Le LRAC F1, officiellement appelé lance-roquettes antichar de modèle F1, est un lance-roquettes réutilisable qui a servi dans l'armée française. Il a été mis au point par la société Luchaire Défense SA, chargée de la production des différentes munitions, et construit en coopération avec la Manufacture Nationale d'Armes de Saint-Étienne, qui fabriquait le lanceur. Ces deux entreprises font aujourd'hui partie de GIAT Industries. Commercialisé par la société Hotchkiss dans les années 1970, il a remplacé le LRAC de 73 mm modèle 1950. Le LRAC F1 est remplacé à partir de 2008 par le lance-roquettes suédois AT4-CS (version permettant le tir en espace confiné).
Historique
Au tout début des années 1970, deux armes antichars ont été évaluées par l'armée française afin de remplacer le bazooka M20A1 : l'ACL APX (ou ; la dénomination « ACL APX » indique que la conception et la construction de l'arme provient des ateliers de construction du Livradois (ACL) et de Puteaux (APX)).édité par DHR Archer "Jane's Infantry Weapons 1976» page 576-578.La lunette de visée mise au point pour l'ACL-APX a été adoptée pour le LRAC F1., un canon sans recul avec un projectile aidé d'une roquette, et le LRAC F1 de la STRIM (Société Technique de Recherches Industrielles et Mécaniques) expérimenté à partir de 1969. Ce dernier fut choisi pour remplacer le M20A1 du fait de la capacité de pénétration plus élevée de sa munition et de son plus faible coût de fabrication. Sa production est assurée par la Luchaire SA.
vignette|gauche|Photo d'un AC300 diffusé en 1984. Un appel d'offres est lancé dès 1978 pour une arme plus puissante à la suite de l'apparition de chars à blindage composite soviétiques T-72 et T-80. Trois armes sont en compétition, un projet franco-ouest-allemand nommé AC300 Jupiter entre Luchaire SA et Messerschmitt-Bölkow-Blohm. Cette version améliorée du LRAC F1. adapte une ogive de calibre de du missile Milan 2 sur le lance-roquettes Armbrust. Il n'a pas donné lieu à une production en série.; le de la Société européenne de propulsion et Apilas de GIAT Industries - aujourd'hui KNDS France..
L'Apilas ou RAC 112 remporte l'appel d'offres et entre en service en 1985 mais le LRAC fut remplacé en dotation par l'AT4 à la fin des années 2000.
Il a été utilisé durant l'opération Serval au Mali à partir de 2013 où il a non seulement remplacé la roquette AT4CS de 84 mm mais a également largement pallié l’absence de postes de tir Eryx (non largable par parachutage). .
Description et fonctionnement thumb|gauche|Un militaire des forces spéciales grecques, en 2016, avec un LRAC. Grâce à l'utilisation de matériaux composites à base de fibres de verre et de plastiques, sa masse est inférieure de plus de à celle du M20A1 chargé tout en ayant une plus grande portée. Le LRAC F1 est parfois dénommé STRIM lance-roquettes antichar de , du nom de l'entreprise qui fut chargée en 1964 par le ministère français de la Défense de la recherche d’un remplaçant pour le Super Bazooka.
L’arme est généralement mise en œuvre par deux hommes : un tireur et un servant. Son chargement s’effectue au moyen d’un conteneur porte-roquette ( pour de long) dont la fixation à l’arrière de l’arme active le circuit électrique de mise à feu.
Le lance-roquettes est équipé sur le côté gauche d’un viseur optique 3 × APX M 309 gradué entre et est muni d’une épaulière ainsi que d’une poignée avant ajustables au tireur. La poignée pistolet centrale contient un dispositif de sécurité mécanique ainsi que le mécanisme de tir. Lorsque la sécurité est désactivée, l’appui sur la gâchette génère une charge qui tire la roquette.
Le bouchon d’étanchéité situé à l’arrière du conteneur porte-roquette est déposé juste avant le tir ce qui ferme le circuit de mise à feu et autorise le tir de la roquette. Le projectile est propulsé par de longs bâtonnets tubulaires de propergol qui produisent une pression constante lors de la combustion et fournissent une accélération constante. Le moteur s’éteint avant que la roquette quitte le tube de lancement à une vitesse approximative de . Dès que la roquette quitte le tube, neuf ailettes qui assurent la stabilité de la roquette pendant le vol se déploient. La munition dispose de deux systèmes de sécurité. Le premier est une broche épaulée située au centre du corps qui bloque le circuit de mise à feu de la charge militaire. Lorsque le projectile quitte le tube, la broche tombe et libère le second système de sécurité qui empêche la détonation tant que la roquette ne s’est pas éloignée d’au moins du tireur.
La roquette a une portée d’environ atteinte en et une portée de atteinte en .
La roquette seule pèse et est équipée d’une charge creuse d’un diamètre de . Elle peut pénétrer de blindage ou un mètre de béton avec un angle d’impact de 0 degré ; elle est capable de pénétrer des cibles OTAN single heavy, double medium et double heavy et dispose de suffisamment d'énergie pour pénétrer plusieurs plaques-témoins en acier de d’épaisseurJane's Infantry Weapons 1991-1992 donne tous les détails de la pénétration.Dans le milieu des années 1980, Luchaire mit au point une nouvelle roquette antichar qui avait la capacité de pénétrer 600 millimètres de blindage. Mais elle ne fut jamais mise en production, car ces performances étaient encore insuffisantes pour vaincre les chars lourds russes T-62 et T-72 dans un combat frontal.
Après le tir, le conteneur porte-roquette est démonté pour être remplacé par un nouveau. La durée de vie approximative d'un tube est de , après quoi il est réformé tandis que le viseur est démonté et peut être réutilisé sur une nouvelle arme.
Il existe un inconvénient d'utilisation de cette arme : une légère excroissance à l'intérieur du tube consécutive à un choc sur l'extérieur du tube rend l'arme dangereuse pour l'utilisateur car la roquette, en frappant cette excroissance, peut arracher le tube.
Munitions Un certain nombre d'autres roquettes ont été développés pour le LRAC F.
Antipersonnel / anti-véhicule Ce modèle dual antipersonnel/anti-véhicule possède une charge militaire contenant en acier (elles sont létales jusqu'à ) et une petite charge creuse antichar capable de pénétrer jusqu'à de tôle d'acier.
Fumigène ou éclairante Une version fumigène existe : elle produit de la fumée pendant environ
Une version éclairante produit une lumière d'une intensité de pendant .
Production et utilisation vignette|Parachutistes français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth avec un LRAC F1, .
Outre l'armée française, de nombreuses autres armées ont employé le LRAC F1, en particulier les anciennes colonies africaines de la France qui l'utilisent encore aujourd'hui -la République centrafricaine en dispose en 2018Military Balance 2018 -, la Grèce et l'Indonésie.
Au cours de l'intervention française au Liban en 1982-83, de nombreux journalistes ont confondu le LRAC F1 avec le missile antichar filoguidé Milan.
En France le LRAC F1 commence à être remplacé à partir de 2008 comme indiqué précédemment.
Armes comparables
Canon sans recul antichar suédois Carl Gustav M2 Lance-roquettes multifonction américain Cette arme israélo américaine est similaire en conception et design au LRAC F1 Canon sans recul italien Lance-roquettes russe RPG-29Bien que cette arme russe ressemble au LRAC F1 dans la conception et le design, le projectile est chargé comme le bazooka utilisé lors de la guerre mondiale et la guerre de Corée Lance-roquettes yougoslave M79Cette ancienne arme antichar yougoslave est la plus proche en conception et en design du LRAC F1 français
Sources et bibliographie
Suermondt, Jan (2004). Illustrated Guide to Combat Weapons. Kent: Grange Books. . Hogg, Ian (1991). Jane's Infantry Weapons 1991–1992. Jane's Information Group. .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Lance-roquettes AT4
Liens externes Titre XV - Connaissance et entretien de l'armement, EMAT TTA 150, Édition provisoire 2001
Catégorie:Arme militaire fabriquée en France Catégorie:Lance-roquettes antichar Catégorie:KNDS France