Le Challenger 1 (désigné officiellement FV4030/4 Challenger) est un ancien char de combat britannique. Il fut en service dans la British Army de 1983 jusqu’a la fin des années 1990 avant d'être remplacé en 1998 par son successeur, le FV4034 Challenger 2. En 1986, le prix unitaire du Challenger était de 1,3 million de livres sterling..
Historique 300px|vignette|gauche|Un Challenger d'un régiment écossais sur la Highway of Death le 28 février 1991. En 1974, l'État impérial d'Iran commanda à la Royal Ordnance Factory de Leeds 125 FV4030/2 Shir 1 et . Le Shir 1 était, en fait, essentiellement une version remotorisée du Chieftain. L'armée britannique envisageait alors de remplacer le Chieftain en service dans la Royal Armoured Corps par un engin ouest-germano-britannique, mais celui-ci n'ayant pas dépassé le stade de projet, le Royaume-Uni réalisa son propre projet, baptisé MBT-80. Avec la chute du chah d'Iran, en 1979 les énormes commandes de ce pays furent annulées, avant que les livraisons n'aient pu commencer, bien qu'à cette époque le Shir 1 fût en production à la Royal Ordnance Factory de Leeds. La Jordanie commanda par la suite 278 Al Hussein, qui étaient pratiquement identiques au Shir 1, et les livraisons débutèrent en 1981. Elles sont à présent terminées.
En 1980, le ministère britannique de la Défense annonça que le projet du avait été abandonné non seulement parce qu'il s'avérait trop cher, mais aussi parce que sa date de mise en service était incertaine. À sa place, une commande initiale de 237 Challenger fut passée à la Royal Ordnance Factory. Il s'agissait de Shir 2 modifiés pour les adapter au climat européen. Les premiers exemplaires furent remis à l'armée britannique en , et quatre régiments de l'armée britannique du Rhin en poste en Allemagne de l'Ouest ont été équipés de ce char. Au milieu des années 1990, le Challenger sera doté d'un système de visée Pilkington PE (connu aussi sous le nom de Thermal Observation and Gunery System) qui permettra au char d'améliorer ses capacités d'engagement et d'acquisition de cibles par tous les temps et de jour comme de nuit.
Les premiers véhicules produits ont été pourvus d'un canon standard L11A5 , réalisé par la Royal Ordnance Factory de Leeds, mais il fut remplacé par un nouveau canon de haute technologie, qui a été étudié par la Royal Armament Research and Development Establishment (RARDE) de Fort Halstead. Ce canon, en un acier mieux travaillé, possède une nouvelle culasse et peut lancer des projectiles ayant une plus grande vitesse initiale, et de ce fait dotés d'une capacité de pénétration supérieure à celle des projectiles courants. Il peut également lancer, tout comme le L11A5, l'obus-flèche de la Royale Ordnance Factory de Birley, capable de percer à l'époque tous les blindages connus.
Un véhicule de dépannage a été développé d'après le châssis du Challenger, tandis que dans le même temps, un certain nombre de Chieftain ont été pourvus d'une grue hydraulique destinée à leur permettre de changer le bloc moteur d'un Challenger sur le terrain ; ainsi équipés, ces blindés recevront la dénomination ARRV (Armoured Repair and Recovery vehicle, véhicules blindés de récupération et de dépannage). Il existe également un Chieftain poseur de ponts qui est également utilisable par le Challenger., 25 sont en service en 2008, 2 au .
vignette|gauche|Un Al-Hussein dans un musée jordanien en 2018 avec un camouflage numérique.
Ils sont retirés du service entre 1998 et 2002. En , il est annoncé que jusqu'à 288 sont transférés à la Jordanie qui les modernise avec des éléments du Challenger 2 sous le nom de Khalid. Fin 2002, un accord pour la livraison de 100 Challenger 1 est annoncé.. En date de début 2023, ils ne sont plus en service et sont stockés.
Au , 9 Challenger 1 sont encore en service actif dans l’armée britannique..
Armement Armement principal Le Challenger est armé avec un canon standard de L11A5 de la firme Royal Ordnance (actuellement BAE Systems), le tube du canon est recouvert d'un manchon anti-arcure, d'un extracteur de fumée et d'un miroir de volée. Le L11A5 est stabilisé sur les deux plans (site et gisement), ce canon avait déjà été utilisé précédemment sur le char Chieftain.
La dotation maximale en munitions est de 64 obus, elle est limitée à 42 projectiles si le char n'emporte que des obus perforants; les douilles combustibles ayant un volume double à celui d'une gargousse. Pour des raisons de sécurité, il n'y a généralement que des obus-flèches dans la tourelle, les obus à tête d'écrasement (HESH) et les charges de poudre propulsives se trouvant à l'abri dans le châssis.
Une vingtaine de projectiles sont prêts au tir et rangés dans des râteliers dans la nuque de la tourelle. À l'arrière gauche de la tourelle, juste devant les râteliers sont placés verticalement six obus dans un bac compartimenté, cinq autres sont placés de la même façon sur une étagère fixée contre la paroi gauche de la tourelle, juste au-dessus du dossier du siège du chargeur. Quatre autres obus-flèches peuvent être sanglés à l'horizontale contre les murs de la tourelle; un entre le casier et l'étagère évoquée précédemment, trois autres le long du mur, juste devant l'étagère (toujours à proximité du chargeur). Enfin, un dernier est fixé verticalement sur la paroi inclinée à gauche du canon.
Le plancher rotatif du panier de la tourelle abrite dix projectiles; ainsi trois obus, généralement des HESH sont couchés en dessous de la culasse du canon et sous l'affût se trouve un râtelier d'une capacité de quatre projectiles, accolé à un casier tubulaire alignant trois autres projectiles verticalement. Contre les parois de la caisse se trouvent quatre projectiles, placés verticalement de chaque côté par groupes de deux entre le puits de la tourelle et les caissons à gargousses. Pour terminer, trois projectiles sont installés derrière le siège du conducteur et trois autres sont disposés dans un panier, à l'avant gauche de ce siège, chacun dans des tubes respectifs, juste sous le tableau de bord, au niveau du genou gauche du conducteur.
Les charges propulsives en cordite sont logées sous forme de gargousses dans huit conteneurs en fibre de verre possédant chacun une double paroi renfermant une solution à base d'eau maintenue sous pression En cas de perforation d'un conteneur par des éclats, la double paroi des conteneurs se serait rompue et le liquide se serait répandu et aurait imbibé les charges propulsives, leur évitant de créer une déflagration catastrophique en s'enflammant"Tank, Combat, 120-mm Gun, Challenger", 1983, Army equipement support publications. De plus, les caissons sont doublés d'une couche de caoutchouc servant de pare-éclats et limitant les chocs à l'aide d'un système de suspension à ressort.
Chaque caisson contient un certain nombre de tubes (fermés par des couvercles) abritant chacun deux gargousses ou une douille combustible pour obus perforant à sabot détachable. Le Challenger possède 42 tubes répartis dans 8 caissons.
Le chargeur a directement à sa disposition un conteneur (3 tubes) placé verticalement à gauche de la culasse du canon, trois autres (6, 5 et 6 tubes respectivement) sont placés contre la cloison pare-feu séparant le compartiment de combat du compartiment moteur. De part et d'autre du conducteur se trouvent quatre autres conteneurs (deux de 6 tubes et deux de 5 respectivement).
La version Mk. 3 du Challenger 1 possède de nouveaux conteneurs en acier, dépourvus de liquide mais blindés avec une épaisseur comprise entre et . L'absence de double paroi leur permet de renfermer un plus grand nombre de charges propulsives, réduisant ainsi leur nombre à cinq, l'espace à l'arrière-droite du conducteur servant désormais d'espace de rangement. Durant la guerre du Golfe, 90 Challenger 1 Mk. 2 furent rétrofités au standard Mk. 2 (ACB) en remplaçant les caissons « humides » en fibre de verre par des caissons blindés en acier (Armored Charge Bins : ACB).
La gamme de munitions disponible à l'époque pour le char Challenger 1 comporte :
L23A1 : cet obus-flèche entré en dotation en 1983, il comprend un barreau de en alliage de tungstène et de cupronickel avec un empennage à six ailerons en aluminium. Son sabot de type poussé-tracté comporte 3 pétales en aluminium. La munition flèche shot 120mm TK APFSDS est utilisée avec la charge propulsive L8A1. Le L23A1 est capable de perforer les cibles OTAN Cible Simple Char Lourd et Cible Triple Char Lourd à des distances respectives de et . Sa vitesse initiale est comprise entre et en conditions nominales. L26A1 : cet obus-flèche a été conçu initialement dans le cadre du programme CHARM 1, pour être tiré, avec la charge L12, par le canon L30A1. Les performances balistiques de l'obus-flèche L23A1 ayant été jugées insuffisantes par les services de renseignements britanniques, face au blindage du T-72M1, il fut décidé, en urgence, d'adapter cette munition au canon L11A5 du Challenger 1 en vue de son déploiement en Irak lors de la guerre du Golfe. Ce programme portant le nom de code Jericho abouti à la création des charges L14A1 et L14A2 conçues pour les environnements chaud. L'obus-flèche L26A1 comprend un barreau de en alliage d'uranium appauvri lui conférant une capacité de perforation 15% supérieure à celle du L23A1. L31A7 : un obus à tête d'écrasement, il est capable de générer des éclats derrière une plaque de blindage épaisse de . Il contient de RDX, sa charge de poudre L3A2 lui donne une vitesse initiale de . L34A2 : un obus fumigène (OFUM) contenant de phosphore blanc, sa charge de poudre L3A2 lui donne une vitesse initiale de . L35 : un obus de défense rapprochée (ODR) projetant 1008 billes de ainsi qu'un millier de granulés en acier à plus de .
Armement secondaire
Une mitrailleuse L8A2 de est montée de façon coaxiale à l'armement principal tandis qu'une L37A2 du même calibre est montée sur le tourelleau No 32 du chef de char, elle est opérée sous blindage, depuis l'intérieur de la tourelle. Deux lance-pots fumigènes L8 à 5 tubes chacun sont montés à l'avant gauche et droit de la tourelle. Ils peuvent dépoter des grenades fumigènes L5 ou L8 de à une distance de , couvrant chacun un secteur de 100°, la mise à feu est électrique.
Conduite de tir La conduite de tir automatisée du FV 4030 Challenger 1 porte la désignation CCS (computerised control system), elle est considérée comme une version améliorée de l'IFCS (Improved Fire Control System) utilisé précédemment sur le FV 4201 Chieftain, en dépit de l'utilisation d'un logiciel différent et d'une meilleure fiabilité, leur fonctionnement reste identique.
Une fois l'éloignement de la cible connue, la conduite de tir CSS va établir en moins de 1,3 seconde l'angle d'élévation requis en fonction de la munition sélectionnée. Lorsque la cible se déplace, l'opérateur tourelle devra suivre la cible durant une durée de 2 à 5 secondes afin que la conduite de tir puisse enregistrer sa vitesse angulaire, avant d'actionner la télémétrie. Une fois la distance obtenue, le CSS va prendre en compte ces deux facteurs pour en déduire le but futur, c'est-à-dire un angle supplémentaire à ajouter à la ligne de visée. Ce calcul prend quelques secondes, augmentant encore le délai nécessaire à engager une cible mobile. La conduite de tir CSS ne peut pas établir de solution de tir pour des cibles se déplaçant horizontalement à plus de 30 milliradians par seconde ou a plus de 10 milliradians par seconde verticalement.
Moyens d'observation Opérateur tourelle