Cet article dresse les principaux monuments et lieux touristiques de Bordeaux, commune française du département de la Gironde.

Monuments et lieux touristiques Patrimoine ancien Palais Gallien, dernier vestige de l'époque gallo-romaine

vignette|upright|Palais Gallien. L'Amphithéâtre dit Palais Gallien doit son nom à l’empereur Gallien, qui régna de 253 à 268.

Cet édifice est cependant sans doute antérieur. La ville gallo-romaine de Burdigala, capitale de la province d’Aquitaine, a connu sa première période de prospérité au milieu du de notre ère. L’amphithéâtre, construit en bordure de la ville, pouvait accueillir sur ses gradins en bois personnes. il a été brûlé en 276 lors des invasions barbares. Il a également souffert de destructions majeures lors de la Révolution. L'édifice est classé monument historique. Il ne reste que quelques travées et arcades, enserrées dans le tissu urbain. Une partie du monument est visible depuis les rues du Docteur Albert-Barraud ou du Palais-Gallien.

Basilique Saint-Seurin et site paléochrétien

vignette|Basilique Saint-Seurin L'église Saint-SeurinJacques Gardelles, Aquitaine gothique, pp. 167-172, Picard (Paris), 1992 est la plus ancienne église de Bordeaux, dédiée à saint Seurin qui fut évêque de la ville. Sa construction remonte au début du , mais elle ne sera basilique qu’en 1873. L'édifice est classé monument historique et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

L'église abrite un porche du orné de chapiteaux, un chevet et un transept du , une nef du ainsi que des chapelles des . On y trouve aussi une crypte du hébergeant le tombeau de saint Fort ainsi que des sarcophages mérovingiens. Le site englobe également une vaste nécropole chrétienne dont les sépultures s'échelonnent du au . La basilique Saint-Seurin était sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle qui s’y arrêtaient au Moyen Âge pour vénérer le bâton de saint Martial, voir l’olifant de Roland, et les reliques de saint Seurin et de saint Fort.

Cathédrale Saint-André et Tour Pey-Berland

vignette|upright|La Tour Pey-Berland.

Consacrée par le pape Urbain II en 1096, la cathédrale est bâtie sur un plan en croix latine à nef unique de de long, de largeur au transept, de haut dans la nef et dans le chœur. Alors qu'elle avait été conçue pour avoir quatre clochers, deux seulement ont leur flèche (côté rue Vital-Carles) car on se rend vite compte que la cathédrale est trop lourde pour le sol marécageux et s'enfonce. La construction des deux autres clochers est alors abandonnée. Du premier édifice roman du il ne reste que les murs intérieurs de la nef. Elle porte le nom de l'archevêque de la ville en 1430 (mort en 1458) qui créa la première université de Bordeaux vers 1440. Il est inhumé derrière le maître autel de la cathédrale.

La porte Royale (première moitié du ) est un bel exemple gothique (embasements ornés de statues des apôtres ; tympan avec le Jugement Dernier). Le tympan du portail Nord () est orné de trois registres de bas-reliefs représentant la Cène, l'Ascension et le Triomphe du Rédempteur. Le chevet et le transept remontent aux .

Parmi les évènements liés à cet édifice il y a le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Louis VII, futur roi de France, en 1137. La cathédrale est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998.

La tour Pey-Berland, isolée du reste de l'édifice, a été construite entre 1440 et 1450. Elle est quadrangulaire avec des contreforts, une galerie extérieure et une flèche octogonale avec au sommet, une statue de Notre-Dame d'Aquitaine réalisée en 1862 et restaurée dernièrement.

Basilique Saint-Michel

vignette|upright|Clocher de la Basilique Saint-Michel. Église de style gothique flamboyant construite entre la fin du et le . La chaire est de Feyneau et représente saint Michel terrassant le dragon. Les vitraux furent détruits lors des bombardements en 1940. Le clocher isolé de de haut, construit au est considéré comme le plus haut du Midi de la France et comme l'un des plus hauts de l'hexagoneTour de la basilique Saint-Michel. En 1881 fut découvert un cimetière gallo-romain et des catacombes sous la tour. Classé monument historique.

Église Saint-Éloi

vignette|upright|Clocher de l'église Saint-Éloi. L’église Saint-ÉloiAquitaine gothique, , pp. 176 est celle du Bourg-Saint-Éloi. L’église actuelle ne semble pas antérieure au . La façade occidentale est une adjonction de style néogothique, datant de 1828, de l’architecte Poitevin. L'église est fermée au culte dans les années 1980 et abrite des archives. Cependant les autorités du diocèse, à court de moyen, ne peuvent restaurer l'église qui menace ruine, et la municipalité laisse faire. Finalement elle est occupée par une association catholique traditionaliste en 2002, qui entreprend avec l'autorisation de la mairie de la restaurer. Après avoir essayé de la déloger, les autorités diocésaines acceptent en 2007, une fois les travaux de restauration largement entrepris, de l'affecter à l'association dirigée par les prêtres de l’Institut du Bon-Pasteur, qui célèbrent selon le rite tridentin, en accord avec l’autorisation récente du Saint-Siège.

Église Saint-Pierre (place Saint-Pierre)

vignette|Église Saint-Pierre. La place Saint-Pierre n'existait pas du temps des gallo-romains. C’était autrefois l’entrée du port intérieur de la ville. L’église Saint-PierreAquitaine gothique, , pp. 174-175 est construite sur le mur nord de l'ancien chenal de passage. Elle a été construite au et fut remaniée en grande partie au mais le portail de style gothique flamboyant, la porte sud et le chœur sont d'origine.

Église Saint-Bruno

vignette|upright|Façade de l'église Saint-Bruno. Le Cardinal François de Sourdis avait, à partir de 1611, facilité la création d'un couvent de Chartreux (ordre déjà venu à Bordeaux en 1381 (sur des marais situés aux portes de la ville, quartier qui prendra le nom des Chartrons), après avoir été chassé par la guerre de Cent Ans du Périgord où il était installé), grâce au don d'un religieux, Blaise de Gascq.

Ouvert dès 1611, le monastère reçut une chapelle devenue église dédiée à saint Bruno (fondateur de l'Ordre), consacrée le par le cardinal de Sourdis. La façade est inspirée du style italien et tend vers le baroque, tout comme le chœur. Dans une nef unique de quarante-six mètres de long, sont réunies de fort belles œuvres d'art dont plusieurs furent commandées par le Cardinal de Sourdis aux Bernin père et fils. Le retable du chœur est décoré de marbres enlevés aux Turcs qui les destinaient à La Mecque. Le retable du maître-autel est décoré d'une « Assomption » due à Philippe de Champaigne (1673). Des deux côtés de l'autel, statues de marbre de Gian Lorenzo Bernini, dit « Le Bernin ». Diverses toiles des et s, un beau portrait de saint Bruno (), boiseries du . La nef voûtée en berceau de de long est ornée de fresques en trompe-l’œil () dues au peintre italien Gian Antonio Berinzago décrivent un décor architectural antique comprenant des décorations d'un palais coiffée de bustes. À gauche du chœur, dans une salle voûtée, se trouve le tombeau des Sourdis (1691).

Le jardin des Chartreux est devenu, à la Révolution, le cimetière central de la ville (cimetière de la Chartreuse). La messe est récitée sous la forme extraordinaire du rite romain, c’est-à-dire en latin.

Temple du Hâ vignette|upright|Temple du Hâ

L'actuel temple du Hâ situé dans la rue du même nom a été édifié entre 1625 et 1638 par l'architecte Henri Roche. Abandonnée pendant la Révolution, le bâtiment sert de magasin pour la troupe. Puis la chapelle est affectée en 1803 au culte réformé par décret impérial et en application des articles organiques du 18 germinal an X (). La chapelle devient alors le temple du Hâ. Le premier culte y fut célébré le avec le pasteur Martin.

Église Notre-Dame

left|vignette|Église Notre-Dame. vignette|Façade de l'église Notre-Dame. L'église Notre-Dame (Saint-Dominique avant le Concordat), a été construite de 1684 à 1707, par l'architecte et urbaniste Pierre Michel (ou Miquel) Duplessy. Elle est inspirée de l’église du Gesù à Rome. Sa façade est baroque, de style jésuite. Elle est classée monument historique. Elle possède une acoustique remarquable d’où le nombre élevé de concerts organisés dans cet endroit. On peut y voir six tableaux du peintre André Jean, en religion dit : le Frère André, datés de 1712, 1714, 1718, 1731, 1732 et 1735. On trouve des bas-reliefs, un maître-autel en marbre blanc dû à Peru (1759) et des grilles en fer forgé autour du chœur dues à Moreau (1780).

Son cloître est la Cour Mably. Construit en 1684 sur les plans de l'architecte Michel Duplessy, ce bâtiment est le second couvent des Jacobins. Le premier est détruit en 1678. De 1797 à 1885 il est occupé par la Manutention militaire. À partir de 1886 il est rénové et transformé en Bibliothèque municipale.

Il abrita également le Musée des Antiquités à partir 1887. La présence en ces lieux de la Chambre Régionale de la Cour des Comptes est très récente, 1994.

Église Sainte-Croix

vignette|Façade de l'église Sainte-Croix. Sur l’emplacement d'une abbaye fondée au , détruite par les Sarrasins, reconstruite par les carolingiens puis détruite par les Vikings en 845 et en 864. De l’ancienne abbatiale des bénédictins édifiée entre le et le ne subsistent que les murs de la nef et quelques vestiges du mobilier. En effet l'église a été presque entièrement reconstruite par Paul Abadie au , qui rajouta un clocher symétrique à l'original à gauche de la façade.

Sur la façade de style roman saintongeais, les portails sculptés représentent l’avarice et la luxure. À l’intérieur se trouve un orgue réalisé en 1774 par Dom Bedos de Celles. L'ancien couvent bénédictin abrite aujourd’hui l’École des beaux-arts de Bordeaux.

La porte Saint-Éloi et la Grosse Cloche

vignette|upright|La Grosse Cloche. Des six portes que compte Bordeaux, la porte Saint-Éloi est la plus ancienne que la ville conserve du Moyen Âge. Beffroi de l'ancien hôtel de ville, elle est érigée au (1356)Allain Glykos et Alain Béguerie, Bordeaux - Regards, Éditions Sud Ouest, 2009 (20 . La cloche figure sur les armoiries de la ville.

Elle est composée de deux tours circulaires de de haut reliées par un bâtiment central. À l'origine, il y avait six tours crénelées. La première cloche est réalisée en 1521 par Noël Horloger. Détruite en 1548, elle est remplacée en 1567, puis une nouvelle cloche est réalisée en 1759, sur les plans du mathématicien Paul Larroque. Elle est à nouveau remplacée en 1775 par une cloche réalisée par Turmeau (ou Turmel). D'un poids de , elle est haute de deux mètresAndré Desforges, Histoire Des Maires De Bordeaux - Le Grand Journal De La Commune, Les Dossiers D'aquitaine, 2008, 228 .

Porte Cailhau et place du Palais

vignette|upright|Porte Cailhau. La porte Cailhau se dresse sur la place du Palais du côté du fleuve. Située entre les embouchures des deux principales rivières de Bordeaux, le Peugue (cours d'Alsace et Lorraine) et la Devèze (rue de la Devise), c'était la principale entrée dans la ville depuis le port. Elle donnait accès au Palais de l'Ombrière, résidence des ducs de Guyenne, puis siège du Parlement de Bordeaux à partir de 1462. Ravagé par plusieurs incendies (1597, 1704), il fut démoli en 1800, permettant ainsi l'ouverture de l'actuelle rue du Palais de l'Ombrière.

Son nom, Porte Cailhau, évoque peut-être les cailloux, appelés « calhaus » en gascon, qui étaient accumulés à ses pieds par la Garonne et qui servaient à lester les navires. Plus probablement, elle évoque la grande famille bourgeoise bordelaise médiévale des Cailhau qui donna plusieurs maires à la ville - ).

Élevée dans un style gothique Renaissance (mâchicoulis, toitures aiguës de de haut, lucarnes, lanternes) au , en souvenir de la victoire remportée en 1495 par Charles VIII à la Fornoue, elle faisait office d'arc de triomphe et de porte défensive (présence d'une niche à l'effigie du roi).