deumling, Alejandro C. Linares, Martin Jenkins, Valerie Kapos, Chad Monfreda, Jonathan Loh, Norman Myers, et Jørgen Randers (2002). "". 99 (14): 9266–9271. . . . Mathis Wackernagel, A. Galli, L. Hanscom, D. Lin, L. Mailhes, T. Drummond (2018), : "" , in Simon Bell Stephen Morse () 2018. , . . .
Vidéographie .
Articles connexes Empreinte écologique Limites planétaires Biocapacité Développement durable Esclave énergétique
Horloge de la fin du monde Risque d'effondrement environnemental et sociétal
Liens externes
Plateforme de données ouverte .
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