La bataille de Champigny également appelée bataille de la Marne ou bataille de Villiers, du nom de la commune de Villiers-sur-Marne, sur le territoire de laquelle a eu lieu la bataille, marque la principale tentative de sortie des armées de la Défense nationale, menée sous les murs de Paris assiégée lors de la guerre franco-allemande de 1870. Elle se termine par une défaite de l'armée française.
Contexte Après la défaite de l'armée française à la première bataille du Bourget, et la nouvelle de la capitulation de Metz, le moral de la population parisienne décline.
Pour remédier à cette situation et redonner espoir aux habitants de la capitale, le général Trochu, gouverneur militaire de Paris, décide d'organiser une sortie générale afin d'effectuer une percée des lignes allemandes. Des attaques ont lieu de la Gare-aux-Bœufs, près de Choisy-le-Roi, à l'Haÿ, à Mont-Mesly, au plateau d'Avron ; des reconnaissances sont faites dans la plaine de Gennevilliers, sur les hauteurs de Buzenval et de Boispréau, avec une tentative principale en direction de Champigny. Celle-ci elle doit permettre à l'armée de Paris de desserrer l'étau prussien et de rejoindre l'armée de la Loire, ce qui pourrait renverser le rapport de force.
L'attaque française
Ce secteur des lignes allemandes est tenu par la division du Wurtemberg, de la prussienne. Le 29 novembre, la Marne étant sortie de son lit, une attaque française de reconnaissance tourne au désastre, avec une perte de . Les combats de la Gare-aux-Bœufs et de l'Haÿ, organisés pour faire diversion, se terminent par la retraite des troupes du terrain gagné, faute de pouvoir lancer l'offensive principale.
vignette|300px| régiment saxons de fusiliers -- Bataille de Villiers thumb|300px|Bataille de Villiers, troupes et ambulance françaises sous un tir de grenades ; au fond à droite, fort de Nogent et fort de Rosny. Gravure allemande, Die Gartenlaube, 1871. L'offensive est donc reportée au lendemain, et le commandement français prévoit une nouvelle série de diversions, notamment sur Choisy-le-Roi et Épinay-sur-Seine.
Le , le général Ducrot mène vers les villages de Champigny-sur-Marne et Bry-sur-Marne, à l'est de la Marne. L'artillerie française repousse les unités allemandes des villages de Bry et Champigny, permettant aux troupes de Ducrot de franchir la Marne sur des pontons prévus à cet effet. Elles établissent une tête de pont sur le bord opposé de la rivière dans les deux villages et pousse vers Villiers-sur-Marne.
Mais la division du Würtemberg est si bien retranchée, sur les hauteurs qui dominent Champigny, entre Villiers et Le Plessis-Trévise, que l'artillerie française ne parvient pas à la déloger : l'attaque est stoppée. Ducrot appelle donc à la rescousse le corps du général d'Exéa, qui a franchi la Marne au nord de Bry pour attaquer Villiers par le nord. Le corps arrivant trop tard pour participer efficacement à l'offensive, Ducrot adopte une position défensive.
La contre-attaque allemande
L'offensive française inquiète le haut-commandement prussien. Le prince héritier Albert de Saxe, commandant la , est fortement critiqué par Helmuth von Moltke, le chef d'état-major prussien. Ce dernier lui reproche sa circonspection dans l'envoi de renforts à la division du Wurtemberg. Moltke charge alors Eduard von Fransecky, du corps de la armée, de prendre le commandement des opérations, et de protéger la zone menacée. Cependant, Fransecky n'a pas été averti à temps de ces nouvelles dispositions : le , les deux armées concluent une trêve et enterrent leurs morts.
Le , les Allemands semblent faire face à une situation similaire à celle de la bataille du Bourget : Fransecky estimant qu'une contre-attaque n'est pas nécessaire puisque les lignes allemandes n'ont pas été brisées, alors que de son côté Albert de Saxe pousse à la contre-attaque. La rapide offensive de Fransecky lui donne rapidement le contrôle de Champigny mais, les Français étant alors regroupés, les deux armées se font face sans parvenir à se déborder. Cette situation inquiète suffisamment Moltke pour que celui-ci prenne d'importantes dispositions pour affronter les Français, dans l'hypothèse où ceux-ci renouvelaient leurs attaques le lendemain et parvenaient à percer. Mais de son côté, Ducrot a déjà abandonné l'idée de continuer son offensive. Ses troupes ont particulièrement souffert, notamment du froid (, sans couvertures), et bien qu'averti de l'avance de l'armée de la Loire sur Paris, le général français ordonne le retrait des troupes dans la capitale le .
Conséquences Les deux armées ont payé un prix élevé lors de cette bataille. Les Français ont perdu environ tandis que les pertes allemandes s’élèvent à . L'armée de la Loire est défaite à la bataille d'Orléans : le général Ducrot pousse alors Trochu et le ministre des affaires étrangères Jules Favre à entamer des pourparlers de paix avec la Prusse.
Le panorama de la Bataille de Champigny
Dix ans après les faits, les peintres Édouard Detaille (1848-1912) et Alphonse de Neuville (1835-1885) commencent à réaliser la monumentale peinture circulaire La Bataille de Champigny (1880-1882), une huile sur toile de de long pour 15 de haut. L'œuvre est exposée à partir du et jusqu'en 1887 à Paris au Panorama national (1881, second du nom) exploité rue de Berri (5). Elle est ensuite expédiée à Vienne, où elle remplace une autre toile panoramique également signée par Detaille et Neuville : Le Soir de la bataille de Rezonville qui prend, en échange, à partir de la fin du mois de Jean de Bernières, « Les Panoramas » dans la Revue politique et littéraire – Revue Bleue, 14, ., la place vacante au Panorama national de la rue de Berri« Le panorama animé : la bataille de Champigny » sur le site de la Ville de Champigny-sur-Marne champigny94.fr. La Bataille de Champigny reste exposée à Vienne jusqu’en 1891. Après la fin de son exploitation, Detaille la découpe en 65 fragments qui sont dispersés aux enchères en 1892 et 1896« Edouard Detaille Paris, 1848 - 1912 Brancardier et soldat de la ligne ; fragment du panorama de Champigny » sur le site d'Artcurial lors d'une vente de ce fragment..
Bibliographie Pierre Lehautcourt : Histoire de la guerre de 1870-1871. 2, 7 : Le Bourget, Champigny (28 octobre- 3 décembre 1870)
Articles connexes Siège de Paris (1870-1871) Chronologie du siège de Paris (1870-1871) Ignace Hoff
Notes et références
Liens externes Site internet du Musée Adrien Mentienne à Bry-sur-Marne - mise en valeur des collections du musée, notamment, celle relative à la Bataille de Champigny. Carte animée sur le déroulement de la bataille de Champigny publiée par le musée Adrien Mentienne de Bry-sur-Marne.
Source
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